Roman Choukhevytch

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Taras Tchouprynka
Roman Choukhevytch à 37 ans.
Roman Choukhevytch à 37 ans.

Surnom Dzvin (« Le glas »)
Naissance 30 juin 1907
Krakovets, Galicie, Autriche-Hongrie
Décès 5 mars 1950 (à 42 ans)
Bilohorcha (uk), Département de Lvov, RSS d'Ukraine
Allégeance OUN-r Flag 1941.svg OUN-r Flag of the NSDAP (1920–1945).svg IIIe Reich
Arme commando
Grade Chef de bataillon (1941)
Hauptmann(1942)
Lieutenant-colonel (1945)
Brigadier général (1946)
Années de service 19291950
Conflits Seconde Guerre mondiale
Guerre froide
Commandement War Ensign of Germany 1938-1945.svg Bataillon Nachtigall
Flag Schutzstaffel.svg 1er compagnie du 201e (en) Schutzmannschaft
OUN-r Flag 1941.svg UPA
Faits d'armes Petite guerre
Opération Himmler
Opération Barbarossa
Bataille d'Oumane (en)
Opération Cottbus
Massacres des Polonais en Volhynie
Distinctions UPA-strichka.png Croix du mérite militaire (uk).
Hero of Ukraine ribbon bar.png Héros d'Ukraine
à titre posthume, annulé.

Roman Iosypovytch Choukhevytch (en ukrainien Роман Йосипович Шухевич) dit Taras Tchouprynka est un nationaliste ukrainien né le 17 juillet 1907 à Krakovets près de Yavoriv en Galicie et mort le 5 mars 1950 à Bilohorcha (uk), faubourg de Lvov, appelé aujourd'hui Lviv.

Auteur d'un assassinat politique à dix-neuf ans, il a organisé et participé aux attentats terroristes de l'UVO en Ruthénie au début des années trente. Sous une couverture civile avec le soutien de l'Allemagne nazie puis sous l'uniforme de la Wehrmacht et enfin dans le maquis, il a conduit de 1937 jusqu'à sa mort l'action militaire de quelque vingt mille à deux cent mille insurgés de l'OUN contre l'occupation polonaise puis de l'UHVR (en) contre l'occupation soviétique.

Sommaire

Biographie[modifier | modifier le code]

Une jeunesse galicienne[modifier | modifier le code]

L'idéal national en héritage (1907 - 1926)[modifier | modifier le code]

Photographie de famille en 1913 ou 14. Roman Choukhevytch est assis au milieu, au pied de son grand père paternel, qui mourra en 1915. Son père est debout, le deuxième à gauche. Sa mère, assise, la deuxième à gauche.

Roman Choukhevytch nait sujet autrichien de l'Autriche-Hongrie dans la vice régence de Galicie. C'est le petit fils d'un professeur de Lemberg, Lvov depuis 1919, investi dans l'action sociale[1] au sein de l'Église uniate. Il est l'aîné d'une sœur et un frère. Sa mère, Eugénie Stotzka, est la fille très pieuse d'un pasteur[2]. Son père, Zénon Joseph, avocat[3], est nommé commissaire politique de Krakovets durant la guerre polono-ukrainienne. Il héberge en 1921 et 1922[4] le chef de l'Organisation militaire ukrainienne, Eugène Konovalets. Promu juge par le gouvernement de la République populaire d'Ukraine occidentale[5], en exil à Vienne depuis avril 1920, il installe sa famille à Lviv, 18 rue Kosanersky[3], alors même que seule l'administration de la deuxième république de Pologne y est reconnue par le Haut Conseil de la Conférence de paix de Paris depuis le 21 novembre 1919.

Le 14 mars 1923, la Société des Nations entérine l'annexion de l'Ukraine occidentale par la Pologne. Roman Choukhevytch a seize ans et s'engage dans l'UVO clandestine[6]. Trois ans plus tard, le 19 octobre 1926, il assassine avec un complice, Bohdan Pidhaïny (uk), le recteur de l'université de Lvov, Stanislave Sobinski (pl)[6], accusé de poloniser l'instruction publique[7].

Entré à dix-sept ans à l'École polytechnique de Lvov, où l'enseignement se fait en ukrainien, il y poursuit à la rentrée 1926 des études supérieures et y obtiendra un diplôme d'ingénieur en génie civil huit ans plus tard, en juin 1934. Athlète plusieurs fois médaillé[8], il étudie piano et chant à l'Institut de musqiue Lysenko avec son frère, ce qui les amènent quelques fois sur la scène de l'opéra de la ville.

Des confréries plastiennes à l'insoumission (1927 - 1930)[modifier | modifier le code]

Camp dans les Carpates durant l'été 1926 des éclaireurs de la « grande troupe des diables de la forêt ». Roman Choukhevytch est au milieu du deuxième rang.

Membre des éclaireurs de la grande troupe des Diables de la forêt au sein des confréries (tel l'Ordre de l’Éperon de fer) du mouvement Plast (A plat! (en)), il fonde en 1927 sa propre meute, les Tchornomorsky[9] (Чорноморські), à laquelle participe Stepan Bandera[10].

En février 1929, l'UVO adhère à la nouvelle organisation politique qu'Eugène Konovalets en exil fonde à Vienne, l'OUN, Organisation des nationalistes ukrainiens, qui réunit plusieurs associations de jeunesses ukrainiennes, et Roman Choukhevytch en devient le représentant pour la Galicie[6]. Appelé au service militaire dans l'armée polonaise cette même année 1929, il est fiché comme suspect et le grade d'officier lui est refusé. Il déserte pour compléter une formation d'artilleur au sein de l'UVO clandestine dans les forêts de Volhynie à l'est de la ligne Curzon.

À la suite des élections de mai 1930 défavorables aux députés de la Coalition sans parti de soutien au gouvernenement (pl), des manifestations du Centre gauche et du coup d'état du 14 mai conduit par le ministre de la défense Joseph Pilsudski, le gouvernement d'« assainissement » du président Ignacy Mościcki interdit le scoutisme ukrainien (en) en Ruthénie comme il l'avait été en Volhynie en 1928. Des camps d'été avaient déjà été organisés de l'autre côté de la frontière en Ukraine carpathique (en) sous l'égide du Junak (cs), l'association scoute de Tchécoslovaquie, mais le décret pousse un peu plus la jeunesse ukrainienne à la clandestinité.

En 1930, Roman Choukhevytch épouse Nathalie (13 mars 1910 - 28 février 2002), fille du pasteur du village de Letsivka[3],[3], à l'ouest d'Ivano-Frankivsk, et sœur de son compagnon d'armes Georges Miroslav Bérézinsky (uk). Il en aura un garçon et une fille.

Campagnes terroristes contre l'occupation polonaise (1930 - 1934)[modifier | modifier le code]

Roman Choukhevytch en 1930 durant sa première clandestinité en Volhynie.

Désormais clandestin, Roman Choukhevytch est choisi pour être adjoint du conseil militaire de l'OUN. Sous le pseudonyme de « Le glas » (Dzvin), il dirige en Galicie à partir du 12 juillet 1930 une campagne de sabotage des chemins de fer, routes et centraux téléphoniques[11]. Quelques deux mil deux cents actes seront recensés. Les attentats visent également les propriétés des osadniks (pl), qui sont des vétérans de l'armée polonaise reconvertis en colons, mais aussi celles d'ukrainiens collaborateurs.

Leur objectif est de provoquer dans le Kresy, la Pologne frontalière, une politique de répression[12] qui rallie les nationalistes ruthènes modérés à la cause séparatiste[11]. Effectivement, le ministre de l'Intérieur polonais Bronisław Pieracki (pl) riposte le 10 septembre en arrêtant quatre députés de l'Alliance démocratique nationale ukrainienne (en). Le 20 septembre commencent plusieurs semaines de « pacification de la Galicie orientale (en) », opération policière et militaire de délation et de fouilles ponctuée de violences sur les biens et les personnes.

En 1931, son premier enfant, Martusia, meurt en bas âge et sa femme retourne vivre chez ses parents[3]. Un divorce est prononcé pour la sécurité de celle-ci et celle de leurs futurs enfants[3].

Roman Choukhevytch, pour pouvoir continuer l'action terroriste, organise des braquages de banques et de trains[13], participant lui-même le 30 novembre 1932 à celui de la poste de Gródek Jagielloński[14] au cours duquel, blessé, son beau-frère, Georges Bérézinsky (uk), est exécuté pour ne pas être pris par l'ennemi.

Il orchestre plusieurs assassinats politiques :

Entre deux attentats, tout en veillant à échapper à la surveillance policière, il retrouve sa femme, malgré la tragédie qu'a été l'exécution de son beau-frère, et son fils Georges naît le 28 mars 1933[17].

Prisons (1934 - 1936)[modifier | modifier le code]

Bereza Kartuska (en) aujourd'hui. Roman Choukhevytch y a été détenu cinq mois.
La prison Sainte-Brigitte (pl), ancien couvent de brigittines de la rue Kazimierzów à Lviv, où Roman Choukhevytch effectue en 1936 une peine d'une année d'incarcération. C'est là que le 30 juin 1941 il découvrira les cadavres entassés des opposants au NKVD.

À la suite de l'assassinat du ministre de l'Intérieur, Roman Choukhevytch est caché avec femme et enfant par le père Mitchak, prêtre uniate, dans le presbytère de Bilitch, village à l'écart de Staryï Sambir[3]. Il est arrêté le 18 juillet 1934[6] ainsi que Mykola Lebed (en), livré par la Gestapo au cours de sa fuite à Dantzig, et Yaroslav Stetsko. Il est interné à Bereza Kartuska (en), centre de rétention extra judiciaire de la chartreuse de Biaroza, qui est du ressort du gouverneur sanatiste (en) de Polésie et ancien légionnaire Wacław Kostek-Biernacki (en). Roman Choukhevytch y organise un groupe de self defense. Faute de charges, il est libéré en décembre 1934.



Appelé à témoigner au procès de Yaroslav Stetsko qui se tient à Varsovie du 18 novembre 1935 au 13 janvier 1936, il est mis à l'amende par le juge du tribunal pour avoir réclamé de pouvoir s'exprimer en ukrainien et crier en pleine séance « Gloire à l'Ukraine ». Il est incarcéré le 19 janvier 1936 à la prison Sainte-Brigitte (pl) de Lviv et poursuivi pour son activisme. Malgré la défense assurée par son oncle Etienne Choukhevytch (en), il est condamné à quatre ans de prison. Sa femme lui rend régulièrement visite à Sainte Brigitte (pl)[3]. Une amnistie réduit sa peine à deux ans[6] et, compte tenu de la peine préventive effectuée, le libère au début de l'année 1937.

Publiciste et agent de l'Abwehr (1937 - 1940)[modifier | modifier le code]

Roman Choukhevytch, patron de l'agence Fama en 1938 avec sa sœur Nathalie, cadette de quinze ans. Deux ans plus tard, elle sera arrêtée par le NKVD et condamnée à dix ans d'internement puis cinq de goulag à Boutirky (ru) dans l'Oural et dix autres d'exil au Djamboul[18].

La couverture de l'agence Fama (1937)[modifier | modifier le code]

En mars 1937, Roman Choukhevytch fonde une agence de publicité, Fama, qui devient la première de Galicie, où l'industrie prospère, en particulier grâce aux pétrole extrait et raffiné à Drohobytch. La firme remporte des marchés pour les eaux minérales, multiplie les filiales[19]. Elle sert de couverture aux membres de l'UVO[19].

Agent de liaison du sitch des Carpathes (1938)[modifier | modifier le code]

Parallèlement, avec le soutien de l'Abwehr[20], il fait convoyer, caché sous le nom de guerre « Le brochet » (Щука), des fonds secrets au gouvernement de l'Ukraine carpathique (en) devenue autonome le 11 octobre 1938. Pour préparer l'indépendance de celle-ci, il organise en décembre avec son ami Georges Lopatinsky (uk) un groupe paramilitaire, le sitch des Carpathes (uk), dans la capitale même de la Transcarpathie, Khoust[6]. Sous le commandement de Dmitro Klimepouche (uk), les cinq garnisons permanentes du sitch s'emploient à des opérations de soutien à la police, de propagande artistique et de chasse aux « Juifs et russophiles (ru) ».

Roman Choukhevytch reçoit aussi quelques soutiens du MI6[21].

La Petite guerre et l'opération Himmler (mars-août 1939)[modifier | modifier le code]

Le 13 mars 1939, décidé depuis janvier à rompre avec un gouvernement autonome fondamentalement tchécoslovaque, il s'empare avec ses hommes des armes de la gendarmerie de la ville. Le lendemain, il échoue à assaillir les casernes de la région. Le 15 mars, alors que l'Allemagne pénètre en Bohême et Moravie et que le Soïm (uk) proclame l'indépendance, il est face à l'invasion hongroise qui se traduit très vite par l'occupation militaire du sud de la Slovaquie par la Hongrie. L'opération, bien différente de la guérilla, est un fiasco. Sa seule unité d'état-major, à Khoust, perd onze combattants et cinquante et un sont fait prisonniers[22].

Replié en Roumanie, il rejoint à travers la Yougoslavie le siège de l'OUN, à Vienne, d'où il est envoyé à Dantzig préparer pour le compte de l'Allemagne nazie l'invasion du corridor de Dantzig[23].

La préparation de l'opération Barbarossa[modifier | modifier le code]

Roman Choukhevytch à gauche et Ossip Diakiv (uk) dit Gornovy, paramilitaires en manœuvre de printemps, peut être à la frontière. Gornovy sera enlevé par les Bolchéviques le 20 septembre 1940.

La Pologne envahie, la Galicie orientale est abandonnée, selon les termes du Pacte germano-soviétique, à la République socialiste soviétique d'Ukraine. Dès la fin du siège de Lemberg le 20 septembre 1939 commencent les persécutions contre la religion. Roman Choukhevytch est installé avec sa famille à Cracovie au cours de l'automne pour organiser la liaison à travers la frontière entre l'Abwehr et l'OUN que dirige Andry Melnyk et pour livrer des armes à celui-ci. En février 1940, il est du bord de Stepan Bandera quand celui-ci entre en dissidence d'avec Andry Melnyk et prend la tête d'une faction révolutionnaire de l'Organisation des nationalistes ukrainiens. Plus radical et rapidement devenu majoritaire, le mouvement est désormais nommé OUN-Bandera ou OUN-b par opposition à l'OUN-Melnyk ou OUN-m.

À Cracovie, 22 rue Verte (Зеленій), il aura connu deux uniques années de vie conjugale et sa fille Marie y nait le 16 octobre 1940 mais à Lviv, sa sœur, comme beaucoup d'étudiants de l'université de Lvov devenue un foyer de la résistance nationaliste l'ont été à partir de septembre[18], est arrêtée par des agents du NKVD et condamnée à dix ans de prison[3].

Chef de l'éphémère bataillon Nachtigall (février 1941 - août 1941)[modifier | modifier le code]

Officier dans la Légion ukrainienne de la Wehrmacht[modifier | modifier le code]

Frontière de la Galicie avec l'Allemagne du 20 septembre 1939 au 22 juin 1941.

Le 25 février 1941, à la suite de tractations avec le chef de l'Abwehr Wilhelm Canaris, Stepan Bandera reçoit au nom de l'OUN la promesse de deux millions et demi de marks pour former le corps de la future armée de l'Ukraine indépendante et délègue à Roman Choukhevytch le commandement d'une des trois unités de la Légion ukrainienne. Cette légion étrangère, composée de quelque huit cents mercenaires ukrainiens guidés par un aumônier uniate et engagés par contrat pour une année, est créée ad hoc pour infiltrer les lignes soviétiques[24]. C'est une des unités du régiment école Brandebourg, qui regroupe alors tous les commandos de la Wehrmacht. Presque tous les documents la concernant ont été détruits.

Le 8 mai, la somme convenue versée, l'unité de Roman Choukhevytch devient, sous le contrôle d'un officier de liaison, le futur ministre des réfugiés de Konrad Adenauer et membre de la CDU Theodor Oberländer (de)[25], le bataillon Nachtigall[24], jumeau du bataillon Roland basé en Autriche. Ce nom de rossignol a été choisi, peut être par une ironie méprisante pour les Slaves qualifiés de « sous hommes », en référence aux chants grandioses de ses soldats[25]. Durant l'hiver, l'entrainement au camp de Liegnitz[25] en Silésie a été émaillé d'incidents entre soldats ukrainiens et sous-officiers allemands. Roman Choukhevytch a sous ses ordres un représentant de la lignéee des comtes de Thoune (de), le commandant de compagnie Erwein von Thun und Hohenstein (de).

La « libération » de Lemberg (30 juin)[modifier | modifier le code]

Quelques des deux mils quatre cents corps de prisonniers torturés, sortis le 1er juillet des cellules où le NKVD les avaient accumulés au cours des mois[26].

Parti le 18 juin de Rzeszów, le bataillon franchit avec le Groupe d'armées Sud la frontière sur la rivière San le 22[25] et, sept jours après le déclenchement de l'opération Barbarossa, arrive à huit kilomètres de Lviv en ayant laissé au sud Prèmisle, qui ne sera assaillie que le 1er juillet. Pressé par des rumeurs de massacres[25], il part reconquérir la ville, où seulement quinze pour cent de la population est ukrainienne, au chant célébrant la résistance de Kamenets-Podolski[25] à l'invasion ottomane.

Le bataillon entre au cours de la dernière partie de la nuit du dimanche 29 juin dans la place abandonnée par l'armée rouge[25]. Son premier objectif est de s'emparer de l'émetteur radio. La 1re division de montagne du 49e corps d'armée arrive aux premières heures du 30, Rivne au nord est, cent cinquante kilomètres à l'intérieur du territoire soviétique sur la pénétrante principale, ayant été conquise par la 1re Panzer Armee deux jours plus tôt dans les suites de la bataille de Doubno.

Avant d'évacuer la ville, le NKVD avait déporté environs vingt mil ukrainiens[27], dont les sœurs de Stepan Bandera. Plus de quatre mil prisonniers[27] polonais et ukrainiens qui avaient vingt-deux mois plus tôt résisté au siège de Lvov, dont le père de Stepan Bandera, ont été torturés[27] et exécutés dans les trois prisons de la ville[28]. Plus de la moitié des corps a été entassée dans les cellules[27] avant de les incendier[25], opération de dissimulation qui n'a pas pu être achevée.

Le jeune frère de Roman Choukhevytch, ingénieur en géodésie, a été tué par le NKVD l'avant-veille[29] avec ceux qui, à la suite du bombardement conduit le 22 juin par la Luftwaffe, ont tenté le 25 juin un soulèvement[25].

L'organisation du pogrom (30 juin)[modifier | modifier le code]

Brassard utilisé[30].

En représailles[31], deux progroms (en), le 30 juin et le 25 juillet, seront déclenchés. Sans discontinuer durant quatre semaines, quatre mil personnes seront tuées[32]. Le 30 juin, ce sont les hommes du bataillon Nachtigall, qui rassemblent un demi millier de Juifs, qu'ils ont arrêtés dans la rue à des barrages de contrôle[33] ou à domicile[30]. Ils sont aidés par des civils portant un brassard, qui seront organisés ultérieurement, le 1er août, en un corps de police auxillaire, l'UP (en). Les personnes arrêtées sont réquisitionnées pour porter les cadavres hors des cellules[33],[30]. Une fois le travail accompli, elles subissent le supplice de la course des piques. Sur ordre d'un officier, elles sont battues à mort entre deux rangs de baïonnettes ukrainiennes[30].

Le même jour, un millier de Juifs est livré aux injures et aux coups d'une foule[34] qui couvre de fleurs les soldats allemands en acclamant Hitler et Bandera[25]. La participation de la population et l'enthousiasme des participants sont surveillés[35], ce qui traduit une politique calculée de terreur. L'autorité abolit les ultimes freins de la conscience individuelle que sont les règles morales en manipulant et confondant victimes et bourreaux. La foule est invitée impérieusement à une manifestation festive qui culmine par un massacre.

La police auxiliaire de la Gestapo lors du massacre de Lemberg (1er - 6 juillet)[modifier | modifier le code]

Sept mille arrestations[34] sont conduites systématiquement dans les semaines suivantes à partir de listes préparées de longue date par le SD. Jusqu'à son départ vers l'est pour Ternopil le 7 au matin, le bataillon Nachtigall, jusque là principalement affecté à la garde de marchandises[25], participe à ces arrestations[36]. Environ trois mil des personnes interpellées seront exécutées dans le stade municipal[37].

Dans la nuit du 3 juillet, commence le « massacre de Lemberg ». Vingt-cinq des cent soixante professeurs d'université polonais, parce qu'ils enseignent en polonais, parce qu'ils sont juifs ou parce qu'ils sont des opposants, sont arrêtés par la Gestapo à partir de liste établies par les étudiants nationalistes et fusillés par un commando des sept cents hommes de l'Einsatzgruppe C (de)[25] que dirige Otto Rasch et qui opère simultanément à Ternopil. Parmi les victimes, d'éminents représentants de l'école polonaise de logique. Dix-neuf autres personnes, certains membres de la famille, parfois seulement de l'entourage, suivront dans le mois.

La défiance de l'Allemagne[modifier | modifier le code]

Compte rendu d'une enquête menée par le KGB d'octobre 1959 à avril 1960 sur Nachtigall. Les crimes, tues à Nuremberg, ne seront soupçonnés qu'à partir de l'affaire Oberländer (de).

Stepan Bandera et Yaroslav Stetsko ont signé ce même 30 juin une déclaration d'indépendance de l'Ukraine dans la « collaboration étroite avec la grande Allemagne nationale-socialiste sous la direction de son chef Adolf Hitler »[41]. Roman Choukhevytch en est nommé vice ministre de la défense au côté du chef de l'UNR en exil, Vsevolod Petrov (en) : « Et nous aussi, frères, gouvernerons chez nous ».

Convoqué le 5 juillet et interrogé jusqu'au 14 par la Gestapo, Stepan Bandera est retenu à Berlin avec Yaroslav Stetsko qui l'a rejoint le 12 après avoir échappé à un attentat. La Gestapo et l'Abwehr se disputent les services de l'OUN, le premier pour des opérations de basse police dans le Reichskommissariat Ukraine, le second pour une infiltration derrière les lignes soviétiques[42]. Les deux dirigeants de l'OUN soumettent à l'OKW comme au RSHA des projets de collaboration mais, internés dès 15 septembre à la suite de l'assassinat de deux rivaux de l'OUN-m, ils perdront la partie définitivement avec la dénonciation le 25 novembre d'un complot indépendantiste[43].

Dès le mois de juillet, l'annonce du rattachement au 1er août, quoique dans une situation militaire encore incertaine, de la Galicie au Gouvernement général de Pologne a annihilé les espoirs d'une Ukraine indépendante et suscité des désertions dans le bataillon Nachtigall.

Virée meurtrière vers l'est et désarmement (7-30 juillet)[modifier | modifier le code]

Celui ci, parti de Lviv le 7 juillet au matin[25], suit l'Einsatzkommando 6 (de) du SS-Sturmbannführer Erhard Kroeger (de) et le Sonderkommando 4b du SS-Standartenführer Günther Herrmann (de). À Ternopil, les mêmes scènes de charniers et de pogroms encadrés se répètent. Cinq cents Juifs sont amenés au cimetière chrétien et « sacrifiés » au-dessus des tombes, certains décapités à coup de pelle[35]. En Podolie, le bataillon est en première ligne le 15 juillet pour donner un coup d'arrêt à la contre-offensive soviétique qui ouvre la bataille d'Oumane (en). Dans Vinnytsia conquise le 17 commence la « shoah par balles ». Vingt-huit mille Juifs y seront fusillés au-dessus de fosses communes par les hommes de l'Einsatzgruppe C puis D.

Quand les premiers reprennent leur marche vers l'est pour franchir à la mi aôut la rivière Bleue dans les Hauts du Dniepr (uk)[44], le bataillon Nachtigall reste à Vinnytsia, où l'amiral Canaris mène une enquête sur les désertions[45]. Celui-ci décide le 30 juillet de rapatrier l'unité à Cracovie et la désarmer.

Capitaine dans la Schuma (1941 - 1942)[modifier | modifier le code]

Auxiliaire de la solution finale en Galicie et Podolie (août 1941 - février 1942)[modifier | modifier le code]

Massacre raciste[46] près de Zolochiv (date inconnue). Le futur prix Nobel de chimie Roald Hoffmann, caché avec sa mère par des voisins quinze mois durant, en réchappe.

Le 15 août, le bataillon Nachtigall est reversé au Schutzmannschaft[47], dont le commandement supérieur appartient à la Waffen SS. L'uniforme de la Wehrmacht est troqué pour celui de la gendarmerie polonaise. Roman Choukhevytch y prend le poste de capitaine de la première compagnie du 201e bataillon (en) que commande le major polonais Eugène Pobihuchtchy sous le contrôle d'un officier de liaison du SD, Wilhelm Mocha[48].

Une semaine plus tard, la compagnie est engagée avec l'ensemble du bataillon dans une campagne contre les populations civiles ashkénazes à travers les villes de Zolochiv, Ternopil et Vinnytsia[49]. Par exemple, la troisième compagnie mentionne dans son rapport avoir exterminé « tous les Juifs » de trois villages autour de Vinnytsia « à coup de feu et de strichnine »[50]. Contrairement à ce qui passera plus à l'est où les ukrainiens se montreront passifs[51], les plus grandes violences, cela dès fin juin c'est-à-dire le tout début de l'opération Barbarossa, sont commises par la population galicienne elle-même, guidée par quelque notable, armée de gourdins, faux, haches, brûlant les synagogues, violant les femmes, tuant parfois les enfants[52]. Ces armes, brandies entre deux rangs serrés où défilent les victimes, servent au même « supplice des piques »[53]. L'armée allemande exige la présence de militaires ukrainiens et reste en retrait, présente une fois sur deux en moyenne, sauf à Zolochiv[52], où le massacre est industriel.

Le Ghetto de Lvov, ouvert le 8 novembre 1941, se remplit pendant que le 201e bataillon (en) ravage la campagne.

En novembre, six cent cinquante soldats se réengagent pour une année dans le bataillon (en).

Les Juifs pourchassés, la plupart fuyant de Pologne, se réfugient à Lviv et Ternopil. En novembre, ils sont près de deux cent mil à être enfermés dans le Ghetto de Lvov ou le camp de travail de Janowska. Leur déportation de la gare Kléparoff vers le camp d'extermination de Belzec, à quatre-vingt-dix kilomètres au nord ouest, commence le 16 mars 1942[54] et est un épisode majeur de ce qui sera appelé l'Aktion Reinhard. Un pour mille survivra.

Le ghetto de Ternopil, ouvert dès septembre, connait le même sort, famine, esclavage sexuel[35], déportation.

Opération anti partisans en Biélorussie (mars 1942 - décembre 1942)[modifier | modifier le code]

Photographie d'un KG prise en août 41 par une Propagandakompanie (de) identifiant Juif et partisan, nouvelle déclinaison de la propagande anti « russophiles (ru) » de l'OUN.

Le 19 mars 1942, le 201e bataillon (en) est engagé au nord est de la Biélorussie[55] dans une opération anti partisans (en) en arrière de la contre offensive Hannovre (en), qui se conclura par la « boucherie de Rjev (en) », et en parallèle de l'opération Fièvre jaune (de), laquelle se déroule, sous la conduite de Erich von dem Bach-Zelewski, dans le Reichskommissariat Ostland, plus à l'ouest, en dehors de la zone des combats. Prélude à l'opération Magie de l'hiver, il accomplit, dans un triangle Moghilev, Vitebsk, Lepel bouchant le couloir de Vitebsk par où est infiltré le front, une mission de neuf mois d'assistance des Einsatzgruppe[56] et de participation[57] à l'extermination des Juifs et des partisans biélorusses[58]. Le FPO étant issu des rangs du Bund dans le ghetto de Vilnius, très souvent les premiers sont fallacieusement dénoncés dans la catégorie des seconds : « Là où est le partisan, là est le Juif, et là où est le Juif, est le partisan. »[59].

À Lviv, Nathalie, la femme de Roman Choukhevytch, héberge chez elle, de septembre 1942 à février 1943, une petite fille juive de sept ans, Irène Raichenberg, cadette de leur voisins, marchands de vêtements. Son aînée avait été abattue dans la rue. Elle survivra.

À l'utilisation du bataillon dans les crimes de guerre fait suite un refus de réengagement des soldats. Leur capitaine est mis aux arrêts le 1er décembre 1942[60]. Après une évasion meurtrière, celui-ci rejoint en janvier 1943[3] l'OUN-sd, branche militaire fondée le 14 octobre 1942[61]. Sa femme, refusant de révéler à la Gestapo la cache de son mari, est incarcérée de février à avril, jusqu'à ce qu'un colonel ami la fasse libérer[3].

La lutte armée pour un rêve d'indépendance[modifier | modifier le code]

Le ralliement à l'UPA (début 1943)[modifier | modifier le code]

Civils polonais massacrés le 26 mars 1943 à Lipniki près de Kostopil par l'OUN assistée par les métayers « noirs ».

En février 1943, l'OUN-sd tient sa troisième réunion secrète et définit son plan de guerre[62]. Avec la bataille de Stalingrad et le début de la défaite allemande, elle bénéficie de l'afflux de jeunes fuyant leur réquisition forcée comme travailleurs en Allemagne[62]. Le 20 mars, Stepan Bandera lance aux auxiliaires de polices ukrainiens (en), l'UP, un appel à déserter avec leurs armes. C'est le « dérangement vers la forêt » : refusant de continuer contre les nationaux et aux côtés de polonais de mettre en œuvre la politique de répression, dix mil membres de l'UP prennent le maquis pour échapper aux sanctions[62]. Ils constitueront les éléments aguerris[63].

En avril, l'OUN-sd intègre celles des unités dispersées de francs-tireurs de l'OUN-b qui ne rallient pas les rangs de la Division SS Galicie créée le 28 du même mois. Pour se laver de toute idéologie et s'ouvrir à l'ensemble de la population[62], elle est renommée UPA, Armée insurrectionnelle ukrainienne[61]. Sous la direction générale du colonel Dmytro Klyachkivsky (en) alias Okhrim, sont séparés une section politique, confiée à Iakiv Busel, alias Roman Halyna, et un service de sécurité, SB (en), confié à Vasil Makar, alias Bezridnyi[62]. La section militaire reste dirigée par le lieutenant Vasyl Ivakhiv, dit Som ou Sonar, mais le 13 mai 1943 celui-ci est tué avec son état-major, le lieutenant Yuliyan Kovalskyi, alias Marpun, et le sous-lieutenant Semen Sniadetskyi, alias Sirko, à Tcherniche près de Kolky au cours d'une escarmouche avec la Wehrmacht[64].

Second en chef dans la guerre civile contre les polonais de Ruthénie (juin 1943 - 1944)[modifier | modifier le code]

De gauche à droite, Roman Choukhevytch, Dmitro Hritzaï (en) et Catherine Miéchko-Lagouch à Boutchatch en novembre 1943 peu avant l'avant dernière phase de la guerre civile de Volhynie, les massacres de Noël à Rivné, Loutsk, Volodymyr et Kovel.

Roman Choukhevytch est appelé au nouvel état major. Les massacres de Volhynie et Galicie orientale, commencés le 13 novembre 1942, culminent en juillet 1943[65] sous le commandement direct du colonel Kłym Sawur (en)[66]. La guerre civile implique également des groupes paysans d'autodéfense (Samoobronni Kouchtchovi Viadidy), des bandes de policiers de l'UP (en) démobilisés, les melnykistes, l'UPA de Polésie dirigée par dirige Taras Borovets et renommée UNRA en juillet[67], les partisans soviétiques de Rivne et Jytomyr commandés respectivement par Volodymyr Behma et Oleksandr Saburov[62], l'AK fidèle au gouvernement polonais en exil.

En août 1943 à Halytch, la troisième assemblée générale extraordinaire[62] de l'OUN relève Mykola Lebed (en) de la direction du « bureau militaire ». Roman Choukhevytch, adoptant le nom de guerre Le grand tour (Майор Тур), lui succède à partir du 25 août 1943[6] dans la supervision des opérations[57] sous la direction d'un chef d'état-major transfuge du sitch de Polésie, Léonide Stoupnitsky (uk), alias Honcharenko[62]. Son premier succès est la reddition en septembre de Taras Borovets à Kremenets et Vladimir et le ralliement des troupes de celui-ci[62].

Organisation territoriale de l'UPA en 1944.

À la fin de l'année, l'effectif atteignant, troupes non combattantes incluses, les quinze à vingt mil hommes[68], il procède à une importante réorganisation de l'armée en trois groupes, ouest, nord et sud. Il fait ouvrir des camps d'entrainement ainsi que des ateliers de réparation des armes prises à l'ennemi et de fabrication de munitions, telles les grenades incendiaires Komar[62].

Le 23 juillet 1944, le plan Tempête de l'AK provoque le soulèvement de Lvov, ville peuplée de Polonais, et son occupation par le NKVD. Le bilan de la guerre civile approche alors les cent mille morts, dix à vingt mille ukrainiens et soixante-cinq à quatre-vingt-cinq mille polonais[69] et n'a pas épargné les roumains ni les tziganes. Au mot d'ordre « les polonais au-delà du San ! »[70], il se solde à la fin de l'année 1944 par l' « épuration ethnique » de trois cent mille polonais[71].

Chef militaire de l'insurrection contre l'occupation russe (1944 - 1945)[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Guerre froide et Opération Vistule.

Au début de l'année 1944, les négociations avec les unités, souvent étrangères, hongroises, tatares, géorgiennes, azéries, etc., de l'armée allemande en retraite, négociations concernant le traitement des civils, la libération de prisonniers, la fourniture de munitions, sont infructueuses[62]. Toutefois Roman Choukhevytch organise des caches de munitions, armes, uniformes, nourritures et fait construire des bunkers souterrains[62]. Des unités de sabotage et de propagande sont constituées dans l'imminence d'une occupation soviétique[62]. Déjà confrontée à des partisans et des commandos russes en 1942 et 1943, l'UPA affronte directement l'Armée rouge dès février 1944[72]. Sarny au nord est tombée le 11 janvier, Ostrih au sud de Rivne le 27, Lutsk le 2 février[62]. Au printemps, le front se forme à une centaine de kilomètres au nord ouest de Lviv sur la ligne KremenetsKovel[62] annonçant l'offensive Lvov-Sandomierz du 13 juillet.

Roman Choukhevytch alias Taras Tchouprynka en 1944, nouveau secrétaire général de l'UHVR (en). L'image, retouchée par le service de propagande, est à comparer à la photographie du livret militaire prise quatre ans plus tôt qui figure en tête de l'article.

Avant même que l'armée rouge n'entre dans Lviv, le 27 juillet, Roman Choukhevytch contacte clandestinement différents chefs politiques ukrainiens dans la perspective de les unir dans les négociations de la fin de la guerre. Le 15 juillet 1944, il est élu secrétaire général du nouvel ensemble, l'UHVR (en). Son ambition est de coordonner l'action politique de l'OUN que dirige Stepan Bandera en exil à Munich et l'action militaire de l'UPA en Ukraine même. Celle-ci reçoit le renfort d'éléments de la division SS Galicie qui ont survécu au « chaudron de Brody ».

Roman Choukhevytch est promu lieutenant-colonel à la tête de l'UPA en novembre 1944. La zone insurrectionnelle couvre environ soixante-dix mille kilomètres carrés[73] (superficie comparable à l'ouest de la France parcouru par la Vendée) et se concentre dans la Ruthénie rouge sur le territoire de Prèmisle partagé par la nouvelle frontière soviéto-polonaise, de part et d'autre de celle-ci. Nikita Khrouchtchev, secrétaire général du Parti communiste d'Ukraine, rétablie la conscription mais, devant le grand nombre de désertions et de ralliements à l'UPA, il fait appel aux unités combattantes non ukrainiennes du NKVD. Le 15 novembre 1944, il instaure en leur sein même des tribunaux militaires chargés d'organiser les exécutions publiques des soldats de l'UPA faits prisonniers[3]. Il constitue en outre des unités de faux insurgés (en), chargées de commettre des atrocités que, par ce subterfuge, la population attribuera à l'OUN.

En juin 1945, cent soixante-treize « agents spéciaux » soviétiques, seuls ou en binômes, pourchassent Roman Choukhevytch et ses acolytes[74]. Le 17 juillet, sa femme, à laquelle est régulièrement porté nourriture et argent, est arrêtée dans le village Vyssovisko (uk), où elle vit cachée sous l'identité de veuve de son beau-frère. Elle est internée à Drohobytch puis à Lviv, où elle restera détenue sans procès[3]. Ses deux enfants de cinq et douze ans sont placés dans un orphelinat de Donetsk[3], alors appelé Tchernobyl. Le 5 juillet 1946, ce sera au tour de la mère de celui-ci[3]. Elle est condamnée au goulag à Aktioubé[3] au Kazakhstan et mourra le 30 juin 1956 dans le Djamboul[2].

Résistant traqué par le NKVD, soutenu par le MI6 et la CIA (1946 - 1950)[modifier | modifier le code]

Entrainement d'une section de l'UPA vers 1947 à Sourage au sud de Rivne.
Général Choukhevytch, par Nil Khassiévitch (uk), dessinateur engagé dans l'VUO (uk), membre de l'UHVR (en), éditeur des revues satiriques clandestines Le Poivre ukrainien et Le Radis noir, mort les armes à la main deux ans plus tard.

En mai 1946, cent dix mil huit cent vingt-cinq membres de l'UPA ont été tués et deux cent cinquante mil six cent soixante-seize, peut-être plus, capturés[73] depuis le début de l'année 1944. Ces chiffres respectifs doubleront jusqu'en 1952[75].

Face à cette situation perdue d'avance, toute la fonction militaire de l'UHVR (en) est confiée au cours de l'année 1946 à Roman Choukhevytch avec le titre de brigadier général. L'opération est financée par les services secrets britanniques[76]. Roman Choukhevytch est chargé de conduire la résistance armée à l'Union soviétique avec le soutien, parcimonieux, du MI6 et de la CIA, soutien d'autant plus inefficace que le secret est livré au KGB par l'espion Kim Philby[72]. La section spéciale SB (en), désormais dirigée par Mykola Lebed (en), assure la liaison avec le services secrets américains[77]. Un grand nombre de combattants nationalistes se retrouvent dans les armées américaine et britannique, en particulier au Canada.

La femme de Roman Choukhevytch, toujours détenue à Lviv, fait l'objet, du 27 avril ou 17 mai 1947, d'une simulation d'évasion rocambolesque pour essayer d'obtenir des renseignements et piéger son mari[3]. Le 16 juillet, elle est condamnée à Kiev à dix ans d'emprisonnement (clochardisée par sa libération, elle sera prise en charge par sa fille à partir de 1963)[3].

Les derniers affrontements directs se déroulent en 1948 dans les Beskides aux alentours de Bieszczady, de l'autre côté de la frontière polonaise. C'est l'année où son père, veuf depuis neuf ans et handicapé, meurt à son domicile de Lviv[3].

Lui-même est tué les armes à la main par des agents du MVD deux ans plus tard. Lui succède à son poste son lieutenant pour la région de Dnipropetrovsk, Vasyl Kuk (en), figure tutélaire revendiquée par le président Viktor Iouchtchenko[72], lui-même ancien éclaireur membre des confréries plastiennes (en).

Célébration[modifier | modifier le code]

Un film américano-ukrainien réalisé en 2000 par Oles Yanchuk, The Undefeated (Neskoreny), s'inspire de la vie de Roman Choukhevytch. Le rôle principal est interprété par un acteur ukraino-canadien, Gregory Hlady.

En 2006, aux termes d'années de préparatifs, le député de Marioupol et industriel Vladimir Boïko (uk) commémore, déguisés sous leurs noms ukrainiens, le bataillon Nachtigall et la division SS Galicie par une exposition intitulée La Lutte des ukrainiens pour la libération et l'indépendance qui gomme soigneusement les indices de collaboration avec les nazis et inaugure un processus d'officialisation de la figure nationale de Roman Choukhevytch honorée par différents élus municipaux dès les années précédant l'indépendance ukrainienne de 1991[78].

En 2007, un monument aux morts du bataillon Nachtigall et de la division SS Galicie, sans mention du nom de ces unités, est inauguré à Lviv au-dessus du cimetière Lychakiv, celui-là même qui est consacré aux habitants ayant défendu la ville polonaise en 1918 et 1919 contre les indépendantistes[79].

Controverse[modifier | modifier le code]

La médaille de Héros de l'Ukraine attribuée en 2007 puis retirée en 2010 à Roman Choukhevytch à titre posthume.

La célébration programmée du centième anniversaire de la naissance de Taras Tchouprynka provoque à Kiev des protestations dès le 30 juin 2007[80]. Roman Choukhevytch est alors présenté par de nombreux historiens ukrainiens, allemands, américains et canadiens[81] comme un résistant aux deux totalitarismes, nazisme comme communisme, et tout point de vue différent comme de la « propagande juive » distillée par des « ukraïnophobes »[82], le dénigrement raciste des Ukrainiens étant réel[83]. L'exposition Liberté et Ukraine - Le mémorial de Roman Choukhévytch attire autour du Musée d'histoire de Lviv des vendeurs de rue offrant insignes de l'OUN, littérature antisémite, objets nazis[79].

À l'occasion de la commémoration des soixante-cinq ans de l'UPA, le 14 octobre 2007, le Président Iouchtchenko décerne le titre de Héros de l'Ukraine à Roman Choukhevytch[84]. Le centre Simon-Wiesenthal proteste auprès du Conseil de l'Europe[85].

En novembre, le président Viktor Iouchtchenko, en visite en Israël, déclare qu'il n'y a aucun fait qui montre que les indépendantistes, dont Roman Choukhevytch, aient participé à des actions punitives, des persécutions et des meurtres de juifs. Constatant l'absence d'études produites par Yad Vashem, le directeur du Centre d'études du mouvement de liébration de Lviv, Volodymyr Viatrovych (en), qui l'accompagne, dénonce, la « légende autour de Nachtigall »[86].

Aux interrogations de Chaïm Gartner, président des archives de Yad Vashem, le SBU[87], s'appuyant sans réserve sur une chronique[88] élaborée par l'OUN postérieurement aux faits [89], répond en février 2008 par la voie de son archiviste Oleksandr Ishchuk que Stepan Bandera et Roman Choukhevytch auraient réprouvé et interdit la participation aux pogroms comme étant des actes organisés par les nazis, des provocations pour compromettre l'OUN[90], que, quoi qu'il en soit, il n'existe pas de documents attestant d'une participation à des crimes contre l'humanité et que les arguments qui vont dans ce sens, ressortant à l'affaire Oberländer (de), émanent de la propagande du KGB[79].

Le 2 avril 2010, un mois après l'élection de l'ancien premier ministre Viktor Ianoukovytch à la tête de l'état ukrainien, le tribunal administratif de Donetsk casse et annule le décret de l'ex président Viktor Iouchtchenko conférant le titre de héros de l'Ukraine à Stepan Bandera et Roman Choukhevytch en argüant qu'il ne peut l'être, même à titre posthume, qu'à des citoyens de l'état ukrainien et que ce dernier n'existe que depuis 1991, sentence aussitôt confirmée en appel le 21 avril 2010[91].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

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