Bataille de Taillebourg

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Bataille de Taillebourg
La bataille de Taillebourg, par Eugène Delacroix en 1837
La bataille de Taillebourg, par Eugène Delacroix en 1837
Informations générales
Date 21 juillet 1242
Lieu Pont sur la Charente
Issue Victoire française décisive
Belligérants
Blason pays fr FranceAncien.svgRoyaume de France
Armoiries Alphonse Poitiers.svg Comté de Poitiers
England COA.svg Royaume d'Angleterre
Armoiries Lusignan.svg Maison de Lusignan
Commandants
Blason pays fr FranceAncien.svg Louis IX de France
Armoiries Alphonse Poitiers.svg Alphonse de Poitiers
England COA.svg Henri III d'Angleterre
Armoiries Lusignan.svg Hugues X de Lusignan
Forces en présence
4 000 chevaliers

Infanterie de 20 000 hommes
Total d'environ 24 000 hommes[1]

1 600 chevaliers

700 arbalétriers mercenaires
Infanterie de 20 000 hommes
Total d'environ 22 300 hommes[1]

Pertes
Faibles Importantes
Guerre de Saintonge

Il y eut deux batailles de Taillebourg, lieu de passage stratégique entre le nord de la France et le sud, par le pont construit sur la Charente.

Une révolte féodale[modifier | modifier le code]

Le départ de ce dernier épisode de la "première guerre de Cent Ans" entre le roi de France et le roi d'Angleterre se trouve dans la révolte d'un baron poitevin, Hugues X, seigneur de Lusignan.

Le comté avait une longue tradition d'autonomie au sein de l'Aquitaine, loin des capitales successives du royaume de France ou d'Angleterre, quand il avait été rattaché au domaine anglo-angevin, lors du mariage d'Aliénor d'Aquitaine avec Henri II Plantagenêt. C'est donc à la fois pour ménager la défiance des seigneurs poitevins à l'égard d'un suzerain récent (le Poitou fut rattaché à la Couronne en 1214 à la paix de Chinon), et pour constituer un domaine à son fils cadet, que Louis VIII le Lion avait donné le Poitou en apanage à Alphonse de Poitiers. Celui-ci n'avait que 6 ans à la mort de son père, en 1226, et fut donc comme son frère aîné Louis, placé sous la régence de sa mère Blanche de Castille.

Il n’est adoubé qu'à l'âge de 18 ans, par son frère, et ne prend possession de son fief qu'en 1240. Il reçoit à cette occasion l'hommage lige des seigneurs de la province, dont l'un des plus puissants d'entre eux, Hugues X de Lusignan. Celui-ci, outre son fief familial, possédait plusieurs places en Poitou, dont le château de Montreuil, et surtout le comté de la Marche.

Tout comme de nombreux seigneurs poitevins, Hugues de Lusignan n'accepte pas de perdre l'autonomie qu'il avait auparavant, et comme en 1173-1179, 1188 et 1194 contre le roi d'Angleterre, et en 1219-1224, la noblesse poitevine se ligue contre son suzerain trop puissant. Le point de départ de l'affrontement se situe à Noël 1241, lorsque, sans doute à l'instigation de son épouse Isabelle d'Angoulême mère d'Henri III d'Angleterre, Hugues X de Lusignan insulte le comte de Poitiers dans son palais.

La reprise en main capétienne[modifier | modifier le code]

Immédiatement, la famille capétienne réagit. Le 5 janvier 1242, Alphonse de Poitiers convoque la noblesse poitevine à Chinon pour la Pâques. Des seigneurs fidèles, d'autres moins fidèles mais ennemis des Lusignan, répondent à l'appel : ainsi Geoffroi IV de Rancon, seigneur de Gençay. Bien que sa mère Blanche ait déjà fait face avec succès à des révoltes féodales et gère encore les affaires du royaume depuis 1226 avec le titre de baillistre, Louis IX décide de porter secours à son frère et dirige la campagne. Il arrive à Chinon le 28 avril, à Poitiers le 4 mai, avec une armée de 30 000 hommes, chevaliers et fantassins, et des engins de siège. Le 9 mai ils réussissent à s'emparer du château de Montreuil-Bonin, la place forte des Lusignan. Après avoir pris la tour de Béruges, Moncontour, Vouvant et Fontenay-le-Comte ils se dirigent vers Saintes. Le roi d'Angleterre, Henri III, a en effet débarqué à Royan à la mi-mai, avant de rejoindre à Pons son parent Hugues de Lusignan et Raymond VII de Toulouse qui cherche à compenser le traité de 1229 qui lui a ôté la plus grande part de ses terres. Il est également accompagné de son frère Richard, prince de Cornouailles et comte de Poitiers en titre depuis 1225.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Le roi de France est hébergé au château de Taillebourg, qui surplombe le premier pont sur la Charente depuis son embouchure et passage stratégique entre Saint-Jean-d'Angély et le Poitou au nord, et Saintes (qui appartenait alors aux Lusignan) et l'Aquitaine au Sud.

Le 19 juillet, les deux armées se font face de chaque côté du pont, sans qu'un véritable combat ait lieu. La bataille a lieu le 21 juillet, et se résume en une charge massive des chevaliers français, qui déboulent du château et bousculent leurs adversaires, contraints à fuir.

Après cet engagement qui leur permet de contrôler un pont stratégique, les Franco-Poitevins exploitent leur avantage. Le 23 juillet, a lieu la bataille qui est réellement décisive sous les murs de Saintes (voir bataille de Saintes). Les Anglo-Poitevins sont à nouveau battus, de façon définitive.

Bilan[modifier | modifier le code]

Le roi d'Angleterre signe une trêve de cinq ans à Pons le 1er août 1242. Une paix plus durable est conclue à Paris le 4 décembre 1259 (traité de Paris).

Le roi de France restitue à son vassal infidèle les terres dont il n'est pas sûr que la conquête ait été parfaitement légitime : Quercy, Limousin et Saintonge, pensant que ce noble geste lui assurerait à la fois la paix avec l'Angleterre, dont il estime le roi, et garde la possession du Poitou, du Maine, de l’Anjou et de la Normandie.

Le règlement de la révolte féodale est moins avantageux et plus rapide pour Hugues X de Lusignan : un tiers de ses châteaux poitevins est confisqué, réarmé et vendu par Alphonse de Poitiers ; il perd aussi la pension qu’il percevait du trésor royal. Sa petite fille Isabelle de Lusignan, à peine pubère, épouse en 1250 Le fils de son ennemi Geoffroi de Rancon, seigneur de Gençay, qui fait reconstruire son château avec la dot.

Quant à Raymond VII, la paix de Lorris, signée en janvier 1243, renouvelle les conditions qui lui avaient été faites auparavant.

Œuvres d'art[modifier | modifier le code]

Détail de la toile de Delacroix en 1837

Eugène Delacroix a représenté la bataille dans son tableau La Bataille de Taillebourg gagnée par saint Louis, présenté au Salon de 1837. Il est conservé dans la galerie des batailles de Versailles qui avait pour objectif de montrer la grandeur de la France par ces victoires militaires et de montrer les rois comme des défenseurs de l’unité nationale et de la chrétienté contre les étrangers.

On voit bien sur le tableau, le rôle central de Saint-Louis pendant la bataille. Ce rôle est accentué par le fait qu’il soit peint en bleu et surtout que son cheval soit peint en blanc ce qui le fait ressortir puisque le reste du tableau est plutôt sombre. De plus, l’importance du roi durant la bataille est renforcée par le panneau explicatif du tableau sur lequel on pouvait lire qu’il s’agit « d’une victoire grâce au roi pour l’unité nationale ».

L’objectif de cette toile est de montrer la puissance de la France et de son armée.[réf. nécessaire]

On voit aussi que la victoire n’est pas encore acquise pour les Français, ce qui renforce le réalisme de la toile tout comme l’exactitude des habits et des armes, qui ont été étudiées par Delacroix.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Ian Heath, Armies of Feudal Europe 1066-1300, Wargames Research Group, septembre 1989, 159 pages, (ISBN 978-0904417425).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Chapelot, « La bataille de Taillebourg a-t-elle eu lieu ? », in L'Histoire, no 350, février 2010, p. 68-73.

Liens externes[modifier | modifier le code]