Gare de Creil

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Creil
Image illustrative de l'article Gare de Creil
Le bâtiment voyageurs et l'entrée de la gare.
Localisation
Pays France
Ville Creil
Adresse Place Charles de Gaulle
60100 Creil
Coordonnées géographiques 49° 15′ 51″ N 2° 28′ 09″ E / 49.264104, 2.46908749° 15′ 51″ Nord 2° 28′ 09″ Est / 49.264104, 2.469087  
Gestion et exploitation
Propriétaire RFF / SNCF
Exploitant SNCF
Services Intercités
TER Picardie
(RER)(D)
TransilienLigne H du Transilien
Fret SNCF
Caractéristiques
Ligne(s) Paris-Nord à Lille
Creil à Jeumont
Pierrelaye à Creil
Creil à Beauvais
Voies 7 + voies de service
Quais 4 (dont trois centraux)
Transit annuel 3,8 millions[1] (2002)
Zone Tarification Île-de-France non applicable
Altitude 30 m
Historique
Mise en service 20 juin 1846
Correspondances
Autobus et autocars Voir à Intermodalité

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Creil

Géolocalisation sur la carte : Picardie

(Voir situation sur carte : Picardie)
Creil

La gare de Creil est une gare ferroviaire française, située sur la rive droite de l'Oise, dans le département de l'Oise, en région Picardie. Ses installations sont situées pour la plus grande partie sur le territoire de la commune de Creil, la partie nord de celles-ci se trouvant sur le territoire de Nogent-sur-Oise. Le centre-ville de Creil, sur la rive gauche de la rivière, est à environ un kilomètre au sud-est de la gare.

Elle est mise en service en 1846 par la Compagnie du chemin de fer du Nord. C'est une gare de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) desservie par des trains grandes lignes et TER Picardie. C'est également une gare desservie par les transports en commun ferroviaires de la métropole parisienne, avec la ligne D du RER et la ligne H du Transilien.

Situation ferroviaire[modifier | modifier le code]

Gare de bifurcation, elle est située au point kilométrique (PK) 50,253[2] de la ligne de Paris-Nord à Lille, entre les gares de Chantilly - Gouvieux et de Laigneville et au PK 67,329[2] de la ligne de Pierrelaye à Creil (après la gare de Saint-Leu-d'Esserent). Elle est également l'origine de la ligne de Creil à Jeumont (elle précède la gare de Villers-Saint-Paul) et de la Ligne de Creil à Beauvais (elle précède la gare de Montataire).

Son altitude est de 30 m.

Intérieur de la gare, voies et quais.
L'intérieur de la gare.

Histoire[modifier | modifier le code]

La gare de Creil est ouverte en juin 1846 par la compagnie du Nord. De Paris-Nord, la ligne se dirigeait alors vers Ermont puis la gare d'Épluches à Saint-Ouen-l'Aumône avant de bifurquer vers Creil en remontant la vallée de l'Oise.

La gare vers 1900
La gare vers 1900.

La ligne directe Saint-Denis - Creil via Survilliers-Fosses est ouverte le 10 mai 1859 après six ans d'études puis quadruplée jusqu'à Survilliers - Fosses en 1907[3].

La ligne de Creil à Jeumont ouvre jusqu'à Compiègne en 1847[4]. La ligne de Creil à Beauvais est ouverte en 1857[5].

François Prosper Jacqmin dans un cours sur l'exploitation des chemins de fer fait à l'école impériale des ponts et chaussées en 1867, souligne la difficulté d'apprécier l'importance d'une gare[6]. Prenant comme exemple celle de Creil, il indique que son trafic propre est « très faible » mais qu'il s'agit pourtant d'une grande gare de bifurcation qui a nécessité de la part de la Compagnie des « dépenses considérables », notamment pour des installations destinées à permettre le stationnement et le garage des trains qu'ils soient de voyageurs ou de marchandises, le relais des locomotives et tout ce qui concourt au bon fonctionnement de l'importance des infrastructures et matériels mobilisés[6]. Il se demande quel peut être l'intérêt de comparer ses dépenses avec le nombre de voyageurs ou le tonnage de marchandises alors que ces éléments ne séjournent que quelques instants dans cette gare[6].

Gare intérieure et grande verrière vers 1910
La grande verrière vers 1910

En 1868, la station de Creil, qui dessert une petite ville de 4 539 habitants, est le neuvième arrêt depuis Paris, située à 51 km de la capitale, 10 km de Chantilly et 33 km de Compiègne[7]. Elle dispose d'un buffet, mais l'arrêt des trains express n'excède pas trois minutes[7]. C'est déjà une étoile ferroviaire, à cinq branches desservie, par des trains en provenance de Paris, d'Allemagne via Saint-Quentin et Compiègne, de Belgique via Douai et Valenciennes ou Lille et Roubaix, d'Angleterre par le port de Boulogne-sur-Mer via Amiens ou le port de Calais via Arras, et de Beauvais[7]. En 1898, la station est devenue pour la circulation des trains l'une des plus importante de la Compagnie du Nord ; la ville a largement bénéficié de cet apport, sa population atteignant 8 456 habitants[8].

La gare en 1918
La gare en 1918, avec la verrière en arrière-plan et une avancée ajoutée à la façade du corps principal du bâtiment.

Au début des années 1900, le bâtiment voyageurs est agrandi avec une avancée du corps central qui implique la destruction de la tour publicitaire avec horloge[9]. À la même époque, une grande verrière vient protéger les quais de la gare[9].

Le 7 novembre 1937, vers h, à la sortie sud de la gare, un train de marchandises en percute un autre arrêté dans le brouillard, et les wagons renversés sur les voies sont percutés par un troisième train en provenance de Chantilly. Le conducteur du train qui a percuté le convoi arrêté dans le brouillard n'a pas respecté l'ordre de marche prudente qui lui avait été donné. Le double accident fait un mort et six blessés[10].

Durant la Deuxième Guerre mondiale, la ville et le site de la gare subissent de nombreux bombardements, notamment ceux de 1944, qui vont totalement détruire l'ancien bâtiment voyageurs[9]. Un bâtiment provisoire, baraquement en bois, va prendre la suite jusqu'à la construction de la nouvelle gare mise en service en 1955[9].

La gare est totalement réhabilitée en 1988, mais la ville et sa gare vont vivre des temps difficiles, les grandes entreprises ferment, la population diminue, la brasserie est fermée et une partie des locaux du buffet restent inoccupés[9].

La ligne de Creil à Jeumont, important itinéraire longtemps emprunté par les trains internationaux en direction de la Belgique, des Pays-Bas et de l'Allemagne, a vu son trafic détourné depuis 1996 par la LGV Nord.

Au sud de la gare, se trouve la bifurcation entre la ligne de Pierrelaye à Creil – ancien itinéraire de la ligne jusqu'à Paris de 1846 à 1859 suivant la rive droite de l'Oise, aujourd'hui utilisée par les trains de fret et ceux de la desserte Transilien – et celle de Creil à Beauvais ; cette dernière, à caractère essentiellement régional, est, parmi les lignes de l'étoile ferroviaire creilloise, la seule ligne à voie unique (au-delà de Montataire) et non électrifiée.

Service des voyageurs[modifier | modifier le code]

Accueil[modifier | modifier le code]

Gare[11] SNCF, elle dispose d'un bâtiment voyageurs, avec guichets, ouvert tous les jours. Elle est équipée d'automates pour l'achat de titres de transport grandes lignes et TER. Gare « Accès Plus », elle propose des aménagements, équipements et services pour les personnes à la mobilité réduite.

Deux souterrains permettent la traversée des voies et le passage d'un quai à l'autre.

Rame Z 20500 de la ligne RER D en attente pour assurer une mission ROVO à destination de Corbeil-Essonnes via Ris-Orangis

Desserte[modifier | modifier le code]

Elle est desservie par les trains de la ligne D du RER et ceux de la ligne H du Transilien (réseau Paris-Nord). Elle est également desservie par les trains TER Picardie et par des trains Intercités.

La numérotation des voies est particulière : du bâtiment voyageurs à l'autre extrémité, les voies sont désignées 2, 1-3, 5-7, 9-11.

La gare est d'une certaine importance, comptant parmi les cent trente premières gares du pays. Creil s'est en effet développée depuis le XIXe siècle grâce au chemin de fer et la gare constitue un nœud ferroviaire. Elle peut paraître sous-dimensionnée par rapport au flot de voyageurs qui l'utilisent tous les jours (20 000 voyageurs par jour, soit la première place de Picardie)[12] : sa rénovation a été superficielle et a omis de mettre en place une véritable salle d'attente (pas d'espace clos et chauffé). L'aménagement du quartier de Gournay (Montataire) (qui doit devenir un cœur de ville de l'agglomération creilloise, entre les communes de Creil, Montataire et Nogent-sur-Oise) prévoit de créer une seconde entrée.

En 2009, la fréquentation de la gare était de 18 481 voyageurs par jour (montées et descentes)[13].

Intermodalité[modifier | modifier le code]

Arrêt de bus STAC devant la gare.

Un parc pour les vélos et plusieurs parkings pour les véhicules y sont aménagés[11]. À proximité on trouve un parking payant de 580 places dont cinq réservées aux personnes à mobilité réduite.

La place de la gare est desservie par des bus des lignes urbaines gérées par le réseau de la Stac (Société de transport de l'agglomération creilloise), dans le cadre des transports organisés par la Communauté de l'agglomération creilloise ; ils desservent principalement Creil, Montataire, Nogent-sur-Oise et Villers-Saint-Paul. Un kiosque d'informations et de vente de tickets y est installé.

Une gare routière, située place Brobeil, constituée de quais et d'abribus, se trouve à 270 m du bâtiment voyageurs. Elle est desservie par des cars des lignes interurbaines du Conseil général de l'Oise organisés par le Syndicat mixte des transports collectifs de l'Oise (SMTCO) et par le réseau de la Communauté de communes Pierre - Sud - Oise. Pour l'information des voyageurs sur les lignes, leurs itinéraires et leurs horaires, le SMTCO a mis en place un centre d'appels et un site internet intitulé « Oise-Mobilité[14]. La gare routière est également desservie par la ligne de bus Picardie-Roissy du réseau de bus CIF pour Senlis, Roissypôle et la gare Aéroport Charles-de-Gaulle 2 TGV.

Service des marchandises[modifier | modifier le code]

Cette gare est ouverte au service du fret[15] y compris au service du wagon isolé.

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La SNCF s'attaque à la fraude Le Parisien, 2 décembre 2002
  2. a et b Livre : Reinhard Douté, Les 400 profils de lignes voyageurs du réseau ferré français, édité par La Vie du Rail en août 2011, ISBN 978-2-918758-34-1, volume 1, page 104.
  3. Les Chemins de fer du Nord, Paris, éd. Rimage,‎ 1979.
  4. François et Maguy Palau, Le rail en France - Les 80 premières lignes 1820 - 1851, p. 156
  5. François et Maguy Palau, Le rail en France - Tome I, 1852 - 1857, p. 199
  6. a, b et c François Prosper Jacqmin, De l'exploitation des chemins de fer : leçons faites en 1867 à l'École impériale des ponts et chaussées, volume 2, Garnier frères, 1868, p. 89 intégral (consulté le 4 janvier 2012).
  7. a, b et c Adolphe Laurent Joanne, Les environs de Paris illustrés, L. Hachette et cie, 1868, pp. 319-320 intégral (consulté le 4 janvier 2012).
  8. Karl Baedeker, Paris et ses environs : manuel du voyageur, 13e édition, K. Baedeker, 1898, p. 363 extrait (consulté le 4 janvier 2012).
  9. a, b, c, d et e Site leparisien.fr Il y a un siècle : La gare de Creil, article du 25 juillet 2011 lire (consulté le 4 janvier 2012).
  10. Le Matin du 8 novembre 1937, p. 1.
  11. a et b Site SNCF Picardie, Informations pratiques sur les gares : Gare de Creil lire (consulté le 4 janvier 2012).
  12. [PDF] La gare de Creil et ses quartiers territoire en mutation – territoire d’avenir, p. 5
  13. résumé de la ligne
  14. « Oise-Mobilité » (consulté le 7 janvier 2011).
  15. Site Fret SNCF : la gare de Creil.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]


Tableau des dessertes régulières les plus fines (mis à jour le 3 décembre 2014) :
Origine Arrêt précédent Train Arrêt suivant Destination
Paris-Nord Paris-Nord Intercités Longueau Boulogne-Ville
Paris-Nord Paris-Nord Intercités Clermont-de-l'Oise Amiens
Paris-Nord Paris-Nord Intercités Pont-Sainte-Maxence Saint-Quentin
ou Cambrai-Ville
Paris-Nord
ou Terminus
Chantilly - Gouvieux
ou Terminus
TER Picardie Laigneville Amiens
Paris-Nord Chantilly - Gouvieux TER Picardie Terminus
ou Laigneville
Terminus
ou Saint-Just-en-Chaussée
Paris-Nord Chantilly - Gouvieux TER Picardie Pont-Sainte-Maxence Saint-Quentin
Paris-Nord
ou Terminus
Chantilly - Gouvieux
ou Terminus
TER Picardie Villers-Saint-Paul Compiègne
Terminus Terminus TER Picardie Montataire Beauvais
Pontoise
ou Persan - Beaumont
Saint-Leu-d'Esserent Transilien Ligne H du Transilien Terminus Terminus
Corbeil-Essonnes
ou Juvisy
Chantilly - Gouvieux (RER) (D) Terminus Terminus