Jean Aurenche

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Jean Aurenche

Nom de naissance Jean-Marie Louis Charles Philippe Aurenche
Naissance 11 septembre 1903
Pierrelatte
Nationalité Drapeau de la France France
Décès 29 septembre 1992 (à 89 ans)
Bandol
Profession Scénariste, dialoguiste
Films notables Jeux interdits, Les Orgueilleux, La Traversée de Paris, Que la fête commence ...

Jean Aurenche, né le à Pierrelatte en Drôme provençale et mort le à Bandol, est un scénariste et un dialoguiste. Auteur du scénario de presque 80 films, il a collaboré avec Pierre Bost, Marcel Carné, Claude Autant-Lara, Jean Delannoy, René Clément et plus tard, Bertrand Tavernier.

Les débuts[modifier | modifier le code]

Jean-Marie Louis Charles Philippe Aurenche est né le à Pierrelatte, en Drôme provençale.

Dans les années 1930, Jean Aurenche travaille dans la publicité. Il fréquente les surréalistes (sa sœur Marie Berthe a épousé Max Ernst) mais aussi le groupe théâtral Octobre. Il se lie d'amitié avec Jean Anouilh et les frères Prévert, Jacques et Pierre. Il écrit le scénario d'un court métrage de ce dernier, Monsieur Cordon (1933), premier titre d'une filmographie de scénariste et de dialoguiste qui va s'enrichir de plus de soixante longs-métrages en un demi-siècle de carrière. Il réalise également dans les années 1933 avec Pierre Charbonnier, deux courts-métrages documentaires intitulés "Pirates du Rhône " et Bracos de Sologne". Le premier scénario de long-métrage étant l'adaptation d'un vaudeville, Vous n'avez rien à déclarer ? (1936), réalisé par Léo Joannon. Suivent, entre autres, L'Affaire du courrier de Lyon (1936) de Maurice Lehmann et Claude Autant-Lara, L'Affaire Lafarge (1936) de Pierre Chenal, Hôtel du Nord (1938) de Marcel Carné, L'Émigrante (1939) de Léo Joannon et Le Mariage de Chiffon (1941) d'Autant-Lara.

Aurenchébost[modifier | modifier le code]

En 1942, avec Douce (réalisé par Autant-Lara), Aurenche débute une fructueuse collaboration avec l'écrivain et journaliste Pierre Bost, né à Lasalle, qui cosigne avec lui les dialogues du film. Associés à l'écriture de plus de trente films des années 1940 à 1960, Aurenche conduit le récit dans ses moindres détails, Bost en rédige les dialogues. Le tandem travaille en particulier avec Claude Autant-Lara pour le Diable au corps (1945), l'Auberge rouge (1951), le Rouge et le Noir (1954), la Traversée de Paris (1956), le Franciscain de Bourges (1967), avec Jean Delannoy pour la Symphonie pastorale (1946), Dieu a besoin des hommes (1950), Chiens perdus sans collier (1955) et avec René Clément pour Au-delà des grilles (1948), Jeux interdits (1951) et Gervaise (1955).

La collaboration avec Tavernier[modifier | modifier le code]

Vivement attaqués par les jeunes cinéastes de la Nouvelle Vague, notamment François Truffaut dans les Cahiers du cinéma[1] qui leur reprochent de n'être que des adaptateurs d'œuvres littéraires, Aurenche et Bost voient leur prestige décroître au fil des années 1960. Ils reviendront au premier plan grâce à Bertrand Tavernier qui les associe à son adaptation d’un roman de Simenon, l'Horloger de Saint-Paul (1973). Aurenche continuera seul avec Que la fête commence (1974), le Juge et l'Assassin (1975) — dont l'idée revient aussi à Bost — et Coup de torchon (1981), tous trois de Tavernier qui, en 1984, adapte un roman de Pierre Bost, M. Ladmiral va bientôt mourir, sous le titre Un dimanche à la campagne. Jean Aurenche a signé en 1987 ses derniers scénarios, De guerre lasse de Robert Enrico, Le Palanquin des larmes de Jacques Dorfmann et L'Étoile du Nord de Pierre Granier-Deferre.

Hommages[modifier | modifier le code]

Depuis la disparition de Jean Aurenche, Anne et Alain Riou lui ont consacré le livre d'entretiens La Suite à l'Écran (éditions Actes Sud) qui couvre toute sa carrière. Bertrand Tavernier lui a également rendu hommage en 2001 dans le film Laissez-Passer, qui suit les parcours croisés de Jean Aurenche et Jean Devaivre sous l'Occupation. Le rôle de Jean Aurenche était tenu par Denis Podalydès.

En 2010, un documentaire intitulé Jean Aurenche, écrivain de cinéma (d'Alexandre Hilaire et Yacine Badday) lui a été consacré. À partir du César du meilleur scénario que Jean Aurenche a reçu en 1976 pour Que la fête commence de Bertrand Tavernier, ce documentaire évoque son travail sur un grand nombre de films (La Traversée de Paris, Jeux Interdits, L'horloger de Saint-Paul, Le Juge et l'Assassin ...) et l'évolution du rôle du scénariste dans le cinéma français. Jean-Pierre Mocky, Alain Riou, Jean-Marie Poiré, Paul Vecchiali, Claude de Givray et Bertrand Tavernier interviennent dans ce film.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Prix et nominations[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ouvrage Scénaristes au travail de Christian Sale (Hatier/5 Continents, 1981)
  • Ouvrage Paul Grimault de Jean-Pierre Pagliano (Lherminier, 1986)
  • Ouvrage La Suite à l'écran, entretiens de Jean Aurenche avec Anne et Alain Riou (Institut Lumière/Actes Sud, 1992)
  • Ouvrage Qu'est-ce qu'on attend ? de Bertrand Tavernier (Le Seuil, 1993)
  • Ouvrage Jeux d'auteurs, mots d'acteurs, collectif (Institut Lumière/Actes Sud, 1994)
  • Article Contre la qualité française, autour de l’article de Truffaut, par Antoine de Baecque dans Cinémathèque n°4 (1993)
  • Article Jean Aurenche par Laurent Delmas dans Synopsis n°17 (2001)
  • Article Sur les pas de Jean Aurenche par Alain Riou dans Positif n°491 (janvier 2002)
  • Article Jean Aurenche, écrivain de cinéma par Alexandre Hilaire et Yacine Badday dans La Gazette des Scénaristes n°31 (2007)

Documentaires[modifier | modifier le code]

  • 1989 : Jean Aurenche, profession scénariste (de Michel Fessler / FR3 Lyon)
  • 2009 : Jean Aurenche, écrivain de cinéma (d'Alexandre Hilaire et Yacine Badday / Ciné Cinéma & RTV)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. François Truffaut, « Une certaine tendance du cinéma français », Cahiers du cinéma,‎ janvier 1954

Liens externes[modifier | modifier le code]