Institut historique juif

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L' Institut historique juif (polonais : Żydowski Instytut Historyczny or ŻIH) est un institut de recherche dont le siège est à Varsovie, Pologne. Il s'intéresse surtout à l'histoire des Juifs en Pologne.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'Institut historique juif est créé en 1947 comme la continuation de la Commission historique juive centrale, qui avait été fondée en 1944.

De 1949 à 1966, il est dirigé par Bernard Mark. À cette époque, l'Institut publie plusieurs documents sous une forme falsifiée. C'est le cas, par exemple, de la Chronique du ghetto de Varsovie d'Emanuel Ringelblum (1952), qui fut publiée initialement dans deux organes de l'Institut : les Bleter far geshikhte (yiddich) et le Biuletyn Żydowskiego Instytutu Historycznego (polonais), et dont les traductions en diverses langues furent faites d'après ces textes falsifiés[1].

En 1962, l'historien Michel Borwicz dénonça ces falsifications[2].

En 2011, Paweł Śpiewak, professeur de sociologie à l'Université de Varsovie et ancien politicien, a été nommé directeur de l'Institut historique juif par Bogdan Zdrojewski, ministre de la Culture et du Patrimoine national[3].

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

L'Association de l'Institut historique juif est la société responsable de l'immeuble et des possessions de l'Institut. L'Institute relève de la compétence du Ministère de la Culture et du Patrimoine national. En 2009, il fut nommé d'après Emanuel Ringelblum. L'institut est un dépôt de documents concernant la présence juive historique en Pologne. C'est aussi un centre de recherches universitaires, d'études et de dissémination de la connaissance sur l'histoire et la culture de la communauté juive de Pologne.

La partie la plus précieuse de ses collections est constituée par les Archives du ghetto de Varsovie, connues comme les Archives Ringelblum (réunies par les Oyneg Shabbos). Elles contiennent environ 6 000 documents (environ 30 000 pièces de papier).

Parmi les autres collections importantes concernant la Seconde Guerre mondiale, on citera des témoignages (principalement de survivants juifs de l'Holocauste), des mémoires et des journaux, de la documentation sur des organisations d'entraide juive actives en Pologne sous l'occupation et des documents en provenance des Judenräte.

La section de documentation sur les sites historiques juifs comporte environ 40 000 photographies concernant la vie et la culture juives en Pologne.

L'Institut a publié une série de documents provenant des Archives Ringelblum, ainsi que de nombreux mémoires et journaux de l'époque de la guerre[4].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jerzy Tomaszewski, « L'historiographie polonaise sur la Shoah », dans Matériaux pour l'histoire de notre temps , 2001, vol. 61, n° 61-62, p. 53-61, consultable sur le site Persée.
  2. Michel Borwicz, « Journaux publiés à titre posthume », dans Revue d'histoire de la Deuxième Guerre Mondiale, vol. 12, janvier 1962, p. 90-94.
  3. Jewish Historical Institute, Change at the top; consulté le 29 juillet 2012.
  4. Stephan Stach, Geschichtsschreibung und politische Vereinnahmungen: Das Jüdische Historische Institut in Warschau 1947-1968, dans : Jahrbuch des Simon-Dubnow-Instituts / Simon Dubnow Institute Yearbook VII (2008), 401-431, ISBN 978-3-525-36934-0

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]