Familles subsistantes d'ancienne bourgeoisie française

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Armoiries d'Adrien de Bray, marchand bourgeois d'Amiens dans l'Armorial général de France

Les familles subsistantes d'ancienne bourgeoisie française sont les familles françaises qui étaient déjà des familles notables avant 1789, qui sont devenues après la Révolution française une composante de ce qu'on désigne au XIXe siècle comme la Bourgeoisie, et qui font toujours partie de la haute bourgeoisie au XXIe siècle.

Beaucoup de ces familles avaient au XVIIIe siècle des emplois dans les fonctions juridiques, la magistrature, l'administration ou les finances[1]. D'autres ont émergé par leur activité dans l'armement maritime, le négoce, la banque, ou les premières industries.

À la fin du XVIIe siècle, selon l'Édit de 1696, toutes les personnalités distinguées ou remarquables du royaume, qu'elles soient nobles, mais aussi ecclésiastiques ou roturières notables[2], ont fait enregistrer, ou ont été obligées de faire enregistrer leurs armoiries, ce qui fait de l'Armorial général de France, avec environ 100 000 entrées concernant des personnes physiques, la liste presque exhaustive de tous les nobles et notables de la France de 1700.

Dans la société d'Ancien Régime les bourgeois les plus méritants pouvaient être anoblis par le roi, les plus fortunés pouvaient s'agréger à la noblesse en acquérant des charges anoblissantes (c'est l'origine de la noblesse de robe). Après la Révolution française, certaines familles sont encore parvenues à se faire anoblir, d'autres à obtenir des titres de noblesse étrangers ou pontificaux.

Afin de ne pas surcharger cette liste de quelque 2 000 noms d'anciennes familles bourgeoises anoblies qui se trouvent déjà dans la liste des familles subsistantes de la noblesse française, il est retenu comme parti éditorial de ne pas les faire figurer sur cette liste.

Définitions[modifier | modifier le code]

Henriette Sélincart (1644-1680), fille d'un marchand drapier de Paris.
Nicolas de Largilière (1656-1746), maître peintre à Paris, membre de l'Académie de Saint-Luc.
Un bourgeois et une bourgeoise au XIVe siècle, manuel scolaire républicain d'histoire, le Lavisse élémentaire (1913).
Bourgeois à la bourse de Paris en 1850 par Honoré Daumier.

Dans un Recueil généalogique de la bourgeoisie ancienne[3] publié en 1954, André Delavenne a constitué une liste de familles de la bonne bourgeoisie de son époque dont il a établi qu'elles étaient déjà bourgeoises avec des positions notables dans leurs villes d'origine sous l'Ancien Régime, critère qui lui sert à définir ce qu'il appelle la "bourgeoisie ancienne".

En étudiant ces familles dans La Bourgeoisie selon le dictionnaire généalogique d'André Delavenne, Jacques Houdailles a remarqué qu'elles occupaient avant la Révolution des professions et des positions similaires[4]: « À la période ancienne, les maires et échevins sont nombreux ainsi que les officiers du roi. Les gens de loi (avocats, juges, huissier) maintiennent leur importance au cours des deux siècles et plus. Les industriels apparaissent au début du XIXe siècle et prennent de l'importance dans la seconde moitié. »

Ces familles, appelées au cours du XIXe siècle et pendant la première moitié du XXe siècle les familles notables ou de notables, ont fait l'objet par Xavier de Montclos d'un essai publié en 2013 sous le titre de l'Ancienne bourgeoisie en France : Emergence et permanence d'un groupe social du XVIe siècle au XXe siècle, avec une préface de l'historien René Rémond qui définit cette ancienne bourgeoisie comme étant :

« Un groupe intermédiaire entre la noblesse d'origine et ce qu'on appellerait les classes moyennes, qui est constitué au XVe siècle ou au XVIe siècle. (...) Ces familles sont presque toutes des dynasties provinciales dont l'ascension s'est tout entière accomplie dans leur région d'origine à laquelle elles sont généralement restées fidèles: aujourd'hui encore leurs descendants y sont présent. (...) Ces familles plongent leurs racines dans l'Ancien Régime. (...) Elles ont su assurer sur quatre ou cinq cents ans la transmission de leur héritage matériel comme de leur patrimoine de conviction et de valeur.(...) Ces familles sont toujours restées fidèles à la religion et se sont adaptées à la modernisation sans renier leurs valeurs. »

Histoire[modifier | modifier le code]

Plusieurs ouvrages de monographie familiale ont été publiés au milieu du XXe siècle, notamment le Dictionnaire des dynasties bourgeoises et du monde des affaires en 1975 par Henry Coston, certains sont monumentaux comme Les Responsabilités des dynasties bourgeoises (dans l'histoire récente) publié de 1943 à 1973 par Emmanuel Beau de Loménie, où l'on retrouve un nombre important de familles bourgeoises qui participaient déjà à la vie économique avant la Révolution française.

Pour Xavier de Montclos, ces familles appartenaient sous l'Ancien Régime à la notabilité des villes et des bourgs[5]. Elles acquièrent à partir du XVIIe siècle des offices et des charges de judicature ou de finances, puis des seigneuries, certaines parviennent à se faire anoblir, soit avant, soit après la Révolution dans laquelle elles jouent un rôle prépondérant.

Certaines se sont distinguées par une réussite toute particulière dans l'industrie et les affaires.

Les familles de la haute bourgeoisie actuelle peuvent se retrouver dans des cercles à vocation élitiste[6], leur liste se trouve dans les différentes éditions du Bottin mondain ou à défaut certains de leurs membres dans le Who's Who in France.

Liste alphabétique de familles subsistantes[modifier | modifier le code]

Cette liste ne comprend ni les familles qui n'ont pas au moins un membre ayant une page sur wikipedia, ni celles qui ont été anoblies avant ou après la Révolution.

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S[modifier | modifier le code]

T[modifier | modifier le code]

U[modifier | modifier le code]

V[modifier | modifier le code]

W[modifier | modifier le code]

  • de Wendell, Lorraine, maîtres de forges, (anobli en 1727 par lettres patentes du duc de Lorraine)[17]

X[modifier | modifier le code]

Y[modifier | modifier le code]

Z[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Ozanam (1615-1679), receveur des terres de la seigneurie de Bouligneux.
  2. Jean-François Thierry (1743-1804), régisseur des douanes

Références[modifier | modifier le code]

  1. La Réforme Sociale, Les classes sociales sous l'Ancien Régime, René de France, Page 447
  2. « les bourgeois de nos villes franches et autres qui jouissent, à cause de leurs charges, états et emplois, de quelques exemptions, privilèges et droits publics, jouiront aussi du droit d'avoir et de porter des armes, à la charge de les présenter dans le temps ci-dessus aux bureaux des maîtrises particulières ». « Et pour ne pas priver de cette marque d'honneur nos autres sujets » qui n'en possèdent pas, « les personnes de lettres », et toutes les « autres personnes qui par la noblesse de leur profession et de leur art ou par leur mérite professionnel tiennent un rang d'honneur et de distinction dans nos États, ou dans leurs corps et compagnie », « et généralement tous ceux qui se sont signalés à notre service dans nos armées, négociations et autres emplois remarquables »
  3. Recueil Généalogique de la bourgeoisie ancienne. Préface par le Duc de Brissac.
  4. La Bourgeoisie selon le dictionnaire généalogique d'André Delavenne, Jacques Houdaille, Population, 1988, page 311-329
  5. L'Ancienne bourgeoisie en France: Emergence et permanence d'un groupe social du XVIe siècle au XXe siècle, Xavier de Montclos, 2013
  6. Annuaire des grands cercles et du grand monde.
  7. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z aa ab ac ad ae af ag ah ai aj ak al am an et ao Henri Frotier de La Messelière, Filiations bretonnes, St-Brieuc, 1912-1925
  8. a b c d e f g h et i Henri Beauchet-Filleau et Charles de Chergé, Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou (de A à L), Poitiers, 1909
  9. a b c d et e Charondas, Le cahier noir.
  10. Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, tome 6, pages 4 à 5 Boubée de Gramont.
  11. Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, tome 11, pages 128 à 130.
  12. « Portraits et histoire des hommes utiles, bienfaiteurs et bienfaitrices...p79 »
  13. Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, tome 17, pages 46 à 47, Faget de Casteljau (de)
  14. http://mesnil.saint.denis.free.fr/mathieu%20de%20reichshofen.htm
  15. http://www.boofzheim-fr.com/id16.htm
  16. André Delavenne, Recueil généalogique de la bourgeoisie ancienne, tome II, 1954
  17. « Les responsabilités des dynasties bourgeoises, Volume 3 - Emmanuel Beau de Loménie - Editions Denoël, 1963 »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Recueils de généalogies[modifier | modifier le code]

Recueils nationaux[modifier | modifier le code]

  • Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, lettres A à Gau, Evreux, 1903-1929
  • André Delavenne, Recueil généalogique de la bourgeoisie ancienne, Paris, 1954
  • Charondas, Le cahier noir

Recueils régionaux[modifier | modifier le code]

  • Henri Frotier de La Messelière, Filiations bretonnes, 6 tomes, St-Brieuc, 1912-1925
  • Hubert de Vergnette de Lamotte, Filiations languedociennes, 3 volumes, Mémodoc, Versailles, 2006
  • Jean-Louis Ruchaud (dir.), Généalogies limousines et marchoises, 20 volumes, Editions Régionales de l'Ouest, 1982-2016
  • Gilles Le Barbier de Blignières (dir.), Généalogies périgourdines, 2 volumes, Patrice du Puy éditeur, Paris, 2014-2017
  • Aymar d'Arlot de Saint-Saud, Généalogies périgourdines, 4 volumes, Bergerac, 1898-1942
  • Bernard Mayaud, Dictionnaire des familles de l'Anjou, 16 volumes, Angers, 1996
  • Henri Beauchet-Filleau et Charles de Chergé, Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou (de A à L), Poitiers, 1909
  • Maurice Albert Léo Delcer de Puymège, éd. À la vieille France
    • Les vieux noms de la France Méridionale et Centrale (1939)
    • Les vieux noms de la France de l’Ouest (...) et d'outremer (1954)

Monographies, essais[modifier | modifier le code]

  • André Guirard, Les Anciennes Familles de France, 1930.
  • Augustin Hamon, Les maîtres de la France, 1938.
  • Xavier de Montclos, L'ancienne bourgeoisie en France, éditions A&J Picard, 2013.
  • Mathieu Marraud, De la Ville à l'État. La bourgeoisie parisienne XVIIe – XVIIIe siècle, Paris : Albin Michel, 2009.
  • Jean Duma (dir.), Histoires de nobles et de bourgeois. Individus, groupes, réseaux en France, XVIe – XVIIIe siècles, Paris : Presses Universitaires de Paris Ouest, 2011.
  • Nicole Brondel, « L’Almanach royal, national, impérial : quelle vérité, quelle transparence ? (1699-1840) », dans Bibliothèque de l'École des chartes, 166/1, 2008.
  • Yves Durand, Les fermiers généraux au XVIIIe siècle, 1971

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]