Simon Wiesenthal

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Simon Wiesenthal

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Simon Wiesenthal vers 1999/2000

Naissance
Buczacz
Décès (à 96 ans)
Vienne

Sir Simon Wiesenthal, KBE est né sous le nom de Szymon Wiesenthal le 31 décembre 1908 à Buczacz en Autriche-Hongrie (aujourd'hui Boutchatch en Ukraine) et est décédé le 20 septembre 2005 à Vienne (Autriche). Il est inhumé à Herzliya en Israël. Il était l'un des rescapés des camps d'extermination nazis de la Seconde Guerre mondiale. Il avait consacré le reste de son existence à la traque des criminels de guerre nazis.

Il est connu pour avoir participé à l'arrestation d'Adolf Eichmann et de 1 100 autres criminels de guerre nazis. Ce chiffre est toutefois controversé par plusieurs auteurs, notamment Guy Walters qui indique que ce chiffre n'est fondé sur aucune source et que Wiesenthal s'était trompé sur la localisation d'Eichmann.

Biographie[modifier | modifier le code]

Simon Wiesenthal est né dans une famille de commerçants juifs en Galicie, une province de l'ancien empire austro-hongrois, qu'il devra quitter à sept ans suite à l'arrivée des cosaques. Il étudie l'architecture à Lemberg, puis à Prague.

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, il vit à Lwow, ville qui sera occupée par l'Armée soviétique suite au pacte Molotov-Ribbentrop. Son beau-père est arrêté par le NKVD la police secrète soviétique et meurt en prison et son beau-frère est tué. Quant à lui, il devient ouvrier. Il parvient à éviter tout comme sa mère et son épouse une déportation en Sibérie[réf. nécessaire] en donnant de l'argent à un commissaire du NKVD.

En juin 1941 lors de l'invasion de l'Union soviétique par l'Allemagne nazie, il est arrêté avec toute sa famille. Il sera successivement interné dans cinq camps, dont il sort le 5 mai 1945. Il a perdu lors de ces années noires 89 membres de sa famille.

La chasse aux criminels de guerre nazis[modifier | modifier le code]

Contrairement à beaucoup d'autres, il n'a pas repris la profession qu'il exerçait avant-guerre mais s'est consacré à la recherche des criminels nazis, devenant le plus célèbre chasseur de nazis.

Quand on l'interroge sur les raisons qui ont motivé cette chasse obsessionnelle, Wiesenthal explique : « Quand l'histoire fait un retour sur le passé, je veux que les gens sachent que les nazis n'ont pas pu tuer des millions de personnes, et puis s'en tirer comme cela ». Son action est une œuvre de mémoire et une mise en garde pour les générations futures.

Fondé en novembre 1977, le Centre Simon-Wiesenthal a repris son nom, bien qu'il ne soit pas lié avec Wiesenthal lui-même, qui déclarait cependant : « J'ai reçu beaucoup d'honneurs au cours de ma vie. Quand je mourrai, ces honneurs disparaîtront avec moi. Mais le Centre Simon Wiesenthal me survivra comme mon héritage ».

Il s'est éteint à l'âge de 96 ans. En France, un collège porte son nom.

Il subsiste toutefois une interrogation concernant l’attitude bienveillante de Simon Wiesenthal à l’égard de Kurt Waldheim, ancien membre de la SA et officier de la Wehrmacht qui se serait rendu coupable de l’assassinat de centaines de personnes, femmes et enfants compris, en Yougoslavie et en Italie. Waldheim, à l’instar de nombreux anciens nazis autrichiens, fit une carrière nationale et internationale en devenant secrétaire-général de l’ONU puis président de la république autrichienne. Les détracteurs de Simon Wiesenthal affirmaient qu'il entravait les enquêtes contre Waldheim, lui disait ne jamais avoir trouvé des preuves concrètes sur la responsabilité de Waldheim. Rosenbaum, de l'Office of Special Investigations (en), affirmait notamment qu'il avait continué à défendre Waldheim après avoir vu des preuves l'accusant de participation à des crimes de guerre[1].

Parmi ses prises célèbres, il retrouva Karl Silberbauer, qui avait arrêté Anne Frank, mais l'officier ne fut pas condamné. Wiesenthal ne parvint en revanche pas à retrouver le dénonciateur d'Anne Frank.

Les critiques de Guy Walters[modifier | modifier le code]

Dans un livre publié en 2009[2] et dont un extrait a été reproduit par le Times[3], Guy Walters affirme que la réputation de Wiesenthal « est bâtie sur le sable » et qu'il a accumulé les mensonges sur ses diplômes, ses années de guerre et ses exploits de chasseur de nazis. Par exemple, dans son livre KZ Mauthausen: Pictures and Words (1946), Wiesenthal a publié un dessin qu'il aurait fait de trois détenus fusillés par les nazis dans le camp de Mauthausen. En fait, les trois figures sont identiques à celles de trois soldats allemands fusillés par les Américains pendant la bataille des Ardennes, dont la photo avait été publiée en juin 1945 par le magazine Life[4],[5].
Selon Daniel Finkelstein, éditeur associé du Times[6], « la démonstration documentaire que Walters fournit des incohérences et des mensonges de Wiesenthal est impeccable ». Daniel Finkelstein cite Ben Barkow, directeur de la Wiener Library (important fonds de documentation sur l'Holocauste), qui est lui aussi favorable à une réévaluation de Wiesenthal. Selon Ben Barkow, on peut admettre que Wiesenthal ait été un menteur et reconnaître en même temps la contribution qu'il a apportée.

Distinctions et honneurs[modifier | modifier le code]

Ses ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Denn sie wußten, was sie tun (ISBN 3-216-30114-1)
  • Les Assassins sont parmi nous, Paris, Stock, 1967, (notice BnF no FRBNF34618249)
  • Les Fleurs de soleil, Paris, Stock, 1969, (ISBN 2-226-11040-2)
  • Max et Hélène, Paris, Robert Laffont, 1982, (ISBN 2-221-00902-9)
  • Le Livre de la mémoire juive : calendrier d'un martyrologe, Paris, Robert Laffont, 1986.
  • Krystyna et la tragédie de la Résistance polonaise, Paris, Robert Laffont, 1987, (ISBN 2-221-05233-1)
  • Justice n'est pas vengeance, Paris, Robert Laffont, 1989, (ISBN 2-221-05827-5)
  • La Voile de l'espoir, la mission secrète de Christophe Colomb, Paris, Robert Laffont, 1992.
  • Simon Wiesenthal Korrespondenz, by Tuviah Friedman, Document-Book, Germany National Bibliothek

Ouvrages sur lui[modifier | modifier le code]

  • Guy Walters, Hunting Evil, Bantam Press, Londres etc., 2009, pp. 77-100; ISBN 978-0-593-05991-3. Traduction française La Traque du mal, Paris, Flammarion, 2010.
  • Tom Segev, Simon Wiesenthal : L'homme qui refusait d'oublier, Paris, Liana Levi, « Histoire », 2010. (ISBN 978-2-86746-551-2)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Emily Newburger, « Never Forget » in Harvard Law Bulletin, 2002.
  2. Guy Walters, Hunting Evil, Bantam Press, Londres etc., pp. 77-100 et passim, spécialement pp. 77-78, (ISBN 978-0-593-05991-3). Traduction française La Traque du mal, Paris, Flammarion, 2010.
  3. Sunday Times, 18 juillet 2009.
  4. Guy Walters, Hunting Evil, Bantam Press, Londres etc., pp. 95-96, (ISBN 978-0-593-05991-3).
  5. Life Magazine, 11 juin 1945, pages 47 à 50 : Firing Squad, Army Executes Three German Spies. Il s'agissait des espions Pernass, Billing, et Schmidt, arrêtés le 17 et fusillés le 23 décembre 1944 ; voir Opération Greif.
  6. Daniel Finkelstein, « It is right to expose Wiesenthal » The Jewish Chronicle Online, 20 août 2009.
  7. (pl) Doktorzy honoris causa, sur le site de l'université jagellonne de Cracovie

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]