Mortefontaine (Oise)

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Mortefontaine
Mairie de Mortefontaine
Mairie de Mortefontaine
Blason de Mortefontaine
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Picardie
Département Oise
Arrondissement Senlis
Canton Senlis
Intercommunalité Communauté de communes de l'aire cantilienne
Maire
Mandat
Christian Lamblin
2008-2014
Code postal 60128
Code commune 60432
Démographie
Gentilé Mortefontainois(e)
Population
municipale
854 hab. (2011)
Densité 56 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 06′ 47″ N 2° 36′ 01″ E / 49.1130555556, 2.60027777778 ()49° 06′ 47″ Nord 2° 36′ 01″ Est / 49.1130555556, 2.60027777778 ()  
Altitude Min. 60 m – Max. 203 m
Superficie 15,29 km2
Localisation

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Mortefontaine

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Mortefontaine

Mortefontaine est une commune française située dans le département de l'Oise en région Picardie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation et communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Entrée de la commune venant de Plailly.

Mortefontaine se situe dans le sud du département de l'Oise, dans le Valois, à une distance orthodromique de 34 km au nord-est de Paris et près de la forêt d'Ermenonville. Le chef-lieu d'arrondissement de Senlis est éloigné de 15 km par la RD 607 et la RD 1017, et l'autoroute A1 respectivement sa sortie n° 7 à Saint-Witz de 5,5 km par la RD 126. L'A1 met Mortefontaine à 38 km de la capitale et à 15 km de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. Outre le village, la commune comprend deux hameaux : Montaby, zone pavillonnaire avec une poignée de maisons anciennes à la limite avec la commune de Ver-sur-Launette et son hameau de Loisy, ainsi que Charlepont, sur la Thève au nord du domaine de Vallière. Ce hameau consiste aujourd'hui pour l'essentiel d'un haras et d'une ferme équestre. En outre, la commune a la particularité de posséder une enclave, la butte de Montmélian, entourée des communes de Saint-Witz dans le Val-d'Oise et de la commune voisine de Plailly.

Mortefontaine compte six communes limitrophes, dont deux appartiennent à la région Île-de-France et au département de la Seine-et-Marne : Moussy-le-Neuf, pour une limite commune de quelques centaines de mètres, et Othis. Tenant compte de l'exclave de Montmélian, on peut y ajouter une septième commune limitrophe, Saint-Witz. Le territoire communal d'une superficie de 15,29 km² s'étire en longueur, dans un sens nord-sud, et côtoie Plailly sur toute sa limite est. Quant à Ver-sur-Launette, Mortefontaine partage avec cette commune le bois de Nerval[1], qui, tout comme le lieu-dit « le Fond de Nerval » sur Plailly a inspiré à Gérard Labrunie son pseudonyme Gérard de Nerval.

Communes limitrophes de Mortefontaine (Oise)
Thiers-sur-Thève Fontaine-Chaalis
Mortefontaine (Oise) Ver-sur-Launette
Plailly Moussy-le-Neuf (Seine-et-Marne) Othis (Seine-et-Marne)

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Chemin rural dit voirie des Rouliers, vers le bois de Nerval.

Les principaux axes routiers sont la RD 922 dans un sens est-ouest, en provenance d'Ermenonville et de Fontaine-Chaalis (RD 126) et en direction de Survilliers, Fosses et Luzarches ; ainsi que la RD 126 déjà citée. Cette dernière fait tronc commun avec la précédente entre Mortefontaine et Plailly, et relie Mortefontaine à Saint-Witz, à l'A1 et à la RD 317 près de Marly-la-Ville. Dans le Val-d'Oise, elle devient la RD 10. En plus de ces deux routes, la RD 607 relie Mortefontaine à Thiers-sur-Thève, Pontarmé et à la RD 1017 menant à Senlis. Depuis la rentrée scolaire 2005, Mortefontaine n'est plus desservi par les transports en commun en dehors des services à vocation scolaire. La ligne n° 29 du réseau de bus CIF depuis la gare de Survilliers - Fosses a été supprimée entre Mortefontaine et Plailly, alors que la desserte avait déjà été réduite à trois aller-retours deux ans auparavant. Jusqu'en 2003, Mortefontaine était encore desservie tous les quarts d'heure pendant les périodes de pointe, mais la fréquentation des bus était quasiment nulle. Pour le besoin des scolaires, la ligne n° 13 du réseau départemental Sud-Oise établit la liaison avec le collège de La Chapelle-en-Serval et les différents établissements de Senlis[2].

Topographie et espaces naturels[modifier | modifier le code]

Les étangs Colbert et de Vallière, inaccessibles au public.
La prairie de Charlepont.

Le relief ne présente que de faibles variations d'altitude, ce qui n'empêche pas un caractère relativement accidenté, surtout au nord du village. L'altitude moyenne varie autour de 90 m au-dessus du niveau de la mer, sauf sur le secteur à l'est de la RD 607, qui correspond à la vallée de la jeune Thève. Ce ruisseau prend naissance près du hameau de Montaby et de l'ancien prieuré de Saint-Sulpice-du-Désert, et traverse ensuite l'étang de la Ramée et le vaste étang de l'Épine, sur le domaine du château de Vallière. Dans les environs de la Thève, l'altitude moyenne varie autour de 60 m, avec la présence de quelques buttes parsemant la Garenne de Charlepont. Le point culminant de la commune atteint 203 m et correspond au sommet de la butte de Montmélian, sur l'enclave. Au nord de la RD 922, la majorité du territoire communal est boisée, avec l'exception notamment de la prairie de Charlepont. Ces bois et forêts, le bois de Morrière et la Garenne de Charlepont, sont des massifs annexes de la forêt d'Ermenonville. Au sud de la RD 922, l'on trouve des surfaces agricoles, des pépinières mais aussi des bois, dont notamment le bois de Nerval déjà cité. Quelques chemins ruraux se proposent à la promenade et permettent de rejoindre les villages voisins à pied. Par contre, tout le reste du territoire communal, avec les paysages les plus pittoresques, est presque complètement inaccessible voire invisible au public, du fait de sa couverture par de grands domaines privés et clôturés. La RD 607 pour Thiers-sur-Thève et la route de Charlepont sont les seuls chemins ouverts dans ce vaste secteur. Le bois de Morrière ne peut être découvert que depuis le chemin communal dit de la Tournelle, sur le territoire communal de Plailly, reliant la RD 607 au bourg. Cette situation est en même temps favorable à la protection de la flore très précieuse ici, avec des sites de landes que le Parc Naturel Régional tente de sauvegarder avec le concours du Conservatoire d'espaces naturels de Picardie et les propriétaires[3]

Le patrimoine naturel et paysager de Mortefontaine est protégé par deux ZNIEFF du type 1. La ZNIEFF n° national 220014323 « Massif forestier de Chantilly / Ermenonville » concerne sur Mortefontaine notamment le domaine de Vallière et ses abords[4]. La ZNIEFF n° national 220014325 « Bois de Morrière » comprend l'ensemble de ce bois privé, ainsi que les parties de la Garenne de Charlepont situées à l'extérieur du site des pistes d'essai automobiles du CERAM[5]. L'ensemble du territoire communal sauf le domaine de Vallière fait partie du site classé « Forêts d'Ermenonville, de Pontarmé, de Haute-Pommeraie, butte et clairière de Saint-Christophe », créé par arrêté du 28 août 1998 sur la base de la loi du 2 mai 1930 relative à la protection des monuments naturels et des sites de caractère artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque[6]. Le domaine de Vallière a fait l'objet d'un site inscrit de 330 ha en 1947, devenu site classé par arrêté du 10 avril 1961[7]. L'autre partie de l'ancien parc de Mortefontaine représentant 40 ha est devenu site inscrit par arrêté du 27 mars 1947 également, mais n'est pas devenu site classé pour le moment[8]. Tout le reste de la commune entre dans le site inscrit de la vallée de la Nonette, créé par arrêté du 6 février 1970[9]. Ce site inscrit a préfiguré le Parc naturel régional Oise-Pays de France pour sa partie située dans l'Oise, créé par décret du 13 janvier 2004 et incorporant l'ensemble de la commune de Mortefontaine[10].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, la seigneurie de Mortefontaine dépendait de l'importante châtellenie de Montmélian. En 1146, elle fut cédée à l'abbaye de Chaalis qui y aménagea des étangs à usage de viviers.

La châtellenie de Montmélian, propriété de l'abbaye de Saint-Denis depuis 1284, s'organisait autour d'un bourg d'une certaine importance du moyen âge jusque dans la Renaissance; l'un des plus importants marchés des environs s'y tenait et le pèlerinage pour l'église Notre-Dame contribuait également à sa prospérité économique. Après la destruction du manoir vers la fin du XVIe siècle dans le contexte des guerres de religion, le seigneur de Mortefontaine, François Hotman, acquiert la châtellenie le 9 juin 1599 sans pour autant reconstruire le manoir. En 1652, Montmélian passe à Monsieur le Coigneux et le domaine fut érigé en marquisat en 1654 par acte de Louis XIV, puis passe à la famille Le Peletier, grande famille de parlementaires et de financiers, en 1680. Ces changements successifs de seigneurs n'influent en rien le destin du bourg: Délaissé par ses seigneurs, il se dépeuple inexorablement courant la première moitié du XVIIe siècle en faveur de Plailly et Mortefontaine. La paroisse de Montmélian, dont Mortefontaine avait dépendu, est supprimée, et ne restent que quelques foyers[11].

Article détaillé : Butte de Montmélian.

Joseph Bonaparte acheta le domaine de Mortefontaine en 1798. On y signa, en 1800, le traité d'amitié entre la France et les États-Unis d'Amérique dit Traité de Mortefontaine et on y célébra les mariages de Caroline et Pauline Bonaparte. En 1827, le dernier prince de Condé, père du duc d'Enghien, acquit Mortefontaine pour la baronne de Feuchères, sa maîtresse, qui en hérita à sa mort en 1830. Cette dernière, qui mourut en 1840, légua Mortefontaine à sa filleule, Sophie Thanaron (†1901)[12]. En 1894, une large partie du domaine fut vendue au duc de Gramont qui y fit construire le château de Vallière en style néogothique et néorenaissance.

Article connexe : Château de Vallière.

À la mort de Madame Corbin, en 1901, le château de Mortefontaine passa à ses filles, la baronne de Meyronnet-Saint Marc et la comtesse Amelot de La Roussille. Le baron de Saint Marc fut maire de Mortefontaine de 1884 à 1921, année de décès de son épouse. Il prit sa retraite sur sa propriété d'Aix-en-Provence et vendit le château de Mortefontaine au comte Louis-René de Gramont vers 1928. Après la guerre, il ne trouve plus les moyens de l'entretenir correctement et le cède au Tiers-Ordre des Dominicains en 1949. Les religieuses construisent un prieuré dans le parc et ouvrent une école dans le château. Avec la construction de nouveaux bâtiments, le château n'est bientôt plus nécessaire et devient vacant, avant de trouver un acquéreur en 1985[13]. L' « Institut Saint-Dominique » (avec école, collège, lycée) accueille aujourd'hui plus de 1 100 élèves du CE2 à la terminale.

Article connexe : Château de Mortefontaine.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 en cours Christian Lamblin    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 854 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
378 415 520 438 487 401 387 370 308
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
367 399 359 391 402 417 344 378 470
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
461 448 446 346 385 357 376 319 598
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
524 545 534 590 734 701 844 885 854
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[14] puis Insee à partir de 2004[15])
Histogramme de l'évolution démographique


Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (12,6 %) est en effet inférieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (17,5 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (50,7 %) est du même ordre de grandeur que le taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 49,3 % d’hommes (0 à 14 ans = 21,5 %, 15 à 29 ans = 18,1 %, 30 à 44 ans = 24 %, 45 à 59 ans = 23,8 %, plus de 60 ans = 12,6 %) ;
  • 50,7 % de femmes (0 à 14 ans = 22,1 %, 15 à 29 ans = 15,8 %, 30 à 44 ans = 26,5 %, 45 à 59 ans = 22,9 %, plus de 60 ans = 12,6 %).
Pyramide des âges à Mortefontaine en 2007 en pourcentage[16]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,0 
90  ans ou +
0,0 
2,1 
75 à 89 ans
5,0 
10,5 
60 à 74 ans
7,6 
23,8 
45 à 59 ans
22,9 
24,0 
30 à 44 ans
26,5 
18,1 
15 à 29 ans
15,8 
21,5 
0 à 14 ans
22,1 
Pyramide des âges du département de l'Oise en 2007 en pourcentage[17]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90  ans ou +
0,8 
4,5 
75 à 89 ans
7,1 
11,0 
60 à 74 ans
11,5 
21,1 
45 à 59 ans
20,7 
22,0 
30 à 44 ans
21,6 
20,0 
15 à 29 ans
18,5 
21,3 
0 à 14 ans
19,9 

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Mortefontaine

Les armes de Mortefontaine se blasonnent ainsi :

de gueules à la divise abaissée, accompagnée, en chef, de trois hérissons ordonnés 2 et 1 et, en pointe, de deux sangliers rangés en fasce, le tout de sinople.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Monuments historiques[modifier | modifier le code]

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Mortefontaine compte trois monuments historiques sur son territoire.

  • Fontaine monumentale, RD 922 - rue Gérard de Nerval, à l'entrée du village en venant de Plailly (classée monument historique par arrêté du 11 avril 1946[18]) : Dans un renfoncement du mur d'enceinte du château de Mortefontaine, cette fontaine de style classique a été édifiée après 1770 par le seigneur Louis Le Peletier de Morfontaine afin de faciliter l'accès des villageois à l'eau potable. Elle porte des vers de l'abbé Delille inspirés des lieux : « Des bords fleuris où j'aimois à répandre / Le plus pur cristal de mes eaux, / Passant, je viens ici me rendre / Aux désirs, aux besoins de l'homme et des troupeaux. / En puisant les trésors de mon urne féconde, / Songe que tu les dois à tes soins bienfaisants. / Puissai-je n'abbreuver du tribut de mon onde / que des mortels paisibles et contents. »[19]. Faisant honneur au nom du village, la source de la fontaine s'est tarie.
  • Château de Mortefontaine, RD 922 - rue Gérard de Nerval, au milieu d'un parc entouré d'une muraille d'enceinte (inscrit monument historique par arrêté du 8 février 2004[20]) : Le château a été bâti entre 1600 et 1630 pour Philippe Hotman, dont le père François Hotman avait racheté la seigneurie de Mortefontaine en 1570 et celle de Montmélian-Plailly en 1599, avant de mourir un an plus tard. Le château est dans la propriété des Le Peletier entre 1680 et la Révolution, et Louis Le Peletier de Morfontaine fait aménager un jardin anglais autour de 1780. Ensuite, un autre propriétaire célèbre est Joseph Bonaparte, entre 1798 et 1814, qui agrandit le parc et l'agrémente de fabriques supplémentaires. Le Grand parc est soustrait du domaine en 1894 et devient le parc du château de Vallière. Dans le parc du château historique, rien ne subsiste de ces aménagements des XVIIIe et XIXe siècles. Entre 1949 et 1985, le château appartient à l'Institut Saint-Dominique, puis devient hôtel de luxe[21],[22] avant de retrouver finalement sa vocation initiale de résidence. Le château se compose d'un logis principal d'un étage sur sept travées, avec un corps central légèrement saillant, précédé d'un porche supporté par quatre colonnes à l'antique sur la façade nord. S'y ajoutent deux pavillons d'angle de trois étages, dont les hautes toitures sont perpendiculaires au toit principal. Les façades assez austères sont animées par des chaînages et corniches uniquement. Le parc du château est fermé au public, et le château n'est pas visible depuis le domaine public.
  • Château de Vallière, RD 922 - rue Gérard de Nerval (inscrit monument historique par arrêté du 29 octobre 1975[23]) : Construit en 1894 pour Agénor duc de Gramont et son épouse née Marguerite de Rothschild, dans le Grand parc du vaste domaine de Mortefontaine, ce château présente un style éclectique néo-gothique de par ses volumes, avec des façades, baies, toitures et cheminées de style Renaissance inspirés des châteaux de la Loire et plus particulièrement pour ses quatre tours d'angle de celui d'Azay-le-Rideau. - Après le décès de son père en 1925, Armand de Gramont devient le 12e duc de Gramont et hérité du château, alors que son frère Louis-René de Gramont achète pour lui le château de Mortefontaine en 1927. Lui succède Henri-Armand comme 13e duc en 1962, et vingt ans plus tard, il vend la partie la plus emblématique du domaine. Depuis 1982, le château de Vallière et le Grand parc ne sont plus dans la famille de Gramont et appartiennent aujourd'hui à l'émir Al-Tajir Mahdi, homme d’affaires milliardaire des Émirats arabes unis dont la résidence principale est à Dubaï[24],[25]. Le parc du château est fermé au public, et le château n'est visible que de loin depuis le domaine public.

Autres éléments du patrimoine[modifier | modifier le code]

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Articles détaillés : Butte de Montmélian et Golf de Morfontaine.
  • Église Saint-Barthélémy : Au début, Mortefontaine ne possédait qu'une chapelle, et le village était rattaché à la paroisse de Plailly. La chapelle est érigée en église paroissiale en 1276, mais rien n'en subsiste, et l'église actuelle n'est édifiée qu'au XVIe siècle. Extérieurement très sobre et sans aucune décoration, l'intérieur se présente dans un style gothique flamboyant assagi. La nef de cinq travées communique avec son unique bas-côté au sud par des grandes arcades en tiers-point, et se termine par une abside à pans coupés. Le clocher se dresse au-dessus de la première travée du bas-côté. Toutes les travées sont voûtées d'ogives en tiers-point, et les doubleaux sont également en tiers-point. Par contre, les cul-de-lampe qui reçoivent la retombée des voûtes dans le bas-côté, ainsi que les deux chapiteaux de la seconde travée de la nef traduisent clairement l'influence de la Renaissance[26]. Le mariage civil de Caroline Bonaparte et Joachim Murat fut célébré dans l'église le .
  • Tour carrée de Montmélian : Située sur le petit plateau au sommet de la butte, à une altitude de plus de 200 m, cette tour fortifiée rectangulaire édifiée vers 1205 est le seul vestige du manoir des seigneurs de Vernon du XIIIe siècle. Comme André Châtelain le fait remarquer[27] à juste titre, rien n'indique que la construction avait un caractère militaire ou défensif, puisqu'il y avait déjà un château-fort sur place: le château royal. Les deux édifices avaient coexisté pendant 273 ans jusqu'à la destruction du château dans la guerre de la Ligue. La famille de Vernon habitait le manoir pendant 78 ans avant de le ceder à l'abbaye de Saint-Denis (déjà propriétaire des terres de Saint-Witz), qui l'utilisait comme domicile pour quelques moines[28]. Les murs sont plutôt minces avec 120 cm d'épaisseur, et les grandes fenêtres proches du sol. Le bâtiment rectangulaire occupe une superficie au sol de 16,4 m sur 9,5 m, et il en subsistent deux façades et une troisième pour moitié, sur une hauteur d'environ dix mètres. Les murs consistent de moellons de silex, avec des joints en mortier jaune comportant de nombreuses pierre de calage. Le premier étage fut apparemment élevé sur un soubassement bas et sans fenêtres. Au premier étage, sept baies sous arcs plein cintre restent visibles, dont trois sont bouchées. Le second étage comporte encore cinq fenêtres et les traces de deux autres, puis d'une porte. Sur les arcatures de cet étage restent des vestiges de décorations en tiers-point. Chaque étage comportait une cheminée[29].
  • Haras de Charlepont, route privée de Charlepont, par la RD 607 : Charlepont est encore un hameau au XVIIIe siècle. C'est aujourd'hui un haras et une ferme équestre, sur un site pittoresque au pied d'une colline boisée au nord, avec des vastes prairies au sud, d'où l'on aperçoit le château de Vallière voisin. La toute jeune Thève traverse ce site champêtre. Le haras faisait initialement partie des dépendances du château de Vallière et lui est contemporain[30].
  • Tour Rochefort, à l'ouest de la RD 607 après la route de Charlepont : On aperçoit de loin cette tour sur une petite colline rocheuse, sur un site dit « la Roche Pauvre ». La végétation y est effectivement clairsemée et fait de bouleaux, petits pins et bruyères. La tour est une fabrique de jardin du parc de Mortefontaine de Joseph Bonaparte, conçu comme une fausse ruine devant évoquer un ermitage[31]. Longtemps laissée à l'abandon, la tour a récemment été restaurée et pour la première fois été équipée de fenêtres.
  • Le CERAM - Centre d'Essais et de Recherche Appliqués à la Mobilité, accès via la RD 607 et la commune de Thiers-sur-Thève, par un chemin privé au niveau de l'autoroute  : En 1956, le constructeur automobile Simca se dote des pistes de Mortefontaine pour la mise au point de ses véhicules. Depuis 2009, le centre est propriété de UTAC. Il fait partie de l'ensemble des moyens d'essais proposés par le Groupe UTAC CERAM et n'est donc plus réservé à un constructeur spécifique. Sur près de 2 km², 25 km de pistes de différents types sont disponibles, protégées des regards curieux par une muraille de 8 km de long. Les pistes les plus importantes sont la « piste vitesse » de 3 km, la « piste confort » de 1,5 km et la « piste 4 x 4 » de 4,5 km, fait de chemins sinueux au milieu d'un bois. Le Groupe UTAC CERAM propose également l'organisation d'événements de marketing dans des lieux adaptés[32]. Le site avec toute la forêt appartient au groupement forestier Sainte-Marguerite-des-Grès, du nom de la chapelle du même nom située à proximité (non visible depuis le domaine public). Le groupement forestier regroupe les héritiers de la famille de Gramont, dont notamment la M. et Mme de Cossé-Brissac, qui ont gardé la majeure partie de l'ancien domaine de Vallière lors de la vente du château[33].
  • Golf de Mortefontaine, accès via la RD 607 et la commune de Thiers-sur-Thève, par un chemin privé au niveau de l'autoroute  : Ce terrain de golf se situe autour de la butte du Maulois, l'un des principaux sites de landes de la forêt d'Ermenonville[3]. Armand de Gramont avait découvert le golf en 1896, à Dieppe. Le jeune comte fait tout d'abord aménager un petit parcours près du potager du château. Sa rencontre avec l'architecte de golf Tom Simpson en Angleterre est décisif pour son projet de création d'un vrai terrain de golf sur le vaste domaine familial. Il demande à ses parents la permission de reconvertir l'ancien terrain de polo, et l'inauguration est célébré le 15 octobre 1913 en la présence de joueurs célèbres. Après la Première Guerre mondiale et la mort du duc de Gramont, Armand trouve le luxe d'un terrain privé excessif, et se lance dans la fondation d'un club de golf, liée à la création d'un nouveau parcours, sur le site actuel. La réalisation est de nouveau confiée à Tom Simpson, qui conçoit un cadre paysager exceptionnel partant des particularités du terrain et son sol sablonneux. Les pins plantés à l'époque ont aujourd'hui conquis le paysage des alentours. Charles Siclis signe les plans du cloub house[34].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

« Souvenir de Mortefontaine » par Jean-Baptiste Corot, 1864.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Chagny (l'abbé), La Colline de Montmélian. Son histoire réligieuse. Le pèlerinage Notre-Dame, Beauvais, Éveché de Beauvais (Oise),‎ 2e édition 1944, 34 p.
  • « Repères dans l'histoire du domaine de Mortefontaine », dans : Didier Joseph-François, Céline Leblanc et Axel Vénacque, Étude urbaine-Diagnostic-Phases I-II : Compréhension du paysage d'inscription du village. Analyse des évolutions du tissu et lecture des paysages bâtis, Lille, Commune de Mortefontaine, Parc naturel régional Oise-Pays de France,‎ 2009, 107 p. (lire en ligne), p. 52-107
  • Gustave Macon et Edmond Paulmier, « Montmélian, Plailly, Bertrandfosse et Mortefontaine », Comité archéologique de Senlis, Compte-rendus et mémoires, années 1909-10, Senlis, Imprimerie Eugène Dufresne, 5e série, vol. II,‎ 1911, p. 115-148 (ISSN 11628820, lire en ligne)
  • Geneviève Mazel, Les grandes heures de Mortefontaine : bulletin n° 59-60, Beauvais, Groupe d'étude des monuments et œuvres d'art de l'Oise et du Beauvaisis (GEMOB),‎ 1993, réédition augmentée 2001, 96 p. (ISSN 02240475)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Communes limitrophes et autres renseignements topographiques selon la carte topographique 1 : 25 000e « TOP 25 » de l'IGN, consultable en 3D sur le site « Geoportail » (consulté le 17 novembre 2011). Distances mesurées par l'outil proposé dans le mode de visionnage en 3D.
  2. [PDF] « Horaire de la ligne 13 », sur Oise-mobilité (consulté le 17 novembre 2011).
  3. a et b Cf. le magazine du Parc Naturel Oise-Pays de France, « Soyons parc, n° 16 », sur Parc Naturel Oise-Pays de France (consulté le 17 novembre 2011), p. 5-7.
  4. Cf. « Description de la znieff Massif forestier de Chantilly / Ermenonville », sur DREAL Picardie (consulté le 17 novembre 2011).
  5. Cf. « Description de la znieff Bois de Morrière », sur DREAL Picardie (consulté le 14 novembre 2011).
  6. [PDF] « Forêts d'Ermenonville, de Pontarmé, de Haute-Pommeraie, butte et clairière de Saint-Christophe », sur DREAL Picardie (consulté le 17 novembre 2011).
  7. [PDF] « Mortefontaine - Domaine de Vallière », sur DREAL Picardie (consulté le 17 novembre 2011).
  8. [PDF] « Mortefontaine - Domaine de Mortefontaine », sur DREAL Picardie (consulté le 17 novembre 2011).
  9. Cf. [PDF] « Vallée de la Nonette », sur DREAL Picardie (consulté le 17 novembre 2011).
  10. Cf. [PDF] « Journal officiel de la République française du 15 janvier 2004, p. 1143-1144 », sur DREAL Picardie (consulté le 14 novembre 2011).
  11. François Chagny (l'abbé), La Colline de Montmélian. Son histoire réligieuse. Le pèlerinage Notre-Dame, Beauvais, Éveché de Beauvais (Oise),‎ 2e édition 1944, 34 p..
  12. Sophie Thanaron était a priori la nièce de Sophie Dawes, sans qu'on en soit tout à fait certain. Il n'est pas exclu en effet que Sophie ait été fille naturelle d'un prince d'Orléans. Elle eut pour tuteur l'ancien ministre Odilon Barrot puis épousa en 1850 Henri René Corbin, préfet de l'Aisne.
  13. Geneviève Mazel, Les grandes heures de Mortefontaine : bulletin n°59-60, Beauvais, Groupe d'étude des monuments et œuvres d'art de l'Oise et du Beauvaisis (GEMOB),‎ 1993, réédition augmentée 2001, 96 p. (ISSN 02240475), p. 78-87.
  14. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  15. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  16. « Évolution et structure de la population à Mortefontaine en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 26 octobre 2010)
  17. « Résultats du recensement de la population de l'Oise en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 26 octobre 2010)
  18. « Fontaine monumentale », base Mérimée, ministère français de la Culture
  19. Cf. Geneviève Mazel, Les grandes heures de Mortefontaine, op. cit., p. 27.
  20. « Château de Mortefontaine », base Mérimée, ministère français de la Culture
  21. Cf. Repères dans l'histoire du domaine de Mortefontaine, dans : Didier Joseph-François, Céline Leblanc et Axel Vénacque, Etude urbaine-Diagnostic-Phases I-II : Compréhension du paysage d'inscription du village. Analyse des évolutions du tissu et lecture des paysages bâtis, Lille, Commune de Mortefontaine, Parc naturel régional Oise-Pays de France,‎ 2009, 107 p. (lire en ligne), p. 52-107 ; p. 52-57, 62.
  22. Cf. Geneviève Mazel, Les grandes heures de Mortefontaine, op. cit., p. 86-87.
  23. « Château de Vallière », base Mérimée, ministère français de la Culture
  24. Cf. Étude urbaine-Diagnostic-Phases I-II : Compréhension du paysage d’inscription du village. Analyse des évolutions du tissu et lecture des paysages bâtis, op. cit., p. 33 et 58-59.
  25. « Promenade dans les bois privés » sur le site « Mon village Mortefontaine » (consulté le 12 décembre 2010).
  26. Dominique Vermand, Églises de l'Oise : Cantons de Chantilly et Senlis, Beauvais, Conseil général de l'Oise, avec le concours des communes des cantons de Chantilly et Senlis,‎ 2002, 54 p., p. 24.
  27. André Châtelain, Châteaux forts et féodalité en Île-de-France, du XIe au XIIIe siècle, Nonette (63), éditions Créer,‎ réédition 2007, 506 p. (ISBN 2-902894-16-3), p. 143.
  28. Cf. La Colline de Montmélian. Son histoire réligieuse. Le pèlerinage Notre-Dame, op. cit., p. 19.
  29. Cf. Châteaux forts et féodalité en Île-de-France, du XIe au XIIIe} siècle, op. cit., p. 143-144.
  30. Cf. Étude urbaine-Diagnostic-Phases I-II : Compréhension du paysage d’inscription du village. Analyse des évolutions du tissu et lecture des paysages bâtis, op. cit., p. 58 et 71.
  31. Cf. Repères dans l'histoire du domaine de Mortefontaine, op. cit., p. 70.
  32. Cf. « Centre d’Essais et de Recherche Automobile de Mortefontaine : les pistes », sur ceram-mortefontaine (consulté le 17 novembre 2011).
  33. Cf. Étude urbaine-Diagnostic-Phases I-II : Compréhension du paysage d'inscription du village. Analyse des évolutions du tissu et lecture des paysages bâtis, op. cit., p. 33.
  34. Cf. Repères dans l'histoire du domaine de Mortefontaine, op. cit., p. 58-59.
  35. Notice de la peinture sur le site du Louvre
  36. Cf. Repères dans l'histoire du domaine de Mortefontaine, op. cit., p. 61.