Histoire de la Grenade

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Avant l'arrivée des Européens, la Grenade était habitée par les Indiens caraïbes après que ceux-ci eurent expulsé les Arawaks. Christophe Colomb arriva sur l’île en 1498 lors de son 3ème voyage. Il la nomma « Isla Concepción ». L’origine du nom « Grenade » reste incertaine bien que l’on suppose que les marins espagnols la nommèrent ainsi en hommage à la ville de Grenade en Espagne. Au début du XVIIIe siècle, le nom de Grenade ou La Grenade était fréquemment utilisé par les Français. En partie du fait des Indiens caraïbes, l’ile ne sera pas colonisée pendant plus de cent ans après sa découverte.

Entre France et Royaume-uni[modifier | modifier le code]

La bataille de la Grenade, le 6 juillet 1779, vue par le peintre Jean-François Hue, (Musée national de la Marine, date inconnue). L'île est conquise par d'Estaing qui repousse ensuite la flotte anglaise.

Les premiers efforts par les Anglais pour la coloniser resteront vains. En 1650, une compagnie française, fondée par Richelieu, acheta Grenade aux Anglais et y construisit un petit établissement. Après de multiples escarmouches avec les autochtones, les Français firent venir une centaine de mercenaires wallons du Brésil néerlandais, ainsi que quelques renforts depuis la Martinique, qui mirent en déroute les derniers Indiens. Entre 1690 et 1695, Louis Ancelin de Gémozac fut gouverneur de l'île. Le contrôle de l’île resta aux mains des Français jusqu’en 1762 puis elle fut prise par les Anglais pendant la guerre de Sept Ans. Grenade fut formellement cédée à l’empire britannique par le traité de Paris (1763). Les Français reprirent son contrôle en 1779 après la bataille de la Grenade dans le cadre de la guerre d’indépendance des États-Unis, mais elle revint finalement aux Anglais par le traité de Versailles (1783). Malgré des pressions sur ces derniers lors d’une révolte pro-française en 1785, Grenade demeura une possession anglaise durant le reste de la période coloniale.

Possession anglaise[modifier | modifier le code]

Au XVIIIe siècle, l’île souffrit de transformations très importantes. Comme tous les territoires des Indes occidentales, Grenade fut colonisée pour cultiver la canne à sucre exigeante en main d’œuvre que l’on faisait venir en masse d’Afrique. En 1782, le botaniste Sir Joseph Banks, conseiller du roi George III du Royaume-Uni, introduisit sur l’île d’autres plantes comme la noix de muscade. En effet, les terres étaient idéales pour la culture de cette plante. Banks en fit ainsi la principale productrice de la région. De ce fait, Grenade concurrença les colonies néerlandaises des Indes Orientales car plus proche du marché européen. L’effondrement de la culture de la canne à sucre combiné à l’essor de la culture de la noix de muscade et du cacao favorisa l’implantation de petites propriétés dans un contexte d’abolition de l’esclavage (loi de 1834).

Dès 1833, Grenade intégra la fédération des Îles sous le vent. Le gouverneur de la fédération administra l’île jusqu’à l’indépendance. En 1958, L’administration des Îles sous le vent fut dissoute et Grenade intégra la fédération des Indes occidentales. Depuis la dissolution de cette fédération, en 1962, le gouvernement britannique essaya de former une petite fédération à partir de ses possessions restantes, dans l’est des Caraïbes. À la suite de cet échec, le gouvernement britannique et les habitants de l’île développèrent le concept d’état associé. Sous cette désignation, la Grenade obtint une autonomie totale dans ses affaires intérieures en mars 1967.

Indépendance de l'île[modifier | modifier le code]

L’ile devint un État indépendant le 7 février 1974. Après cette date, Grenade se dota d’un système parlementaire appelé système de Westminster, légèrement modifié par rapport au modèle britannique avec un gouverneur général nommé et représentant le souverain anglais, ainsi qu’un Premier ministre, chef du parti politique majoritaire et chef du gouvernement. Sir Eric Gairy fut le premier à occuper le poste de Premier ministre de Grenade.

Le 13 mars 1979, le New Jewel movement expulsa Gairy par un coup d’État pratiquement sans violence, amenant au pouvoir Maurice Bishop qui devint Premier ministre du Gouvernement révolutionnaire populaire de la Grenade. Son gouvernement marxiste-léniniste renforça tout de suite ses liens avec Cuba, puis trois ans plus tard (juin 1982) avec l’URSS et les autres pays communistes. Maurice Bishop se rendit en URSS en juillet 1982, mais aussi peu après en septembre en France rencontrer François Mitterrand. Il faut préciser que Bishop était membre de l'internationale socialiste. Vers juin 1983, il tenta un rapprochement avec les États-Unis et début septembre condamna à l'ONU la destruction du Boeing sud-coréen par la chasse soviétique. Cette réaction attisa les divisions au sein du mouvement, une partie de la presse grenadine soulignant que l'avion de ligne avait été pris en otage dans une mission d'espionnage.

En octobre 1983, une lutte pour le pouvoir entre Bernard Coard et Maurice Bishop se termina par l’assassinat du second et de quelques-uns de ses partisans. Après de nombreux troubles civils, une force militaire composée de troupes américaines et d'autres îles alentours (Antigua-et-Barbuda, la Barbade, Dominique, Jamaïque, Sainte-Lucie et Saint-Vincent-et-les-Grenadines) arriva à Grenade le 25 octobre 1983 sous le nom d’« Operation Urgent Fury ».

Après cette opération, une personne, nommée par le gouverneur général, administra le pays jusqu’à la prochaine élection démocratique prévue pour décembre 1984. Le New National Party (NNP) dirigé par Herbert Blaize remporta 14 des 15 sièges au cours d’élections justes et libres. Il forma un gouvernement démocratique. La constitution de Grenade, qui avait été abolie par le gouvernement révolutionnaire du peuple, fut restaurée. Le NNP se maintint au pouvoir jusqu’en 1989 mais avec une majorité réduite. Cinq membres parlementaires du NNP, dont 2 ministres abandonnèrent le parti en 1986 et 1987 pour former le National Democratic Congress (NDC) donnant naissance à une réelle opposition. En août 1989, le Premier ministre rompit avec le NNP pour également former un nouveau parti. Il forma The National Party (TNP) attirant avec lui des membres du NNP. Cette scission dans le NNP provoqua la formation d’un gouvernement de minorité pendant une courte période, dans l’attente de la prochaine élection prévue pour mars 1990. De plus, en décembre 1989, le Premier ministre Herbert Blaize mourut. L’intérim fut assuré par Ben Jones.

Le NDC fut le parti qui sortit vainqueur de ces élections de 1990 en remportant 7 des 15 sièges. Nicholas Brathwaite fit alliance avec 2 élus du TNP et un autre du Grenade United Labor Party (GULP) formant une coalition majoritaire de 10 sièges. Le gouverneur général nomma Brathwaite, par conséquent, Premier ministre. Aux élections parlementaires du 20 juin 1995, le NNP gagna 8 sièges et forma un gouvernement dirigé par Keith Mitchell. Le NNP remporta les élections suivantes de janvier 1999.

Le 7 septembre 2004, l’île fut touchée par l’ouragan Ivan qui détruisit une grande quantité de constructions, dont la prison et la résidence du Premier ministre, mais également la quasi-totalité des cultures de noix de muscade. On dénombra 20 morts.