Pierre Mac Orlan

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Pierre Mac Orlan

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Pierre Mac Orlan

Nom de naissance Pierre Dumarchey
Activités Écrivain
Essayiste
Poète
Naissance 26 février 1882
Péronne
Décès 27 juin 1970 (à 88 ans)
Saint-Cyr-sur-Morin
Langue d'écriture Français
Genres Roman
Essai
Poésie

Œuvres principales

Mademoiselle Bambù
L'Ancre de Miséricorde
Le Quai des brumes
La Bandera
Les Clients du Bon Chien jaune

Pierre Mac Orlan (né Pierre Dumarchey, à Péronne le 26 février 1882 - mort à Saint-Cyr-sur-Morin le 27 juin 1970) est un écrivain français. Auteur d'une œuvre abondante et variée, il débuta par l'écriture de contes humoristiques, après avoir en vain tenté une carrière dans la peinture. Après la Première Guerre mondiale, son inspiration se tourna vers le registre fantastique et le roman d'aventures. La dernière partie de sa carrière littéraire fut consacrée à l'écriture de chansons, d'essais et de mémoires.

Au cours de sa jeunesse dans les premières années du XXe siècle, Mac Orlan vécut à Montmartre, où il se lia d'amitié avec Guillaume Apollinaire, Francis Carco ou encore Roland Dorgelès. À la même époque, il séjourna également à Rouen, Londres, Palerme, Bruges, etc. Les souvenirs qu'il conserva de cette période, où ses moyens d'existence furent souvent précaires, lui servirent de matériau pour élaborer une œuvre à forte connotation autobiographique, qui influença entre autres André Malraux, Boris Vian et Raymond Queneau.

Témoin attentif de son temps, fasciné par les techniques modernes et les nouveaux moyens de communication, mais se tenant autant que faire se pouvait à distance des vicissitudes de l'histoire, il forgea la notion de « fantastique social » pour définir ce qui lui apparaissait comme étant l'envers trouble et mystérieux de son époque.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il n'est pas facile de reconstituer les années de jeunesse de Pierre Dumarchey, qui s'est montré peu éloquent sur le sujet, et s'est parfois plu à brouiller les pistes[N 1]. Qui plus est, un certain nombre de documents ont été détruits, que ce soit par accident (les registres de l'état civil de Péronne, dont l'acte de naissance de Pierre Dumarchey, ont disparu dans le bombardement qui a détruit son hôtel de ville en 1916[1], les archives de l'École normale contenant son dossier ont été détruites pendant la Seconde Guerre mondiale[2]) ou de volonté délibérée : le père de « Mac Orlan » brûla ainsi divers papiers et documents personnels dans les premières années du XXe siècle[3], et l'écrivain lui-même devait se livrer vers la fin de sa vie à un autodafé, brûlant dans son jardin une partie de sa correspondance et de ses archives personnelles, afin de ne pas avoir « des soucis posthumes », confia-t-il à un témoin de la scène[N 2].

La connaissance de ces années est cependant décisive pour comprendre la genèse de l'œuvre ultérieure, tant celle-ci puiserait ses matériaux dans le « noyau de matière vivante »[4] que fut la jeunesse de son auteur, époque où Pierre Mac Orlan fit sa moisson de souvenirs. S'employant ensuite à les mettre en forme et à les « remâcher[N 3] », voire à les exorciser[5], l'auteur du Quai des Brumes s'appliqua à effacer ses traces de jeunesse pour se construire une biographie pour partie légendaire, et devait gommer jusqu'à son nom d'état civil, au profit « d'une personnalité littéraire au nom fantaisiste dont le passé coïncidait merveilleusement avec son œuvre », écrit Bernard Baritaud, le principal biographe de Mac Orlan[6].

Enfance[modifier | modifier le code]

Pierre Dumarchey, qui adopta une vingtaine d'années plus tard le pseudonyme de « Mac Orlan », naquit à Péronne le 26 février 1882. Il fut le premier fils de Pierre Edmond Dumarchey (1853-1928) et de Berthe Francine Artus (1861-[N 4]?). Cinq ans après la naissance de leur premier enfant, le couple eut un second fils, Jean (1887-1929[N 5]?).

On suppose que les relations que Pierre entretenait avec son père, militaire à la carrière chaotique[N 6], furent difficiles[7], et que le climat familial se détériora à tel point que, à partir de 1889, les deux frères furent confiés, en qualité de pupilles, à la garde d'un oncle maternel, Hippolyte Ferrand, professeur d'histoire devenu inspecteur d'académie à Orléans[8].

Les relations entre l'oncle et les neveux ne furent pas non plus sans heurts : Jean fut probablement le plus rétif à l'autorité de cet homme austère et consciencieux, qui dut s'en séparer[N 7]. Quant à Pierre, il conserva assez de rancune envers son tuteur pour avoir, en 1909 écrit des ouvrages érotiques (La Comtesse au fouet et Les Grandes Flagellées de l'histoire) en les publiant sous le nom de Pierre Dumarchey, afin, expliqua-t-il plus tard à Pascal Pia, de contrarier cet oncle « qui lui avait mené la vie dure[9] ».

Toutefois, un demi-siècle plus tard, c'est avec émotion que Mac Orlan évoquerait cet « homme d'une surprenante culture littéraire », dont il se sentirait enfin proche : « C'est en ce moment, maintenant qu'il n'existe plus et que je suis moi-même un homme âgé, qu'un équilibre affectueux s'établit entre nous deux. [...]. Aujourd'hui, je pense souvent à lui en prononçant les mots que j'eusse toujours voulu dire quand il en était temps. C'est à cette heure que je désirerais accorder nos témoignages et dire comment, par des routes différentes, nous nous sommes rejoints. Le grain semé, il y a plus de cinquante ans, m'offre à présent une floraison sans joie[10]. »

Du lycée d'Orléans à l'École normale de Rouen[modifier | modifier le code]

Camille Pissarro : la rue de l’Épicerie à Rouen (huile sur toile, 1898)

D'après le témoignage de Pierre Mac Orlan, ses années d'études au lycée d'Orléans ne furent guère brillantes[N 8]. Il n'est pas douteux toutefois qu'elles furent, associées à l'influence de son tuteur, déterminantes dans la formation de ses goûts littéraires[11], et que c'est de ce moment que naquit son intérêt pour les « poètes clandestins » de la culture classique, comme Catulle, Martial ou encore l'Apulée des Métamorphoses[N 9]. C'est à cette époque également qu'il découvrit une œuvre qui devait le marquer durablement : celle de François Villon, peut-être par l'intermédiaire du futur poète et chansonnier Gaston Couté, qui à cette époque était scolarisé dans le même lycée, et que Pierre Dumarchey connaissait, bien qu'ils n'eussent pas été intimes[12]. Mais, plus que la littérature, deux passions dominaient alors l'adolescent : Aristide Bruant et le rugby à XV.

Pierre Dumarchey admirait à ce point le chansonnier réaliste qu'il lui adressa, en 1898, ses premiers poèmes, et qu'il eut la joie de recevoir en réponse une carte postale de son idole, qu'il conserva précieusement toute sa vie[13]. Trois ans plus tard, il rencontrerait à Montmartre l'homme dont les meilleures chansons, devait-il écrire plus tard, « appartiennent à la littérature[14] », ainsi qu'à une poésie populaire dont il faisait remonter l'origine aux ballades écrites en jargon de François Villon[15].

Quant au rugby, auquel il consacrerait un essai dans les dernières années de sa vie[16], il tint très vite une place si importante dans l'existence de l'adolescent qu'il devait expliquer près de soixante-dix ans plus tard que, « entre quinze et vingt-cinq ans, [sa] mission sur cette terre fut de monter des équipes de rugby[17]. » Jusqu'en 1913, il pratiqua ce sport (il officiait au poste de demi d'ouverture), notamment à l'École normale d'instituteurs de Rouen (dont il se vantait d'avoir créé l'équipe[18],[N 10]), puis au Paris Universitaire Club (en compagnie d'Alain-Fournier et de Henri Jeanson[19]). Même s'il a sans doute exagéré la place qu'avait tenu le rugby dans sa jeunesse[N 11]), Mac Orlan resterait toujours attaché à un jeu susceptible d'être pour des jeunes gens trop épris d'aventures un remède possible à la délinquance[20]. En remerciement pour cette fidélité au rugby, il se vit offrir en 1967 un ballon ovale, dédicacé par les joueurs du XV de France[21], ballon avec lequel il fut enterré trois ans plus tard.

En attendant, les médiocres résultats scolaires du jeune Dumarchey au lycée d'Orléans incitèrent son oncle à l'envoyer à Rouen, pour intégrer cette École normale d'instituteurs dont Mac Orlan garderait des souvenirs essentiellement sportifs. Il y étudia durant l'année scolaire 1898-1899. Les archives de l'École normale ayant été détruites durant la Seconde Guerre mondiale, peu de choses sont connues sur cette période de la vie de l'écrivain, si ce n'est qu'il ne dépassa pas la première année et que, dès la suivante, il avait quitté Rouen pour se rendre à Paris. Il était alors âgé de dix-sept ans[2].

La bohème à Montmartre et à Rouen[modifier | modifier le code]

Pierre Dumarchey arriva à Paris au cours de l'hiver 1899. Il y retrouva son frère Jean, apprenti chez un oncle restaurateur et décorateur de meubles anciens à Montmartre[22]. Livré plus ou moins à lui-même, le jeune homme fréquentait le cabaret Le Zut, très prisé des anarchistes, où il fit sans doute la connaissance de Frédéric Gérard, le futur patron du Lapin Agile[22]. Pierre Dumarchey écrivait alors des poèmes dans la veine post-symboliste[N 12], et envisageait de devenir peintre, à la manière de Toulouse-Lautrec, qu'il admirait[23]. Mac Orlan donnerait dans un essai de 1929 quelques précisions sur cette vocation artistique : « J'aimais la peinture et les arts en général, écrivait-il dans Rouen, non pas tant pour la somme d'émotion qu'ils pouvaient me procurer que pour la situation sociale indépendante qu'ils offraient à ceux qui les pratiquaient. » Il ajouta : « La peinture me plaisait parce que cet art précisait, dans mes heures de méditation à jeun, un atelier avec toutes les idées de la liberté sociale que ce mot éveillait en moi. La plus belle image de confort que je pouvais inventer me représentait dans un atelier de l'Île Lacroix dont la baie vitrée dominait la Seine, les yoles de mer et les « quatre » au garage. Je me voyais fumant ma pipe auprès d'un poêle Godin, les pieds très chauds, attendant la visite d'une figurante des Folies-Bergère dont la compagnie m'eût honoré dans les endroits où je fréquentais[24]. »

Il peignit à cette époque quelques tableaux à sujets sportifs, qui depuis ont été perdus, sans parvenir à vivre de son pinceau. Devenu rapidement sans le sou, il s'engagea alors comme teneur de copie[N 13] dans une imprimerie parisienne, avant de retourner à Rouen à la fin de 1900, où il exerça la même activité pour le quotidien Le Petit Rouennais[N 14].

Le jeune homme fit à cette époque plusieurs allers et retours entre Paris et Rouen, d'autant plus difficiles à dater que Mac Orlan livrerait dans ses récits ultérieurs des versions divergentes sur la chronologie de cette époque de sa vie. Il s'en justifia en expliquant que, de 1900 à 1910 à peu près, les événements furent pour lui « sans dates et parfaitement interchangeables », et que « rien ne soudait [les années] les unes aux autres dans un ordre logique[25]. » Ce qui est certain en revanche c'est que, dans l'une et l'autre de ces deux villes, les premières années du XXe siècle furent pour Pierre Dumarchey une période de vaches maigres.

Sa vie à Rouen, où il logeait dans un petit appartement rue des Charrettes[26], se partageait entre son travail au journal et les sorties nocturnes dans les bars à matelots en compagnie d'un groupe de jeunes gens insouciants que réunissait un goût commun pour les activités sportives et qui aspiraient avec plus ou moins de sérieux à devenir peintres ou écrivains[27]. Il se lia plus particulièrement avec Paul Lenglois (1878-1957), journaliste au Petit Rouennais, avec lequel il fit la rencontre d'un personnage étrange et douteux connu sous le nom de Star. Cet individu d'un certain âge exerçait la profession de photographe couplée aux activités d'escroc (il ne mettait pas de plaque dans son appareil photographique) et d'indicateur de police, le tout associé à fort penchant pour la mythomanie[28]. La fréquentation de cet homme pouvait être dangereuse, indiquerait plus tard Mac Orlan, tant il avait un don particulier pour entraîner son entourage dans les situations scabreuses. Star mourut un peu plus tard, « comme un vieux chien, sur le paillasson d'un bel appartement vide dont les clefs [lui] avaient été confiées »[29]. Mais, à partir de 1927, il reviendrait de façon de plus en précise, sous des noms divers, dans l'œuvre de Mac Orlan, au point de devenir le modèle de la plupart des personnages interlopes qui se rencontrent dans les livres de l'écrivain[30] : Capitaine Hartmann (Filles d'amour et ports d'Europe, 1932), Père Barbançon (Père Barbançon, 1946), Oncle Paul (La Pension Mary Stuart, 1958), Jérôme Burns (L'Ancre de Miséricorde, 1941), etc.[N 15].

Après avoir perdu son emploi d'assistant d'imprimerie, Pierre Dumarchey retourna à Montmartre en 1901, où il retrouva ses compagnons de l'année précédente. Il fréquenta notamment le cercle anarchiste regroupé autour du journal Le Libertaire, pour lequel il écrivit un article dans lequel il promouvait la révolution prolétarienne[31], ainsi que Le Zut, puis, après que celui-ci eut été fermé par la police, le Lapin Agile, cabarets dans lesquels il se lia d'amitié avec André Salmon et Guillaume Apollinaire[32]. Il retrouva également son frère Jean, qui, aspirant lui aussi à faire carrière dans la peinture[1], avait intégré la bohème montmartroise, ou plutôt sa frange la plus équivoque, plus proche des Apaches et des prostituées que des artistes[N 16], où son goût pour l'alcool et sa facilité à faire le coup de poing étaient davantage reconnus que ses talents d'illustrateur[28]. Les deux frères vécurent semble-t-il d'expédients et de petits métiers[33], avant d'être appelés à remplir leurs obligations militaires.

La naissance du nom de Mac Orlan[modifier | modifier le code]

Juste avant d'être intégré au 156e Régiment d'infanterie, en octobre 1905, Pierre avait toutefois obtenu ses premiers engagements, peu glorieux, en tant que peintre et illustrateur : il avait décoré l'intérieur d'une auberge à Saint-Vaast-Dieppedalle, et surtout illustré le roman écrit par un de ses amis rouennais : Monsieur Homais voyage, de Robert Duquesne. Les dessins étaient signés, pour la première fois, du nom de « Pierre Mac Orlan »[34]. Ce dernier expliqua par la suite qu'il avait choisi ce nom en hommage à une bien improbable grand-mère écossaise[35], mais l'hypothèse la plus plausible est que ce pseudonyme avait été forgé à partir du nom d'Orléans, où le jeune homme fit ses études secondaires, et où il découvrit l'œuvre de François Villon[36].

Les maigres engagements qu'il trouva à l'époque ne suffisaient toutefois pas à sortir Pierre Mac Orlan de ses difficultés financières ; aussi accueillit-il comme un répit bien venu le fait d'avoir à remplir ses obligations militaires, qui signifiaient du moins que durant le temps de son incorporation, il mangerait à sa faim. Mais il fut réformé au bout de six mois, pour raisons de santé[37]. Son frère en revanche s'engagea au 33e Régiment d'infanterie, où il devait passer cinq ans, avant de s'engager dans la Légion étrangère, pour cinq ans également[38], peut-être pour échapper à la justice à la suite d'une bagarre qui aurait mal tourné[N 17]. Pierre, quant à lui, tirait toujours le diable par la queue jusqu'au moment où, après un bref séjour en Angleterre, il fut engagé par une mystérieuse femme de lettres qui en fit son secrétaire particulier et avec laquelle il passa plusieurs mois en Italie (à Naples et à Palerme[39]), puis en Belgique, où il rencontra à Bruges les rédacteurs de la revue littéraire Le Beffroi, notamment Théo Varlet, traducteur de Stevenson et surtout de Kipling, dont il lui fit découvrir La Lumière qui s'éteint et La Chanson de Mandalay, deux œuvres qui devaient bouleverser le jeune homme[40] et qu'il évoquerait souvent dans ses livres à venir.

Pierre-Ernest Prins, Le Lapin Agile (huile sur toile, 1890)

Après s'être, pour une raison inconnue, séparé de la femme qui l'employait et un bref séjour à Marseille à la fin de l'année 1907, Pierre Mac Orlan revint à Paris au début de l'année suivante, où il retrouva tout naturellement le Lapin Agile, dont il courtisait la serveuse, Marguerite Luc[N 18] (la fille de la maîtresse de Frédéric Gérard, le gérant du cabaret[41]). Désargenté comme à l'accoutumée, Mac Orlan vécut un temps chez son père et la seconde femme de ce dernier, qui apparemment s'agaçaient de voir que ce jeune homme de vingt-cinq ans était incapable de se prendre en charge et de gagner sa vie[42]. Il quitta donc leur domicile pour des logements parfois précaires, comme celui qu'il occupa un hiver au Bateau-Lavoir (il lui avait été cédé par André Salmon), sans mobilier ni chauffage et où, en guise de lit, il dormait sur un tas de vieux journaux[43]. Il vécut aussi, en 1910, à l'hôtel Bouscarat, place du Tertre, où logeaient Jules Depaquit et Gaston Couté. « On imagine, écrit Bernard Baritaud, une existence médiocre, inquiète, dominée par des préoccupations de survie, des années à la fois fébriles (l'obsession de manger) et désœuvrées[44]. »

Les moyens de subsistance de Mac Orlan étaient en effet toujours précaires : il tentait de gagner sa vie en vendant des chansons qu'il composait[N 19], des ouvrages à caractère érotiques qu'il publiait sous pseudonyme (voire sous son nom d'état civil), et surtout en essayant de placer ses œuvres picturales[45]. Après avoir été éconduit par Clovis Sagot (qui était entre autres le marchand de Picasso), il tenta de placer ses dessins humoristiques dans la revue Le Rire, dirigée par Gus Bofa, à qui il fut présenté par Roland Dorgelès. Mais Bofa ne montra que peu d'enthousiasme pour le trait de Mac Orlan. En revanche, il apprécia les légendes qui l'accompagnaient. Aussi proposa-t-il à ce dernier de plutôt rédiger des petits contes qu'il se proposait de publier dans sa revue. Ce fut cette rencontre qui aurait décidé de la vocation d'écrivain de Mac Orlan[46]. Elle marqua en tout cas entre les deux hommes le début d'une amitié qui se poursuivrait jusqu'à la mort de Gus Bofa en 1968[N 20].

À partir de 1910, devenu un collaborateur régulier de la revue Le Rire (puis du Sourire, son successeur, toujours sous la direction de Gus Bofa), il publia de nombreuses nouvelles humoristiques (réunies dans les recueils Les Pattes en l'air, Les Contes de la pipe en terre et Les Bourreurs de crânes entre 1911 et 1914), tout en se lançant dans la bande-dessinée, avec les péripéties de Frip et Bob[N 21], devenant ainsi le premier auteur complet de bande dessinée phylactérienne française, a-t-on pu écrire[47]. La situation sociale de Pierre Mac Orlan s'améliora alors sensiblement, ainsi qu'il l'écrivit lui-même[N 22]. Qui plus est, en 1912, il publia son premier roman humoristique : La Maison du retour écœurant, « sorte de pont jeté entre Ubu et Dada », selon l'expression de Nino Franck[48] ; enfin, l'année suivante il épousa Marguerite Luc (le 8 avril 1913)[49].

Mac Orlan poursuivit sur la voie de l'écriture romanesque, avec Le Rire jaune publié en feuilleton en 1913 dans la revue Comœdia dirigée par Gaston de Pawlowski (à qui le roman est dédié.) Selon Bernard Baritaud, Le Rire jaune, plus ambitieux que La Maison du retour écœurant, révèle aux côtés du ton humoristique des premiers textes, « une vision dramatique, parfois prophétique, de l'avenir proche[50]. » Publié en volume au printemps 1914, ce roman passa pourtant à peu près inaperçu : trois mois plus tard, la guerre était déclarée.

L'expérience de la guerre[modifier | modifier le code]

Poilus de la Première Guerre mondiale

C'est en Bretagne, à Moëlan-sur-Mer, où il était en villégiature avec sa femme et les peintres Maurice Asselin et Jacques Vaillant, que Mac Orlan apprit que la guerre contre l'Allemagne était déclarée[51].

Mobilisé le 2 août 1914, il rejoignit le 69e d'infanterie, à Toul, et fut blessé le 14 septembre 1916, près de Péronne, à quelques kilomètres de son lieu de naissance. Évacué vers l'hôpital de Ouistreham, Mac Orlan obtint un congé de convalescence qui lui permit d'être soigné à l'hôpital Saint-Louis de Paris[52]. Il ne retourna plus au front, et fut décoré de la Croix de guerre.

Mac Orlan rendit compte de son expérience de la guerre dans un livre publié en 1917, mais rédigé entre 1915 et 1916 : Les Poissons morts[N 23]. L'accueil critique et public réservé à ce livre fut tiède et, en 1929, Jean Norton Cru classa Mac Orlan (avec Jean Giraudoux) parmi ces écrivains qui « présent[ent] la guerre comme une grosse plaisanterie, une farce grotesque[N 24]. » Cru reprochait notamment à Mac Orlan d'avoir consacré un chapitre à imaginer des rats dialoguant entre eux, d'avoir préféré évoquer les soldats des bataillons disciplinaires plutôt que ses camarades de régiment, et d'être allé jusqu'à invoquer la figure du Juif errant dans son livre[53]. Ces critiques n'empêchèrent pas l'ancien soldat de revenir sur son expérience de la guerre dans plusieurs autres livres de témoignage (pour l'essentiel regroupés dans le recueil Propos d'infanterie en 1936) ainsi que dans un roman plus ou moins autobiographique : Bob bataillonnaire (1919).

Toutefois, selon Bernard Baritaud, c'est l'ensemble de l’œuvre ultérieure qui devait se ressentir de cette expérience : le « fantastique quotidien » généré par des éléments comme « les rats, la pluie, un artilleur sans tête gardant une porte charretière, la rupture des formes et des volumes provoquée par les bombardements [...] dans un univers que ne gouverne aucune raison » imprimerait dans la sensibilité de l'écrivain leurs images et leur hantise, « la conviction que le monde est mouvant, que ses apparences sont interchangeables, que nous nous trouvons parmi une foule masquée sur la scène d'un immense théâtre dont le décor peut être modifié à chaque instant. » Un ensemble d'impressions que Mac Orlan réuniraient par la suite sous le terme de « fantastique social »[54].

Le retour à la vie civile[modifier | modifier le code]

Bien que convalescent, outre ses souvenirs de guerre, Mac Orlan écrivit en 1917 une quarantaine d'articles pour la revue humoristique La Baïonnette, parfois accompagnés de dessins[55], ainsi qu'un roman, U 713 ou les Gentilshommes d'infortune, encore marqué par la veine satirique montmartroise des débuts de l'écrivain[56]. Puis, l'année suivante, il publia Le Chant de l'équipage, son premier véritable succès littéraire[57], et qui inaugurait un nouveau cycle de l'écriture romanesque mac orlanienne : celui des romans d'aventures, qu'illustreraient notamment À bord de L'Étoile Matutine (1920), le roman pour la jeunesse Les Clients du Bon Chien jaune (1926), puis, plus tardivement, L'Ancre de Miséricorde (1941). Sans oublier le Petit manuel du parfait aventurier, écrit en 1920 et semble-t-il commandé par Blaise Cendrars à Mac Orlan[58], et dans lequel ce dernier théorisait son rapport à l'aventure : il y opposait la figure de « l'aventurier actif », celui qui vit effectivement l'aventure, avec tous ses dangers et ses déceptions, à celle de « l'aventurier passif », qui se délecte des comptes-rendus du premier et vit ainsi l'aventure par procuration, sans en connaître les déboires, parce qu'il sait bien que « les voyages, comme la guerre, ne valent rien à être pratiqués[59]. »

En parallèle avec la rédaction de ses ouvrages, Mac Orlan débuta une carrière de grand reporter, qui l'amena, en 1918 et en 1919, à se rendre en Allemagne, dans la zone occupée par l'armée française : il y fut témoin de la tentative de révolution menée par la Ligue spartakiste, dont il rendit compte dans une série de reportages publiés dans le quotidien L'Intransigeant, avant d'être pour la plupart regroupés dans le recueil La Fin (1919) (recueil intégré en 1936 dans les Propos d'infanterie[N 25].) La vision des marins révolutionnaires de la Division de marine populaire paradant dans les rues de Francfort devait marquer l'imagination de Mac Orlan, qui lui donnerait un prolongement littéraire dans La Cavalière Elsa (1921)[60].

Outre ses activités d'écrivain et de reporter, il devint éditeur : aux éditions de la Banderole, à partir de 1920, ainsi qu'aux Éditions d'Art de la Renaissance du Livre, de 1921 à 1925. Il y édita ses propres textes, ceux de ses amis, comme Roland Dorgelès (Les Croix de bois, 1921), Francis Carco (Les Innocents, 1921) ou encore André Salmon (L'Amant des Amazones, 1921), ainsi que des œuvres classiques de Nerval, Chamisso, Achim von Arnim, Stevenson, etc. Il fut le premier à s'intéresser à l'écrivain Joseph Delteil, dont il publia le roman Sur le fleuve Amour, qui attira l'attention d'André Breton et de Louis Aragon[61].

Mac Orlan, qui avait retrouvé après sa démobilisation l'appartement de la rue du Ranelagh à Paris où il s'était installé avec son épouse, se rendit de plus en plus fréquemment à Saint-Cyr-sur-Morin, où sa belle-mère avait acheté une ferme qu'il entreprit de restaurer, jusqu'à y vivre à plein temps à partir de 1927[62]. Il eut pour voisin Julien Callet, l'ancien garçon de café du Zut, qui y avait ouvert une auberge : l'Auberge de l'Œuf dur et du Commerce[63].

La reconnaissance littéraire[modifier | modifier le code]

Dans un livre de souvenirs publié en 1940, Bohème d'artiste, Francis Carco rapporta une réflexion désenchantée de son ami Mac Orlan, qui s'était un jour désolé devant lui de ce que les critiques l'eussent « classé comme rigolo une fois pour toutes », en se fondant sur la lecture de ses seuls premiers ouvrages[64]. Pourtant, au mitan des années 1920, sa réputation d'écrivain ne cessait de grandir : Antonin Artaud salua ainsi en Le Nègre Léonard et Maître Jean Mullin, paru en 1920, « le fascinant cachet d'irréalité presque logique[65] », tandis qu'André Breton, selon le témoignage (tardif) d'Armand Lanoux, considérait l'écrivain comme un de ses « amis non orthodoxes[66]. » Par ailleurs, l'influence de l’œuvre de Mac Orlan est perceptible chez le jeune André Malraux[67], ou encore dans le groupe de l'éphémère revue regroupée autour de René Crevel, Aventure, dont le premier numéro fut publié en 1921, avec un texte liminaire de l'auteur du Chant de l'équipage[68]. Quelques années plus tard, ce serait au tour de Céline, dont Mac Orlan était l'une des rares admirations littéraires[69], de rendre hommage au style de Mac Orlan, qui « avait déjà tout prévu, tout mis en musique, trente ans à l'avance[N 26]. »

Pierre Mac Orlan écrivit à partir du commencement des années 1920 des récits fantastiques : Le Nègre Léonard et Maître Jean Mullin (1920), Malice (1923), Marguerite de la nuit (1925), etc., qui firent écrire à André Malraux que la notoriété de Mac Orlan reposait sur un malentendu, puisqu'il était considéré comme un romancier d'aventures alors qu'il était un auteur de romans fantastiques[70]. Dans la préface générale qu'il donnerait en 1969 à l'édition des Œuvres Complètes de Mac Orlan, Raymond Queneau insisterait également sur la dimension fantastique d'une œuvre que sous-tendent « les forces obscures » et dans laquelle le Diable fait de fréquentes apparitions[71].

Il publia également La Cavalière Elsa (1921), sorte de roman de politique-fiction narrant la conquête de Paris par une armée révolutionnaire menée par une jeune femme, Elsa Grünberg, qui n'était pas sans rappeler la figure de Jeanne d'Arc[72]. Ce livre, qui obtint en 1922 le prix de la Renaissance[N 27] et fut adapté pour le théâtre par Paul Demasy en 1925, était conçu par son auteur comme s'intégrant dans une trilogie qui avait pour « tâche de refléter l'inquiétude européenne depuis 1910 jusqu'à nos jours », et comprendrait La Vénus internationale (1923) ainsi que Le Quai des brumes (1927)[73].

Mac Orlan écrivit durant cette même période quelques longs poèmes narratifs en vers et en prose, caractérisés notamment par leur forte oralité, qui annonçait les textes des chansons qu'il écrirait après la Seconde Guerre mondiale[74] : L'Inflation sentimentale (1923), Simone de Montmartre (1924), Boutiques (1925), etc.

Modernité technique et fantastique social[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Fantastique social.
Avenue des Gobelins (1925-1927), par Eugène Atget, qui selon Mac Orlan sut évoquer le fantastique social de Paris

À l'instar d'un Blaise Cendrars, Mac Orlan introduisit dans sa poésie le vocabulaire de la modernité technique, évoquant la publicité, le phonographe, la T.S.F., etc[75]. Cette fascination pour les nouveaux médias le conduisit à s'intéresser au cinéma (il fut le coauteur du scénario de L'Inhumaine, réalisé par Marcel L'Herbier en 1924) ainsi qu'à participer à l'une des premières émissions de la station Radiola[76]. Par ailleurs, il prophétisa le développement à venir de la télévision avec un article de 1929 (« Le cinéma d'appartement », paru dans la revue Variétés[77]), et il tint à partir de 1927 l'une des premières chroniques de disques dans la presse[75]. Il rédigea enfin plusieurs textes publicitaires (pour les véhicules de la marque Citroën et pour les magasins Le Printemps, notamment[N 28]), et considéra la publicité comme une forme de poésie, « la poésie du commerce[78] ».

Outre le cinéma, Mac Orlan se passionna également pour la photographie, écrivant des essais sur Eugène Atget et sur Germaine Krull[79], ainsi que diverses chroniques sur ce sujet dans les années 1920 et 1930 pour la revue Les Nouvelles Littéraires[N 29]. Il devint ainsi le plus prolifique des théoriciens français de la photographie de sa génération[80].

L'ensemble de ces signes de la modernité, laquelle incluait également la publicité, le jazz et les vitrines des grands magasins apparaissaient à Mac Orlan comme les éléments d'une nouvelle mythologie dont l'écrivain avait pour tâche de rendre compte[81]. Mythologie ambivalente, d'ailleurs, parce qu'elle n'était pas dénuée d'une inquiétude sourde, crépusculaire, générée par les nouvelles conditions de l'existence contemporaine née des décombres du grand conflit industriel qu'avait été la Première Guerre mondiale : la vitesse, l'électricité, la dévaluation de la valeur de la vie humaine, entre autres, participaient selon Mac Orlan d'une dimension mystérieuse et inquiétante de la vie moderne, appelée à remplacer les anciennes formes du surnaturel. Il baptisa cet aspect obscur de la modernité le « fantastique social » et ne cessa par la suite de revenir sur cette notion, sans jamais véritablement en éclaircir le sens exact[82].

Les reportages et leurs prolongements littéraires[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Le Mystère de la malle no 1.

Durant les années 1920 et 1930, Mac Orlan poursuivit ses activités de grand reporter, écrivant notamment des articles pour le Paris-Soir de Pierre Lazareff et le journal Détective qui, racheté par Gaston Gallimard, était dirigé par le frère de Joseph Kessel, Georges[83]. En sa qualité de journaliste, il se rendit en Italie en 1925 pour interviewer Benito Mussolini, en Afrique du Nord à plusieurs reprises, ainsi qu'en Angleterre et en Allemagne, d'où il observa la montée du nazisme[84].

La méthode de Mac Orlan reporter, qui consistait surtout à recueillir des impressions, des anecdotes, n'était pas dénuée d'une certaine désinvolture, notamment dans l'utilisation qu'il faisait des témoignages qu'il put recueillir lors de ses (généralement courts) voyages : il se considérait en réalité davantage « comme un écrivain en promenade d'études », ainsi qu'il le dit lui-même dans Le Bataillon de la mauvaise chance, que comme un véritable journaliste[85].

Le matériau recueilli lui servit d'ailleurs à nourrir une partie de son œuvre romanesque : ainsi, l'intrigue du Tueur no 2, roman policier de 1935 s'inspira largement du reportage effectué à Londres l'année précédente pour rendre compte d'un meurtre mystérieux. De la même façon, les reportages sur la Légion étrangère effectués en Tunisie furent réutilisés dans Le Camp Domineau (1937), etc[N 30].

Ainsi, explique Bernard Baritaud, les reportages servaient finalement à Mac Orlan à faire une « provision d'atmosphère, de vécu et de détails techniques qui lui permettr[aient] de rendre vraisemblables et vivantes ses intrigues romanesques », au risque, ajoute-t-il, de donner parfois l'impression au lecteur de « feuilleter un magazine dont le rédacteur, pressé, compte davantage sur l'exotisme que sur son art pour séduire[86]. »

L'époque de l'Occupation[modifier | modifier le code]

Au cours de l'entre-deux guerres, Mac Orlan s'était tenu à l'écart des grands débats idéologiques de son temps, cultivant des amitiés aussi diverses que celle avec le peintre allemand communiste George Grosz[87] ou de l'écrivain d'extrême droite Henri Béraud[88]. Quant aux journaux auxquels il collaborait, il ne semble guère s'être soucié de leur couleur politique, publiant des reportages et des chroniques aussi bien dans des journaux de droite, comme Le Figaro ou L'Intransigeant, que dans des journaux de gauche, tels que Marianne ou L'Heure (journal dirigé par Marcel Cachin et Marcel Sembat, dans lequel il publia des articles après la Première Guerre mondiale.)[89]. Il n'en fut pas moins l'un des huit cent cinquante signataires du Manifeste des intellectuels français pour la défense de l'Occident et la paix en Europe rédigé par Henri Massis, qui défendait l'invasion de l'Éthiopie par l'Italie fasciste, peut-être sous l'influence de ses amis réactionnaires ; ou bien parce que la personnalité de Mussolini, qu'il avait rencontré en 1925, l'avait impressionné ; ou encore par attachement sentimental à l'aventure coloniale. Hormis cette prise de position, durant toutes les années 1930, Mac Orlan se « gard[a] prudemment de tout engagement politique décisif[88]. »

Au moment de l'invasion allemande de 1940, Mac Orlan et sa femme quittèrent précipitamment Saint-Cyr-sur-Morin pour se réfugier dans l'Indre, à Gargilesse, où ils demeurèrent deux mois[90], avant de revenir dans leur maison, une fois l'armistice signée, y vivant dans un relatif isolement. Mac Orlan poursuivit toutefois ses activités d'écrivain et de journaliste, publiant régulièrement des articles dans Aujourd'hui, le quotidien indépendant d'Henri Jeanson, puis espaçant ses contributions quand ce dernier fut remplacé par Georges Suarez, qui donna une coloration ouvertement collaborationniste au journal[91]. Il contribua également, épisodiquement, à des journaux et revues plus compromises avec l'occupant, telles que Les Nouveaux Temps ou Combats[92] : il écrivit notamment des comptes-rendus de livres, sans trop se préoccuper de l'orientation politique de leurs auteurs, pouvant défendre dans les colonnes du quotidien de Jean Luchaire aussi bien Ne plus attendre de Pierre Drieu La Rochelle que Pilote de guerre d'Antoine de Saint-Exupéry[93]. Plus attentiste qu'engagé, soucieux surtout de gagner sa vie, Mac Orlan était de ces auteurs qui, à l'instar de Marcel Aymé, Jean Anouilh ou Marcel Jouhandeau, servirent d'alibi culturel à la presse collaborationniste et furent qualifiés de « non-opposants » par Lucien Rebatet[94]. Quoi qu'il en soit, Mac Orlan ne fut pas inquiété à la Libération[95].

Tandis qu'au cours de la décennie précédente Mac Orlan avait abondamment pratiqué l'écriture romanesque, publiant entre autres La Bandera (1931) La Nuit de Zeebruges (1934) et surtout Filles d'amour et ports d'Europe (1932), le plus ambitieux peut-être de ses romans[96], il délaissa peu à peu ce genre littéraire, publiant deux romans seulement pendant la guerre : L'Ancre de Miséricorde (1941) et Picardie (1943), deux livres dont l'action est située au XVIIIe siècle et qui permirent sans doute à leur auteur, en se plongeant dans la reconstitution historique, d'échapper aux préoccupations de son époque[97].

Rééditions, radio, chansons[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Chansons de Pierre Mac Orlan.

Pierre Mac Orlan écrivit peu de nouveaux livres après la Libération, et abandonna totalement l'écriture romanesque. La plupart des ouvrages qu'il publia à partir de ce moment étaient constitués de recueils d'articles et d'essais écrits avant la guerre, pour lesquels il rédigeait de nouvelles préfaces (dix-sept entre 1945 et 1967)[98]. Par ailleurs, il veillait aux rééditions de ses œuvres antérieures, en modifiant parfois le titre (Le Pont de Zeebruges devint ainsi Le Bal du Pont du Nord en 1946), modifications accompagnées ou non de réécritures ou de refonte de leur structure : Filles d'amour et ports d'Europe, notamment, fut réédité avec des modifications importantes en 1946 sous le titre de Filles et ports d'Europe. La même année parut sous le même titre une version qui ne contenait que la première partie du roman, tandis que la seconde paraissait en 1948 sous le titre de Père Barbançon, avec de nouvelles modifications par rapport au texte de 1946. Enfin, en 1950 fut publiée sous le titre de Filles et ports d'Europe et père Barbançon la version quasi-définitive de l'ouvrage, qui prit le titre de Mademoiselle Bambù pour l'édition de poche de 1966[99]. L'histoire compliquée des éditions de ce roman n'est pas unique dans la bibliographie mac orlanienne : À bord de L'Étoile Matutine, qui fut publié pour la première fois en 1920, se vit adjoindre des chapitres précédemment publiés comme nouvelles séparées lors de sa réédition en 1934[100].

Parallèlement à cette activité de mise en forme de l’œuvre, de 1947 à 1958, Mac Orlan produisit de nombreuses émissions radiophoniques, grâce à Nino Franck et à Paul Gilson, alors président de la Radiodiffusion française[101]. C'est à l'occasion de ces entretiens radiophoniques avec Nino Franck que l'auteur du Quai des brumes recommença à écrire des chansons (elles étaient diffusées au cours des émissions), un genre d'écriture qu'il n'avait plus pratiqué depuis le commencement de la Première Guerre mondiale[102]. Il écrivit en tout une soixantaine de chansons, qui furent interprétées notamment par Germaine Montero, Monique Morelli, Juliette Gréco[103] notamment. Loin de constituer une activité séparée de sa production livresque, les chansons de Mac Orlan devaient former un prolongement indispensable à l'appréhension de l’œuvre dans son ensemble[104],[105] : « Pour moi, écrire des chansons, c'est écrire mes mémoires » expliqua Mac Orlan dans la préface au recueil justement intitulé Mémoires en chansons (1962)[106], préface dans laquelle il soulignait leur dimension autobiographique : « les textes rassemblés ici correspondent à une expérience vécue, pour l'essentiel, entre 1899 et 1918. Les images auxquelles ils se réfèrent sont aujourd'hui détruites[106]. »

Distinctions[modifier | modifier le code]

Le 30 janvier 1950, alors que la presse évoquait les noms de Joseph Kessel ou de Louis Guilloux, c'est Pierre Mac Orlan qui fut élu, à l'unanimité, membre de l'Académie Goncourt, pour y reprendre le couvert de Lucien Descaves, décédé en septembre de l'année précédente[N 31]. Il rejoignit ainsi ses vieux amis Francis Carco, André Billy et Roland Dorgelès, et se rendit régulièrement aux réunions de l'Académie au restaurant Drouant[107].

S'il s'était quelque peu fait prier pour entrer à l'Académie Goncourt[98], c'est avec un plaisir évident[108] qu'il reçut les insignes de commandeur de la Légion d'honneur, décernée par le Premier ministre Georges Pompidou sur proposition du ministre de la Culture André Malraux. Distinction longtemps retardée par le fait que l'enquête de moralité menée au préalable avait exhumé les publications de textes érotiques écrits par Mac Orlan au début du XXe[108]. Nino Franck et Gilbert Sigaux durent faire plusieurs démarches auprès de Malraux afin de débloquer la situation[109]. La décoration fut finalement décernée le 30 décembre 1966 par le préfet de Seine-et-Marne. Fait singulier : c'est ce même préfet qui, alors qu'il travaillait aux Renseignements généraux, avait instruit le dossier de moralité de l'écrivain[108].

Enfin, en 1968, Mac Orlan rejoignit le Collège de 'Pataphysique, où il entra en qualité de Satrape[110].

À Montmartre et à Saint-Cyr-sur-Morin : les dernières années[modifier | modifier le code]

Maison de Pierre Mac Orlan à Saint-Cyr-sur-Morin (2007).

Bien qu'il assurât détester Montmartre, où il avait vécu misérablement dans sa jeunesse, c'est dans ce quartier que Mac Orlan acheta un entresol en 1957 (rue Constance). Il y vécut quatre ans avec sa femme, recevant régulièrement les visites, entre autres, d'Antoine Blondin, de Nino Franck, de Pierre Béarn, de Monique Morelli, etc. Il semble toutefois qu'il s'ennuya beaucoup dans cet appartement et, en 1961, le couple le revendit et retourna s'installer définitivement à Saint-Cyr-sur-Morin[111].

En retournant s'installer à la campagne, Mac Orlan se coupait partiellement de la vie culturelle parisienne, mais il en recevait des échos par l'intermédiaire de ses visiteurs, plus nombreux semble-t-il qu'ils ne l'étaient rue de Constance[N 32] : outre ses familiers (Pierre Bergé, Nino Franck, Jean-Pierre Chabrol, Gilbert Sigaux, Armand Lanoux et d'autres), il reçut Jean Giono, Georges Brassens, Jacques Brel, Juliette Gréco[112], etc.

Marguerite mourut le 10 novembre 1963 à 77 ans. Elle était mariée à Pierre Mac Orlan depuis cinquante ans. Le vieil écrivain lui consacra un de ses derniers textes, un poème intitulé simplement « Marguerite Luc », daté de « Septembre 1967 – un soir de cafard » :

« Si je connaissais ton adresse / Je pourrais t'écrir' plus souvent / Les jours sont courts, les nuits me blessent / La chambre est vide pour toujours[113]. »

Après la mort de sa femme, Mac Orlan ne quitta plus guère sa maison de Saint-Cyr-sur-Morin, cessant d'assister aux réunions de l'Académie Goncourt et travaillant dans un isolement relatif, mais croissant, à l'écriture de ses derniers textes : essentiellement l'édition définitive de Villes (1966) et Le Rugby et ses paysages sentimentaux (1968), un livre de souvenirs[114]. Attentif à l'image qu'il laisserait après sa mort, il surveillait de près l'édition de ses Œuvres Complètes, entreprise par Gilbert Sigaux à partir de 1969[115] (l'édition ne fut complète qu'en 1971, après la mort de l'écrivain).

Pierre Mac Orlan mourut dans sa maison le 27 juin 1970, d'une crise cardiaque. Il fut inhumé dans le cimetière de Saint-Cyr-sur-Morin.

Le prix Mac Orlan[modifier | modifier le code]

Parmi ses dernières volontés, Mac Orlan avait exprimé le désir que « chaque année un prix portant [son] nom soit attribué à Saint-Cyr-sur-Morin (frais payés) à un écrivain de valeur, de préférence âgé et en difficulté avec la vie ou un artiste peintre offrant une situation semblable[116] ». Le « Prix Mac Orlan » est décerné depuis 2005 par le Comité Mac Orlan, présidé par Pierre Bergé[117]. Distinct de ce comité, une « Société des lecteurs de Mac Orlan » a été fondée en septembre 2012, et est présidée par Bernard Baritaud[118].

Influence et portée de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Signature autographe de Pierre Mac Orlan en dédicace d'un exemplaire de L'Ancre de Miséricorde (édition Rombaldi, 1951)

Boris Vian écrivait en 1953, à propos de Pierre Mac Orlan, dans un article pour la revue Arts : « on le redécouvre, il est temps[110]. » Cette redécouverte annoncée semble néanmoins tarder à venir, Mac Orlan restant un auteur peu lu et peu commenté, expédié en quelques lignes, lorsqu'il y est mentionné, dans les anthologies et les manuels, dans lesquels on donne de son œuvre « une idée souvent fausse parce que partielle et hâtivement formulée », notait Bernard Baritaud en 1992[119],[N 33]. Ainsi, l'on retient généralement de celle-ci des aspects mineurs, tels que l'évocation des bas-fonds de Montmartre, avec ses prostituées et ses voyous[119]. Pourtant, Mac Orlan fut de son vivant, particulièrement entre les deux guerres, un auteur reconnu, admiré par André Malraux, Louis-Ferdinand Céline ou encore Raymond Queneau[120], auquel la presse littéraire, sous les plumes de Rachilde, Robert Kemp ou Pascal Pia, consacrait régulièrement des articles[121], que les photographes recherchaient pour préfacer pour leurs albums[122], et dont les œuvres étaient adaptées pour le cinéma par des metteurs en scène de renom (Marcel Carné, Julien Duvivier.) Toutefois, la réputation littéraire de Mac Orlan pâlit après la Seconde Guerre mondiale, malgré quelques hommages rendus dans le courant des années 1950 et 1960 par des écrivains tels que Louis Aragon ou Simenon[123], ou encore Raymond Queneau, qui dans la préface générale qu'il donna aux Œuvres complètes de Mac Orlan écrivit que la lecture de l'œuvre de ce dernier s'impose à « tous ceux qui, négligeant les modes littéraires, veulent connaitre un écrivain d'une qualité et d'une force telles qu'elles lui permettent de transmettre aux gens de demain des méditations sur des choses d'hier qui grâce à lui demeurent toujours actuelles et toujours dignes d'émouvoir et d'inquiéter[124]. »

Écrivain en marge des grands courants littéraires (y compris du surréalisme, avec lequel son œuvre présente pourtant des affinités[125]), dont l'installation à Saint-Cyr-sur-Morin est comme le symbole de son isolement sur la scène des Lettres[126], et privilégiant des genres considérés comme mineurs (chansons, romans d'aventures ou policiers[127]...), Mac Orlan n'a eu qu'une influence discrète, mais réelle[N 34], sur les générations d'écrivains qui l'ont suivi : ainsi, René Fallet, Henri Calet, Antoine Blondin lui doivent, selon Bernard Baritaud, « une vision originale portée sur le monde et sur les hommes, traduite en une langue peu conformiste, vivante, sensuelle[128]. » Alexandre Vialatte fut également durablement fasciné par « la saveur d'étrange cépage » de l'œuvre de Mac Orlan, qualifiée par lui de « cru Villon goût anglais », et dont l'influence sur ses propres romans est indéniable[129]. Par ailleurs, des traits communs entre certains aspects de la création littéraire de Pierre Mac Orlan (dans Le Bal du Pont du Nord plus particulièrement) et celle de Patrick Modiano ont été relevés[130], tandis que l'universitaire marxiste anglais Andy Merrifield a mis en lumière l'attrait exercé par les essais de Mac Orlan sur Guy Debord, attrait perceptible dans le premier tome de Panégyrique (1989)[131].

Œuvres de Mac Orlan[modifier | modifier le code]

Sauf indication contraire, ne sont mentionnés dans les rubriques « Romans et nouvelles » et « Essais, mémoires, reportages », que les textes repris dans les Œuvres Complètes en vingt-cinq volumes non numérotés, publiées sous la direction de Gilbert Sigaux, au Cercle du bibliophile (Genève, 1969-1971), avec une préface générale de Raymond Queneau. Sont indiqués pour chaque titre le nom de son éditeur, ainsi que le lieu et la date de sa première publication.

En ce qui concerne les romans et les recueils de nouvelles, le contenu des rééditions peut être notablement différent de celui des publications originales, et la composition des recueils de nouvelles n'est pas nécessairement la même d'une édition à l'autre. À l'inverse, un même ouvrage peut avoir été publié sous des titres différents. Quant aux essais, ils regroupent en règle générale des textes parus antérieurement, en volumes ou dans des revues (c'est le cas notamment pour les trois volumes de Masques sur mesure.) Ne sont signalés ici, outre les titres des recueils définitifs, que ceux des essais publiés primitivement en volume, à l'exclusion donc des indications de publication originale des textes parus en revue.

Un grand nombre de textes n'ont pas été rassemblés dans l'édition des Œuvres Complètes, soit à la demande expresse de leur auteur (les textes érotiques notamment), soit parce qu'ils étaient considérés comme perdus. On a même pu aller jusqu'à dire que ces vingt-cinq volumes ne représentaient en fait que « la partie visible de l'iceberg[132] » du corpus mac orlanien. Francis Lacassin a par la suite fait publier plusieurs recueils posthumes de textes inédits.

D'autre part, les Cahiers Mac Orlan, qui ont vocation, sous l'égide du Comité Mac Orlan, à réunir d'autres textes introuvables de l'écrivain, comptent treize numéros publiés à ce jour[N 35].

Pour une bibliographie détaillée des œuvres de Mac Orlan, se reporter à celle qui figure dans l'étude de Bernard Baritaud, Pierre Mac Orlan. Sa vie, son temps, aux pages 331-349, qui inclut également une filmographie et une discographie.

Romans et nouvelles[modifier | modifier le code]

Frontispice de la première édition des Clients du Bon Chien jaune (1926)

Essais, mémoires, reportages[modifier | modifier le code]

  • Petit manuel du parfait aventurier, La Sirène, Paris, 1920
  • Les Pirates de l'avenue du rhum, Le Sagittaire, Paris, 1925
  • Brest, Éditions Émile-Paul, Paris, 1926 (repris dans le recueil Villes publié en 1929)
  • La Seine, Pierre Laffite, Paris, 1927
  • Rue des Charrettes, Éditions Émile Hazan, Paris, 1927 (repris sous le titre Rouen dans le recueil Villes publié en 1929)
  • Rue Saint-Vincent, Éditions du Capitole, Paris, 1928 (repris sous le titre Montmartre dans le recueil Villes publié l'année suivante)
  • Rues et visages de Londres, Terquem, 1928 (repris sous le titre Londres dans le recueil Villes publié l'année suivante)
  • Rhénanie, Éditions Émile-Paul, Paris, 1928 (repris sous le titre Villes rhénanes dans le recueil Villes publié l'année suivante)
  • Villes, Gallimard, Paris, 1929
  • Nuit aux bouges, Flammarion, Paris, 1929
  • Légionnaires, Éditions du capitole, Paris, 1930
  • Le Bataillon de la mauvaise chance. Un civil chez les joyeux, Éditions de France, Paris, 1933
  • Hambourg, Éditions Alpina, Paris, 1933 (repris dans la version définitive du recueil Villes publié en 1966)
  • Rues secrètes, Gallimard, Paris, 1934
  • Verdun, Nouvelles éditions latines, Paris, 1935
  • Propos d'infanterie, Fernand Sorlot, Paris, 1936
  • Masques sur mesure, Gallimard, Paris, 1937
  • Dans les tranchées, Les Œuvres libres, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1939
  • Lautrec peintre de la lumière froide, Paris, Floury, coll. « Anciens et modernes »,‎ 1941, ill., couv. ill. ; 19 cm, 179 p. (notice BnF no FRBNF37459751)
  • Montmartre, Éditions Armand de Chabassol, Bruxelles, 1946
  • Les Bandes. Essais sur l'éducation sentimentale, Éditions de la belle page, Paris, 1947
  • L'Écharpe de suie, La Couronne, Paris, 1947
  • La Lanterne sourde, Gallimard, Paris, 1953
  • Le Mémorial du petit jour, Gallimard, Paris, 1955
  • La Petite cloche de Sorbonne, Gallimard, Paris, 1959
  • Masques sur mesure II (Œuvres Complètes, volume XXIV[N 37]), Le Cercle du bibliophile, Genève, 1970 (réunit les principaux essais consacrés à la peinture)
  • Masques sur mesure III (Œuvres Complètes, volume XXV), Le Cercle du bibliophile, Genève, 1970 (contient un choix de préfaces et de portraits)
  • Sous la croix blanche, Le Cercle du bibliophile, Genève, 1971 (texte écrit en 1946 et non publié à l'époque. Recueilli dans les Œuvres Complètes avec Picardie)

Poésie et chansons[modifier | modifier le code]

Littérature érotique[modifier | modifier le code]

  • Le Masochisme en Amérique, La Librairie d'amateurs, Paris, 1905 (anonyme. Réédité avec Pierre Dumarchey comme nom d'auteur aux éditions Jean Fort en 1910)
  • Femmes du monde et sang bleu, Première partie : Georges, hors commerce, « Pour les amis d'Isidore Liseux », Paris, 1908 (sous le pseudonyme de Chevalier de X)
  • La Comtesse au fouet, Jean fort, Paris, 1909 (sous le nom de Pierre Dumarchey)
  • Les Grandes flagellées de l'histoire, Jean fort, Paris, 1909 (sous le nom de Pierre Dumarchey)
  • Lise fessée, Jean fort, Paris, 1910 (sous le nom de Pierre Dumarchey)
  • Les Aventures amoureuses de Mademoiselle de Sommerange ou Les Aventures libertines d'une Demoiselle de Qualité sous la Terreur, « Sweetgra's, Québec » (en réalité : Jean Fort, Paris), 1910 (sous le pseudonyme de Pierre du Bourdel)
  • Petite dactylo, suivi de Les Belles clientes de M. Brozen et de Le Maître d'école, Jean Fort, Paris, ca. 1910 (sous le pseudonyme de Pierre du Bourdel)
  • Mademoiselle de Mustelle et ses amies. Roman pervers d'une fillette élégante et vicieuse, Jean fort, Paris, 1913 (sous le pseudonyme de Pierre du Bourdel)
  • Baby Douce Fille, Jean Fort, Paris, 1919 (sous le pseudonyme de Sadie Blackeyes)
  • Petites cousines, À la folie du jour, Paris, 1919 (sous le pseudonyme de Sadinet)
  • La Semaine secrète de Vénus, P. Cotinaud, Paris, 1926 (anonyme)

Publications posthumes[modifier | modifier le code]

  • Le Mystère de la malle n°1 (quatre reportages de 1924 à 1934), U.G.E., coll. 10/18, Paris, 1984
  • Manon la souricière (contes et nouvelles non recueillis dans les Œuvres complètes), Gallimard, Paris, 1986
  • Capitaine Alcindor, (contes et nouvelles non recueillis dans les Œuvres complètes), Gallimard, Paris, 1988
  • Domaine de l'ombre (articles consacrés au « fantastique social » non recueillis dans Masques sur Mesure), Phébus, Paris, 2000
  • Images abolies (recueil d'articles et de préfaces non réédités), Michel de Maule, Paris, 2005
  • Écrits sur la photographie (recueil d'études et d'articles sur la photographie), Textuel, coll. « L'écriture photographique », 2011

Pierre Mac Orlan dans l'audiovisuel[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Adaptations d'œuvres de Mac Orlan[modifier | modifier le code]

Collaborations[modifier | modifier le code]

Radio[modifier | modifier le code]

  • Plusieurs récits de Pierre Mac Orlan ont été adaptés pour la radio, le plus souvent par Nino Franck (Capitaine Alcindor, 1948, La Bête conquérante, 1952, Pension Usher, 1959), mais également par Pierre Berger (Quai des brumes, 1955), Armand Lanoux (La Fille de Londres, 1953), etc.
  • Mac Orlan a par ailleurs participé à une dizaine d'émissions de radio en compagnie de Nino Franck entre 1947 et 1958. Les textes de l'émission intitulée Souvenirs de la nuit (1955) ont été publiés dans le Cahier Pierre Mac Orlan n°5 (Prima Linea, 1994) sous le même titre.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il expliqua par exemple qu'il avait été « orphelin de bonne heure », voir sur ce sujet Bernard Baritaud, p. 24
  2. Il s'agit de Pierre Guibert, dont le témoignage est rapporté par Jean-Claude Lamy, p. 36
  3. L'expression est de Jean Quéval, selon qui « l'œuvre entière [de Mac Orlan] est peut-être la plus intensément privée et la plus remâchée de la littérature française », dans « Une lecture de Mac Orlan », article publié dans le numéro 273 de la N.R.F. (septembre 1975), et cité par Bernard Baritaud, p. 16
  4. Elle se « volatilise » en 1889, explique Jean-Claude Lamy, p. 27. On ne sait si elle décéda à cette date ou si elle se sépara de son époux. Cette disparition, en l'absence de documents administratifs permettant de l'éclaircir, reste pour ses biographes une énigme (Bernard Baritaud, p. 32)
  5. Les dates de la mort de Jean Dumarchey divergent suivant les sources : juste après la Première Guerre mondiale selon Jean-Claude Lamy, p. 29), en 1929 selon Bernard Baritaud (Bernard Baritaud, p. 30). L'un et l'autre s'appuient sur des témoignages de Mac Orlan lui-même.
  6. Engagé volontaire en 1870, il ne cessa de passer « de la vie civile à la vie militaire et vice-versa » entre ce moment et 1898, date où il démissionne définitivement de l'armée (Jean-Claude Lamy, p. 30)
  7. La date de cette séparation n'est pas connue, mais se situe entre 1893 et 1896. Jean Dumarchey fut sans doute envoyé chez un autre oncle, à Montmartre (Bernard Baritaud, p. 28 et 38)
  8. « Il arrive que des écrivains se vantent de n'avoir rien fait en classe, mais en ce qui me concerne, c'est la pure vérité. Mes professeurs s'efforçaient de m'enseigner des choses que j'entendais vaguement, les yeux fixés sur les tâches d'encre d'un couvercle de pupitre » raconte-t-il dans un entretien de 1961 avec Thérèse de Saint-Phalle pour le journal Le Monde, cité par Jean-Claude Lamy, p. 37
  9. Pierre Mac Orlan, dans Les Bandes (Œuvres complètes, p. 152.) utilise pour la première fois l'expression de « poésie clandestine des lycées ».
  10. Un des condisciples de Mac Orlan confirma la véracité de ce témoignage rapporte Bernard Baritaud, p. 36
  11. Pierre Béarn, qui fut un proche de Mac Orlan, estime que celui-ci ne dut en réalité faire que quelques matches, mais qu'ils « suffisaient amplement pour se métamorphoser chez [lui] en une épopée vécue » (cité par Jean-Claude Lamy, p. 41
  12. Ces textes, non publiés, furent retrouvés après sa mort dans les archives de l'écrivain par Nino Frank (Bernard Baritaud, p. 40)
  13. « Un teneur de copie était l'employé qui, dans les imprimeries, assistait le correcteur, lisant la copie à voix haute pendant qu'il suivait sur l'épreuve et corrigeait les fautes éventuelles, ou l'inverse » explique Bernard Baritaud, p. 43
  14. Le quotidien prit le nom de La Dépêche de Rouen à partir de 1903. Alain y publia une partie de ses Propos. Mac Orlan laissa entendre qu'il avait corrigé alors les épreuves des articles du philosophe signale Bernard Baritaud, p. 42-43
  15. En ce qui concerne la genèse de ce dernier personnage, Mac Orlan a évoqué l'influence de Star dans une réédition de 1947 de L'Ancre de Miséricorde, reproduite en avant-propos dans l'édition Phébus de ce roman (Paris, 2000, p. 35.)
  16. Bernard Baritaud, p. 47 évoque « une bande de paresseux, portant l'uniforme de la bohème de l'époque, mal nourris et fumant la pipe. »
  17. Selon le témoignage d'un ami de Mac Orlan (Pierre Gilieth), l'écrivain aurait confié à demi-mots que c'était à la suite d'un meurtre que Jean Dumarchey s'engagea dans la Légion (Jean-Claude Lamy, p. 35-36)
  18. Marguerite Luc fut le modèle de l'aquarelle de Picasso La Femme à la corneille (1904), dont une reproduction est visible sur le site painting-names.
  19. Ces chansons étaient « Bien moins belles que celles que chante aujourd'hui Germaine Montero », notait André Salmon en 1955, dans le premier tome de ses Souvenirs sans fin, Gallimard, NRF, p. 176
  20. Mac Orlan écrivit à cette époque un texte, Gus Bofa (in memoriam), resté inédit jusqu'à sa publication en 1994 dans le numéro 7 des Cahiers Mac Orlan (Mac Orlan vu par Gus Bofa & Gus Bofa vu par Mac Orlan)
  21. Plusieurs planches de cette bande dessinée sont visibles sur le site du Comité Mac Orlan, dans la section « Les introuvables de Mac Orlan » (aux rubriques août, septembre, octobre et novembre 2007.),
  22. Dans la préface de 1924 à La Maison du retour écœurant (cf. Le Rire jaune et autres textes, Sillage, Paris, 2008)
  23. Un exemplaire numérisé de l'édition originale de cet ouvrage est consultable sur le site américain Archive.org.
  24. Jean Norton Cru, Témoins (1929), cité par Bernard Baritaud, p. 152. Dans sa préface aux Propos d'infanterie, Mac Orlan fait une allusion humoristique à « l'opinion de M. Norton Cru, ce grenadier sceptique et ce critique littéraire d'une sensibilité si discrète » (Propos d'infanterie, in Pierre Mac Orlan, Œuvres complètes, p. 15)
  25. Un exemplaire numérisé de l'édition de 1919 de La Fin, publiée par L'Édition française illustrée, est consultable sur le site américain Archive.org.
  26. Phrase extraite de Bagatelles pour un massacre, pamphlet antisémite de 1937 (p.126 de l'édition Denoël.) Francis Lacassin, qui dans sa préface au Quai des brumes (Gallimard, Folio, 1995, p. VIII) cite cette phrase sous une forme légèrement tronquée et qui mentionne par erreur comme source L'École des cadavres (autre pamphlet de Céline paru l'année suivante), précise que l'évocation de Mac Orlan est tout à fait indépendante de l'idéologie politique qui anime le texte de Céline.
  27. Ce « prix littéraire était doté par La Renaissance politique et littéraire, publication dirigée par l'influent Henri Lapauze, conservateur du Palais des Beaux-Arts, à Paris », explique Bernard Baritaud (« Trois romans sous le signe de l'ambiguïté », in Roman 20-50, n°47, juin 2009, p.9.)
  28. Un exemplaire numérisé d'une plaquette publicitaire rédigée par Mac Orlan pour la Grande Maison de Blanc (de Paris), intitulée Sous le signe du blanc, est consultable sur le site américain Archive.org (le titre et la date mentionnés sur la page de présentation du site sont manifestement erronés.)
  29. Un certain nombre d'entre elles ont été recueillies par Clément Chéroux en 2011 dans Pierre Mac Orlan. Écrits sur la photographie, Textuel, 176 p. (voir un compte-rendu de ce recueil par Marie-Jeanne Zenetti, « Un art solaire au service de la nuit », Études photographiques, « Notes de lecture », mai 2012.)
  30. Voir à ce sujet l'article d'Alain Tassel, « Du reportage au roman ou la greffe au cœur d'une poétique narrative », les Cahiers de narratologie no 13, Nouvelles approches de l'intertextualité (2006)
  31. Ce couvert serait repris, après la mort de Mac Orlan, par Françoise Mallet-Joris (La liste des « couverts » est consultable sur le site de l'Académie Goncourt, où est reproduit un tableau de Bernard Buffet représentant les membres de l'Académie à l'époque où Mac Orlan y siégeait)
  32. Une escapade à Saint-Cyr-sur-Morin aurait revêtu une dimension pittoresque que n'avait pas une visite à un voisin parisien. (Bernard Baritaud, p. 287)
  33. Cet avis n'est pas isolé : dans un ouvrage paru en 2000, Roger W. Baines notait que (en)« Mac Orlan is an important author whose work has been unjustifiably neglected and dismissed » ( 'Inquietude" in the Work of Pierre Mac Orlan, Rodopi, 2000, p.12.) ; ou encore Nicolas Beaupré dans un article de 2007 : « Même si certains de ses livres sont encore réédités, on ne lit plus guère Pierre Mac Orlan aujourd'hui » (« La démobilisation d'un combattant, Pierre Mac Orlan et la Rhénanie (1918-1928) »), in 20/21. siècles, Cahiers du Centre Pierre Francastel, n°4, Une Grande Guerre. 1914-années trente, hiver 2006-2007, p.127.
  34. Selon Marcel Jullian, « il est de ceux qui, avec Céline, ont le plus "bougé" le roman moderne » (entretien avec Bernard Baritaud de 1987, cité in Bernard Baritaud, p. 315)
  35. Voir sur la page du site du comité Mac Orlan la liste des numéros parus.
  36. Roman non repris dans l'édition des Œuvres complètes. Un exemplaire numérisé de cet ouvrage est consultable sur le site américain Archive.org.
  37. Les volumes des Œuvres complètes ne sont pas numérotés. Les indications mentionnées ici sont données par Gilbert Sigaux à la page 9 de ce volume.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jean-Claude Lamy, p. 27
  2. a et b Bernard Baritaud, p. 37
  3. Jean-Claude Lamy, p. 30
  4. Bernard Baritaud, p. 16
  5. Bernard Baritaud, p. 17
  6. Bernard Baritaud, p. 15
  7. Bernard Baritaud, p. 25
  8. Jean-Claude Lamy, p. 32
  9. Pascal Pia, Les Livres de l'enfer, du XVIe siècle à nos jours (1978), cité par Bernard Baritaud, p. 27
  10. Pierre Mac Orlan, Les Bandes (1947), cité dans l'édition des Œuvres complètes de Pierre Mac Orlan, Le Cercle du Bibliophile, Genève, sans date, p. 155.)
  11. Bernard Baritaud, p. 34
  12. Bernard Baritaud, p. 35
  13. Jean-Claude Lamy, p. 33
  14. Mac Orlan, cité par Jean-Claude Lamy, p. 33
  15. Pierre Mac Orlan, « Suite sur la chanson populaire », Les Cahiers Mac Orlan, no 11, La Chanson, p. 35
  16. « Le Rugby et ses Paysages sentimentaux », dans l'ouvrage collectif Rugby: le match des matches (La Table ronde, 1968), repris dans les Œuvres complètes à la suite de Masques sur mesure I.
  17. Le Rugby et ses paysages sentimentaux, Œuvres complètes, p. 429
  18. Jean-Claude Lamy, p. 41.
  19. Jean-Claude Lamy, p. 40
  20. Jean-Claude Lamy, p. 41
  21. « Le rugby et ses paysages sentimentaux », Œuvres complètes de Pierre Mac Orlan, p. 421
  22. a et b Bernard Baritaud, p. 38
  23. Bernard Baritaud, p. 40
  24. Pierre Mac Orlan, Rouen, repris dans le recueil Villes (1966), O.C., p. 91-92.
  25. Pierre Mac Orlan, Montmartre, cité par Bernard Baritaud, p. 47
  26. Jean-Claude Lamy, p. 48
  27. Bernard Baritaud, p. 45-46
  28. a et b Jean-Claude Lamy, p. 34
  29. Pierre Mac Orlan, « Rouen », in Villes, Œuvres complètes de Pierre Mac Orlan, p. 105-106.
  30. Bernard Baritaud, p. 45
  31. Bernard Baritaud, p. 49
  32. Bernard Baritaud, p. 47
  33. Bernard Baritaud, p. 50-51
  34. Bernard Baritaud, p. 51
  35. Jean-Claude Lamy, p. 37.
  36. Cette hypothèse a été formulée par Pierre Guibert (Bernard Baritaud, p. 54)
  37. Bernard Baritaud, p. 54-55
  38. Jean-Claude Lamy, p. 27-28
  39. Bernard Baritaud, p. 58 situe ce voyage début 1907
  40. Entretien avec Hugues Desalle (1967), Bibliothèque du centre Georges Pompidou, 840"19"MACO2 (audio-cassette)
  41. Bernard Baritaud, p. 57
  42. Bernard Baritaud, p. 59
  43. Bernard Baritaud, p. 60-61
  44. Bernard Baritaud, p. 61
  45. André Salmon, Souvenirs sans fin, Gallimard, NRF, p. 177
  46. Bernard Baritaud, p. 68
  47. Claude Guillot, in Le Collectionneur de bandes dessinées n°85 (1998), cité par Jean-Claude Lamy, p. 69
  48. Cité par Bernard Baritaud, p. 134
  49. Jean-Claude Lamy, p. 62
  50. Bernard Baritaud, p. 100
  51. « Ces chansons de grivetons si bonnes conductrices du cafard », Le Figaro littéraire, 30 juillet 1964, repris dans La Chanson, Cahier Mac Orlanno 11, Prima Linea, 1996, p. 56.
  52. Jean-Claude Lamy, p. 121
  53. Jean Norton Cru, Témoins, cité par Jean-Claude Lamy, p. 127
  54. Bernard Baritaud, p. 113 et 122 pour les citations et les analyses.
  55. Bernard Baritaud, p. 80
  56. Bernard Baritaud, p. 118 nuance toutefois ce jugement
  57. Jean-Claude Lamy, p. 128
  58. C'est ce qu'affirme Jean-Claude Lamy, p. 125, sans apporter davantage de précision
  59. Mac Orlan, Petit manuel du parfait aventurier, in Œuvres complètes, p. 389, cité par Jean-Claude Lamy, p. 208, note 9
  60. Bernard Baritaud, p. 140
  61. Bernard Baritaud, p. 169-170
  62. Bernard Baritaud, p. 163
  63. Bernard Baritaud, p. 50
  64. Carco, cité par Bernard Baritaud, p. 155-156
  65. « P. Mac Orlan et le roman d'aventures », dans Demain, 1921, cité par Bernard Baritaud, p. 134
  66. Entretien de 1981 rapporté dans Bernard Baritaud, p. 185
  67. André Vandegans, La Jeunesse littéraire d'André Malraux (1964), cité par Bernard Baritaud, p. 166
  68. Bernard Baritaud, p. 167
  69. Jacques Bersani, La Littérature en France (1945-1968), Bordas, 1982, p.370, cité par Roger W. Baines, 'Inquiétude' in the Work of Pierre Mac Orlan, Rodopi, Amsterdam/Atlanta, 2000, p.11.
  70. André Malraux, Les Nouvelles littéraires, 6 septembre 1924, cité par Jean-Claude Lamy, p. 138
  71. Raymond Queneau, préface au volume des Œuvres Complètes comprenant L'Ancre de Miséricorde et Le Quai des brumes, Le Cercle du Bibliophile, 1969, p. XI.
  72. Jean-Claude Lamy, p. 154
  73. Francis Lacassin, préface au Quai des Brumes (Folio, 1995), p. IV. La citation de Mac Orlan est reproduite par Lacassin à partir du brouillon du « prière d'insérer » de l'édition de 1927 du Quai des Brumes
  74. Bernard Baritaud, p. 232
  75. a et b Francis Lacassin, préface aux Poésies documentaires complètes, Gallimard, Poésie, 1982, p. 8.
  76. Francis Lacassin, préface à Vive la Publicité, Cahier Pierre Mac Orlan no 8, Prima Linea, 1995, p. 7.
  77. Article mentionné par Jean-Claude Lamy, p. 214
  78. Mac Orlan, cité par Francis Lacassin dans la préface à Vive la publicité, Cahier Pierre Mac Orlan no 8, p. 9
  79. Essais publiés respectivement en 1930 et en 1931 (Bernard Baritaud, p. 212.) Ces essais ont été repris dans les recueils Masques sur Mesure I et Masques sur mesure II
  80. Clément Chéroux, « Pourtant Mac Orlan. La photographie et le fantastique social. », préface aux Écrits sur la photographie de Pierre Mac Orlan, Textuel, 2011, p.7.
  81. Bernard Baritaud, p. 213
  82. Bernard Baritaud, p. 247-249
  83. Jean-Claude Lamy, p. 146
  84. Les reportages sur l'Allemagne, l'Angleterre et l'Italie sont reproduits dans le recueil édité par Francis Lacassin Le Mystère de la malle no 1, Paris, U.G.E., coll. 10/18, « Grands reporters », 1984
  85. Bernard Baritaud, p. 225-26
  86. Bernard Baritaud, p. 226
  87. À partir de 1924 selon Jean-Claude Lamy, p. 106
  88. a et b Bernard Baritaud, p. 185, note 132
  89. Philippe Blondeau, « Avatars de la chronique chez Pierre Mac Orlan », in Bruno Curato et Alain Schaffner (dir.), La chronique journalistique des écrivains (1880-2000), Éditions Universitaires de Dijon, Dijon, 2010, p.125
  90. Jean-Claude Lamy, p. 245
  91. Francis Lacassin, préface à Chroniques des temps présents 1940/1942, Cahier Pierre Mac Orlan, no 4, 1993
  92. La collaboration à Combats se résuma à un seul article, publié dans le no 6 du 12 juin 1943 selon Bernard Baritaud, p. 271, note 2
  93. Jean-Claude Lamy, p. 250
  94. Je suis partout, no 656, 10 mars 1944, cité par Bernard Baritaud, p. 271
  95. Bernard Baritaud, p. 277-278
  96. C'est l'avis notamment de Bernard Baritaud, p. 227 qui signale que Filles d'amour et ports d'Europe fut remanié à deux reprises avant d'être finalement republié en 1966 sous le titre de Mademoiselle Bambù
  97. Bernard Baritaud, p. 275
  98. a et b Bernard Baritaud, p. 280
  99. L'histoire passablement complexe des éditions et des versions de Mademoiselle Bambù est expliquée par Gilbert Sigaux dans le volume des Œuvres complètes de Mac Orlan comprenant ce roman et Sous la lumière froide, p. 458
  100. Gilbert Sigaux, notice bibliographique au volume des Œuvres complètes de Mac Orlan comprenant À bord de L'Étoile Matutine, Les Jours désespérés, Les Voisins et Les soldats, p. 375
  101. Bernard Baritaud, p. 278
  102. Bernard Baritaud, p. 65 et 278
  103. « Les chansons de Mac Orlan conviennent mieux aux voix féminines », note Bernard Baritaud, p. 283
  104. Bernard Baritaud, p. 284
  105. Gilbert Sigaux, préface à Sous la Lumière froide, Folio, Gallimard, 1961, p. 11
  106. a et b Pierre Mac Orlan, Œuvres complètes, volume comprenant les recueils de chansons et de poèmes, p. 301
  107. Bernard Baritaud, p. 281
  108. a, b et c Jean-Claude Lamy, p. 76
  109. Bernard Baritaud, p. 287, note 86
  110. a et b Jean-Claude Lamy, p. 215
  111. Bernard Baritaud, p. 285-286
  112. Bernard Baritaud, p. 282 et 286
  113. Septième strophe du poème, publié dans Les Poésies documentaires complètes, Poésie/Gallimard, p. 210-213
  114. Bernard Baritaud, p. 288-289
  115. Bernard Baritaud, p. 289
  116. Testament cité par Jean-Claude Lamy, p. 259.
  117. Voir la page consacrée au prix Mac Orlan sur le site du comité du même nom.
  118. « Création de la Société des lecteurs de Mac Orlan », information publiée sur le site Fabula.
  119. a et b Bernard Baritaud, p. 19
  120. (en) Roger W. Baines, 'Inquietude" in the Work of Pierre Mac Orlan, Rodopi, 2000, p.111
  121. Bernard Baritaud, p. 18
  122. Clément Chéroux, préface à Pierre Mac Orlan, Écrits sur la photographie, Textuel, coll. « L'écriture photographique », 2011, p.11.
  123. Dans Les Lettres françaises (1957) pour le premier, dans La Revue des Belles Lettres (1965) pour le second (cf. Roger W. Baines, op. cit., p.11.)
  124. Raymond Queneau, préface à Pierre Mac Orlan, L'Ancre de Miséricorde. Le Quai des brumes, Le Cercle du bibliophile, Genève, sans date, p.XX.
  125. (en)Peter Hamilton, « Representing the Social : France and Frenchness in Post-War Humanism Photography », in Stuart Hall (dir.), Representation: Cultural Representations and Signifying Practices, SAGE, 1997, p.110
  126. Bernard Baritaud, p. 319
  127. Bernard Baritaud, p. 320
  128. Bernard Baritaud, p. 314
  129. Alexandre Vialatte, Chroniques, cité par Martine Boyer-Weinmann, « Du "goût Mac Orlan" au "goût vialatte" : esthétiques en miroir », in Christian Moncelet et Dany Hadjadj (dir.), Alexandre Vialatte, au miroir de l'imaginaire, Presses Universitaires Blaise Pascal, coll. Littératures, 2003, p.325
  130. Par Martine Boyer-Weinmann, « Le statut de la voix narrative dans Le Bal du Pont du Nord », in Roman 20/50 n°47, juin 2009, p.76-77
  131. (en) Andy Merrifield, « The Sentimental City: The Lost Urbanism of Pierre Mac Orlan and Guy Debord », International Journal of Urban and Regional Research, Volume 28, Issue 4, p. 931.
  132. Bernard Baritaud, p. 13

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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