Tadeusz Boy-Żeleński

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Tadeusz Boy-Żeleński

Tadeusz Kamil Marcjan Żeleński (Clan Ciołek), plus connu sous le pseudonyme Tadeusz Boy-Żeleński, est un écrivain, poète et satiriste polonais né le 21 décembre 1874 à Varsovie et mort le 4 juillet 1941 à Lwów. Médecin et essayiste mais aussi critique littéraire et surtout traducteur, il est connu en France pour avoir traduit avec talent des centaines d'œuvres françaises en polonais.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Wanda et Wladislas Zelenski, compositeur.

Dans les années 1892-1900, il étudie la médecine à l'université jagellonne de Cracovie (la plus vieille et plus fameuse université de Pologne). Tout en suivant ses études, il mène une vie un peu dissolue, buvant beaucoup et jouant aux cartes. Tombant dans le vice des jeux de hasard, il arrête ses études pendant un an, période pendant laquelle l'argent devient son souci majeur. Ce manque permanent d'argent l'amène à accepter une bourse militaire pour terminer ses études, bourse qu'il doit rembourser en servant l'armée austro-hongroise à la fin de ces études.

En 1898, arrive à Cracovie Stanislas Przybyszewski dont Zelenski devient le compagnon inséparable. Il admire cet écrivain tout en étant amoureux de sa femme Dagna.

En 1901, il obtient finalement son diplôme de médecin et commence à travailler à l'hôpital Saint-Louis. Mais son mode de vie ne change pas beaucoup, il passe toujours autant de temps dans les cafés de Cracovie.

En 1904, il épouse Zofia Parenska (celle-là même qui a inspiré le personnage de « belle Zosia » dans le drame Les Noces). C'est un mariage arrangé par leurs parents, le père de Zofia étant un des professeurs de Tadeusz, celui qui l'a aidé à trouver son travail à l'hôpital. De cette union naîtra Stanislas Zelenski, futur acteur. Il existe un fameux tableau de Wyspianski, représentant une maternité et dont les modèles sont la femme et le fils de Tadeusz.

Dans les années 1901-1906, pendant qu'il travaille comme pédiatre à l'hôpital Saint-Louis de Cracovie, il est à l'initiative de la création de l'organisation "La goutte de lait" dont il est le directeur et le conseiller médical.

À cette même époque, il commence à écrire son doctorat d'état mais il part pour Paris à la suite de l'obtention d'une bourse. C'est là que débute sa passion pour la littérature française qu'il honorera jusqu'à la fin de sa vie, traduisant en polonais ses œuvres les plus significatives dans leur intégralité. Pour ses traductions de l’œuvre de Molière, il reçoit en 1914 les Palmes Académiques. En 1927, il recevra également la croix d'officier de la Légion d'honneur et en 1934, la croix de commandeur pour l'ensemble de son œuvre de traducteur.

À son retour au pays en 1906, il entre au cabaret satirique « Zielony Balonik » (le ballon vert), pour lequel il écrit ses premières œuvres.

Dans les sketches, les poèmes, les chansons satiriques, et les histoires courtes qu'il écrit pour Zielony Balonik, Boy-Żeleński critique et ridiculise les autorités conservatrices et la morale hypocrite des gens de la ville, mais aussi le style grandiloquent du courant Jeune Pologne (Młoda Polska) et de la bohème de Cracovie. Cela lui vaut d'ailleurs une réputation sulfureuse d'enfant terrible de la littérature polonaise.

Au début de la Première Guerre mondiale, il est enrôlé dans L'armée austro-hongroise comme médecin dans une unité des chemins de fer.

Après la guerre, il retourne en Pologne et, en 1919, il arrête de travailler comme médecin et se concentre désormais entièrement à l'écriture. Il est embauché comme critique de théâtre à la revue Le temps, publiée à Cracovie. En 1922, il emménage à Varsovie et prend la direction littéraire du Théâtre Polonais (un peu l'équivalent de la Comédie Française). Il travaille alors pour différents quotidiens et magazines et devient peu à peu une figure de l'intelligentsia libérale et démocratique. Il n'hésite pas à critiquer l'apparente moralité du clergé qu'il juge hypocrite. Il est également l'un des plus ardents défenseurs de l'égalité des femmes et fut l'un des premiers personnages publics polonais à soutenir le droit à l'avortement. Il continua tout au long de sa vie, à travers ses essais, à critiquer la tradition romantique polonaise, qu'il considérait comme irrationnelle.

En 1928, il obtient le prix du meilleur critique littéraire, décerné par l'Association polonaise des éditeurs.

C'est aussi à cette période d'entre-deux-guerres, qu'il devient la cible de violentes critiques du milieu conservateur polonais pour ses positions politiques libérales et ses critiques acerbes des grands monuments de la littérature tels que Mickiewicz ou Fredro.

En 1933, il est quand même élu membre de L'Académie polonaise de littérature.

C'est également pendant les années 1930, qu'il codirige avec Irena Krzywicka (féministe polonaise) une clinique privée à Varsovie promulguant les bienfaits d'une maternité choisie pour les femmes. Dans un fameux article dont le titre est "Une vie choisie", il fait la propagande de la contraception et de l'éducation sexuelle. Toute sa vie, il fut un fervent défenseur du droit à l'avortement, demandant sa légalisation afin de protéger les femmes des dangers des avortements clandestins.

En 1939, après le début de la Seconde Guerre mondiale, il fuit l'avancée de l’armée allemande vers l’Est et s’installe à Lwów, en Ukraine, chez le beau-frère de sa femme, le professeur Jan Grek. En octobre 1939, la nouvelle direction soviétique de l'université de Lwow lui offre alors la chaire d'histoire de littérature française. Au cours de cette période, il publie des textes écrits en polonais dans les journaux soviétiques.

Il devient un membre actif du Cercle littéraire polonais de Lwow, fait partie du collège rédactionnel de la revue des écrivains soviétiques Nouveaux horizons, publie des articles dans L'Étendard rouge et participe à de nombreuses manifestations de propagande.

Le 19 novembre 1939, il cosigne une déclaration faite par certains écrivains polonais et qui salue l'annexion de l'Ukraine Occidentale par l'URSS.

En août 1940, il est invité à Moscou par le Comité international des sciences. Profitant de sa position favorable auprès des autorité soviétiques, il tente par 2 fois de défendre des personnes déportées en Sibérie.

Il meurt sous les balles allemandes dans la nuit du 3 au 4 juillet 1941 lors du Massacre des professeurs de Lwow. Arrêté par les Nazis qui viennent de reprendre le contrôle de la ville, il est fusillé en compagnie de 28 professeurs de l'université et de leurs familles.

Le lieu où il fut enterré reste inconnu à ce jour.

Depuis 1972, le théâtre Bagatelle de Cracovie porte son nom.

En France[modifier | modifier le code]

  • Tadeusz Boy-Żeleński était chevalier de la Légion d’honneur.
  • Une rue et une école maternelle portent aujourd'hui son nom dans le 10e arrondissement de Paris.
  • Le programme d'aide à la publication Boy-Żeleński tente de développer la présence sur le marché du livre polonais de publications traduites du français[1].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voici la liste - non exhaustive - de ses traductions du français au polonais.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]