Verneuil-en-Halatte

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Verneuil-en-Halatte
L'église Saint-Honoré depuis le sud-est.
L'église Saint-Honoré depuis le sud-est.
Blason de Verneuil-en-Halatte
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Picardie
Département Oise
Arrondissement Senlis
Canton Pont-Sainte-Maxence
Intercommunalité Communauté de communes des Pays d’Oise et d’Halatte
Maire
Mandat
Christian Massaux
2014-2020
Code postal 60550
Code commune 60670
Démographie
Gentilé Vernoliens
Population
municipale
4 500 hab. (2011)
Densité 202 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 16′ 38″ N 2° 31′ 23″ E / 49.2772222222, 2.5230555555649° 16′ 38″ Nord 2° 31′ 23″ Est / 49.2772222222, 2.52305555556  
Altitude Min. 25 m – Max. 108 m
Superficie 22,26 km2
Localisation

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Verneuil-en-Halatte

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Verneuil-en-Halatte

Verneuil-en-Halatte est une commune française située dans le département de l'Oise et la région Picardie. Ses habitants sont appelés les Vernoliens[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Verneuil-en-Halatte est situé à une distance orthodromique de 48 km[2] au nord-nord-est de Paris, dans le sud du département de l'Oise. Peuplée de 4 538 habitants (2008)[3], c'est un grand village, blotti en lisière de la forêt d'Halatte sur la rive gauche de l'Oise, en amont et au nord-est de Creil, dont il entre dans l'aire urbaine[4]. Outre le bourg qui lui donne son nom, la commune comporte quatre hameaux. Le Tremblay ne comporte qu'une poignée de maisons et se situe à l'ouest, à la limite avec Creil, à côté d'une zone d'activités. Mont-la-Ville, parfois orthographié Montlaville, désigne la partie du village situé dans le vallon du ru Macquart, au sud-est, le long de la RD 565 en direction de Fleurines. Seulement 200 m séparent la première maison de ce hameau de la dernière maison du chef-lieu. Les Sablons correspond aux maisons le long de la rue du Dr Calmette, à l'est du bourg ; ce hameau forme aujourd'hui une entité presque homogène avec le centre-ville grâce à la rue Victor-Hugo. Finalement, la Rue des Bois est un hameau le long de la RD 120 près de la commune voisine de Beaurepaire, éloigné de plus de deux kilomètres du centre-ville. Avec 22,26 km², deux fois plus que la superficie de la commune voisine de Creil, Verneuil est la onzième commune la plus étendue de l'Oise[5].

Communes limitrophes de Verneuil-en-Halatte[6]
Villers-Saint-Paul
Nogent-sur-Oise
Rieux
Brenouille
Beaurepaire
Creil Verneuil-en-Halatte[6] Fleurines
Apremont Aumont-en-Halatte
Senlis

En raison de son importante superficie, Verneuil comporte un nombre de communes limitrophes élevé, dix au total. La limite avec quatre de ces communes passe par le milieu de l'Oise : de l'ouest vers l'est, Villers-Saint-Paul, Nogent-sur-Oise, Rieux et Brenouille. Il n'existe donc aucun lien terrestre direct avec ces communes, à l'exception d'une passerelle non ouverte à la circulation automobile, entre Verneuil et l'usine chimique de Villers-Saint-Paul. Sinon, il faut passer par Creil ou Pont-Sainte-Maxence pour les atteindre. À noter que la limite commune d'avec Nogent ne porte que sur une quarantaine de mètres. Autre point qui mérite d'être signalé, le voisinage plutôt insoupçonné avec Senlis, le chef-lieu d'Senlis, à une distance routière de près de 13 km par Fleurines. L'aérodrome de Creil est situé pour moitié environ sur la commune de Verneuil ; il occupe 1,9 km² du territoire communal, soit 8,5 %.

Topographie et relief[modifier | modifier le code]

Chemin des Bâtis dans la forêt d'Halatte.
Le hameau de Mont-la-Ville depuis les ruines du château.

Le bourg est bâti au pied du versant nord-ouest du massif de la forêt d'Halatte, qui sur Verneuil prend la forme d'un plateau d'une altitude variant autour de 90 m au-dessus du niveau de la mer, avec un point culminant à 90 m. Le village se situe plus précisément dans la partie finale du vallon du ru Macquart, large ici de 600 m, et formant un plateau à un niveau intermédiaire entre la forêt d'Halatte et l'Oise, à une altitude entre 30 m et 40 m. L'implantation correspond à un choix stratégique à plusieurs titres : ici seulement l'espace entre la rivière et les coteaux du massif d'Halatte fut suffisant pour la construction d'un village d'envergure, qui est ainsi protégé des crues. La situation dans une cuvette et l'arrosage par un ruisseau est en même temps favorable à la culture de potagers ou vergers. En effet, comme souvent dans des villages-clairières, les rues sont espacées les unes des autres, laissant de grands jardins derrière les maisons. Comme déjà mentionné dans le paragraphe ci-dessus, le hameau de Mont-la-Ville est implanté en amont dans le vallon du ru Macquart. Ce dernier est toutefois assez court et prend fin avant la limite même du territoire communal. L'expansion du village ne s'est pas fait en remontant le vallon, mais au contraire au nord, sur les flancs orientaux des collines et dans la plaine. Ces quartiers résidentiels et pavillonnaires sont pratiquement dissociés du centre-ville.

Le vallon prend aussi un rôle structurant pour l'occupation des surfaces. À l'ouest, la forêt reste homogène et intacte, la nature domine. Hormis la forêt domaniale d'Halatte, qui n'atteint pas tout à fait les limites du village, l'on trouve deux bois privés au nord-est : le bois du Fossé près du village, et puis le bois de Monbuisson plus à l'est. Ces bois sont traversés par des chemins ruraux permettant de les traverser. À l'ouest, le plateau est par contre occupé par le « parc technologique Alata », une zone d'activités, un site de l'Institut géographique national, et bien entendu l'aérodrome de Creil. La forêt communale de Verneuil fait figure d'exception ; sa préservation est sans doute due au fait qu'il s'étale dans un vallon secondaire dont le relief ne permet pas d'autres usages. Sur les coteaux vers l'Oise au nord-ouest, des pelouses calcicoles se sont préservés au bois du Tremblay, cerné par des zones d'activités (voir la section Politique environnementale, ci-dessous). Hormis ces deux secteurs de part et autre du vallon, sur les plateaux, la commune de Verneuil est bien entendu marquée par le passage de l'Oise, avec sa plaine alluviale devenant de plus en plus large en amont, où des lacs témoignent de l'extraction des sables. L'Oise côtoie Verneuil sur 5,7 km environ. La limite entre la plaine de l'Oise et les coteaux du massif d'Halatte est matérialisée par la RD 120.

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Verneuil-en-Halatte est traversée par deux routes départementales, la RD 120 Pont-Sainte-Maxence -Creil et la RD 565 Verneuil-Fleurines. La première contourne le village par le nord-ouest et par le nord, dans la vallée de l'Oise. Avant d'arriver à Creil, elle communique avec la déviation de l'agglomération, la RD 1016, ancienne nationale 16, reliant Amiens à Paris. La RD 1016 est en grande partie une voie express à deux fois deux voies. Elle donne accès à la RD 1330, l'ancienne nationale 330, à l'est du plateau de Creil. Cette voie express mène à Senlis et vers l'autoroute A1, l'autoroute du nord Paris - Lille (sortie n° 8 Senlis / Creil). Senlis peut également être rejoint par la RD 565, qui traverse le village, et Fleurines, en empruntant ensuite la RD 1017, l'ancienne nationale 17. Cette route mène également vers Paris et donne aussi accès à la RD 1330 et l'autoroute A1.

En transports en commun, Verneuil est desservie par une ligne du réseau départemental Sud-Oise, exploité par Keolis Oise via sa filiale transports Évrard : La ligne 3A Creil - Fleurines. Elle propose douze aller-retour pour la gare routière de Creil du lundi au vendredi, ainsi que de nombreux renforts en période scolaire, mais seulement deux aller-retour le samedi. Le temps de parcours est d'une vingtaine de minutes. Selon les services, les arrêts desservis à Verneuil ne sont pas toujours les mêmes ; certains services desservent le hameau de La-Rue-des-Bois, la zone industrielle et l'INERIS. Le tarif du ticket aller-retour est de € 2,20[7]. La gare la plus proche est celle de Creil à l'ouest, nœud ferroviaire de cinq lignes avec une desserte fréquente vers Paris et les principales villes de Picardie.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Le site fut occupé depuis l'époque gallo-romaine, comme l'attestent les restes de la villa dite « de Bufosse ».

Ce fut ensuite une seigneurie, appartenant au comte de Saint-Pol, qui l'obtint de Philippe-Auguste.

Le château fut commandé par le seigneur de Verneuil, Philippe IV de Boulainvilliers au milieu du XVIe siècle. Faute d'argent, celui-ci dut se résoudre à vendre le chantier à Jacques de Savoie-Nemours qui mourut sans pouvoir l'achever. Sa veuve, Anne d'Este, vendit le château à Henri IV qui l'offrit à sa maîtresse, Catherine de Balzac d'Entragues, en érigeant la terre en marquisat.

Louis XIV l'érigea en duché-pairie en 1652 pour Henri de Bourbon-Verneuil, le fils naturel de Henri IV et de la marquise, qui mourut sans postérité en 1682.

En 1705, les princes de Condé achetèrent le château qu'ils firent démolir en 1734 car il « faisait de l'ombre » au château de Chantilly. D'années en années, la végétation luxuriante recouvrit les ruines et l'édifice disparut…

En 1987, la commune se résout à sauver ce qu'il en reste en confiant le site au club du Vieux Manoir qui mobilise des jeunes pour sauvegarder ce monument. Depuis, on retrouve peu à peu la dépouille d'une splendeur déchue. Il ne reste aujourd'hui que les sous-bassements du château. Le musée Serge Ramond et les Amis du vieux Verneuil ont aussi joué un rôle dans cette sauvegarde.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2008   Christian Massaux Divers droite Cadre
  2008 Jean-Claude Hrmo[8]    
1873 1876 Jean François Jules Boulanger[8]    
1848 1848 Jean Louis Adrien Cleret[8]    
Les données manquantes sont à compléter.

Politique environnementale[modifier | modifier le code]

Bien que le centre-ville de Verneuil soit d'un intérêt patrimonial incontestable, la commune n'a pas été incluse dans le Parc naturel régional Oise-Pays de France, sauf pour la partie de son territoire entrant dans le site naturel classé de la forêt d'Halatte. Cette décision a été motivée par l'appartenance de Verneuil à l'agglomération creilloise, dont pourrait découler une logique de développement non compatible avec celle du parc, et qui fait que l'article L.302-5 du code de la construction et de l'habitation soit applicable[9], portant sur l'obligation des 20 % de logements sociaux[10]. De plus amples explications ne sont pas fournies dans la charte du parc, et il n'est pas dit pourquoi des logements sociaux seraient mal placés dans un parc naturel régional.

Les espaces naturels sur la commune de Verneuil sont protégés par deux ZNIEFF type 1, « Massif forestier d'Halatte » n° national 220005064[11], et « Coteaux de Vaux et de Laversine » n° national 220013833[12]. La première englobe l'ensemble des forêts à l'est du village et à l'est de la RD 565, avec les bois privés, ainsi que la forêt communale de Verneuil, où se situe le château ruiné. La seconde concerne sur la commune le petit bois du Tremblay sur les coteaux au sud de la RD 120, près de l'Oise, et cerné de toutes parts par les zones d'activités.

Le site naturel classé « Forêt d'Halatte et ses glacis agricoles », et donc la partie de la commune intégrée dans le parc naturel régional, ne correspond pas exactement à la ZNIEFF : est exclue la forêt communale de Verneuil, mais est incluse une zone non boisée au sud-est de Mont-la-Ville, au lieu-dit les Fronces. Le site classé a été créé par décret du 5 août 1993[13], et il a été précédé par un site inscrit « Vallée de la Nonette » créé par arrêté du 6 février 1970. Vu l'éloignement de Verneuil de la Nonette, le nom du site semble inapproprié ; il correspond en fait à la partie du Parc naturel régional situé dans l'Oise, et englobe la totalité du territoire communal de Verneuil, même l'aérodrome de Creil et le parc technologique[14].

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 4 500 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 332 1 201 1 232 1 210 1 299 1 231 1 138 1 136 1 116
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 080 1 077 1 095 1 113 1 035 1 061 1 158 1 141 1 135
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 102 1 077 1 197 1 466 1 348 1 385 1 376 1 443 1 807
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
2 218 2 587 2 560 3 463 3 614 4 037 4 320 4 349 4 486
2011 - - - - - - - -
4 500 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[15] puis Insee à partir de 2004.)
Histogramme de l'évolution démographique


Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (17,2 %) est en effet inférieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (17,5 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (50,1 %) est du même ordre de grandeur que le taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 49,9 % d’hommes (0 à 14 ans = 21,5 %, 15 à 29 ans = 14,6 %, 30 à 44 ans = 24,1 %, 45 à 59 ans = 23,6 %, plus de 60 ans = 16,2 %) ;
  • 50,1 % de femmes (0 à 14 ans = 20,8 %, 15 à 29 ans = 13,5 %, 30 à 44 ans = 25,1 %, 45 à 59 ans = 22,4 %, plus de 60 ans = 18,2 %).
Pyramide des âges à Verneuil-en-Halatte en 2007 en pourcentage[16]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90  ans ou +
0,5 
3,8 
75 à 89 ans
5,6 
12,2 
60 à 74 ans
12,1 
23,6 
45 à 59 ans
22,4 
24,1 
30 à 44 ans
25,1 
14,6 
15 à 29 ans
13,5 
21,5 
0 à 14 ans
20,8 
Pyramide des âges du département de l'Oise en 2007 en pourcentage[17]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90  ans ou +
0,8 
4,5 
75 à 89 ans
7,1 
11,0 
60 à 74 ans
11,5 
21,1 
45 à 59 ans
20,7 
22,0 
30 à 44 ans
21,6 
20,0 
15 à 29 ans
18,5 
21,3 
0 à 14 ans
19,9 

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Monuments historiques[modifier | modifier le code]

Le porche de l'église Saint-Honoré.

Verneuil-en-Halatte compte deux monuments historiques classés ou inscrits sur son territoire, et est riche également de monuments non encore protégés officiellement.

  • Église Saint-Honoré (inscrite monument historique par arrêté du 3 novembre 1927[18]) : De l'église initiale des années 1170, ne subsistent qu'une portion de mur au nord et une arcade de la première travée du chœur avec deux chapiteaux. L'essentiel de l'édifice date de la fin du XVe siècle et du premier quart du XVIe siècle. Orienté sud-est - nord-ouest, il se compose d'un vaisseau central de sept travées et de deux bas-côtés. Les cinq premières travées sont considérées comme nef, dépourvues par ailleurs de fenêtres et éclairées seulement indirectement par les bas-côtés, et les deux dernières travées forment le chœur, qui se termine par une abside rectangulaire au chevet plat. Le chœur et son bas-côté nord sont les parties les plus anciennes et de largeur égale. Cette largeur a dû paraître insuffisante pour la nef lors de sa reconstruction. De ce fait, sa cinquième travée est de forme trapezoïde, pour établir la transition entre le chœur et le reste de la nef. Sur les façades, la distinction entre nef et chœur se remarque facilement par la différence de hauteur et de forme des toitures ; en effet, le toit de la nef est plus haut que celui du chœur, alors que pour les bas-côtés, l'invers est le cas. L'ensemble de l'église est voûté d'ogives, quadripartites en général, mais sexpartites pour la première et deuxième travée de la nef, et avec des liernes pour la seconde et quatrième travée. Comme c'est la règle à la période flamboyante, les nervures prismatiques des voûtes sont pénétrantes, et les chapiteaux sont entièrement absents. Les piliers ondulés correspondent exactement au style du voûtement et rendent l'espace intérieur très élégant. Le clocher s'élève au-dessus de la première travée du bas-côté nord ; il est épaulé par deux massifs contreforts par angle et coiffé d'une élégante flèche octogonale en pierre. L'on remarquera sa similitude avec celui de l'église Saint-Médard de Creil. Le clocher initial, qui s'est écroulé au XVe siècle, était situé au-dessus de la première travée du chœur : sa souche subsiste dans les combles. L'entrée principale se situe au milieu de la façade nord-est, sous un porche ajouré par deux baies des deux côtés. Il est attribué à Salomon de Brosse, et serait donc un exemple de collaboration entre un protestant et l'église catholique. Avec son décor flamboyant richement sculpté, c'est bien l'élément le plus remarquable des façades de l'église. Un portail secondaire se situe dans la façade nord-ouest. Il présente la particularité d'unir dans un même ensemble, entièrement décoré, le portail en anse de panier et la baie qui le surmonte[19],[20],[21].
  • Camp romain ou oppidum au lieu-dit « le Tremblay », cavée Louis-Douche (classé Monument historique par arrêté du 4 mai 1950[22]) : En 1866, des vases en terre cuite y ont été découverts par des ouvriers, tout à fait par hasard[23]. Cette trouvaille a motivé des fouilles par la suite. Leurs produits sont pour partie exposés au musée d'art et d'archéologie de Senlis[24]. On ne visite pas.

Le musée Serge-Ramond[modifier | modifier le code]

Le musée se situe place de Piegaro, au centre-ville, près de la mairie. Ouvert en 1987, il prend le nom « musée de la Mémoire des Murs et d'Archéologie » en 1996, avant de devenir récemment le « musée Serge-Ramond » en hommage à son fondateur. Cet artiste et archéologue amateur a commencé à réunir ses collections en 1969, et pendant trente ans, n'a pas relâché son effort de recherche. Le musée, devenu entièrement communal en 2000 et unique en France en son genre, est consacré aux inscriptions gravées anciennes, appelées également graffiti. On les trouve sur les murs de bâtiments anciens de tout genre, dans les cachots, dans des carrières souterrains ou sur des rochers[25]. Selon le contexte, les inscriptions et dessins étaient moyen d'expression, de communication ou de contestation. Ils témoignent des modes de vie de leur époque, des croyances et des centres d'intérêt au fil des siècles, et peuvent se rapporter à la religion, la vie militaire, la vie quotidienne, ou bien avoir un rôle décoratif. Dans vingt-deux salles, le musée expose au total 3 500 moulages de ces graffiti, mais également les produits des fouilles du site de Bufosse et des vestiges de l'ancien château de Verneuil (voir ci-dessous). Une association, l'association de Sauvegarde du Patrimoine archéologique et glyptographique soutient le travail du musée depuis 1992[26].

Autres éléments du patrimoine[modifier | modifier le code]

  • Vestiges du château, à l'ouest de la rue du président Wilson, dans la forêt communale : Il a été conçu vers 1558 par Jacques Ier Androuet du Cerceau pour Philippe IV de Boulainvilliers, chez qui le graveur et architecte huguenot avait trouvé refuge. Boulainvilliers habitait alors le « château d'en-bas » construit pour son grand-père au début du siècle. La position du nouveau château a été choisie volontiers sur la hauteur, afin de permettre un étagement des jardins et terrasses. Cette disposition entraîne d'autres particularités, les galeries et salles souterraines simulant des grottes, et le vestibule dissocié du château et situé à un niveau inférieur. Le château proprement dit s'organisait autour d'une cour rectangulaire, avec des bâtiments à un étage de trois côtés, et fermée par une galerie sans étage à l'arrière. À chacune des quatre angles du château, s'élevaient deux pavillons d'angle à deux étages coiffés par un dôme. L'architecture était inspirée du maniérisme et alliait pierre de taille et brique. Tout en renonçant aux ordres classiques, elle était d'une grande richesse ornementale, comportant beaucuoup d'éléments sculptés, dont quarante statues grandeur nature. Elles ont pour partie été exécutées par Pierre Bontemps. Le château n'est pas achevé quand Boulainvilliers est contraint de le vendre en 1575, ne pouvant plus faire face à ses dettes. Le duc Jacques de Savoie-Nemours et son épouse Anne d'Este rachètent le château et font appel au gendre de l'architecte, Jean de Brosse, pour poursuivre les travaux. Les premières pièces sont habitables dès la fin de la même année, mais à la mort du duc en 1585, l'aile sud et le pavillon d'entrée ne sont toujours pas construits. Le roi Henri IV se porte acquéreur du château abandonné en 1599 et l'offre à CHenriette d'Entragues, qui devient marquise de Verneuil. Le fils de Jean de Brosse, Salomon de Brosse, dirige les derniers travaux. Le château appartient à Henri de Bourbon-Verneuil de la mort de sa mère, la marquise de Verneuil, jusqu'à sa disparition en 1682, puis à sa veuve Charlotte Séguier jusqu'en 1704. Les terres de Verneuil sont rachetées par Henri Jules de Bourbon-Condé. Son successeur, Louis IV Henri de Bourbon-Condé, n'utilise pas le château qui se dégrade rapidement, et décide en 1724 de ne plus l'entretenir. La démolition commence vers 1734 et se poursuit pendant une bonne quarantaine d'années, avec récupération des pierres pour l'agrandissement du château de Chantilly, et des statues et colonnes pour le jardin de Betz. Les ruines présentent certes de l'intérêt, mais ne permettent pas de se faire une idée du château avant sa démolition. Le château de Montceaux (également en ruines) et le palais du Luxembourg sont inspirés du château de Verneuil[27],[28],[29].
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  • Manoir Salomon de Brosse et son parc, rue Salomon-de-Brosse, au hameau de Mont-la-Ville : Le futur architecte est né à Verneuil vers 1571 dans une maison construite par son père, architecte lui aussi, près du manoir du XVIe siècle. Ce dernier est alors appelé l'hôtel de Saint-Quentin, et Salomon de Brosse le rachète en 1613 pour en faire son domicile. Il fait ajouter la tour carrée de deux étages devant la façade nord, en remplacement d'une tour hexagonale plus ancienne. Le manoir est un rare exemple d'architecture Renaissance à la campagne et s'est longtemps assez bien conservé. Laissé à l'abandon plus récemment, il a été victime de vandalisme, et les meneaux des fenêtres ont été cassés[30]. Consciente de la valeur du bâtiment, la commune l'a acquis et commencé sa restauration, qui s'est malheureusement arrêtée après la réfection du toit. Toutes les ouvertures murées afin d'éviter des actes de vandalisme supplémentaires, le manoir attend toujours son sort, et les murs continuent de se dégrader.
  • Site gallo-romain de Bufosse, RD 120, au nord de la commune près des étangs : Il s'agit des vestiges de la partie résidentielle d'une grande exploitation agricole du Ier siècle, qui a fonctionné jusqu'au IVe siècle. Les bâtiments étaient construits en bois et torchis, avec une fondation en pierres. Une reconstruction complète est intervenue vers 250. Découverte peu après la Seconde Guerre mondiale, la villa a été explorée partiellement au début des années 1950, puis d'une façon plus poussée entre 1986 et 1990 en vue de la construction d'un complexe sportif. Les moyens n'ont cependant pas permis de fouilles exhaustives, la partie centrale de la ferme ayant occupé une surface considérable de 6 ha. Les produits des fouilles sont exposés au musée Serge Ramond. Sur place, l'on peut suivre au sol le plan de différents composants de la résidence, et voir deux puits, un bassins et deux balnéaires[31].
  • Lavoir couvert, rue de Verdun : Ce lavoir construit en briques et couvert d'un toit en appentis a été bâti à la fin du XIXe siècle. Il est établi sur un petit ruisseau, le « fossé Sainte-Geneviève », qui provient de la vallée du même nom et se jette dans le rû Macquart au niveau de la rue Victor Hugo. Deux étroits bassins se succèdent, où l'on pouvait retenir ou faire évacuer l'eau grâce à une vantelle[32].
  • Vestiges d'une cave, cavée Lerambert : Cette cave appartenait à une maison aujourd'hui disparue, construite près de l'enceinte du parc du château. Certains vestiges de cette muraille subsistent, mais le portail représentatif une cinquantaine de mètres plus loin, appelé « les Tourelles », a été détruit par les occupants allemands pour la récupération des pierres[32].
  • Maison de l'Archer, 25 rue Victor-Hugo : Au-dessus de la porte, dans un renfoncement surmonté d'un fronton à jour, est apposée une statue du martyr de saint Sébastien. Elle sort d'un bas-relief servant de décor, avec un arbre auquel est accroché le martyr moyennant des cordes, et en haut à droite, un ange qui sort d'un nuage.

Ville fleurie : une fleur attribuée en 2007 par le Conseil des villes et villages fleuris[33] de France au Concours des villes et villages fleuris[34].

Personnages liés à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Verneuil-en-Halatte

Les armes de Verneuil-en-Halatte se blasonnent ainsi :

d'azur aux trois fleurs de lys d'or accompagnées, en abîme, d'un bâton péri de gueules en barre.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Léon Boursier, « Oppidum de Verneuil », Comité archéologique de Senlis, Comptes-rendus et mémoires, année 1874, Senlis, Imprimerie de Ernest Payen, 1e série, vol. X,‎ 1875, p. 123-127 et planches V+VI (ISSN 11628820, lire en ligne)
  • André Ploix, Verneuil, château royal oublié : de 1550 à 1734, Verneuil-en-Halatte, Les Amis du vieux Verneuil (réédition),‎ 1988 (1re édition 1957), 222 p.
  • Raymond Poussard, « Halatte : deux mille ans d'art et d'histoire autour d'une forêt royale, 2de partie : Autour de la forêt : Verneuil-en-Halatte », Bulletin du G.E.M.O.B., Beauvais, Groupement d'étude des monuments et œuvres d'art de l'Oise et du Beauvaisis (GEMOB), vol. 92-94,‎ 1er octobre 1999, p. 74-87
  • « Bulletin des amis du vieux Verneuil », Bulletin des amis du vieux Verneuil, Verneuil-en-Halatte, Les amis du vieux Verneuil, no 1-116,‎ à partir de 1978, 1 à 4 numéros par an ([Chaque numéro est consacré à un sujet. Beaucoup de numéros traitent des sujets liés à l'histoire régionale de la Picardie, à l'histoire française en général, ou à des communes voisines. résumé])

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. « Verneuil-en-Halatte (60550) », sur Habitants.fr - Nom des habitants des communes françaises (consulté le 16 novembre 2011).
  2. Distance mesurée par l'outil proposé dans le mode de visionnage en 3D sur le site « Geoportail » (consulté le 10 octobre 2011), sur la base de la carte topographique 1 : 25 000e « TOP 25 » de l'IGN.
  3. Cf. « 60670-Verneuil-en-Halatte : Populations légales 2008 de la commune », sur INSEE (consulté le 10 octobre 2011).
  4. Code de l'aire urbaine : 60601 ; cf. « Composition de l'unité urbaine 2010 de Creil », sur INSEE (consulté le 10 octobre 2011).
  5. Cf. « Résumé statistique national (fichier Excel) » (consulté le 10 février 2011) sur le site « INSEE ».
  6. Communes limitrophes de Verneuil-en-Halatte sur Géoportail.
  7. Cf. « Recherche d'horaires », sur Oise Mobilité (consulté le 11 octobre 2011) ; et Horaire de la ligne 3A.
  8. a, b et c « Verneuil-en-Halatte », sur le site Quiélire,‎ 2008 (consulté le 18 mars 2008)
  9. Cf. Collectif, Charte « Objectif 2014 » : Rapport, Senlis, Parc naturel régional Oise-Pays de France,‎ 2004, 229 p. (lire en ligne [PDF]) ; p. 26.
  10. Cf. « Code de la construction et de l'habitation, article L.302-5 », sur Legifrance.gouv.fr (consulté le 10 octobre 2011).
  11. Cf. « Présentation de la znieff Massif forestier d'Halatte », sur DREAL Picardie (consulté le 10 octobre 2011).
  12. Cf. « Présentation de la znieff Coteaux de Vaux et de Laversine », sur DREAL Picardie (consulté le 10 octobre 2011).
  13. Cf. [PDF] « Forêt d'Halatte et ses glacis agricoles », sur DREAL Picardie (consulté le 10 octobre 2011).
  14. Cf. [PDF] « Vallée de la Nonette », sur DREAL Picardie (consulté le 10 octobre 2011).
  15. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  16. « Évolution et structure de la population à Verneuil-en-Halatte en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 25 octobre 2010)
  17. « Résultats du recensement de la population de l'Oise en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 25 octobre 2010)
  18. « Église Saint-Honoré », base Mérimée, ministère français de la Culture
  19. Cf. Raymond Poussard, « Halatte : deux mille ans d'art et d'histoire autour d'une forêt royale, 2de partie : Autour de la forêt : Verneuil en Halatte », Bulletin du G.E.M.O.B., Beauvais, Groupement d'étude des monuments et œuvres d’art de l'Oise et du Beauvaisis (GEMOB), vol. 92-94,‎ 1er octobre 1999, p. 83-84.
  20. Dominique Vermand, Églises de l'Oise : Canton de Pont-Sainte-Maxence, Valois et vallée de l’Oise, Beauvais, Conseil général de l'Oise, avec le concours de l’O.T.S.I. de Verneuil-en-Halatte,‎ ca. 1998, 32 p., p. 25.
  21. « L'Église Saint-Honoré », sur Verneuil-en-Halatte (site officiel) (consulté le 9 octobre 2011).
  22. « Notice no PA00114947 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  23. Charles Milice, « Compte-rendu de la séance du 3 mai 1866 : Découverte de poteries à Verneuil », Comité archéologique de Senlis, Comptes-rendus et mémoires, année 1866, Senlis, Imprimerie de Charles Duriez, 1e série, vol. IV,‎ 1867, p. XXII-XXIII (ISSN 11628820, lire en ligne).
  24. Cf. « L'archéologie en Picardie », sur Musées de Senlis (site officiel) (consulté le 9 octobre 2011)}.
  25. Télérama, n° 2534, 5 août 1998, p. 18.
  26. Cf. « Les pierres gravées », sur Musée Serge Ramond (site officiel) (consulté le 9 octobre 2011) ; et « Le musée Serge Ramond », sur Verneuil-en-Halatte (site officiel) (consulté le 9 octobre 2011).
  27. Cf. « Les vestiges du château », sur Verneuil-en-Halatte (site officiel) (consulté le 9 octobre 2011).
  28. Philippe Seydoux, Châteaux et gentilhommières des Pays de l'Oise : Tome II. Valois, Paris, Éditions de la Morande,‎ s.d., 356 p. (ISBN 978-2-9020-9139-3), p. 43-46.
  29. Raymond Poussard, « Halatte : deux mille ans d'art et d'histoire autour d'une forêt royale, 2e partie : Verneuil en Halatte », Bulletin du G.E.M.O.B., Beauvais, Groupement d'étude des monuments et œuvres d'art de l'Oise et du Beauvaisis (GEMOB), vol. 92-94,‎ 1er octobre 1999, p. 74-87
  30. Cf. « Le manoir Salomon de Brosse », sur Verneuil-en-Halatte (site officiel) (consulté le 9 octobre 2011).
  31. Cf. « La Villa gallo-romaine de Bufosse », sur Verneuil-en-Halatte (site officiel) (consulté le 9 octobre 2011) ; et Jean-Luc Collart, « La naissance de la villa en Picardie : la ferme gallo-romaine précoce : Verneuil-en-Halatte « Le Bufosse » », Revue archéologique de Picardie « Numéro spécial 11 »,‎ 1996, p. 24-32 (lire en ligne).
  32. a et b Cf. « Tour de ville », sur Verneuil-en-Halatte (site officiel) (consulté le 9 octobre 2011).
  33. Cf. « Verneuil-en-Halatte », sur Site officiel des villes et villages fleuris (consulté le 9 octobre 2011).
  34. « Le palmarès des villes et villages fleuris », Le Courrier picard édition de l'Oise,‎ 5 juillet 2008