Bataille de Poitiers (732)

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Bataille de Poitiers
Bataille de Poitiers, tableau de Charles de Steuben (1837).
Informations générales
Date 732 ou 733
Lieu Entre Poitiers et Tours
Issue Victoire franque et aquitaine décisive
Belligérants
Royaumes francs
Aquitaine
Umayyad Flag.svg Califat omeyyade
Commandants
Charles Martel
Eudes
Umayyad Flag.svg Abd al-Rahmân
Forces en présence
15 000 - 20 000[1] 20 000 - 25 000[2]
Pertes
1 100 [3][réf. insuffisante] 12 000 [3][réf. insuffisante]
Campagnes omeyyades en Europe de l'Ouest
Batailles
GuadaleteToulouseCovadongaBordeauxPoitiersAvignonNarbonneBerre
Coordonnées 47° 23′ 37″ N 0° 41′ 21″ E / 47.39361111, 0.68916667 ()47° 23′ 37″ Nord 0° 41′ 21″ Est / 47.39361111, 0.68916667 ()  

La bataille de Poitiers ou bataille de Tours[4] oppose, en 732 ou 733[5], une coalition composée principalement de combattants des Royaumes francs et du Duché d'Aquitaine au gouvernorat omeyyade (combattants majoritairement Amazighs - Berbères). Les Francs et les Aquitains, menés respectivement par le maire du palais Charles Martel et le duc d'Aquitaine Eudes, y obtiennent une victoire décisive face aux Omeyyades, menés par le gouverneur d'Al-Andalus Abd al-Rahmân, qui meurt lors du combat. Les détails de la bataille, notamment sa localisation et sa date exactes, ainsi que le nombre de combattants, ne peuvent être déterminés avec certitude.

Cette victoire importante des chrétiens sur les musulmans a un retentissement immédiat des deux côtés, la technique de combat de Charles, élevé au rang de champion de la chrétienté, lui valant son surnom de Martel (Marteau) de la part des chroniqueurs du IXe siècle, qui voient en cette victoire un jugement de Dieu en sa faveur. La bataille devient à partir du XVIe siècle un symbole de la lutte de l'Europe chrétienne face aux musulmans, événement qui marque un tournant dans l'Histoire avec le début du recul de l'islam face au christianisme en Europe. Les historiens contemporains sont divisés quant à l'importance réelle de la bataille de Poitiers et son rôle dans le maintien du christianisme en Europe. Les avis sont moins divergents en ce qui concerne le poids qu'a la bataille dans l'établissement de la domination franque en Europe de l'Ouest pendant le siècle suivant, et l'émergence de l'Empire carolingien.

Historiographie[modifier | modifier le code]

Du côté des auteurs latins des VIIIe et IXe siècles, les sources sont assez nombreuses, proches de l’événement, et exceptionnellement détaillées pour l’époque. Cela témoigne que dès le VIIIe siècle la bataille est considérée comme importante[6]. On peut citer Bède le Vénérable en 735, la Chronique de Moissac ainsi que les Annales de Metz qui mentionnent l'événement, en des termes brefs et similaires, rappelant que « Charles combattit les Sarrasins un samedi du mois d'octobre ». Le seul récit détaillé se lit dans les chroniques mozarabes, au milieu du VIIIe siècle, dans lequel l’auteur, anonyme chrétien de Cordoue, raconte la bataille et donne pour cause de la défaite omeyyade des dissensions internes. Le récit de la bataille de Poitiers se situe entre celui de la bataille de Toulouse (721) et celui de la bataille de la Berre (737)[7].

Quelques chroniques arabes mentionnent l’événement, la principale étant celle de ʿAbd Al-Ḥakam (861). Les batailles de Toulouse, de Poitiers et de la Berre apparaissent comme des défaites chez les chroniqueurs d'Al-ʾAndalus. Les allusions arabes à la bataille de Poitiers sont très sèches et précisent simplement que ʿAbd Ar-Raḥmān et ses compagnons « ont connu le martyre ».

Contexte[modifier | modifier le code]

Conquêtes omeyyades précédentes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Présence sarrasine en Francie.

Au début du VIIIe siècle, le califat omeyyade, grâce à une armée composée majoritairement de Berbères islamisés[8], conquiert la péninsule Ibérique puis la Septimanie, partie du Royaume wisigoth qui avait échappé aux conquêtes des fils de Clovis Ier, y compris Narbonne.

Les gouverneurs à la tête de la Septimanie lancent alors des expéditions ponctuelles (ġazawāt) en Aquitaine pour s'emparer de butin. Eudes, duc d'Aquitaine, se retrouve en première ligne. En 721, il parvient à briser le siège de Toulouse. Quelques années plus tard, il s'allie au gouverneur omeyyade Munuza, subordonné du gouverneur d'Al-ʾAndalus Ambiza. Munuza tente de se constituer une principauté indépendante en Cerdagne[9]. Nommé en 730, le nouveau gouverneur d'Al-ʾAndalus, ʿAbd Ar-Raḥmān ibn ʿAbd Allāh Al-Ġāfiqiyy, dirige alors une expédition punitive contre Munuza, qui est battu et tué.

Situation des Francs[modifier | modifier le code]

Au nord de la Loire, le maire du palais Charles Martel bat Rainfroi, allié d'Eudes, et rassemble sous son autorité le Royaume franc, qui devient la principale puissance chrétienne d'Europe de l'Ouest. Il lance également une expédition pour soumettre l’Aquitaine l’année précédant la bataille de Poitiers : Eudes se retrouve pris entre deux feux.

Campagne précédant la bataille[modifier | modifier le code]

Environ une décennie après la défaite des Omeyyades à Toulouse en 721, ʿAbd Ar-Raḥmān lance une nouvelle expédition au-delà des Pyrénées, principalement constituée de Berbères et de contingents recrutés dans la péninsule Ibérique[10]. Parmi les participants à l'expédition omeyyade, les chroniques mozarabes font la distinction entre « Sarrasins », Arabes venus d’Arabie et de Syrie notamment, plus anciennement islamisés, et « Maures », Berbères venus d'Afrique du Nord (antique Maurétanie). Le nombre élevé de Berbères parmi les conquérants musulmans explique que ces derniers soient aussi globalement désignés sous le terme de Maures. L'incursion de ʿAbd Ar-Raḥmān n'a pas pour but principal la conquête mais le pillage[11]. Les Omeyyades envahissent l’Aquitaine, razzient le pays et prennent les faubourgs de la ville de Bordeaux. Eudes réunit une armée pour les contrer, mais il est battu entre la Garonne et la Dordogne et prend la fuite. Il appelle alors les Francs à l'aide, ce à quoi Charles Martel ne répond qu'après qu'Eudes lui promet de se soumettre à l'autorité franque.

ʿAbd Ar-Raḥmān continue son avancée, marche sur Poitiers, pille et peut-être incendie l’église Saint-Hilaire le Grand[12],[13]. Attiré par les richesses de l'abbaye de Saint Martin[14] il se dirige ensuite vers Tours et se fixe probablement comme unique objectif la mise à sac du sanctuaire national des Francs, la riche basilique Saint-Martin de Tours[11],[15]. Cependant, Charles Martel, répondant à l'appel d'Eudes, marche aussi vers cette ville après avoir réuni une armée constituée principalement de fantassins francs. Pour les historiens chrétiens, c’est pour défendre le sanctuaire de Tours que Charles Martel entre en guerre, c’est pourquoi, à partir du XVIe siècle, cette bataille est aussi appelée bataille de Tours[16]. Il décide d'attendre que les Omeyyades soient lourdement chargés de butin pour les attaquer. En fait, Charles Martel est très intéressé par le contrôle du riche sud-ouest et de la vallée de la Loire. Il est déjà venu l'année précédente en 731 et ravi de revenir avec une armée importante[14]

Bataille[modifier | modifier le code]

Lieu[modifier | modifier le code]

Les sources concordent pour placer la rencontre sur le territoire de l’antique civitas de Poitiers, donc dans le nord du Poitou. L'appellation arabe de la bataille, d’après une source du XIe siècle est balât al-shuhadâ[17] traduite au XIXe siècle par Pavé ou Chaussée des martyrs. Elle permet alors de préciser la localisation et de la situer sur l’ancienne voie romaine entre Poitiers et Tours, et donc sur la rive droite du Clain[18]. Les historiens sont d’accord pour ne pas la situer à proximité immédiate de Poitiers, car la forêt de Moulière aurait gêné les cavaliers omeyyades[19]. Une partie des historiens place l’emplacement de la bataille à proximité du hameau de Moussais (renommé Moussais-la-Bataille), sur l'actuelle commune de Vouneuil-sur-Vienne, entre Châtellerault et Poitiers. D’autres historiens préfèrent placer la bataille à Cenon-sur-Vienne, située au confluent de la Vienne et du Clain. D'autres encore, comme André-Roger Voisin, préfèrent la situer près de Ballan-Miré, à une dizaine de kilomètres au sud-ouest de Tours, sur le lieu-dit des landes de Charlemagne en raison des armes qui y avaient été retrouvées. L'historienne Françoise Micheau précise que la traduction de balat serait plutôt "palais" ou "édifice somptueux"[17] pouvant alors placer la bataille près de la riche abbaye de Saint-Martin de Tours[17].

Quoi qu'il en soit, la bataille semble suivre l'axe Poitiers-Tours, comme le confirment des fouilles, notamment à Preuilly-sur-Claise où des tombes mérovingiennes avaient été retrouvées au pied de l'ancienne abbatiale. Pas moins de trente-huit sites revendiquent être le lieu exact de la bataille[20].

Date[modifier | modifier le code]

Si les nombreux détails donnés par les chroniqueurs permettent d'avancer certaines précisions sur la datation de l'affrontement, celle-ci reste débattue, les propositions oscillant entre 732 et 733, généralement située au mois d'octobre de ces deux années.

Selon les chroniqueurs européens, l'affrontement a lieu un samedi du mois d’octobre. Selon les chroniqueurs arabes, il a lieu le premier samedi du mois de ramadan 114 de l’Hégire, soit après le 23 octobre 732. Le premier samedi est le 25, ce qui place alors la bataille au 25 octobre 732[21],[22]. Les historiens préférant placer la bataille de Poitiers l’année suivant celle de Bordeaux estiment que l’étendue du territoire à conquérir depuis les Pyrénées est trop vaste ; cependant, actuellement, on considère qu’il s’agit d’expéditions de razzia, et couvrir la distance entre les Pyrénées et la Vienne en moins de quatre mois semble raisonnable[23].

Léon Levillain et Charles Samaran datent eux la bataille du 11 octobre 732[24]. Ivan Gobry affirme pour sa part que la bataille a lieu le 17 octobre 733. Selon lui, seule la Chronique de Moissac, rédigée un siècle après l’événement, donne 732. Le continuateur de Frédégaire, contemporain de la bataille, et le chroniqueur castillan Rodrigo Jiménez de Rada, archevêque de Tolède du XIIIe siècle, avancent également la date de 733. Cette date est confirmée par les auteurs arabes de l'époque qui fixent l'événement à l'année 115 de l’Hégire[25]. L'abbé Joseph-Épiphane Darras (1825-1878) rapporte qu'il est écrit dans un manuscrit des Annales de Hildesheim que la bataille a lieu un samedi, donnant pour quantième un jour d'octobre dont la première lettre est effacée, mais dont la suite est VII[26]. Il se trouve qu'aucun samedi d'octobre de l'année 732 n'est le 17 ou le 27, mais le 17 octobre 733 est bien un samedi[27].

Au début du XXIe siècle, si l'historien Peter Brown situe la bataille en 733[28], pour des médiévistes comme Paul Fourcare[29] ou Carole Hillenbrand[30] la question reste ouverte et les deux années sont envisageables.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Pendant une semaine, des escarmouches ont lieu, aux confins du Poitou et de la Touraine[31]. Après ces escarmouches, l’affrontement décisif a lieu, sur deux jours. Abd el Rahman lance sa cavalerie sur les Francs. Ceux-ci, formés en palissade « comme un mur immobile, l'épée au poing et tel un rempart de glace », les lances pointées en avant des boucliers, attendent le choc[32]. Il semble que l'image ait quelque chose de juste dans la mesure où c'est bien la solidité des lignes franques qui impressionna les troupes arabo-berbères. La mêlée s'engage et les Francs parviennent à faire refluer leurs opposants. Mais ceux-ci n'ont pas l'occasion d'attaquer une seconde fois car de son côté Eudes prend l'ennemi à revers et se jette sur le camp musulman. Croyant leur butin et leurs familles[33] menacés, les combattants Maures regagnent leur campement. Ils subissent de lourdes pertes et Abd el Rahman est tué.

Le lendemain, au point du jour, Charles donne l'ordre d'attaquer, mais le camp est vide, les musulmans se sont enfuis dans la nuit[31]. Selon une légende locale à la région du Haut Quercy, Abd el Rahman n'aurait pas été tué à la bataille de Poitiers mais aurait simplement reflué vers ses bases arrières de Narbonne. Poursuivi par les troupes franques de Charles Martel, il aurait été tué et son armée exterminée lors d'une bataille livrée à Loupchat au pied de la falaise du Sangou, dans le Lot, en 733. L'Hôtel de ville de la commune de Martel aurait été construit, selon aussi une légende locale, sur le lieu même de la bataille[34]. Charles fut alors acclamé sous le nom de Martel : « marteau des infidèles »[27].

Explications de la défaite arabe[modifier | modifier le code]

Selon l'historien André Clot[35], un des facteurs de la défaite réside dans l'éloignement des musulmans de leurs bases. Autre facteur : l'armée musulmane était composée en majorité de Berbères d'Afrique du Nord venus avec leur famille ce qui gênait les manœuvres de l'armée et retardait ses mouvements, les hommes protégeant leurs femmes et leurs enfants. Enfin, toujours selon André Clot, le duc d'Aquitaine aurait attaqué lors du combat final le camp où étaient rassemblées les familles, entraînant la débandade des musulmans.

Une hypothèse[36] a été quelque temps que l'étrier utilisé par la cavalerie franque lui a permis d'asséner des coups si puissants (« martels ») que l'envahisseur, n'en étant pas équipé, ne pouvait y résister[37]. Cependant, il est généralement admis que l'immense majorité de l'armée franque était composée de fantassins et que c'est leur discipline et la supériorité de leur armure qui ont fait la différence[37].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Cette défaite marque le terme de l’expansion musulmane médiévale en Occident et favorise les ambitions de Charles désormais surnommé Martel. En répondant à l’appel à l’aide du duc Eudes d'Aquitaine, il a profité de l’avancée des troupes musulmanes pour intervenir dans une région qui refusait de se soumettre à son autorité. Fort de sa victoire, Charles s’empare de Bordeaux et met un pied en Aquitaine, sans la soumettre immédiatement : à la mort d’Eudes, ce sont ses fils qui lui succèdent. Son appui reste cependant indispensable à la lutte contre les Sarrasins : il intervient dans la vallée du Rhône et en Provence les années suivantes, où il soumet le patrice Mauronte (737), allié des Sarrasins. Au sud de Narbonne, il bat à nouveau ceux-ci sur les bords de la Berre, en 737[38]. Ainsi, la victoire de Poitiers entraîne non pas le départ définitif des musulmans (échec du siège de Narbonne, la ville restera dirigée par un gouverneur omeyyade jusqu’en 759), mais l’intervention systématique des Francs, seuls capables de s’opposer à eux. Michel Rouche considère en définitive Eudes d'Aquitaine comme le véritable vaincu de Poitiers. Le prestige apporté par cette victoire aux Pépinides a pu justifier, quelques années plus tard, l’éviction politique des Mérovingiens[38].

Selon l'historien allemand Karl Ferdinand Werner, la Provence a été bouleversée par les exactions de Charles Martel. Karl Werner envisage que le surnom « Martel-Marteau » puisse venir de la brutalité impitoyable de la répression de Charles, qui agit comme un marteau qui écrase tout, plutôt que de sa technique de combat contre les musulmans[39].

À la suite de la bataille, les troupes musulmanes ne sont pas chassées de Gaule : allié aux lombards, Charles Martel doit encore faire campagne contre elles en Provence et Septimanie entre 737 et 739[40] mais il ne parvient pas à reprendre Narbonne, définitivement conquise en 759 par son fils Pépin le Bref. Si l’expansion musulmane est stoppée, notamment dans le sud-ouest, les raids musulmans se poursuivent sur plusieurs décennies. Charlemagne bat vers 800, à la bataille du bois des Héros (en Saintonge), une troupe musulmane qui razziait le pays. Des forteresses provençales servent de base à des incursions dans le pays jusqu’à la fin du Xe siècle (voir bataille de Tourtour).

L’importance réelle de la victoire[modifier | modifier le code]

Le débat historique sur l’importance réelle de la bataille est apparu à la fin du XIXe siècle, au moment où elle connaissait une grande popularité. Les historiens qui tendent à augmenter son importance ont mis en avant une série d’arguments.

Une bataille imaginaire ? Imaginaire d'une bataille[modifier | modifier le code]

Le consensus historique concernant l'affrontement dénommé « Bataille de Poitiers » n'est pas aisé à atteindre dès que l'on élargit le débat à l'ensemble du pourtour méditerranéen[41].

Peu de sources par rapport aux batailles antiques ou à celle du Haut Moyen Âge (les croisades) sont disponibles sur le sujet. En France, la « Bataille de Poitiers » possède, au même titre que la « Bataille de Roncevaux », une part mythique. Pour l'historien belge Henri Pirenne, l'affrontement se résume à une contre-razzia « on n'évita probablement rien de plus qu'un pillage en règle[42] ».

Les auteurs arabes faisant allusion à cet épisode sont peu nombreux. L'historien égyptien Ibn 'Abd al-Hakam rapporte (en 861) que l'émir Abd al-Rahmân mena une expédition en l'année 115 de l'hégire (de février 733 à février 734) contre le pays des Francs au cours de laquelle il périt avec tous les siens. Les plus anciennes chroniques andalouses mentionnant cette expédition la situent en un lieu nommé Balât al-shuhadâ (« l'allée des martyrs ») et en l'an 114 de l'hégire (mars 732 à février 733). Les historiens postérieurs tels Ibn al-Athîr (XIIIe siècle) ou Ibn Idhari (XIVe siècle), reprennent ces mêmes informations.

Les sources latines du VIIIe et IXe siècles sont certes plus nombreuses mais tout aussi imprécises. La plupart des chroniques signalent l'événement en 732, mais en des termes brefs et similaires, se limitant à rappeler que « Charles combattit les Sarrasins un samedi du mois d'octobre ». Seules les Annales de Lorsch placent la rencontre quelques années plus tôt, en 726. Certaines sources carolingiennes ont accusé le duc Eudes d'Aquitaine de s'être allié avec « la perfide nation des Sarrasins » mais cette accusation est remise en cause par plusieurs historiens, qui indiquent que les sources méridionales, comme la Chronique de Moissac, présentent une vision contraire.

Le seul récit détaillé se lit dans la Chronique mozarabe, un long poème en prose rimée dans lequel l'auteur, un chrétien vivant au milieu du VIIIe siècle à Tolède ou à Cordoue selon les sources, voit dans cette victoire des Francs l'espoir d'une possible résistance des chrétiens face à la domination de l'islam.

C'est le regroupement de ces diverses informations mais aussi très certainement d'ajouts postérieurs, qui a permis d'écrire le récit de cette fameuse bataille.

L'arrêt d'une invasion ?[modifier | modifier le code]

Selon Françoise Micheau, spécialiste de l'histoire du Proche-Orient arabe, il faut se rappeler que l'expédition d’Abd el Rahman avait pour but essentiel le butin, non la conquête. « Il s'agissait pour les Arabes de Cordoue d'une expédition (en arabe ghazwa) visant à piller les richesses de la Gaule, mais non d'une “invasion” »[43].

L'historien Jean Deviosse et Élisabeth Carpentier, professeur honoraire d’histoire du Moyen Âge à l’Université de Poitiers, nuancent cet argument : les razzias représentaient aussi un moyen de connaître le terrain, et plusieurs années de razzias réussies aboutissaient après quelque temps à une conquête définitive[44],[45] : ce fut le cas de la conquête espagnole (711-720), mais aussi de la Perse auparavant. En 721, lors du siège de Toulouse, les envahisseurs sont toutefois équipés de catapultes, signe qu'ils entendent conquérir la ville[46].

Deviosse fait remarquer aussi l'organisation tactique de l'expédition de 732. Il s’agit d’une opération combinée entre marine et cavalerie arabes. Une flotte débarque une armée arabe en Camargue, qui remonte la vallée du Rhône jusqu’à Sens, assiégée et conquise[47], pendant que d’un autre côté, Abd el Rahman passe les Pyrénées du côté le plus éloigné. Il compte ainsi obliger ses adversaires à se diviser et parcourir de longues distances pour l’arrêter. Abd el Rahman demande également à ses hommes d’abandonner une partie du butin pour être plus efficaces lors de la bataille (demande rejetée par les troupes). Il a surtout accepté la bataille, qu'il aurait pu refuser s’il ne venait que pour le butin, déjà considérable.

Une victoire parmi d'autres[modifier | modifier le code]

Les chroniques arabes espagnoles mentionnent deux autres défaites des musulmans en Gaule :

  • en 721, le gouverneur arabe al-Samh meurt sous les murs de Toulouse face à Eudes, prince d'Aquitaine,
  • en 737, les Francs écrasent une armée arabe venue secourir Narbonne assiégée.

En fait, la bataille de Poitiers semble s'inscrire dans un contexte général d'essoufflement de la conquête arabe, après un siècle de victoires. En effet, si les Arabes parviennent à conquérir les grandes îles de Méditerranée occidentale en 720-724, ils échouent dans leur troisième siège de Constantinople en 718. L'échec de la prise de Constantinople préserve l'existence de l'Empire byzantin, qui agit comme rempart contre l'expansion musulmane en Europe jusqu'au XVe siècle, quand l'Empire ottoman finit par prendre Constantinople. Le succès dans la défense de Constantinople a été associé par de nombreux chroniqueurs à celui de la bataille de Poitiers. L'historien Paul K. Davis écrit qu'« en repoussant l'invasion musulmane, l'Europe reste aux mains des chrétiens et plus aucune menace musulmane sérieuse n'intervient jusqu'au XVe siècle. Cette victoire [de Constantinople] coïncide avec la victoire franque à Poitiers, limitant l'expansion occidentale de l'islam au sud de la Méditerranée »[48]

La taille même de l’Empire pose des difficultés pour le gouverner : des révoltes kharidjistes éclatent en Mésopotamie et en Syrie (724-743), qui provoquent l’abandon de Damas par le calife pour Resafa, ou encore en 740 pour le Maroc. Les Omeyyades sont renversés en 750 par les Abbassides. Cordoue devient le centre d'un émirat autonome dont le pouvoir se limite à la péninsule ibérique. « Ces crises du milieu du VIIIe siècle scellent la fin des conquêtes arabes en Gaule, comme dans l'Empire byzantin et en Asie centrale »[49].

Deviosse réplique toutefois que la victoire a dû être importante pour deux raisons :

  • la victoire est telle que les envahisseurs abandonnent leur butin ;
  • aucune autre expédition musulmane d’envergure n’a pu atteindre le cœur de la Gaule par la suite.

Enfin, et peut-être surtout, pour Élisabeth Carpentier, la victoire est importante pour les Francs du Nord de la Gaule. Vue d’Occident, la progression de la conquête musulmane paraissait inexorable ; or le premier combat des Francs contre les Arabes est une victoire (Eudes commande les Aquitains), suivie d’autres victoires, et empêche toute nouvelle attaque par la suite. Cette victoire n'est donc pas le mythe qu’on en a fait, et si Charles Martel ne sauve pas « la France » — qui n’existe pas encore — il change le destin de la Gaule, et donc prépare la France qui lui succède. Cette bataille n’est pas un mythe, mais un symbole historique[50].

Le symbole historique[modifier | modifier le code]

La bataille a tout de suite un retentissement très important grâce notamment aux récits des trouvères et troubadours[51]. Elle justifie l’élimination des Mérovingiens et légitime donc la famille de Charles Martel, les Carolingiens. Bède le Vénérable, moine d'Angleterre, la mentionne comme un châtiment de Dieu[52], ce qui est un autre aspect de son aura : pour l’Église cette guerre est légitime, c’est aussi une guerre pour la défense de la chrétienté, et elle éclipse la bataille de Toulouse, qui à l’époque avait eu un écho important, affaiblie par la défaite d’Eudes devant Bordeaux en 732 et son ambiguïté (allié aux musulmans)[53]. De l’autre côté, la bataille revêt également une grande importance : l’Anonyme de Cordoue (un chrétien sujet des Ommeyades), qui écrit vers 750, la présente ainsi comme un affrontement entre Nord et Sud, entre Orient et Occident. Pourtant, au lendemain d'une bataille indécise Charles Martel apprit que l'ennemi s'était retiré au cours de la nuit sans que l'on sache pourquoi. Aussi, l'Église fut loin d'avoir considéré le vainqueur de Poitiers comme le sauveur du christianisme puisqu'elle l'inculpa de sacrilège pour s'être approprié des terres appartenant à l'Église et aux monastères. Mais le mythe d'un Charles Martel sauveur ne pouvait être arrêté.

Si la bataille reste célèbre tout au long du Moyen Âge, elle n’acquiert cependant pas immédiatement le statut de symbole. L’Espagne musulmane n’est pas une menace pour les Francs des IXe et XIe siècles. De plus, la figure de Charles Martel s’efface derrière celle de Charlemagne, qui a lui-même combattu les Maures. Enfin, l’Église, principale productrice de livres, ne cherche pas à mettre en avant un bâtard qui a mis la main sur de nombreux biens d’Église[54].

Charles Martel et Poitiers connaissent un regain de popularité avec les croisades, les thèmes de la défense de la chrétienté, de la défense de la foi, de victoire sur l’infidèle ayant alors évidemment plus d’écho, sont mythifiés par les chroniqueurs du XIVe siècle après la défaite de Jean II à la bataille de Poitiers en 1356[51], et au XVIe siècle, au moment où l’Empire ottoman menace l’Europe[55]!. On peut aussi évoquer l’épée de Charles Martel, miraculeusement retrouvée par Jeanne d’Arc à Sainte-Catherine-de-Fierbois. Même Voltaire, qui moque les exagérations autour du récit de la bataille, conclut dans son Essai sur les mœurs :

« Sans Charles Martel (...), la France était une province mahométane. »

Au XIXe siècle, le patriotisme français voit en la bataille de Poitiers un événement fondateur de la nation, et les anticléricaux préfèrent Charles Martel à Clovis, davantage associé à l’Église. La conquête des colonies en terres musulmanes popularise également la victoire contre des musulmans. À la fin du XIXe siècle, la bataille de Poitiers est également célébrée comme la capacité de la France à bouter du pays tout envahisseur hors de ses frontières, à l'heure où l'occupation de l'Alsace-Lorraine suscitait une vive rancœur, l'ennemi n'était plus arabe mais allemand. Outre-Rhin et en Angleterre, à l’heure des théories raciales, cette victoire d’Européens sur des Africains est aussi revendiquée par les Anglais et les Allemands, ces derniers rappelant que les Francs étaient un peuple germanique[56]. À partir de ce siècle, l'année 732 est présentée comme moment de la construction nationale et l'école de la IIIe République exalte l'épisode tout en évacuant l'aspect chrétien et européen des discours antérieurs.

Au XXe siècle, des points de vue opposés se font jour[réf. nécessaire]. Dans un roman d'Anatole France, auteur anti-clérical, Monsieur Dubois, un personnage qui aime à scandaliser [57], dit à Madame Nozière que « le jour le plus funeste de l'histoire » est « le jour de la bataille de Poitiers, quand, en 732, la science, l'art et la civilisation arabes reculèrent devant la barbarie franque » [58]. Mais rien dans le texte ne laisse penser que cela soit la position d'Anatole France. En 1942, Adolf Hitler déclare : « Si à Poitiers Charles Martel avait été battu, le monde aurait changé de face. Puisque le monde était déjà condamné à l'influence judaïque, il aurait mieux valu que l'islam triomphe. Cette religion récompense l'héroïsme, promet au guerrier les joies du septième ciel… Animé d'un esprit semblable, les Germains auraient conquis le monde. Ils en ont été empêchés par le christianisme. »[59] Hitler considérait les musulmans comme des alliés dans sa lutte contre le judaïsme mondial.

L’image de l’arrêt d’une invasion à Poitiers reste populaire en France : pendant la Seconde Guerre mondiale, les résistants qui créent la brigade Charles Martel en Indre et Indre-et-Loire (brigade devenue ensuite la 25e DI des FFI). Poitiers est choisi comme lieu de douane pour les magnétoscopes japonais[60],[61]. Durant la guerre d’Algérie, les commandos de l’Organisation armée secrète (OAS) prirent également le nom de Charles Martel. De nos jours, l’importance de ce symbole reste fort, car la confrontation entre l’Occident et l’islam perdure[62] (voir par exemple le titre de l’affiche « Martel 732, Le Pen 2002 » choisi par le Front national lors de l'élection présidentielle française de 2002[63]).

L’importance de la bataille est, encore de nos jours, telle dans l’imaginaire des peuples européens et arabes, qu’un essayiste va jusqu’à nier son existence[64], attribuant son invention à des chroniqueurs français de la fin du Moyen Âge voulant masquer la défaite de Nouaillé (1356). Le recul des Sarrasins est cependant réel.

Selon les historiens médiévistes, Françoise Micheau et Philippe Sénac : « Bien des voix se sont élevées pour tenter de ramener la bataille à sa juste place. En vain, car, érigé en symbole, l'événement est passé à la postérité et avec lui son héros Charles Martel. Il appartient à ce fonds idéologique commun qui fonde la nation française, la civilisation chrétienne, l'identité européenne sur la mise en scène du choc des civilisations et l'exclusion de l'Autre. »[65] L'historienne Suzanne Citron souligne le rôle de la bataille dans l'« inconscient des pulsions racistes anti-arabes et dans l'illusion d'une supériorité de la civilisation catholique et blanche. »[66]

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Le rappeur Salif fait référence à cette bataille dans une de ses chansons.

Le groupe Zebda évoque également cet épisode de manière ironique dans le titre "France 2" (Album Le bruit et l'odeur, 1995) : " Mais qui dit Français, dit pas qu'à Poitiers on ait tout paumé".

Le rappeur Tunisiano du groupe Sniper fait aussi référence à cette bataille dans le titre Paname All Star (album Gravé dans la Roche, 2003) dans : « Aujourd'hui les bicots (Arabes) ont dépassé Poitiers ».

Le tableau Bataille de Poitiers (1837) peint par Charles de Steuben a été utilisé comme pochette de l'album Charles Martel par le groupe de rock anticommuniste, Brutal Combat, qui a aussi composé un morceau nommé Charles Martel.

Un groupe nommé Génération identitaire occupa également symboliquement la mosquée de Poitiers en cours de construction, un samedi d'octobre 2012[67].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Estimations de Terry L. Gore dans Neglected Heroes: Leadership and War in the Early Medieval Period. D'autres estimations plus élevées existent, allant de 30 000 à 80 000 hommes.
  2. Même source. D'autres estimations avancent 50 000 ou 80 000 hommes.
  3. a et b Hanson, 2001, p. 141
  4. en arabe : معركة بلاط الشهداء (maʿrakat Balāṭ aš-šuhadāʾ), « bataille du Pavé des Martyrs », source : Dalil Boubakeur, Les Défis de l'islam, Flammarion,‎ 15 février 2002 (ISBN 208067997X, lire en ligne), p. 88.
  5. (en) Paul Fouracre, « Writing about Charles Martel », dans Pauline Stafford, Janet L. Nelson et Jane Martindale (éds.), Law, Laity and Solidarities, Manchester University Press,‎ 2001, p. 13
  6. Élisabeth Carpentier, Les Batailles de Poitiers : Charles Martel et les Arabes en 30 questions, Geste Éditions, coll. « En 30 questions »,‎ 1er avril 2000 (ISBN 2845610076), p. 17.
  7. Mohammed Arkoun (dir.), Françoise Micheau et Philippe Sénac (préf. Jacques Le Goff), Histoire de l'islam et des musulmans en France : du Moyen Âge à nos jours, Albin Michel,‎ 27 septembre 2006 (ISBN 2226175032), p. 15.
  8. Pierre Guichard, Al-Andalus : 711-1492, Hachette Littératures,‎ 11 octobre 2000 (ISBN 2012353789), p. 22.
  9. Alain Corbin (dir.) et Françoise Micheau, 1515 et les grandes dates de l'histoire de France : revisitées par les grands historiens d'aujourd'hui, Seuil,‎ 4 février 2005 (ISBN 2020678845), p. 36.
  10. Élisabeth Carpentier, op. cit., p. 42.
  11. a et b (en) Anthony Pagden, Worlds at War : The 2,500-Year Struggle between East & West, Oxford, Oxford University Press,‎ 13 mars 2008 (ISBN 0199237433), p. 157.
  12. Sophie Chautard, Les grandes batailles de l'histoire, Studyrama, coll. « Perspectives »,‎ 19 septembre 2005 (ISBN 2844726593, lire en ligne), p. 70.
  13. Philippe Sénac, Les Carolingiens et al-Andalus : (VIIIe ‑ IXe siècles), Maisonneuve & Larose,‎ 2 janvier 2003 (ISBN 2706816597), p. 30.
  14. a et b Les origines franques, Stéphane Lebecq, éditions du seuil, 1990, p. 201/318
  15. (en) Franco Cardini, Europe and Islam, Blackwell Publishing, coll. « The Making of Europe »,‎ 10 mai 2001 (ISBN 0631226370, lire en ligne), p. 10-11.
  16. Élisabeth Carpentier, op. cit., p. 14-15.
  17. a, b et c Pierre Grunberg, « Poitiers, invasion ou raid ? », Guerres & Histoire, no 16,‎ décembre 2013, p. 56 et 57
  18. Élisabeth Carpentier, op. cit., p. 15.
  19. Jean Deviosse, Charles Martel, Tallandier, coll. « Biographie »,‎ 16 février 2006 (1re éd. 1978) (ISBN 2847342702), p. 162-165.
  20. Franck Ferrand, « La Bataille de Poitiers » sur Europe 1, 10 octobre 2012
  21. Pierre Guichard, op. cit., p. 34.
  22. Pierre Riché, Les Carolingiens : Une famille qui fit l'Europe, Hachette Littératures, coll. « Pluriel »,‎ 15 septembre 1997 (ISBN 2012788513), p. 59.
  23. Élisabeth Carpentier, op. cit., p. 17.
  24. Léon Levillain et Charles Samaran, « Sur le lieu et la date de la bataille dite de Poitiers de 732 », Bibliothèque de l'École des chartes, Paris, Société de l'École des chartes, vol. 99,‎ 1938, p. 243-267 (DOI 10.3406/bec.1938.452462, lire en ligne).
  25. Ivan Gobry, Charlemagne : Fondateur de l'Europe, Monaco, Éditions du Rocher,‎ 30 octobre 1999 (ISBN 2268034070, lire en ligne), p. 22.
  26. « Histoire générale de l'Église », Histoire générale de l'Église, Paris, vol. XVII,‎ 1877, p. 32-33.
  27. a et b Ivan Gobry, Pépin le Bref, collection « Histoire des rois de France », éditions Pygmalion, page 41.
  28. (en) Peter Brown, The Rise of Western Christendom : Triumph and Diversity, A.D. 200-1000, John Wiley and Sons,‎ 2013, p. 319, 410
  29. (en) Paul Fourcare, The age of Charles Martel, Longman,‎ 2000, p. 92
  30. (en) Carole Hillenbrand, « Muhammad and the rise of islam », dans Paul Fouracre (éd.), The New Cambridge Medieval History, vol. I, Cambridge University Press,‎ 2005, p. 337
  31. a et b Élisabeth Carpentier, op. cit., page 16.
  32. Adriaan Vehulst, La construction carolingienne tiré de Histoire de la France des origines à nos jours sous la direction de Georges Duby, Larousse, 2007, page 194.
  33. André Clot, l'Espagne musulmane, Ed. Perrin, 2004, ISBN 2-262-02301-8, p. 33
  34. Les origines de Martel (Lot)
  35. André Clot, l'Espagne musulmane, Ed.Perrin, 2004, ISBN 2-262-02301-8, p. 33
  36. (en) Jim Bradbury, Companion to Medieval Warfare, Routledge,‎ 2004 (ISBN 0203644662, lire en ligne), p. 117
  37. a et b (en) Stephen J. Harris, Bryon Lee Grigsby, Misconceptions about the Middle Ages, Routledge,‎ 2007, 298 p. (ISBN 041577053X, lire en ligne), p. 90-91
  38. a et b Élisabeth Carpentier, op. cit., page 18.
  39. Karl Ferdinand Werner, Les Origines, avant l'an mil, Livre de Poche, coll. « Histoire de France (sous la direction de Jean Favier) »,‎ 1984 (réimpr. 1992) [détail des éditions] (ISBN 2-253-06203-0), p. 391-392.
  40. Jean-Marc Albert, Petit Atlas historique du Moyen Âge, Armand Colin,‎ 2007 (ISBN 9782200242213), p. 40
  41. article de Max Lejbowicz à propos du livre de Nas E. Boutammina
  42. Henri Pirenne, Naissance de l'Occident, p.327
  43. Françoise Micheau, « 732, Charles Martel, chefs des Francs, gagne sur les Arabes la bataille de Poitiers », in Alain Corbin (dir.), 1515 et les Grandes dates de l'histoire de France, Seuil, 2005, page 35.
  44. Jean Deviosse, op. cit., {p.}168-169<
  45. Carpentier, op. cit., p. 44
  46. Jean Deviosse, op. cit., p. 170
  47. Jean Deviosse, Charles Martel, p. 162 et suivantes
  48. Davis 2001, p. 99
  49. François Micheau, opt. cit., p. 36
  50. Carpentier, op. cit. p. 46-47
  51. a et b Nas E. Boutammina, La bataille de Poitiers (732) n'a jamais eu lieu !, Éditions Albouraq, 2006, 88 p. (ISBN 2841612910)
  52. Carpentier, op. cit., p. 20
  53. Carpentier, op. cit., p. 19
  54. Carpentier, op. cit., p. 34-35
  55. Carpentier, op. cit., p. 35-36
  56. Carpentier, op. cit., p. 36-38
  57. http://fr.wikisource.org/wiki/La_Vie_en_fleur/Chapitre_XIX
  58. « Monsieur Dubois demanda à Madame Nozière quel était le jour le plus funeste de l'histoire. Madame Nozière ne le savait pas. C'est, lui dit Monsieur Dubois, le jour de la bataille de Poitiers, quand, en 732, la science, l'art et la civilisation arabes reculèrent devant la barbarie franque », Anatole France, Œuvres IV, La vie en Fleur (1922), Gallimard, 1994, p. 1118
  59. Adolf Hitler, Libres propos sur la guerre et la paix recueillis sur l’ordre de Martin Bormann, Flammarion, 1954, 28 août 1942, p. 297
  60. Jacques Guggenheim, Le Racket du Siècle
  61. L’anecdote est citée par Font et Val dans le sketche Le Changement
  62. Carpentier, op. cit., p. 47
  63. Le Monde Diplomatique, Des Sarrasins aux Beurs, une vieille méfiance
  64. Nas E Boutammina. La Bataille de Poitiers (732) n’a jamais eu lieu. Éditions Albouraq, Beyrouth, 2006. ISBN 2-84161-291-0, paru dans la collection Ombres et Lumières, qui se propose d’éclairer à la « lumière de l’Islam » les zones d’ombres volontairement maintenues afin d’amoindrir la grandeur de l’Islam
  65. Françoise Micheau et Philippe sénac, La bataille de Poitiers, de la réalité au mythe, p. 15 dans Histoire de l'Islam et des musulmans en France, Albin Michel, 2006
  66. Suzanne Citron, Le mythe national, Éditions ouvrières, 1989, p. 185
  67. Mosquée de Poitiers : « Génération identitaire cherche la médiatisation pour trouver des militants »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Françoise Micheau et Alain Corbin (dir.), « 732, Charles Martel, chefs des Francs, gagne sur les Arabes la bataille de Poitiers », dans 1515 et les grandes dates de l'histoire de France, Seuil,‎ 2005 (ISBN 978-2-02-067884-1)
  • André-Roger Voisin, La bataille de Ballan-Miré dite bataille de Poitiers, 732, Société des Écrivains associés,‎ 2003, 195 p. (ISBN 978-2-84434-606-3)
  • (en) Paul K. Davis, « Constantinople: August 717-15 August 718 », dans 100 Decisive Battles: From Ancient Times to the Present, Oxford University Press,‎ 2001, 99-102 p. (ISBN 0-19-514366-3)
  • Élisabeth Carpentier, Les Batailles de Poitiers. Charles Martel et les Arabes, Geste Éditions, coll. « En 30 questions »,‎ 2000, 63 p. (ISBN 2-84561-007-6)
  • Pierre Riché, Les Carolingiens: Une famille qui fit l'Europe, Fayard, coll. « Pluriel »,‎ 2012 (1re éd. 1983), 496 p. (ISBN 978-2012795440)
  • Jean Deviosse, Charles Martel, Tallandier,‎ 1978 (réimpr. 2006) (ISBN 978-2-84734-270-3)
  • Jean Henri Roy et Jean Deviosse, La bataille de Poitiers : octobre 733, Gallimard,‎ 1966 (ISBN 9782070218974)


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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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