Erwin Lahousen

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Erwin Lahousen
Erwin Lahousen témoignant au procès de Nuremberg
Erwin Lahousen témoignant au procès de Nuremberg

Naissance 25 octobre 1897
Vienne
Décès 24 février 1955 (à 58 ans)
Innsbruck
Arme Armée austro-hongroise, Abwehr
Grade Général-major
Années de service 1915 – 1945
Conflits Première Guerre mondiale, Seconde Guerre mondiale

Le Generalmajor Erwin von Lahousen (25 octobre 1897 à Vienne - 24 février 1955 à Innsbruck) était un officier supérieur de l’Abwehr au cours de la Seconde Guerre mondiale et un membre de la résistance allemande au nazisme. Il a joué un rôle clé dans les tentatives d’attentat contre Adolf Hitler, le 13 mars 1943 et le 20 juillet 1944. Il fut également un important témoin de l’accusation, lors du procès de Nuremberg.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d’une famille de l’aristocratie autrichienne, Lahousen prend part à la Première Guerre mondiale au sein de l’armée austro-hongroise. Après la fin du conflit, il devient le chef du contre-espionnage autrichien. Après l’Anschluss, les services secrets autrichiens sont absorbés par l’Allemagne et Lahousen rejoint l’Abwehr, dirigé par l’amiral Wilhelm Canaris.

Partageant des sentiments anti-nazis, les deux hommes sympathisent ; Lahousen fait partie d’un cercle d’officiers triés sur le volet, qui s’opposent à la manière selon laquelle Hitler dirige l’agence de renseignement. Canaris le nomme à la tête de la section II de l’Abwehr, qui s’occupe principalement de sabotage. À ce poste, Lahousen s’acquitte avec succès des opérations de sabotage lors de l’invasion de la Pologne ; par la suite, Canaris donnant la priorité à l’espionnage sur le sabotage, c’est à l’espionnage que sont essentiellement formés les agents envoyés au Royaume-Uni, avec des résultats désastreux, nombre d’entre eux étant retournés. Les opérations de l’Abwehr aux États-Unis, lancées en juin 1942, se soldent aussi par un échec : livrés au FBI par l’un d’entre eux, six des huit hommes de Canaris sont arrêtés, jugés par un tribunal militaire, condamnés à mort et exécutés.

En 1943, Lahousen est envoyé sur le front de l’Est. En mars 1943, le général Lahousen participe au complot visant à éliminer Hitler à Smolensk[1]. Cette affectation lui permet ensuite d’échapper à la disgrâce de l’Abwehr, en février 1944, et à celle de l’amiral Canaris, déporté puis exécuté après l’échec de l' attentat du 20 juillet 1944, attentat pour lequel Lahousen affirma plus tard qu’il était l’un de ceux qui fournirent les explosifs aux conjurés. Bien qu’il ait été établi que la bombe utilisée, de fabrication britannique, était du type des engins saisis par l’Abwehr, Lahousen n’éveille aucun soupçon.

Après la guerre, Lahousen témoigne volontairement, comme premier témoin de l’accusation, lors du procès de Nuremberg, ce rôle prééminent lui étant confié en tant que seul survivant de la résistance à Hitler au sein de l’Abwehr. Son témoignage permet notamment de donner des preuves de l’assassinat de centaines de milliers de prisonniers de guerre soviétiques et du massacre de plus d’un million de Juifs perpétré par les Einsatzgruppen en Pologne et en Union soviétique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Claude Paul Pajard :La bouteille de Cognac qui faillit tuer Hitler, dans Les grandes énigmes de la Seconde Guerre mondiale, éd. de Saint-Clair, Paris, 1965 (p.28-32).