Antoine Blondin

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Antoine Blondin

Autres noms Tenorio
Activités romancier, journaliste
Naissance
Paris
Décès (à 69 ans)
Paris
Mouvement Hussards
Genres roman, nouvelle
Distinctions Prix des Deux-Magots (1949)
Prix Interallié (1959)
Prix Henri Desgrange de l'Académie des sports (1972)

Œuvres principales

Antoine Blondin, né le à Paris et mort le à Paris, est un écrivain français.

Romancier et journaliste, il est connu également sous le pseudonyme Tenorio et reste associé au mouvement des Hussards.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de la poétesse Germaine Blondin et d’un père correcteur d’imprimerie, il est un brillant sujet à l'école, collectionnant les prix et les récompenses. Après des études aux Lycée Louis-le-Grand à Paris et Corneille à Rouen, il obtient à la Sorbonne une licence en lettres[1].

Sous l'Occupation, il est envoyé en Allemagne dans le cadre du Service du travail obligatoire (STO), qui lui inspire L'Europe buissonnière (1949). Avec ce premier roman, il capte l'attention d'auteurs comme Marcel Aymé et Roger Nimier qui lui accordent aussitôt leur amitié. Le livre obtient le Prix des Deux Magots. D'autres romans suivent (Les Enfants du bon Dieu, L'Humeur vagabonde), qui confirment son talent de plume et la singularité d'un style se situant entre Stendhal et Jules Renard.

Journaliste engagé, Antoine Blondin collabore à de nombreux journaux et notamment à la presse de droite et même d'extrême-droite : Aspects de la France, La Nation française et Rivarol. Il est aussi lié au mouvement littéraire des Hussards : « À côté d'autres manifestations, nous étions quatre à créer une sorte de club Roger Nimier, Jacques Laurent, Michel Déon et moi[2] ». Il participe à l'aventure de la Table ronde.

Journaliste sportif également, il est l'auteur de nombreux articles parus notamment dans le journal L'Équipe. Il suit pour ce journal vingt-sept éditions du Tour de France et sept Jeux olympiques, et obtient en 1972 le Prix Henri Desgrange de l'Académie des sports. Ses chroniques sur le tour de France ont contribué à forger la légende de l'épreuve phare du sport cycliste. Toujours en 1972, il participe à un débat autour de l'œuvre de Maurice Genevoix avec Paul Guimard dans l'émission télévisée Italiques[3].

Buvant souvent plus que de raison, Blondin a évoqué avec des accents « céliniens » la passion de l'alcool dans Un singe en hiver (1959), qu'Henri Verneuil a adapté pour le cinéma sous le même titre.

Antoine Blondin a marqué le quartier de Saint-Germain-des-Prés de ses frasques, jouant à la « corrida » avec les voitures, multipliant les visites dans les bars et collectionnant les arrestations dans un état d'ébriété avancée (cf. son roman autobiographique Monsieur Jadis ou L'École du soir). À la fin, il n'avait presque plus d'amis, ni de famille. Christian Millau a raconté que ses amis en étaient venus, lorsqu'ils le croisaient dans la rue, à changer de trottoir de peur que Blondin ne les invite à boire un coup[4]. Seuls ses amis les plus fidèles comme Denis Lalanne ou Jean Cormier ont accompagné Antoine Blondin dans les dernières années de sa vie et venaient lui rendre visite régulièrement dans son appartement de la rue Mazarine, et au café Le Rubens, rue Mazarine, aujourd'hui disparu.

Antoine Blondin est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (74e division)[5].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Publications posthumes[modifier | modifier le code]

  • 1991 : Œuvres, R. Laffont, coll. « Bouquins » (ISBN 2-221-06981-1)
    Réunit L'Europe buissonnière, Les Enfants du bon Dieu, L'Humeur vagabonde, Un singe en hiver, Monsieur Jadis ou L'École du soir, Quat'saisons, Certificats d'études, Ma vie entre des lignes et L'Ironie du sport.
  • 1991 : O.K. Voltaire, Quai Voltaire, Paris. (ISBN 2-87653-105-4)
  • 1993 : Mon journal, la Table ronde, Paris. (ISBN 2-7103-0557-7)
    Fac-simile de son journal manuscrit, entrepris en septembre 1936 à la veille de la rentrée des classes.
  • 1993 : Un malin plaisir, la Table ronde, Paris. (ISBN 2-7103-0558-5)
    Chroniques et points de vue écrits entre 1963 et les années 1970.
  • 1999 : La Semaine buissonnière, la Table ronde, Paris. (ISBN 2-7103-0860-6)
    « La Semaine buissonnière » était le titre de sa chronique dans L'Équipe. Sur 90 articles présentés, 71 étaient inédits. Édition établie et présentée par Aurore Durry.
  • 2001 : Tours de France : chroniques intégrales de L'Équipe, 1954-1982, la Table ronde, Paris. (ISBN 2-7103-2423-7)
    Édition établie et présentée par Stéphanie Rysman.
  • 2004 : Premières et dernières nouvelles, la Table ronde, Paris. (ISBN 2-7103-2683-3)
    Édition établie et présentée par Alain Cresciucci.
  • 2006 : Mes petits papiers, la Table ronde, Paris. (ISBN 2-7103-2858-5)
    Articles et préfaces, édités par Alain Cresciucci.
  • 2011 : L'humeur vagabonde, suivi de Un singe en hiver, La Table Ronde, Paris.

Les éditions de La Table ronde ont publié l'ensemble de ses œuvres romanesques et les éditions Robert Laffont la totalité de son œuvre écrite dans la collection « Bouquins ».

Sous le pseudonyme Tenorio[modifier | modifier le code]

  • 1965 : L'Adultérologie, Denoël, Paris.
    Publié en compagnie d'un autre auteur écrivant sous le pseudonyme Seingalt et illustré de dessins de Cabu.

Distinctions personnelles[modifier | modifier le code]

  • Remporte le 21ème Grand Prix littéraire de Monaco en 1971 pour l'ensemble de son œuvre

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Antoine Blondin, André Fraigneau, Roger Nimier, Paris, « Accent grave », Laffont, 1964;
  • Yvan Audouard, Monsieur Jadis est de retour (Fixot - La Table Ronde, 1994);
  • Jean-Emmanuel Ducoin, Blondin, chronicoeur et hussard du Tour, dans L'Humanité, 17 juillet 2003. [lire en ligne];
  • Alain Cresciucci, Antoine Blondin, Gallimard, coll. « NRF biographies », Paris, 2004. (ISBN 2-07-075952-0);
  • René Perrin, Blondin, de Saint-Germain au Limousin, Lucien Souny édition.
  • Denis Lalanne, Rue du Bac Salut aux années Blondin, La Table Ronde
  • Christophe Masson, "Pascale et Christophe", Ed. Baudelaire, 2009 (ISBN/978-2355081248)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Encyclopédie du monde actuel (EDMA), Lausanne 1967.
  2. Antoine Blondin, O.K. Voltaire, Paris, Quai Voltaire, 1987, p. 16.
  3. Italiques, deuxième chaîne de l'ORTF, 13 janvier 1972
  4. Christian Millau, Journal impoli, Éditions du Rocher, 2011.
  5. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents,‎ 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 127

Liens externes[modifier | modifier le code]