Comté de Créhange

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Comté de Créhange
Grafschaft Kriechingen (de)

XIIe siècle – 1801

Blason
Informations générales
Statut Comté

Créhange en Moselle fut le siège d'une seigneurie, puis d'un comté de Créhange, du XIIe siècle au XVIIIe siècle.

Origines[modifier | modifier le code]

Les Malberg, barons de Fénétrange, détachèrent de leurs possessions une seigneurie de Créhange (Kriechingen en allemand) au XIIe siècle pour la confier à une famille qui leur était apparentée. Dans la zone germanophone de la Lorraine, la seigneurie formait une enclave ressortissant de l’Empire germanique. Cette première famille de Créhange y fit construire un château à triple enceinte, dont des vestiges sont toujours visibles.

Augmentée de nombreux héritages par les femmes, la seigneurie de Créhange comprit des territoires éparpillés sur la Lorraine actuelle, le Luxembourg, la Sarre, relevant alors du Saint-Empire. Quoique sans continuité territoriale, elle fut érigée d'abord en baronnie, puis en comté en 1239. Hermann (mort en 1259), frère de Burcard seigneur de Créhange, fonda à son tour la seigneurie de Helfedange (un château d'Helfedange, principalement du XVIIe siècle, se voit toujours près de Guinglange sur la rive droite de la Nied).

Ascension[modifier | modifier le code]

La famille de Torcheville (ou Dorsweiler) hérita des possessions et des titres des comtes de Créhange à la fin du XIIIe siècle, en prit le nom à son tour et continua à les augmenter, s'étant rapprochée de la dynastie de Luxembourg et notamment de l'empereur Charles IV.

Au XVe siècle, Jean, comte de Créhange, épousa Irmengarde de Pettange (ou Pittange), héritière d'une part de cette seigneurie et de son château ainsi que du château de Larochette au Luxembourg. Il se fit construire à Pittange un logis qui porte toujours son nom. Il semble que ces possessions annexes furent intégrées au comté de Créhange[1].

Au XVIe siècle, comme beaucoup de princes germaniques possessionnés en Lorraine et en Alsace, les comtes de Créhange embrassèrent la Réforme protestante, qu'ils introduisirent dans le comté. Héritiers des Raville, ils commencèrent la construction du château de Hombourg-Budange (Hombourg~sur-Canner).

Dans les guerres européennes[modifier | modifier le code]

Au cours de la guerre de Trente Ans, en 1677, le maréchal de Créquy avait laissé en se retirant vers Metz, un détachement de 60 hommes dans le château de Créhange, où ils furent attaqués et faits prisonniers par Charles IV de Lorraine.

Le comté appartint à partir de 1697 à la Maison d’Ostfriesland puis après 1726 à la Maison de Wied-Runkel, laquelle donna plus tard une reine à la Roumanie et un roi à l’Albanie.

En 1789, il se composait de quatre enclaves :

Il fut annexé par la France révolutionnaire à la fin du XVIIIe siècle, et les princes possessionnés en furent dédommagés par des terres de l’archevêché de Trêves en 1803.

Le traité de Lunéville en 1801 confirma le rattachement de Créhange à la France, et les terres furent revendues aux habitants de la commune. Le comté comprenait alors les villages de Rémilly, Voimhaut, Raville (Rollingen), Pontpierre, Helfedange, Laning, Teting, et Münzingen[2].

Liste des seigneurs, barons et comtes de Créhange[modifier | modifier le code]

  • Maison de Créhange
    • Jean-Louis de Créhange
    • Maximilien-Ernest de Chréhange
    • Anne-Dorothée, petite-fille de Georges II, sœur de Jean-Louis et veuve de Ferdinant d'Ost-Frise
  • Maison d'Ost-Frise
    • Louise-Charlotte, fille de la précédent, épouse d'Urit de Wied-Runkel
  • Maison de Wied-Runkel
    • Jean-Louis-Adlphe de Wied-Runkel
    • Pierre-Ernest dit Jean-Louis, Chistian et Louis-Christian, fils du précédent
    • Frédéric-Louis de Wied-Runkel

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La seigneurie de Pettingen.
  2. Christophe-Guillaume de Koch et Frédéric Schoell, « Histoire abrégée des traités de paix », Paris, 1817.

Liens externes[modifier | modifier le code]