Erich von dem Bach-Zelewski

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Erich von dem Bach-Zelewski
Image illustrative de l'article Erich von dem Bach-Zelewski

Naissance 1er mars 1899
Lauenburg, Poméranie

Allemagne

Décès 8 mars 1972 (à 73 ans)
Munich
Origine Allemand
Allégeance Flag of the German Empire.svg Empire allemand
Flag of Germany.svg République de Weimar
Flag of German Reich (1935–1945).svg Troisième Reich
Arme Schutzstaffel SS.svg Schutzstaffel
Grade SS-Obergruppenführer.
Années de service 19161945
Conflits Première Guerre mondiale,
Seconde Guerre mondiale
Faits d'armes Répression de l'insurrection de Varsovie
Distinctions Croix de fer
Autres fonctions Höherer SS- und Polizeiführer
Erich von dem Bach-Zelewski en 1943.

Erich von dem Bach-Zelewski, né Erich von Zelewski, (1er mars 1899, Lauenburg, Poméranie - 8 mars 1972, Munich), criminel nazi, était un membre du parti nazi, et un dirigeant des SS ayant atteint le grade de SS-Obergruppenführer.

Sa jeunesse et ses débuts dans le parti nazi[modifier | modifier le code]

Erich von Zelewski est né le 1er mars 1899. Il est le fils d’Otto von Zelewski. En 1916, âgé d'à peine 17 ans, Erich rejoint l'armée prussienne en tant que volontaire, et y restera jusqu'à la fin de la guerre en 1918. Pendant cette guerre, il obtint deux fois la Croix de fer.

Après la guerre, il rejoint la Reichswehr, dans lequel il sert jusqu'en 1924. Il rejoint ensuite une compagnie de gardes-frontières (les Grenzschutz), où il restera jusqu'en 1930, date de son entrée au parti nazi. Il rejoint par la suite les SS en 1931. Il gravit rapidement les échelons de l'organisation et atteint en 1933 le grade de SS-Brigadeführer. Il adopte peu à peu le nom Von dem Bach, à la place de Von Zelewski, pour obtenir une consonance plus allemande. Dans cet objectif de prouver qu'il était « un bon allemand » et « un bon nazi », et de faire oublier le fait que trois de ses sœurs étaient mariées à des Juifs, ainsi que ses origines slaves, il se livra par la suite à des excès toujours plus sanglants.

Député au Reichstag de 1932 à 1944, il participa à la nuit des Longs Couteaux en 1934. Avec Theodor Eicke, c'est l'un des meurtriers d'Ernst Roehm. Il assassine Anton von Hohberg und Buchwald, SS-Reiterführer, qui avait rapporté au ministère de la défense des propos hostiles à la Reichswehr tenus par un SS-Gruppenfürer. Il occupa des postes variés dans le parti nazi, d'abord en Prusse-Orientale, puis en Silésie après 1936, où il devient HSSPF (Höherer SS- und Polizeiführer, c’est-à-dire responsable général de la police et des SS dans un secteur donné) en 1937.

Son rôle durant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Au début de la Seconde Guerre mondiale, il dirige des unités qui participent aux représailles et aux exécutions de prisonniers de guerre polonais pendant la campagne de septembre. Le 7 novembre 1939, Himmler le nomme au poste de commissaire pour le renforcement du germanisme en Silésie. Il organise des déplacements de populations et la confiscation de propriétés privées. En août 1940, soit à peine un an après le début de la guerre, ses unités avaient confisqué les maisons de plus de 20 000 familles de la région de Zywiec, les obligeant à partir.
Chef de la police et de la SS dans le Gau Silésie, il propose de déporter l'ensemble des Juifs du Reich dans le district de Lublin; devant l'opposition de Frank, il décide, avec Himmler, un camp de travail en Silésie, près de la ville d'Auschwitz[1].
À la fin de l'année 1939, il a l'idée d'ouvrir un camp de concentration pour les habitants non-allemands de la région, à proximité de la ville d'Auschwitz. Himmler accepte la proposition, et en mai 1940, le camp de concentration est ouvert : il porte le nom d'Auschwitz.

Par la suite, le 28 novembre 1940, Von dem Bach change officiellement de nom, et abandonne donc son nom de famille paternel : Zelewski.

Responsable SS dans le Reichskommissariat Ostland[modifier | modifier le code]

Associé de près aux projets orientaux de Himmler, préparés à partir de l'automne 1940, Erich von dem Bach est nommé HSSPF (Haut-commissaire de la SS et de la police) de Russie Centre, dépendant du Commissariat du Reich de l'Est.
Au cours de l'été 1941, il assiste avec Himmler, au cours de l'une des multiples tournées d'inspection de ce dernier, à de nombreuses actions des Einsatazgruppen opérant dans le circonscription dont il est responsable: le 1er juillet lors du voyage de ce dernier à Bialystok[2], les 14-15 et 16 août lors de sa tournée à Minsk[3]: lors de cette dernière tournée, il confie à Himmler ses appréhensions sur le devenir des membres des Einsatzgruppen, dont certains commencent à connaître des troubles psychologiques[4].
Lui-même eut également à souffrir de tels troubles selon le témoignage du médecin Ernst-Robert Grawitz. Pour les surmonter il était fait appel à un travail subconscient de refoulement. Le mécanisme en apparaît clairement dans le choix du vocabulaire et des euphémismes pour éviter l'utilisation de termes trop crus tels que «tuer», «mort»[5]. Lors d'une visite à Minsk, Himmler avait voulu voir à quoi ressemblait une «liquidation». Il avait demandé à Nebe de fusiller devant lui une centaine de jeunes gens. Von dem Bach s'adressa à Himmler qui était très ému suite à la fusillade : " Reichsfürher, ici il n'y en a que cent... voyez dans les yeux des hommes du Kommando comme ils sont profondément atteints. Ces hommes sont finis pour toute leur vie. Quel genre de disciples formons nous donc ici? Ou bien des névrosés ou bien des bêtes brutes". Himmler parla aux hommes en faisant remarquer que le devoir qu'ils avaient accomplis était repoussant et qu'il lui aurait été pénible de voir des Allemands exécuter une telle tâche avec gaieté. Mais comme soldat disait-il, ils devaient obéir et lui seul avait à répondre de leurs actes devant Dieu et Hitler. Après ce discours, toujours avec von dem Bach, Karl Wolff, et Nebe; ils visitèrent un asile d'aliéné. Nebe demanda l'autorisation d'essayer la dynamite pour "liquider" les "fous". Bien que von dem Bach ait objecté (avec Karl Wolff) que les malades n'étaient pas des cobayes, Himmler donna son accord pour ces essais à la dynamite. Les résultats s'avérèrent déplorables et la solution suivante fut plus tard celle des camions à gaz[6]. Le but poursuivi étant toujours, au premier niveau, d'éviter des troubles psychologiques aux exécutants qui devaient tirer pour tuer.


En juin 1943, il devient commandant du « Bandenkampfverbände », responsable, entre autres crimes, du massacre de 35 000 civils à Riga et de la mort de plus de 200 000 personnes en Biélorussie et dans l’est de la Pologne. Alors qu’il était appelé à devenir le HSSPF de Moscou, la Wehrmacht échoue à quelques dizaines de kilomètres de la ville, et il reste donc à son poste, commandant entre autres des unités anti-partisans sur le front de l’est jusqu’en 1943.

En février 1942, il est hospitalisé pour, a-t-il affirmé par la suite, des troubles psychologiques consécutifs au nettoyage ethnique et aux exécutions répétées de Juifs en Biélorussie, auxquelles il a assisté. Cependant, certaines sources tendent à affirmer que son incapacité était purement physique. Il reprend son poste en juillet, sans manifester aucun changement dans sa cruauté quotidienne. Von dem Bach-Zelewski était le lieutenant favori de Himmler. Comme après son passage en hôpital il se rétablissait très lentement, le docteur Ernst-Robert Grawitz, sommité médicale des SS fut envoyé à son chevet par Himmler. Selon le diagnostic de ce médecin, le malade revivait des tueries de Juifs organisées sous sa direction personnelle, ainsi que d'autres pénibles expériences à l'Est[7].

En 1944, il rejoint le front dans la région de Kovel, et rentre en mars en Allemagne pour suivre une fois de plus un traitement médical. Heinrich Himmler s’occupa de toutes ses responsabilités pendant son absence.

Commandant des troupes allemandes à Varsovie durant l'insurrection de 1944[modifier | modifier le code]

Le 2 août 1944, il prend le commandement général de toutes les troupes qui se battent contre les partisans lors du soulèvement de Varsovie. Parmi celles-ci on peut citer les brigades Kaminski et Dirlewanger. Après plus de 2 mois de combats acharnés, il réussit finalement à reprendre la ville. Le bilan est terrible : ses unités ont abattu plus de 200 000 civils, dont environ 65 000 dans des « exécutions de masse », et un nombre inconnu de prisonniers de guerre.

La fin de la guerre et le procès de Nuremberg[modifier | modifier le code]

Entre le 26 janvier et le 10 février 1945, Von dem Bach dirige un des « paper-corps » de la SS-Armeekorps en Allemagne. Cependant, après deux semaines seulement, son unité souffrit de lourdes pertes. Voyant que la défaite était proche, il se cacha et essaya de quitter le pays. Il fut arrêté le 1er août 1945 par la police militaire américaine. En échange de son témoignage contre ses anciens supérieurs au procès de Nuremberg (où, pour paraître moins allemand cette fois-ci, il a réutilisé le nom von dem Bach-Zelewski, de façon à souligner ses origines slaves), von dem Bach n’a jamais été jugé ni même inquiété pour ses crimes de guerre, et ne fut même pas extradé vers la Pologne ou l’Union soviétique. Il quitta sa prison en 1949.

En 1951, il a affirmé avoir aidé Hermann Göring à se suicider, en lui procurant les capsules de cyanure qu’il a utilisées pour se donner la mort. Cependant, beaucoup d’historiens actuels sont sceptiques quant aux affirmations de von dem Bach, et considèrent que la mort de Göring a surtout été facilitée par le fait du contact de l’armée américaine avec la prison de Nuremberg où était emprisonné l’ancien chef de la Luftwaffe.

Il dit lors du procès de Nuremberg : « Si vous prêchez pendant dix longues années que les peuples slaves constituent une race inférieure et que les juifs sont des sous-hommes, il s'ensuivra logiquement qu'on acceptera comme un phénomène naturel le fait de tuer des millions de ces êtres humains ».

La fin de sa vie[modifier | modifier le code]

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En 1951 également, von dem Bach-Zelewski a été condamné à une peine de prison de 10 ans dans un camp de travail, pour le meurtre d’opposants politiques au début des années 1930. Il purgea sa peine jusqu’en 1958, où il fut à nouveau condamné à purger une peine de 2 années et demi de prison pour le meurtre d’un officier SA durant la Nuit des Longs Couteaux. Puis en 1961, il est à nouveau condamné à une sentence de 10 années supplémentaires pour le meurtre de 10 communistes allemands dans les années 1930. Aucune des condamnations prononcées envers lui ne prirent en compte son rôle dans l’Est et sa participation à de nombreux massacres (à Minsk, à Moguilev, en Biélorussie[8]) bien qu’il admît publiquement avoir tué des Juifs, tout en insistant sur ses regrets et sa pénitence.
Il meurt à la prison de Munich le 8 mars 1972.

Décorations[8][modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]