Coye-la-Forêt

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Coye-la-Forêt
Vue aérienne du château et du centre-ville
Vue aérienne du château et du centre-ville
Blason de Coye-la-Forêt
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Picardie
Département Oise
Arrondissement Senlis
Canton Chantilly
Intercommunalité Communauté de communes de l'aire cantilienne
Maire
Mandat
François Deshayes
2014-2020
Code postal 60580
Code commune 60172
Démographie
Gentilé Coyens
Population
municipale
3 739 hab. (2011)
Densité 537 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 08′ 34″ N 2° 28′ 27″ E / 49.1427777778, 2.4741666666749° 08′ 34″ Nord 2° 28′ 27″ Est / 49.1427777778, 2.47416666667  
Altitude Min. 31 m – Max. 126 m
Superficie 6,96 km2
Localisation

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Coye-la-Forêt

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Coye-la-Forêt
Liens
Site web coyelaforet.com

Coye-la-Forêt (prononcer [kwa.la.fɔ.ʁɛ]) est une commune française située dans le département de l'Oise en région Picardie, aux confins de l'Île-de-France et à 35 km au nord de Paris, entourée de la forêt de Chantilly.

Géographie[modifier | modifier le code]

Coye-la-Forêt se situe au sud de l’Oise, à la limite avec le Val-d'Oise, au cœur de la forêt de Chantilly, à une distance orthodromique de 33 km au nord-nord-est de Paris, soit une distance routière de 40 km par la RD 1016 (RD 316 en Île-de-France). Niché dans une cuvette orientée vers le nord, l'agglomération présente encore des aspects liés à ses origines rurales, et le centre du bourg se compose de rues anciennes bordées de maisons de pays. Les étangs de Commelles, principal lieu d'excursion au sein de la forêt, se situent pour les deux tiers sur le territoire de Coye. Commune forestière d'une superficie relativement modeste de 6,96 km², Coye n'est pas concernée par le trafic routier de transit et n'est desservie que par une unique route départementale, la RD 118. Elle débouche sur la RD 1016 à l'ouest et la RD 1017 à l'est, à La Chapelle-en-Serval. Ces deux anciennes routes nationales convergent vers la capitale et donnent accès sur la Francilienne pour la première, et à l'A1 et l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle pour la seconde.

Communes limitrophes de Coye-la-Forêt
Lamorlaye Chantilly
Asnières-sur-Oise Coye-la-Forêt Orry-la-Ville
Chaumontel Luzarches

Coye compte six communes limitrophes, dont Lamorlaye est la ville la plus proche du centre de la commune, avec une distance routière de 3,5 km d'une mairie à l'autre. Lamorlaye remplit pour Coye une fonction centrale sur certains plans ; l'on y trouve un grand nombre de commerces et un collège. Le nom d'Orry-la-Ville est associé à celui de Coye de par l'appellation de la gare partagée par les deux communes, Orry-la-Ville - Coye-la-Forêt, qui se situe à seulement 500 m des dernières maisons de Coye. Elle bénéficie d'une desserte fréquente par le TER Picardie, permettant de rejoindre la gare du Nord de Paris en 19 min, et par le RER D, dont la plupart de trains y ont leur terminus. Du lundi au vendredi, des navettes par autocar relient les différents quartiers de Coye à la gare ainsi qu'à Chantilly (ligne 14 du réseau départemental Sud-Oise[1]), autre commune limitrophe. Chantilly et Coye se rencontrent sur la rive nord des étangs de Commelles, sur une longueur de 1,1 km seulement.

La Thève dans les prairies en aval des étangs de Commelles
L'étang Neuf, l'un des étangs de Commelles.

Alors que les trois communes voisines citées se situent toutes dans l'Oise, les trois autres communes limitrophes appartiennent au département du Val-d'Oise. La plus éloignée est Asnières-sur-Oise (dont le centre est à 12 km par la route), et qui présente la majeure partie du Bois de Bonnet sur son territoire. La limite commune entre Coye et Asnières ne dépasse pas 500 m et correspond à la RD 1016 au sud de Lamorlaye. Par contre, Chaumontel et Luzarches arrivent juste derrière les jardins des dernières maisons de Coye, au sud. Ceci concerne toutes les maisons avenue des Tilles, rue de l'Orée du Bois, les rues au sud de l'avenue du Bois-Brandin et l'impasse des Sangliers. Comme particularité, Luzarches et Coye partagent une seconde portion de limite commune, le long de la RD 1016 également, mais plus au sud  : en effet, le territoire de Luzarches encercle pratiquement celui de Chaumontel. Du fait du rapprochement des communes valdoisiennes de Coye, seulement une petite partie du secteur sud de la forêt de Chantilly incombe au territoire de Coye : premièrement, le triangle délimité par la RD 1016, la RD 118 au nord et la route forestière « Chemin Noir », et deuxièmement, un hexagone au sud-est du village. La plus importante portion de la forêt de Chantilly sur Coye est le secteur entre le village et les étangs de Commelles, découpé par la voie ferrée[2]. La forêt de Chantilly occupe au total 408 ha soit 59 % du territoire communal.

Le relief est assez varié autour de Coye. Au sud, le village est dominé par deux buttes-témoin en-dehors du territoire communal, « les Côtes d'Orléans » et « le Pain de Sucre » cumulant à 122 m et respectivement à 109 m. Le plateau au sud-est de Coye, également en-dehors de son territoire, atteint même 131 m. Le point culminant de Coye, à 126 m, se trouve à la limite de ce plateau et est partagé avec Orry-la-Ville. À titre de comparaison, le centre-bourg ancien est établi à une altitude autour de 40 m, en plaine, tandis que les autres quartiers s'étalent sur les versants des différentes collines. Les points de vue sur Coye ayant jadis existé ont malheureusement disparu. Au nord-ouest, le territoire communal est marqué par la plaine alluviale de la Thève, qui atteint l'extrémité nord du village, et du ru Saint-Martin. Au niveau du château, la Thève se divise en outre en « Vieille Thève » canalisé et « Nouvelle Thève ». Les prés partiellement humides et inondables servent de pâturage aux chevaux. Plus en amont, la Thève suit un parcours encastré, dont le site a favorisé la création des étangs artificiels de Commelles. Plus en aval, à partir de Lamorlaye, la vallée de la Thève n'est plus perceptible[3].

La forêt de Chantilly sans ses parcelles situées dans le Val-d'Oise est protégée par une ZNIEFF type 1 « Massif forestier de Chantilly / Ermenonville », n° national 220014323[4]. Sur Coye, la forêt de Chantilly sans le hexagone au sud-est du village est en outre concernée par le site naturel classé « Domaine de Chantilly », créé par arrêté du 28 décembre 1960 sur la base de la loi du 2 mai 1930 relative à la protection des monuments naturels et des sites de caractère artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque[5]. Finalement, l'ensemble de la commune fait partie du vaste site naturel inscrit de la vallée de la Nonette, créé par arrêté du 6 février 1970[6]. Ce site inscrit a préfiguré le Parc naturel régional Oise-Pays de France pour sa partie située dans l'Oise, créé par décret du 13 janvier 2004 et incorporant l'ensemble de la commune de Coye[7].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de Coye est unique en France. On note successivement les appellations suivantes : Caugia (799), Coie (1138), Couaye (1548), Coye (1667), Coye-la-Forêt (1929)[8].

Histoire[modifier | modifier le code]

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La rue d'Hérivaux, au centre du vieux village.
La Grande Rue de Coye.

Il y a 45 millions d'années, le site actuel de Coye-la-Forêt était baigné par la mer Thanétienne, dont il reste le poudingue de Coye, mélange de sable et de galets de silex solidifiés par l'eau.

D'après les trouvailles archéologiques, il est probable que la région a été occupée par l'homme dès le néolithique, mais la première trace écrite que l'on retrouve concernant Coye ne remonte qu'à 797 : il s'agit de la donation de propriétés appartenant au comte Theudaldix, vassal de Charlemagne, à l'abbaye de Saint-Denis.

Il faut attendre 1138 pour trouver un second document, relatif à l'attribution de revenus de l'église de Coye, au prieuré de Saint-Nicolas d'Acy.

Du VIIIe au XIIe siècle, Coye est une dépendance du château royal de Lamorlaye, puis des Bouteiller de Senlis. La seigneurie est très modeste ; le sol pauvre comporte autant de landes, de bruyères et de fougères que d'arbres maigrichons trop souvent coupés et peu de terres cultivables.

Sous Louis XIV, Coye a pour seigneur un homme par ailleurs situé au cœur de la monarchie : le « Secrétaire de la main ». Celui-ci avait pour fonction d’imiter parfaitement l’écriture royale, signant même “ Louis ”, s’il le fallait. Ainsi, Toussaint Rose (1611-1701), marquis de Coye, exerça cette fonction de mars 1661 à décembre 1678 (ce qui interdit d’identifier, avec une totale sûreté, l’auteur véritable des manuscrits attribués à Louis XIV). « Avoir la plume, écrit Saint-Simon dans ses Mémoires, c’est imiter si exactement l’écriture du roi qu’elle ne se puisse distinguer de celle que la plume contrefait, et écrire en cette sorte toutes les lettres que le roi doit ou veut écrire de sa main, et toutefois n’en veut pas prendre la peine […]. Il n’est pas possible de faire parler un grand roi avec plus de dignité que faisait Rose, ni plus convenablement à chacun, ni sur chaque matière, que les lettres qu’il écrivait ainsi, et que le roi signait toutes de sa main. » De son côté, l'abbé de Choisy écrit dans ses Mémoires que Rose, "avait de l'esprit, de la capacité, écrivait facilement, et plaisoit à son maître. Il m'a conté qu'il n'avoit jamais signé pour le Roi qu'une fois en sa vie".

Après la mort de Toussaint Rose, Henri-Jules de Bourbon, seigneur de Chantilly, acquiert la seigneurie de Coye en 1701. Pour occuper la population coyenne, particulièrement pauvre, et éviter qu'elle ne passe son temps à braconner dans ses forêts, il fait installer des entreprises industrielles dans le château : impression d'étoffe, puis fabrique de cartes et filature de coton qui comptera jusqu'à 200 ouvriers au début du XIXe siècle.

Le XIXe siècle sera le siècle d'or des industries coyennes : après la filature de coton, une usine d'impression sur étoffe emploie jusqu'à 300 ouvriers. La création des margotins (petits fagots de bois) occupe à partir de 1850 une centaine d'ouvriers, de même que la fabrication des liens et cordes en tilles. Une usine de fabrication d'objets en acier poli cesse son activité en 1914, mettant fin à l'activité industrielle de Coye.


Héraldique[modifier | modifier le code]

blason

Les armes de Coye-la-Forêt se blasonnent ainsi :

Écartelé : aux 1er et 4e d'azur au lunel d'argent, aux 2e et 3e d'argent à cinq écussons d'or à deux clefs de sable passées en sautoir et rangés en croix.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

La Mairie
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1995 2001 Guy Lafarge DVD  
mars 2001 2014 Philippe Vernier DVD  
2014[9] en cours
(au 29 août 2014)
François Deshayes DVD  

Philippe Vernier est le premier maire de Coye-la-Forêt à être réélu.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 3 739 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
675 570 687 756 872 852 860 918 929
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
948 1 042 1 032 1 122 1 183 1 218 1 298 1 271 1 199
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 340 1 463 1 580 1 512 1 581 1 671 1 641 1 663 1 813
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
2 075 2 509 3 048 3 094 3 199 3 516 3 840 3 760 3 752
2011 - - - - - - - -
3 739 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2004[11].)
Histogramme de l'évolution démographique


Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (21,5 %) est en effet supérieur au taux national (21,6 %) tout en étant toutefois inférieur au taux départemental (17,5 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (51,2 %) est du même ordre de grandeur que le taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 48,8 % d’hommes (0 à 14 ans = 21,2 %, 15 à 29 ans = 16,2 %, 30 à 44 ans = 22 %, 45 à 59 ans = 21,5 %, plus de 60 ans = 19,1 %) ;
  • 51,2 % de femmes (0 à 14 ans = 20,1 %, 15 à 29 ans = 14,2 %, 30 à 44 ans = 22,5 %, 45 à 59 ans = 19,5 %, plus de 60 ans = 23,7 %).
Pyramide des âges à Coye-la-Forêt en 2007 en pourcentage[12]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90  ans ou +
0,6 
5,8 
75 à 89 ans
8,9 
13,1 
60 à 74 ans
14,2 
21,5 
45 à 59 ans
19,5 
22,0 
30 à 44 ans
22,5 
16,2 
15 à 29 ans
14,2 
21,2 
0 à 14 ans
20,1 
Pyramide des âges du département de l'Oise en 2007 en pourcentage[13]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90  ans ou +
0,8 
4,5 
75 à 89 ans
7,1 
11,0 
60 à 74 ans
11,5 
21,1 
45 à 59 ans
20,7 
22,0 
30 à 44 ans
21,6 
20,0 
15 à 29 ans
18,5 
21,3 
0 à 14 ans
19,9 

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

Poudingue de Coye : des cailloux de silex enfermés dans des blocs de grès.
Articles détaillés : Forêt de Chantilly et Étangs de Commelles.
  • La forêt de Coye : C'est une partie de la forêt de Chantilly, laquelle compte 6 344 ha au total. On appelle communément « forêt de Coye » le massif qui englobe, au sud des étangs de Commelles, aussi bien les bois d'Orry à l'est que les bois de Luzarches et de Chaumontel au sud, et ceux d'Asnières-sur-Oise (Bois Bonnet) à l'ouest. On remarque plusieurs essences d'arbres : chêne, hêtre, tilleul, châtaignier et résineux. Le sentier botanique de Champoleux qui mène du centre-ville vers les étangs de Commelles invite à la découverte de la flore. La forêt est également bien adaptée à la pratique de la randonnée pédestre et du tourisme équestre.
  • Les étangs de Commelles, en forêt de Coye : Succession de quatre étangs aménagés probablement par les moines convers de l'abbaye de Chaalis au cours du XIIIe siècle. C'est l'un des lieux de promenade les plus fréquentés de la forêt de Chantilly.
  • Le poudingue de Coye (vestiges) : Des blocs de conglomérat subsistent rue d'Hérivaux, aux pieds de l'école des Bruyères. Lorsque la mer Thanétienne s'est retirée, il y a quelque 60 millions d'années, le sable s'est aggloméré et transformé en grès, en prenant dans sa masse des galets de silex, pour former des blocs de poudingue. Quelques dizaines de blocs restent en place, la plupart de petite taille ; d'autres blocs ont été entassés et d'autres enlevés lors de la construction de l'école.

Monuments historiques[modifier | modifier le code]

Coye-la-Forêt compte deux Monuments historiques.

Le château de Coye-la-Forêt, au nord du centre-ville.
Le château de la Reine Blanche.
Article détaillé : Château de la Reine Blanche.
  • Le château de Coye, au nord du village, avenue du château (inscrit Monument historique par arrêté du 2 avril 2002, portant sur le salon, le décor intérieur avec des boiseries, les douves, l'écurie, la ferme, le colombier, un pavillon et le parc[14]) : En 1655, Toussaint Rose, secrétaire du cabinet de Louis XIV et académicien, achète la seigneurie de Coye « avec maison seigneuriale, cour et colombier » et parvient à agrandir ses terres, en dépit de l'opposition du Grand Condé. Rose fait démolir le vieux manoir et le remplace par une nouvelle construction de dimensions relativement modestes, de cinq travées seulement, mais avec une haute toiture imposante. Les dépendances qui limitent l'avant-cour sur trois côtés, rythmés par trois pavillons, sont par contre d'un développement important. En 1697, quatre ans avant sa mort, il obtient l'érection de sa terre de Coye en marquisat. Les héritiers le vendent rapidement à Henri-Jules de Bourbon-Condé, et bien que sa puissante famille n'avait pas d'usage pour le château, Louis V Joseph de Bourbon-Condé fit construire un nouveau corps de logis, vers le milieu du XVIIIe siècle, dans un style néoclassique. En 1767, une manufacture d'impression sur étoffe est installée dans les dépendances, et le château sert de logement aux dirigeants. Deux ans avant la Révolution, le prince de Condé vend le château à Guillaume Mandrou de Villeneuve, qui ferme la manufacture et crée une papeterie. De 1795 à 1815, quatre autres changements de propriétaire interviennent successivement, et au début du XIXe siècle, une filature de coton prend le relais. Grâce à une machine à vapeur acquise en 1815 après le rachat par Alexandre Andryane, cette activité perdure plus longtemps, jusqu'en 1840, en dépit de l'incendie de 1829 ruinant le château. L'usine devient une fabrique de chiffons gérée par la société Lomaillet, fonctionnant jusqu'en 1873, année de cessation de l'activité industrielle. Le château appartient aujourd'hui à un descendant d'Alexandre Andryane, qui est issu d'une ancienne famille beauvaisienne. Le logis présente une façade en pierre blanche soigneusement appareillée, qui s'organise autour d'un corps central surmonté d'un fronto curviligne. Entouré de douves, la cour est encadrée par les écuries et les communs, remaniés tout comme le château après l'incendie de 1829. Ils accueillent aujourd'hui des logements. L'ensemble reste assez représentatif d'un petit domaine seigneurial de la fin de l'Ancien Régime[15]. Les communs et la façade nord du château sont visibles depuis le domaine public.
  • Le château de la Reine Blanche (classé Monument historique par arrêté du 9 mai 1989[16]) : Au bord de l'étang de la Loge (premier des étangs de Commelles) s'élève aujourd'hui le château de la Reine Blanche, construit sur les restes d'une ancienne loge de bûcherons transformée en moulin à eau en 1765. En 1826, le moulin est supprimé ; la loge est réparée et se voit attribuer le cachet d'un château du Moyen Âge, avec portes et fenêtres ogivales, tourelles crénelées. Les trois chevaliers qui décorent la façade vers le lac ont été ajoutés en 1846 par le duc d'Aumale, dernier fils de Louis-Philippe et propriétaire du domaine de Chantilly.

Autres éléments du patrimoine[modifier | modifier le code]

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  • L'église Notre-Dame de la Jeunesse : La première chapelle de Coye remontait au XIIe siècle et était dédiée à saint Martin. Une église paroissiale n'est fondé qu'en 1483 ou peu après par Jean de Suze, qui vient de devenir seigneur de Coye par son mariage avec Anne Aubin, dame de Coye. Les armes des Suze figurent toujours sur la clé de voûte de la base du clocher. Cette travée constitue le dernier vestige de l'église primitive, qui est reconstruite une première fois entre 1737 et 1753. Cependant, cette église n'est apparemment pas conçue pour durer, et au milieu du XIXe siècle, le curé Delachapelle prend l'initiative de la remplacer. La première pierre pour un nouvel édifice d'après les plans de l'architecte senlisien Drin est posée en 1869, et le gros œuvre est achevée en 1875. De style néogothique, son plan prétend s'inspirer de l'abbatiale de l'Royaumont. Il comporte une nef de sept travées accompagnée de deux bas-côtés, un chevet à cinq pans et un clocher réutilisant la base ancienne. À l'intérieur, l'élévation porte sur trois niveaux et comprend les grandes arcades, un étage de triforium avec des arcatures aveugles devant les combles des bas-côtés, et un étage de fenêtres hautes circulaires. Comme dans une église ancienne, l'on note quelques irrégularités : le triforium compte généralement deux arcades, mais trois arcades au-dessus de la dernière travée, et la première et la dernière grande arcade ne reposent pas sur de gros piliers cylindriques isolés, mais sur des colonnes engagées dans des piliers carrés. D'après Dominique Vermand, l'architecte aurait pu s'inspirer également des églises Saint-Denys d'Arcueil, Saint-Hermeland de Bagneux, Saint-Rémy de Ferrières-en-Brie ou Notre-Dame-de-la-Nativité de Villeneuve-le-Comte[17],[18]. Au nord, l'on découvre la sacristie, évoquant une petite maison d'habitation.
  • L'ancien bâtiment du corps de garde, rue du petit Pont, derrière la mairie : Accueillant la bibliothèque municipale à l'étage, ce petit bâtiment d'un plan triangulaire conserve l'inscription rappelant son ancien usage à l'entrée de la rue du Petit Pont.
  • Le « petit Pont » sur la Thève, l'abreuvoir et l'ancien lavoir : À droite se dressait, depuis 1770, une manufacture où le prince de Condé, propriétaire du château voisin, fit fabriquer de l'indienne en profitant de l'énergie hydraulique de la Thève[19]. Puis la manufacture fut transformée et changea complètement de vocation à plusieurs reprises : usine de cartes à jouer, filature de soie, fabrication d'objets en acier poli. Deux cents ouvriers furent employés sur le site au plus fort de son activité, mais la fermeture définitive intervint dès 1914, et plus rien n'en subsiste aujourd'hui.
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  • L'étang du Chardonnet, quai du Chardonnet / rue de l'Étang, au nord du centre-ville : On y trouve un autre vieux lavoir datant de 1841. Dans le parc du château, à l'endroit où la Thève arrive dans l'étang, on peut voir de loin l'élégant pont Pinel de 1859, avec une rambarde en fer forgé. Tenant son nom du constructeur de l'ancien viaduc ferroviaire, il est inscrit Monuments historiques avec l'ensemble du château[19]. L'étang étant une propriété privée, l'on peut seulement le regarder depuis la rue.
  • Le pont Mandrou, sur la Thève : En se dirigeant vers les étangs de Commelles, on trouve le pont Mandrou (fin du XVIIIe siècle), sur la chaussée Porchène, chemin rural reliant la route des Étangs en provenance de Coye à l'avenue du Château en provenance du « petit Pont » mentionné ci-dessus. D'autres ponts se trouvent dans les environs : pont de la chaussée Porchène sur le ru Saint-Martin, et pont d'un sentier sur la Thève, près du viaduc du chemin de fer.
  • Le nouveau viaduc du chemin de fer Paris - Lille, bâti de 1980 à 1984 en remplacement du viaduc construit par l'ingénieur Pinel entre 1856 et 1859. Cet ancien viaduc a été détruit le 12 décembre 1985. Un bas-relief en bronze sur la base de l'un des piliers commémore le remplacement de l'ancien viaduc par un nouvel ouvrage d'art.
  • Les pierres levées : En partant depuis le poteau des Écouteurs à la fin de la rue d'Hérivaux (à ne pas confondre avec la route d'Hérivaux en forêt de Coye), et on prenant la route de la Charmée (en direction du sud-est), l'on arrive au carrefour de la Charmée au bout de 750 m environ. Près de cet endroit et le long de la route d'Hérivaux, se trouvent quelques petites pierres levées, dont il est tout à fait incertain s'il s'agit de mégalithes.
  • Les pistes d'entrainement : Même si Coye-la-Forêt n'a pas la même réputation que ses voisines, Lamorlaye et Chantilly, elle joue un rôle important dans le monde des courses. Elle possède sur son territoire quelques écuries et une partie des pistes d'entrainement de France Galop. Les pistes sont partagées entre Lamolaye et Coye. Elle s'étalent sur 60 hectares dont 15 en gazon et offrent toutes les garanties de sécurité et de calme nécessaires à l'épanouissement des coursiers.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Vue aérienne de Coye-la-Forêt.
Vue aérienne de Coye-la-Forêt.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maurice Delaigue, La Vie quotidienne a Coye la Foret en 1900 : faits et temoignages sur un village de la Picardie parisienne, Beauvais, C.D.D.P.,‎ 1986, 66 p.
  • Maurice Delaigue, Chronique d'un village de l'Oise au 20e siècle : Coye-La-Forêt, Beauvais, C.D.D.P.,‎ 1990, 86 p.
  • Maurice Delaigue, La forêt de Coye : terre d'histoire et de découvertes, Coye-la-Forêt, Association La Sylve,‎ 2001, 51 p.
  • Maurice Delaigue, Promenade en vallée de Thève, s.l., à compte d'auteur,‎ s.d. (ca. 1990), 109 p. (ISBN 295045691X)
  • Raymond Jacquet, Coye hier : 3 : la Révolution, Paris, Imprimerie Fournié,‎ 1991, 151 p.
  • Philippe Larère, La Flore de la forêt de Coye et des étangs de Comelle, Commune de Coye-la-Forêt,‎ ca. 1990, 46 p.
  • Sylvie Edelstein et Philippe Larère, Étude descriptive de la flore et de la végétation de la foret de Coye, Amiens, Université de Picardie,‎ 1990, 176 p.
  • Jean Lebeuf, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris : Tome premier, Paris, Librairie de Fechoz et Letouzey (réédition),‎ 1883 (réédition), 693 p. (lire en ligne), p. 334-337

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Pour l'horaire, cf. [PDF] « Horaire de la ligne 14 », sur Oise Mobilité (consulté le 1er novembre 2011).
  2. Communes limitrophes et autres renseignements topographiques selon la carte topographique 1 : 25 000e « TOP 25 » de l'IGN, consultable en 3D sur le site « Geoportail » (consulté le 1er novembre 2011). Distances mesurées par l'outil proposé dans le mode de visionnage en 3D.
  3. Cf. Didier Joseph-François, C. Leblanc et A. Vénacque, Commune de Coye-la-Forêt : Étude urbaine, Orry-la-Ville, Parc naturel régional Oise-Pays de France,‎ mai 2007, 56 p. (lire en ligne [PDF]) ; p. 3, 7, 15-16 et 45-49.
  4. Cf. « Présentation de la znieff Massif forestier de Chantilly / Ermenonville », sur DREAL Picardie (consulté le 1er novembre 2011).
  5. Cf. [PDF] « Domaine de Chantilly », sur DREAL Picardie (consulté le 1er novembre 2011).
  6. Cf. [PDF] « Vallée de la Nonette », sur DREAL Picardie (consulté le 1er novembre 2011).
  7. Cf. [PDF] « Journal officiel de la République française du 15 janvier 2004, p. 1143-1144 », sur DREAL Picardie (consulté le 1er novembre 2011).
  8. Cf. « Histoire », sur Site Officiel de la Commune de COYE-LA-FORET (consulté le 4 août 2014).
  9. « Coye-la-Forêt », Cartes de France (consulté le 29 août 2014)
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011
  12. « Évolution et structure de la population à Coye-la-Forêt en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 26 octobre 2010)
  13. « Résultats du recensement de la population de l'Oise en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 26 octobre 2010)
  14. « Château de Coye », base Mérimée, ministère français de la Culture
  15. Cf. Philippe Seydoux, Châteaux et gentilhommières des Pays de l'Oise : Tome II. Valois, Paris, Éditions de la Morande,‎ s.d., 356 p. (ISBN 978-2-9020-9139-3) ; p. 16-17.
  16. « Château de la Reine Blanche », base Mérimée, ministère français de la Culture
  17. Dominique Vermand, Églises de l'Oise : Cantons de Chantilly et Senlis, Beauvais, Conseil général de l'Oise, avec le concours des communes des cantons de Chantilly et Senlis,‎ 2002, 54 p., p. 17-18.
  18. « L'église », sur Coye-la-Forêt (site officiel) (consulté le 10 mai 2011).
  19. a et b « Notice no PA60000046 », base Mérimée, ministère français de la Culture