Château de Cheverny

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Château de Cheverny
Image illustrative de l'article Château de Cheverny
Façade sud du château de Cheverny
Période ou style Classique
Début construction 1624
Fin construction 1634
Destination actuelle Musée
Protection  Inscrit MH (1926, 2008)
Logo monument historique Classé MH (2010)
Site web www.chateau-cheverny.com
Coordonnées 47° 30′ 01″ N 1° 27′ 29″ E / 47.500252, 1.458004 ()47° 30′ 01″ Nord 1° 27′ 29″ Est / 47.500252, 1.458004 ()  [1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Orléanais
Région Centre
Département Loir-et-Cher
Commune Cheverny

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(Voir situation sur carte : France)
Château de Cheverny

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(Voir situation sur carte : Loir-et-Cher)
Château de Cheverny

Le château de Cheverny est un château de la Loire français situé en Sologne, sur la commune de Cheverny, dans le département de Loir-et-Cher et la région Centre. Classé aux Monuments historiques, ce château fut élevé au XVIIe siècle dans un style très classique dessiné par Jacques Bougier architecte d'une partie du château de Blois, tout proche.

Il héberge actuellement une meute et organise régulièrement des chasses à courre. Il a inspiré Hergé pour la création du château de Moulinsart, qui en est la réplique amputée de ses deux pavillons extérieurs.

Histoire[modifier | modifier le code]

La forteresse Renaissance[modifier | modifier le code]

Dessin d'Étienne Martellange représentant l'ancien château de Cheverny au début du XVIe siècle[note 1].

Les terres du domaine sur lequel est situé le château furent cédées, dans la seconde moitié du XIVe siècle, à Jean Hurault, avec ses « maisons, pressoirs et vignes », par Henri le Mareschau, sans doute fils de Robert, lequel apparaissait comme propriétaire de Cheverny en 1315[a 1], qu'il tenait du comte de Blois[f 1]. La famille Hurault était une vieille famille blésoise, sans doute issue de Bretagne[2], dont le plus ancien membre connu, Regnault Hurault, apparaît en 1270, sous le règne de Philippe III Le Hardi comme « bourgeois de la ville de Blois »[a 1].

En 1490, Jacques Hurault, petit-fils de Jean[note 2], acquit la seigneurie de la Grange et de Cheverny, après avoir exercé de hautes fonctions sous Louis XI, Charles VIII et Louis XII[b 1],[note 3]. Il forma plusieurs agrandissements autour du pressoir alors que sa carrière connaissait son apogée, le portant au poste de gouverneur et bailli du comté de Blois sous le règne de François Ier[a 1].

Avant sa mort, il céda le domaine à son fils Raoul Hurault qui obtint du roi, en juin 1510[6], l'autorisation de fortifier la nouvelle demeure qu'il venait d'édifier[a 1],[note 4]. Claude de France lui céda en avril 1514 le droit de justice ainsi que celui de sceau et de tabellionage sur la paroisse de Cheverny, François Ier validant l'année suivante les concessions afin que le château fût adapté aux longs séjours de la cour dans la région[f 2]. Il ne reste de cette ancienne bâtisse qu'un dessin du père Étienne Martellange, qui visita la région en 1624–1625, mais dont la précision n'est pas confirmée, et quelques rares vestiges dans le bâtiment des communs[a 2] : mi forteresse, mi château de plaisance, le bâtiment rappelle l'aile Louis XII du château de Blois avec ses longs pavillons bas flanqués de tours, tourelles et poivrières, avec un grand pavillon carré au toit à la française[a 3].

Raoul Hurault, seigneur de Cheverny, était marié à Marie de Beaune, fille de Jacques de Beaune, baron de Semblançay, premier intendant des finances royales, lequel entraîna son gendre dans sa faillite[7], à la suite des poursuite engagées par François Ier et l'implacable Louise de Savoie contre les financiers soupçonnés de malversations. Parti servir en Italie au côté du maréchal de Lautrec, il fut tué en août 1528 devant Naples. Sa veuve, récemment accouchée d'un septième enfant, dut assumer une amende de 100 000 livres[7], par arrêt des commissaires de la Tour carrée[note 5], et fut contrainte d'aliéner le château de Cheverny[a 3]. Celui-ci fut adjugé, en 1537, à Pierre de Ruthie, lieutenant de la vénerie du roi, qui le céda, en 1542, à son neveu Bernard de Ruthie, abbé de Pontlevoy, aumônier du roi[8],[9].

En 1551, ce fut Diane de Poitiers, favorite du roi Henri II, qui acquit le château[note 6]. Mais l'on se rendit compte que la vente initiale, intervenue durant la minorité des enfants de Marie de Beaune, était contraire au droit et, au terme d'un procès, Diane de Poitiers dut le restituer à Jacques et Philippe Hurault, par acte du 25 février 1564, moyennant le paiement de 35 000 livres[f 3].

Le domaine échut à Philippe[b 1]. Sa mère, Marie de Beaune, qui avait dû s'installer, après la cession de Cheverny, à La Morelière, une maison toute proche dans le domaine forestier, puis dans la demeure familiale de Blois, mourut en 1567, laissant une belle fortune et ayant assisté à la réhabilitation de son époux au motif que « le Roy avoit esté mal servy et trompé en celles de feu Hurault »[10]. En 1577, les terres furent érigées en vicomté, puis, en 1582, en comté[a 3]. Philippe Hurault de Cheverny, fidèle courtisan de Catherine de Médicis et d'Henri II, fut garde des sceaux puis remplaça Birague en tant que chancelier de France. Cependant, son rôle important dans les négociations avec la Ligue détermina le roi Henri III à prononcer sa disgrâce, peu après la Journée des barricades, et à l'assigner dans sa résidence de Cheverny. Après avoir conservé le fil des intrigues politiques, tant auprès des ligueurs que des protestants, il retrouva en 1590 les sceaux des mains d'Henri IV[a 4].

En 1596, il céda le domaine de Cheverny à son fils Henri Hurault, qui, près de vingt ans auparavant, avait été porté sur les fonds baptismaux par Henri d'Anjou, Henri de Navarre et Catherine de Médicis. Il avait épousé à l'âge de treize ans une jeune fille de grande famille, Françoise Chabot, fille du Grand écuyer de France, le baron de Charny, mais celle-ci continua de demeurer auprès de ses parents. De caractère impétueux, vif et parfois colérique[a 4], il suivait Henri IV et ses armées, reconnu par le souverain comme de bon conseil. Alors qu'il prenait possession du château de Cheverny, il fit venir son épouse, mais la laissa cependant vite seule afin de poursuivre le service du roi[a 4], à la tête d'une centaine d'hommes d'armes. Françoise Chabot s'ennuyait et la rumeur de son infidélité finit par gagner la cour. Un jour que le comte Hurault était au Louvre auprès d'Henri IV, ce dernier, passant derrière lui, pointa deux doigts en corne derrière sa tête, cette plaisanterie provoquant l'hilarité de tous les courtisans. Mais un petit miroir fit apercevoir au comte qu'il était l'objet de ces moqueries. Le 26 janvier 1602, sans dire mot, il regagna à franc étrier, aux premières heures du matin, son château de Cheverny et, se faisant ouvrir les portes, n'eut que le temps de voir un page s'échapper par la fenêtre de la chambre et se rompre la jambe[note 7]. Hurault l'acheva d'un coup d'épée. Puis, en présence d'un confesseur, il laissa le choix à sa femme de subir le même sort ou d'absorber le poison qu'il lui tendait. Après qu'elle se fût donné la mort, on s'aperçut qu'elle portait un enfant mâle depuis cinq mois et demi[11],[a 4],[12],[note 8]. Le roi l'apprit mais, bien que se sentant coupable, condamna le comte à demeurer sur ses terres de Cheverny.

Le nouveau château[modifier | modifier le code]

Deux années plus tard, Henri Hurault se remaria avec la fille d'un avocat, Marguerite Gaillard de la Morinière[b 1], que l'on disait aussi « belle que sage, femme d'esprit et de caractère »[a 6]. Après trois ans d'exil, le comte de Cheverny fut rappelé au service du roi, laissant son épouse aux soins de la demeure et lui abandonnant le revenu. Celle-ci, selon la légende, aurait mené seule l'élévation d'un nouveau château[a 6]. Mais, plus vraisemblablement, le désir ancestral de construction du comte de Cheverny et l'inspiration éclairée de son épouse permirent de créer conjointement une nouvelle demeure, en lieu et place d'une forteresse passée de mode et marquée par la tragédie[b 1]. L'ancien bâtiment fut rasé presque entièrement au début des années 1630[f 4] et l'on appela les artistes les plus en vue de la région pour les travaux. On appela l'architecte Jacques Bougier, dit « Boyer de Blois[note 9] », très en renom dans le Blésois, qui avait travaillé sur une aile du château de Blois avec Salomon de Brosse[a 7]. Disparu peu après le début des travaux, l'architecte, aussi sculpteur, n'exécuta pas la sculpture de l'escalier qui fut l'œuvre d'un artiste, engagé à Blois par Gaston d'Orléans, dont seules les initiales « F.L. » nous sont parvenues.

De 1629 à 1640, ce fut le menuisier Hevras Hammerber, germanique originaire d'Essen[15], qui fut chargé des menuiseries intérieures, des portes et croisées et sans doute de quelques travaux de sculpture[a 7],[note 10]. Ensuite, la décoration picturale du château fut confiée à Jean Mosnier, peintre d'excellente réputation et à l'œuvre importante[note 11], recommandé par Marie de Médicis et élève de l'École de Rome : il orna les poutres, lambris, solives et huisseries de dessins de fables et d'allégories ingénieuses[17]. Il exécuta aussi quelques plafonds emplis de ses souvenirs d'Italie[a 9]. Enfin, les dix-sept statues destinées à agrémenter le jardin à la française, qui ont depuis disparu[e 1], furent l'œuvre de Gilles Guérin, aussi sculpteur reconnu à Versailles[a 9].

Les bâtiments furent terminés en 1634[b 1], mais Henri Ruault et Marguerite Gaillard n'eurent guère le temps de profiter de leur somptueuse demeure, la comtesse mourut en 1635 et le comte en 1648. Il ne restait de leurs sept enfants que deux filles qui héritèrent du domaine, mais, en 1654, Élisabeth, marquise de Montglas, racheta la part de sa sœur Anne-Marguerite, marquise d'Aumont. Elle poursuivit la décoration du château, à laquelle son père l'avait déjà largement associée de son vivant[a 10]. Ce fut alors à Cheverny le temps des fêtes fastueuses : la Grande Mademoiselle, fille de Gaston d'Orléans, amie intime de la marquise, aimait à se rendre, depuis Blois ou Chambord, dans ce qu'elle nommait un « palais enchanté », décrivant « un pays fort beau et une maison fort belle, mais si quelqu'un y eut voulu trouver quelque défaut […], la reine Uralinde [note 12] faisait mettre ces critiques-là en prison[18]. »

Durant les cent cinquante années suivantes, il changea maintes fois de propriétaires et passe entre les mains de Jean-Nicolas Dufort de Cheverny (introducteur des ambassadeurs) en 1764, et on y entreprit de grands travaux de rénovation en 1765. Propriété de Jean-Nicolas Dufort de Cheverny pendant la Révolution française, le château est épargné. Après être passé par les mains du Comte Germain de Montforton sous le premier Empire, il fut racheté par Anne-Victor Hurault, marquis de Vibraye en 1825.

En 1922, le marquis de Vibraye, propriétaire des lieux, ouvrit le château au public. La famille y habite toujours et le château de Cheverny est devenu l'un des châteaux de la Loire les plus visités, renommé pour ses intérieurs riches et sa collection d'objets d'art et de tapisseries

Le château reçoit la visite d'Elizabeth Bowes-Lyon, reine-mère d'Angleterre en 1963.

Architecture[modifier | modifier le code]

Le château de Cheverny (vue arrière)

C'est l'un des plus célèbres châteaux de la Loire avec ceux de Blois et de Chambord, tout proches. Blois est une construction qui porte les strates de style s'étendant sur quatre siècles d'architecture, Cheverny est construit dans un style classique homogène, à l'aide d'un matériau, traitée en appareil de bossages plats, striés de refends horizontaux, la « pierre de Bourré », un tuffeau originaire de ce village du Loir-et-Cher, qui a la particularité de blanchir et durcir en vieillissant, ce qui explique la blancheur de sa façade sud. Celle-ci est ornée de bustes d'empereurs romains. Les toits des pavillons latéraux, sous forme de dômes carrés surmontés de campaniles ajourés, encadrent les hauts toits à la française du corps principal.

Le château est classé sur la liste des monuments historiques de 1840, et se fait déclasser le 9 juillet 1888[19]. Quelques années plus tard, l'ensemble du château et de ses communs, à l'exception des parties classées, fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 13 février 1926.. Le parc, ainsi que l’ensemble des bâtiments s'y trouvant, fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 5 décembre 2008. Une partie du domaine fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 30 juin 2010[19]. Cette dernière protection concerne la totalité du château, les façades et toitures de l'orangerie, ainsi que la perspective nord-sud du parc.

Intérieur[modifier | modifier le code]

Salle à manger[modifier | modifier le code]

La salle à manger.

La salle est ornée de 34 panneaux de bois peints par Jean Mosnier illustrant l'histoire de Don Quichotte. Le mobilier se compose notamment d'un ensemble datant du XIXe siècle, en chêne massif, sculpté aux armes des Hurault de Cheverny, lesquelles se retrouvent sur les murs tendus de cuir de Cordoue. Les chaises se manœuvrent grâce à des roulettes en corne. La cheminée monumentale, de style néo-renaissance, dorée à l'or fin, est surmontée d'un buste du roi Henri IV. Les chenets datent du XVIIe siècle. Au-dessus de la table en bois pouvant accueillir plus de 25 convives, un lustre hollandais du XVIIIe siècle en bronze massif argenté (plus de 100 kg).

Escalier d'honneur[modifier | modifier le code]

L'escalier d'honneur.

Un escalier de pierre de style classique s'élève sous une voûte en berceau, datant de Louis XIII, à montée droite (contrairement à ceux de Chambord ou de Blois qui sont à spirale), est orné de sculptures champêtres (guirlandes, fruits), mêlées de motifs guerriers et de symboles des arts, sculptés directement dans la pierre. Il conduit aux appartements. Sur le palier sont visibles une armure savoyarde de parade du XVIe siècle, et un bois préhistorique de plus de 6000 ans (issue d'un cervus megaceros, ancêtre de l'élan), trouvé dans les glaces de Sibérie il y a 200 ans, cadeau offert au collectionneur Paul, marquis de la Vibraye, au XIXe siècle.

Grand salon[modifier | modifier le code]

Le grand salon.

Le Grand Salon du rez-de-chaussée a été décoré sur les vœux de la Marquise de Montglas. Le plafond a été restauré au XIXe siècle. On peut admirer plusieurs portraits dont deux de part et d'autre de la glace: Jeanne d'Aragon, de l'atelier de Raphaël, et Cosme de Médicis, attribué au Titien. On y voit également le portrait de Philippe Hurault de Cheverny, et celui de son épouse Anne de Thou ainsi que celui de Marie-Johanne de La Carre Saumery, comtesse de Cheverny, par Pierre Mignard, au-dessus de la cheminée. Au-dessus des portes, les portraits de Louis XIII (à gauche) et de Anne-Marie-Louise d'Orléans dite La Grande Mademoiselle (à droite), et de l'autre côté à gauche Gaston d'Orléans et à droite Anne d'Autriche.

Le mobilier se compose entre autres d'une table de style Louis XVI réalisée par Stockel, et d'un ensemble de commodes, de fauteuils, et de canapés des XVIIe et XVIIIe siècles, recouverts de tapisseries d'Aubusson.

Vestibule[modifier | modifier le code]

Le vestibule.

Le vestibule est meublé de bancs tendus de rouge et d'une table à gibier de style Louis XV, au-dessus de laquelle est accrochée une tapisserie des Flandres représentant le retour des pêcheurs, d'après les cartons de David Teniers. Les murs sont ornés de bois de cerfs.

Galerie[modifier | modifier le code]

Une galerie mène au Petit Salon et à la bibliothèque. Elle conserve une collection de portraits dont : au bout de la galerie, au-dessus de la porte, Philippe Hurault, son épouse Anne de Thou, et son frère Jacques Hurault, par Jean Clouet. Au mur, à gauche entre les fenêtres, Jeanne d'Albret, par Oniate, sur la droite, quatre toiles réalisées par Rigaud, un autoportrait, un portrait de Monsieur Darlus, un portrait de Monsieur Delaporte, et un portrait de l'abbé de Rancé, autour d'un portrait en pied du roi Louis XVI. On peut également observer un document signé George Washington évoquant un des ancêtres des propriétaires actuels, ayant combattu lors de la Guerre d'indépendance des États-Unis. Le mobilier se compose notamment d'une petite commode signée Riesener sur laquelle est présentée une statue équestre du général Washington, en bronze.

Petit salon[modifier | modifier le code]

Le petit salon.

Dans le Petit Salon cinq tapisseries des Flandres sont visibles, attribuées à Teniers, ainsi qu'un portrait attribué à Quentin de La Tour. Le mobilier se compose d'un ensemble de style Empire signé Jacob et d'une commode Louis XV estampillée Schlichtig.

Bibliothèque[modifier | modifier le code]

La bibliothèque.

La bibliothèque du château de Cheverny, aux murs lambrissés, conserve plus de 2000 ouvrages dont des collections complètes.

Salon des tapisseries[modifier | modifier le code]

Le salon doit son nom aux tapisseries qui le décorent : cinq tapisseries flamandes du XVIIe siècle d'après les cartons du peintre flamand David Teniers Le Jeune. Le salon des tapisseries est notamment meublé de fauteuils d'époque Régence, d'une commode de style Boulle et d'époque Louis XIV en marqueterie d'écaille de tortue rouge, laiton et bois, réalisée par Nicolas Sageot, d'un régulateur d'époque Louis XV, orné de bronzes ciselés réalisés par Caffieri, et d'une horloge dite "aux trois mystères".

Salle d'armes[modifier | modifier le code]

La salle d'armes.

Plus grande pièce du château, la salle d'armes, décorée par Jean Mosnier, expose une collection d'armes et d'armures des XVe, XVIe et XVIIe siècles, dont une petite armure ayant appartenu au duc de Bordeaux et comte de Chambort, ayant été offerte par celui-ci au marquis de Vibraye. La cheminée Renaissance peinte a été restaurée à la feuille d'or. On peut admirer une toile de Jean Mosnier au-dessus de la cheminée, supportée par deux amours: La mort d'Adonis. La salle est ornée d'une tapisserie des Gobelins du XVIIe siècle représentant l'enlèvement de la belle Hélène par Pâris. Le mobilier se compose notamment d'un ensemble de fauteuils Régence, signés Boulard, et de coffres de voyages du XVIIe siècle, dont une malle recouverte de cuir de Cordoue, frappée aux armes de France et de Navarre et ayant appartenu à Henri IV.

Chambre du roi[modifier | modifier le code]

La chambre du roi.

La Chambre du Roi, la plus richement décorée par huit tapisseries réalisées vers 1640 (six dans la chambre, deux sur le palier), d'après des cartons de Simon Vouet représentant les travaux d'Ulysse ; celles-ci proviennent de la manufacture de Paris qui est antérieure à celle des Gobelins. Le plafond à caisson à l'italienne est lambrissé avec des peintures à thème mythologique (histoire de Persée et Andromède, 30 scènes de histoire de Théagène et Chariclée sur les lambris) réalisées par Jean Mosnier.

La chambre est meublée d'un lit à baldaquins du XVe siècle de 2 mètres de long sur 1,60 mètre de large et recouvert de broderies persanes du XVIe siècle. Le roi Henri IV y aurait dormi. Le reste du mobilier se compose d'un prie-dieu datant de Henri III, de deux chaises d'époque Louis XIII, et d'un ensemble de fauteuils Louis XIV recouverts de tapisseries d'Aubusson.

Le parc[modifier | modifier le code]

Les chiens de chasse de Cheverny

Dans le parc de près de 100 hectares qui entoure le château, a été reconstitué un jardin à la française. L'allée principale, face au château est longue de près de six kilomètres. On trouve également un cours d'eau, et un jardin anglais, planté de tilleuls, de séquoia giganteum et de plusieurs variétés de cèdres, ainsi qu'un potager.

Dans les communs, les vestiges du vieux château de Raoul Hurault sont visibles dans la partie Renaissance. La fuye, colombier traditionnel du IXe siècle, fut remaniée au XVIe siècle. Elle est aujourd'hui transformée en château d'eau.

La salle des trophées présente 2 000 bois de cerfs, une cheminée monumentale et un vitrail contemporain, réalisé par le maître Jacques Loire, de l'atelier de Chartres, représente un départ de chasse. La salle est également ornée d'un ensemble de 10 tableaux évoquant les différentes phases de la chasse à courre.

Le chenil, tout proche, est occupé par une meute d'une centaine de chiens, de races Français blanc et noir, ainsi que Anglo-français, destinés à la vénerie. Le repas qui leur est servi chaque jour, donne lieu à un véritable « spectacle », ou le piqueur fait une démonstration de son autorité sur les bêtes (vidéo sur Youtube).

L'orangerie date du XVIIIe siècle. Elle reçut pendant la Deuxième Guerre mondiale une partie du mobilier national. Restaurée et aménagée en 1979, elle accueille aujourd'hui congrès, séminaires, et mariages.

Le château de Moulinsart[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Château de Moulinsart.

Le château de Cheverny a servi de modèle à Hergé, qui en a toutefois amputé les imposants pavillons latéraux, pour créer Moulinsart, le château du Capitaine Haddock. Mais Hergé ne s'est pas seulement inspiré de l'architecture extérieure du château, il a également été influencé par le décor et le mobilier pour y retranscrire les pièces du château de Moulinsart.

Le château de Moulinsart fait sa première apparition dans Le Secret de La Licorne et est racheté par le professeur Tournesol enrichi par la vente du brevet de son fameux sous-marin requin construit pour le capitaine Haddock et utilisé dans Le Trésor de Rackham le Rouge. Depuis, le château de Moulinsart est devenu le port d'attache de Tintin et de ses compagnons de route.

Un bâtiment, jouxtant le chenil, abrite une exposition permanente sur l'œuvre de Hergé en relation avec le château de Moulinsart. Il s'agit essentiellement de décors reconstitués de l'intérieur du monument avec des animations sonores et des maquettes.

Outre celui de Moulinsart, le château de Cheverny a directement inspiré un autre château de fiction : celui de la famille Volban dans la série d'animation japonaise Glass Fleet[20].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Magdeleine Blancher-Le Bourhis, Le château de Cheverny, Paris, Henri Laurens,‎ 1950, 72 p.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  1. a, b, c, d et e Blancher-Le Bourhis, p. 5
  2. Blancher-Le Bourhis, p. 6
  3. a, b et c Blancher-Le Bourhis, p. 7
  4. a, b, c et d Blancher-Le Bourhis, p. 8
  5. a et b Blancher-Le Bourhis, p. 9
  6. a et b Blancher-Le Bourhis, p. 10
  7. a, b et c Blancher-Le Bourhis, p. 11
  8. Blancher-Le Bourhis, p. 12
  9. a et b Blancher-Le Bourhis, p. 14
  10. Blancher-Le Bourhis, p. 15
  • Antoine Renard et Constance de Vibraye, Le château de Cheverny, Blois, Valoire-Estel,‎ 2011, 36 p. (ISBN 978-2-84877-027-7)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  1. a, b, c, d, e et f Renard-Vibraye, p. 2
  • Jean des Cars, La véritable histoire des châteaux de la Loire, Plon,‎ 2009, 36 p. (ISBN 978-2-259-20901-4), « Cheverny, le classicisme en Val de Loire », p. 278–301
  • André Félibien, Mémoires pour servir à l'histoire des maisons royalles et bastimens de France, Paris, J. Baur, libraire de la Société,‎ 1874, 107 p. (lire en ligne), « Chiverny », p. 63–65
  1. a et b Félibien, p. 64
  • Anatole de Montaiglon, Les peintures de Jean Mosnier de Blois : au Château de Cheverny, Paris, J B Dumoulin,‎ 1850, 20 p. (lire en ligne)
  1. Montaiglon, p. 6
  • André Storelli, Notice historique et chronologique sur les châteaux du Moulin et de Cheverny, Paris, L. Baschet,‎ 1883, 19 p., « Le château de Cheverny », p. 10–19
  1. Storelli, p. 3
  2. Storelli, p. 11
  3. Storelli, p. 12
  4. Storelli, p. 13


Notes[modifier | modifier le code]

  1. Bien que non daté, ce dessin a vraisemblablement été exécuté en 1624–1625, époque à laquelle le père Martellange est venu en blésois[a 1].
  2. On pourra se reporter à l'étude généalogique de la famille Hurault réalisée, de 2004 et 2012, par Étienne Pattou avec indication des sources[3] ainsi qu'à l'Histoire des grands officiers de la Couronne[4].
  3. Il fut en particulier trésorier des guerres de Louis XI entre 1479 et 1482 ; ambassadeur de Charles VIII en 1483 afin de négocier une alliance avec la Suisse, qui aboutit plus tard à la création de la garde suisse ; général des finances et chambellan de Louis XII[5].
  4. « Au lieu du Pressouer il a bâti une belle maison pour la décoration de laquelle et aussi pour pouvoir plus surement y demourer il a fait fere foussez, pontlevey à chenette cannonyers, tourelles, barbecanes et quelques autres formes de défenses »[b 1].
  5. La « Tour carrée » est la commission créée par François Ier en 1527 pour juger les financiers coupables de malversations ; elle tient son nom de la partie du Parlement de Paris où elle siégeait.
  6. Elle était déjà, depuis quatre ans, en possession du château de Chenonceau.
  7. Les registres paroissiaux de la paroisse Saint-Martin de Blois le nomment « Chambelin, gentilhomme de Bourgogne »[a 5].
  8. Les détails de cette histoire sont rapportés par le comte Dufort de Cheverny[13], non apparenté aux Hurault mais futur propriétaire du château, mais les registres paroissiaux de la paroisse Saint-Martin de Blois confirment l'empoisonnement « ainsi qu'on le dit par commun bruit pour son adultère » et le fait que celui qui fut « soupçonné du fait fut tué »[a 5].
  9. C'est André Félibien qui l'appelle ainsi[d 1], alors qu'il se nommait Jacques Bougier[a 7]. On trouve aussi « Jacques Boyer dit Boyleau[14] ».
  10. C'est d'ailleurs grâce à un manuscrit du 29 décembre 1629 signalé par Edmond Develle dans Artisans blésois d'autrefois. Menuiserie d'art (1931) et qui évoque l'exécution des menuiseries que l'on peut fixer la date de début des travaux[16], et infirmer celle de 1634 évoquée par Félibien[d 1].
  11. Il reste de lui quelques tableaux mais la majeure partie de son œuvre décorative a disparu, à l'exception de vestiges du décor de Cheverny[a 8].
  12. Il s'agit, sous la plume de Mademoiselle de Montpensier, de la marquise de Montglas.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps.
  2. Alexandre Petitot, Mémoire de messire Philippe Hurault, comte de Cheverny, t. XXXVI, Paris, Foucault, coll. « Collection complète des mémoires relatifs à l'Histoire de France »,‎ 1823 (lire en ligne), « Notice sur Cheverny et sur ses mémoires », p. 26
    Il existe aussi une version de 1659 intitulée Memoires D'Estat Sous Le Regne Des Roys Henry Trosiesme Et Henry IV. par Monsieur de Cheverny, Grand Chancelier de France [lire en ligne] ainsi qu'une autre, plus ancienne, de 1636, comprenant privilège du Roi et généalogie complète de la maison de Hurault [lire en ligne].
  3. [PDF] Étienne Pattou, « Famille Hurault (Saint-Denis, Cheverny, Le Marais, Boistaillé, Bellebat, Auneux, Vignay) »,‎ 2007–2012 (consulté le 15 juin 2013).
  4. Anselme de Sainte-Marie et Honoré Du Fourny, Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France, des pairs, grands officiers de la Couronne, de la Maison du Roy et des anciens barons du royaume, t. VI, Paris, Foucault,‎ 1730, 3e éd. (lire en ligne), « Généalogie de Hurault », p. 501.
  5. François-Alexandre Aubert de la Chesnaye des Bois, Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire & la chronologie des familles nobles de France, t. VIII, Paris, Antoine Boudet,‎ 1774, 2e éd. (lire en ligne), p. 173.
  6. Alfred Spont, Semblançay (?-1527) : La bourgeoisie financière au début du XVIe siècle, Paris, Hachette,‎ 1895 (lire en ligne), p. 85.
  7. a et b Isabelle de Conihout, « Jean et André Hurault : deux frères ambassadeurs à Venise et acquéreurs de livres du cardinal Grimani », sur Italique,‎ 2007 (consulté le 17 juin 2013).
  8. Pierris de Casaliverety, Journal de Pierris de Casalivetery, notaire royal de Mauléon de Soule, Paris, H. Champion,‎ 1908 (lire en ligne), p. 22–23.
  9. Jean Martin-Demézil, Un interrègne des Hurault à Cheverny (1537–1565) : Diane de Poitiers et quelques autres, Paris, H. Champion,‎ 1986, p. 61–71.
  10. Philippe Hamon, L'argent du roi : Les finances sous François Ier, Paris, Institut de la gestion publique et du développement économique,‎ 1994 (lire en ligne), « Les enjeux financiers des poursuites et des réformes ».
  11. Claude Frégnac, Merveilles des châteaux du Val de Loire, Paris, Hachette,‎ 1964, 327 p., p. 75.
  12. Daniel Appriou, Tous les chemins mènent à Rome : Ces mots de tous les jours qui nous viennent de l'histoire, Paris, Acropole Belfond,‎ 2009, 290 p. (ISBN 978-2735703173, lire en ligne), p. 75.
  13. Jean-Nicolas Dufort de Cheverny, Mémoires sur les règnes de Louis XV et Louis XVI et sur la Révolution : Ces mots de tous les jours qui nous viennent de l'histoire, t. I, Paris, E. Plon, Nourrit et Cie,‎ 1886 (lire en ligne), p. 333.
  14. Frédéric Lesueur, Le château de Blois : tel qu'il fut, tel qu'il est, tel qu'il aurait pu être, Paris, A. & J. Picard,‎ 1970, 189 p. (résumé), p. 134.
  15. Frédéric Lesueur, Blois Chambord et les châteaux du Blésois, Grenoble–Paris, B. Arthaud,‎ 1947, 181 p., p. 97.
  16. François Gébelin, Les châteaux de la Loire, Grenoble–Paris, Alpina,‎ 1957, 144 p., p. 132.
  17. Alexandre Dupré, « Notice sur quelques peintres blésois », Gazette des Beaux-Arts, vol. XXV,‎ 1868, p. 267–271 (lire en ligne).
  18. Mademoiselle de Montpensier, Relation de l'isle imaginaire : Histoire de la princesse de Paphlagonie, Paris, Antoine Auguste Renouard,‎ 1805, 140 p. (lire en ligne), p. 114.
  19. a et b « Notice no PA00098413 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  20. Épisode 7 de la série Glass Fleet (studio Gonzo, 2006)

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