Vicomte de Thouars

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C'est à la fin du IXe siècle qu'apparaissent les premiers vicomtes de Thouars avant même ceux de Chatellerault, Lusignan, etc. Ils représentaient le comte du Poitou (aussi duc d'Aquitaine) dans le territoire que celui-ci a confié à leur garde.

Histoire[modifier | modifier le code]

La famille des vicomtes de Thouars est sans doute originaire des environs de Poitiers où ils possédaient des biens au Xe siècle. À cette époque, leurs dons aux abbayes sont destinés à Saint-Cyprien de Poitiers, Saint-Jouin de Marnes (15 km au sud de Thouars), Saint-Florent de Saumur et Saint-Martin de Tours.

Au XIe siècle, suite au mariage de Geoffroy II avec Agnès de Blois, s'y rajoutent les abbayes de Bourgueil et de Marmoutier.

La succession des vicomtes de Thouars est originale dans ce sens que le frère succédait à l'aîné puis la vicomté retournait ensuite au fils de l'aîné. À la mort du vicomte les enfants ne se partageaient que les meubles et une provision à hauteur des deux neuvièmes des immeubles de la succession. S'il y avait des filles, le fils aîné ne gardait que les trois-quarts des immeubles avec l'hôtel principal, le dernier quart étant réservé aux filles. Les membres de la famille de Thouars, mêmes s'ils n'étaient pas vicomtes titulaires, étaient appelés vicomtes et utilisaient ce titre dans leurs chartes.

Les premiers vicomtes de Thouars sont issus de grands officiers de l'époque carolingienne.

Dès le départ ce sont de grands propriétaires fonciers et leurs possessions s'étendent grâce à la rétribution qui leur est donnée pour leurs services par le comte de Poitou. Dans ce cas, ce sont souvent des biens ecclésiastiques (relevant de la cathédrale Saint-Pierre de Poitiers ou de l'abbaye Saint-Hilaire par exemple).

Ils ont des biens à Bressuire, Thénezay, La Roche-sur-Yon ainsi qu'à Poitiers. Cette richesse leur permet de concéder des bénéfices. Les principaux seigneurs du Thouarsais sont leurs vassaux ainsi que les sires d'Airvault, d'Argenton, de Bressuire et de Mauléon. Les vicomtes de Thouars sont également puissants dans les pays d'Herbauges et de Tiffauges.

À partir de la fin du Xe siècle, les pouvoirs locaux devenant de plus en plus forts, les vicomtes de Thouars prennent rapidement de la distance par rapport aux comtes de Poitou en jouant de leur proximité et de leur lien vassalique avec les Comtes d'Anjou en particulier. Ainsi en 1030, le vicomte Geoffroy II rentre en lutte contre son suzerain Guillaume le Gros, comte de Poitiers et duc d'Aquitaine. Aimery IV, le fils du vicomte Geoffroy, accompagne Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, lors de l'invasion de l'Angleterre. Il participe à la bataille d'Hastings le 14 octobre 1066.

Entre 1150 et 1230, les vicomtes de Thouars pouvaient se permettre d'avoir leur propre politique entre le roi de France et les Plantagenêts.

Deux siècles plus tard, Thouars se retrouve au cœur des luttes de la guerre de Cent Ans, la ville est prise par le Prince de Galles (surnommé le Prince Noir), puis par Bertrand Du Guesclin pour le compte du Roi de France.

En 1397, la dernière vicomtesse de la dynastie originelle décède et la vicomté de Thouars passe, par héritage, dans les mains de la famille d'Amboise et de là, entre celles de la maison de La Trémoille.

Cependant, les vicomtes de Thouars ne retrouveront jamais le pouvoir de leurs prédécesseurs.

Louis III de La Trémoille participa aux Guerres de Religion, pour le récompenser, le roi Charles IX de France avait, au mois de juillet 1563, érigé le vicomté de Thouars en duché.

Description héraldique[modifier | modifier le code]

d'or au franc quartier de gueules, semé de fleurs de lys d'azur
d'azur au franc quartier de gueules, semé de fleurs de lys d'or

Le blason de la famille de Thouars est issu des armes du vicomte de Thouars, Herbert II (d'or au franc quartier de gueules, semé de fleurs de lys d'azur).

Lorsque la ville de Thouars adopta le blason, les couleurs furent inversées (d'azur au franc quartier de gueules, semé de fleurs de lys d'or), on ne sait pas exactement pourquoi.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Hugues Imbert, Histoire de Thouars, Mémoire de la Société de Statistique des Deux-Sèvres, t. X, Niort, édition Clouzot, 1870. ISBN 2-84178-083-X.

H. Imbert, « Notice sur les vicomtes de Thouars » ; Mémoires de la Société des Antiquaires de l'Ouest, année 1864, p. 321-431.

Publié dans le bulletin de la Société Historique et Scientifique des Deux-Sèvres, troisième série, tome II, 1er semestre 1994, p. 11-20.

Articles connexes[modifier | modifier le code]