Stepan Bandera

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Stepan Bandera
Premier chef de OUN
Premier chef de OUN
Biographie
Date de naissance 1er janvier 1909
Lieu de naissance Staryï Ouhryniv, Galicie
Flag of Austria-Hungary 1869-1918.svg Autriche-Hongrie
Date de décès 15 octobre 1959
Lieu de décès assassiné à Munich
Drapeau d'Allemagne Allemagne
Stepan Bandera
Le monument à Stepan Bandera àTernopil Ukraine
Le monument à Stepan Bandera àTernopil
Drapeau d'Ukraine Ukraine

Distinctions Ukrainian Goldenstar.jpg
Héros d'Ukraine par un décret signé le 22 janvier 2010

Stepan Andriyovych Bandera (ukrainien : Степа́н Андрі́йович Банде́ра) (né le 1er janvier 1909 et mort le 15 octobre 1959) était un homme politique ukrainien, l'un des fondateurs de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) et le dirigeant de l'Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN). Issu d'une famille de religieux, Bandera était un grand patriote de son pays, un idéologue, et finalement le chef du mouvement nationaliste ukrainien. L'objectif principal du mouvement nationaliste ukrainien était la poursuite de la lutte armée contre tout envahisseur (bolcheviques, nazis) pour le retour d'une Ukraine indépendante et unie sur les terres ethniques ukrainiennes. Le mouvement a été une conséquence directe de l’échec de l'Armée de la République populaire ukrainienne dans sa lutte contre le bolchevisme et l'Armée rouge après la Révolution bolchevique 1917-1920. l'Ukraine fut envahi par l'Armée rouge en 1920.

Stepan Bandera et Yaroslav Stetsko étaient les auteurs de la Déclaration de l’État ukrainien à Lviv le 30 juin 1941.

Sommaire

Biographie [modifier]

Stepan Bandera est né le 1er janvier 1909 dans le village de Staryï Ouhryniv (ukrainien : Старий Угринів), province de Kalouch en Galicie (actuellement dans l'oblast d'Ivano-Frankivsk, en Ukraine), qui appartenait à l'époque à l'Autriche-Hongrie. Son père, Andriy Bandera, prêtre catholique grec, a exercé un temps dans le village. Sa mère, Myroslava Bandera, est issue d'une vieille famille de prêtres catholiques grecs (elle est la fille du prêtre de Staryï Ouhryniv).

Stepan a passé son enfance dans ce village, dans la maison de ses parents et grands-parents, en grandissant dans une atmosphère de patriotisme ukrainien et de nationalisme ethnique.

Au printemps 1922, sa mère mourut d'une tuberculose à la gorge.

En septembre 1928 Stepan commence ses études à l’École polytechnique de Lviv, alors sous administration polonaise.

En 1931, il devint directeur adjoint des guides régionaux puis chef de l'exécutif régional de l'OUN et commandant de l'UVO.

Cette période se caractérise par une tension grandissante entre les autorités polonaises et la minorité ukrainienne. Les revendications des Ukrainiens se heurtent à une action punitive de « pacification » menée par les autorités polonaises. L'OUN à son tour prend le chemin des assassinats politiques financées par le Reich nazi.

En 1934, Stepan Bandera fut condamné à mort pour avoir exécuté avec 11 autres personnes l'attentat contre Bronisław Pieracki, le ministre de l'Intérieur polonais. Cette décision de justice a été commuée en emprisonnement à vie. En septembre 1939, face à l’offensive de l’armée nazie, l’administration pénitentiaire polonaise a évacué les lieux et les prisonniers, dont Bandera, sortirent de prison.

En septembre 1939, faisant suite au Pacte germano-soviétique, l’Ukraine occidentale est envahie par l’Armée rouge. Le régime soviétique lance une répression contre la population locale.

En octobre 1939 Bandera arrive à Cracovie avec un groupe de nationalistes ukrainiens. Il participe à l'organisation de deux bataillons ukrainiens au sein de l'armée nazie : le bataillon Nachtigall qui avec le bataillon Roland formèrent la Légion ukrainienne. Cependant, Bandera n'y participe pas personnellement.

En 1940, il dirige le groupe révolutionnaire de l'OUN (B) et le 30 juin 1941 il est nommé au gouvernement du nouvel État ukrainien, proclamé le 30 juin 1941 à Lviv. Ce nouvel État ukrainien n'est pas reconnu par Hitler et les artisans de sa proclamation sont bientôt arrêtés.

Le 5 juillet 1941, Bandera est arrêté et transféré à Berlin. Plus tard il est emprisonné dans le camp de concentration de Sachsenhausen.

En automne-hiver 1941, les bataillons Nachtigall et Roland sont dissous. Certains de leurs combattants sont ingérés aux forces policières.

1942-1943 : Mécontents de la politique nazie en Ukraine, les nationalistes forment l'Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) en vue de combattre contre l'Allemagne, l'URSS et les partisans polonais. Bandera s'y oppose initialement, car il croit qu'une armée clandestine ne peut pas gagner la guerre. Cependant, lorsque l'UPA devient réalité, Bandera lui donne son appui.

En 1944, les nazis, changeant de politique vis-à-vis de Bandera face à l'avancée de l'Armée rouge, le libèrent. Toutefois, celui-ci n'adhère pas au Comité national ukrainien : il croit que l'Allemagne perdra la guerre et que toute collaboration avec elle est désormais inutile.

Après la guerre il resta en RFA où il poursuivit la direction de l'Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN(B)).

Dès le retour de l'Armée soviétique en Ukraine de l'Ouest, l'Armée insurrectionnelle ukrainienne livre la guerre sans merci, les deux côtés se livrant à des atrocités. Les combats ne cessent qu'en 1953-1954. Pendant toute cette période, Bandera encourage l'insurrection est essaie de la diriger de l'étranger. Il donne son appui inconditionnel à toutes les actions de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne[1].

À même temps, les insurgés affrontent les forces polonaises, surtout dans les alentours de Przemyśl, attaché à l'RSS d'Ukraine en 1939 et restitué à Pologne après la guerre.

Le 15 octobre 1959, à l'entrée d'une maison au 7 rue Kreittmayr (Kreittmayrstraße) à Munich, il fut trouvé dans un bain de sang mais toujours en vie. Plus tard un examen médical annonça que sa mort était due à un empoisonnement. Deux ans plus tard, le 17 novembre 1961, la justice ouest-allemande établit que le meurtrier de Stepan Bandera était Bohdan Stachynsky, agent du KGB agissant sur les ordres de Chélépine et Khrouchtchev. Après une enquête approfondie, un procès eut lieu du 8 au 15 octobre 1962. La décision du tribunal fut proclamée le 19 octobre : Stachynsky fut condamné à huit ans d'emprisonnement ferme. La Cour suprême allemande confirma à Karlsruhe que le gouvernement soviétique de Moscou avait la principale responsabilité dans le meurtre de Bandera.

Le 20 octobre 1959, Stepan Bandera fut enterré au cimetière Waldfriedhof à Munich.

Destin tragique de la famille de Bandera [modifier]

Son frère cadet Bohdan prend la direction d’un groupe de résistance sous l’Occupation. Il est tué en 1942 (ou 1943).

Le 22 mai 1941, le père de Stepan Bandera – le prêtre Andrij Bandera – est arrêté par le NKVD, qui l'assassine le 10 juillet 1941.

Le même jour, les sœurs de Bandera, Maria-Marta et Oksana, sont déportées en Sibérie en tant que membres de la famille d’un « ennemi du peuple ». Elles furent libérées en 1960, sans droit de retour en Ukraine.

Marta mourut en Sibérie en 1982. Oksana put retourner en Ukraine en 1989.

Sa troisième sœur Volodymyra fut arrêté par le NKVD en 1946 et condamnée à dix ans de « camp de travail ».

Ses frères Vasyl et Oleksandr, arrêtés par la Gestapo en 1941, furent internés à Auschwitz, où ils périrent en 1942.

Postérité [modifier]

Stepan Bandera est une figure controversée en Ukraine, certains le considérant comme un héros national, d'autres comme un collaborateur nazi[2]. Le 29 janvier 2010, le Centre Simon-Wiesenthal a dénoncé, dans une lettre adressée à l'ambassade ukrainienne aux États-Unis, l'attribution de ce titre à un « collaborationniste nazi responsable du massacre de milliers de Juifs pendant la guerre de 1939-1945. »[3].

Stepan Bandera a été élevé à la dignité posthume de Héros d'Ukraine par un décret signé le 22 janvier 2010 par le président ukrainien Viktor Iouchtchenko, provoquant une vague de protestations dans la fédération de Russie et au sein de la population russophone d'Ukraine. Depuis l'arrivée au pouvoir de Viktor Ianoukovitch, l'attribution de ce titre a été annulée et le décret déclaré invalide.

Liens externes [modifier]

Notes et références [modifier]

  1. Geoffrey Roberts, Stalin’s Wars : From World War to Cold War, 1939-1953. New Haven et Londres : Yale University Press, 2006.
  2. (en) Stepan Bandera: Hero or Nazi sympathizer?, Kyiv Post (2 octobre 2008)
  3. Bandera, « héros de l'Ukraine », était un collabo nazi (Centre Wiesenthal), Ria Novosti, 30 janvier 2010

Voir aussi [modifier]