Jules Depaquit

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Depaquit.
Jules Depaquit (avec la canne en bambou), maire de la Commune libre de Montmartre, en visite à Paris en 1921

Jules Depaquit[1], né le 14 novembre 1869 à Sedan et mort le 11 juillet 1924 à Balan, est un illustrateur français.

Montmartre[modifier | modifier le code]

Il débute comme dessinateur en 1893. Il présente jusqu'à la caricature tous les traits de l'artiste de Montmartre de 1900, fastueux et criblé de dettes, grandiloquent et amateur de canulars. Venu très jeune à Montmartre, il est accueilli par Rodolphe Salis au Chat noir et demeure tout d'abord à l’hôtel du Poirier avec son compatriote et ami Georges Delaw. À l’hôtel du Tertre, au-dessus du restaurant Bouscarat, il est le voisin d’Erik Satie et de son ami Pierre Mac Orlan. Il s’installe ensuite au 30, rue Saint-Vincent, derrière le Lapin Agile, et devient locataire d'Aristide Bruant, puis il prend pension chez la Belle Gabrielle, café tenu par Marie Vizier, en même temps que Maurice Utrillo et Tiret-Bognet. Son nom est mentionné sur le tableau de Maurice Utrillo "la Maison Bernot" (1924) que l'on peut voir au Musée de l'Orangerie, à Paris (acquisition du collectionneur Paul Guillaume); on peut y lire: "Commune Libre de Montmartre, Jules Depaquit, maire-dictateur".

Illustrateur[modifier | modifier le code]

Il collabore à de nombreux journaux satiriques dont le journal Le Rire de 1899, à 1905, Le Bon Vivant de 1903 à 1906, puis La Baïonnette entre 1916 et 1917. Il entre en 1916 au Canard enchaîné comme dessinateur. L'itinéraire de Depaquit est typique d'une évolution qui conduisait des journaux d'humour ou d'échos aux journaux politiques sans négliger la collaboration à « la grande presse d'information ». Il illustra, à la demande de Lucien Vogel, Matorel en Province de Max Jacob.

La Commune libre de Montmartre[modifier | modifier le code]

Élu avec sa liste antigrattecieliste[2], il est le premier maire de la Commune libre de Montmartre fondée le 11 avril 1920, avec Pierre Labric, journaliste, le poète beauceron Maurice Hallé et Raoul Guérin, à la suite d’une réunion tenue dans la salle dite « réservée » du Lapin Agile. Depaquit, vêtu d’une redingote serrée à la taille, d’une écharpe rouge et verte, le chef surmonté d’un chapeau haut de forme et les pieds chaussés de sabots, présidait avec la plus grande dignité les cérémonies organisées sur le territoire de la « Commune libre » : entre autres, la Corrida de la Vache Enragée, organe officiel de la Commune, le Critérium des Vieux Jetons, et la Foire aux Croûtes, inaugurée le 17 avril 1921. Cette foire était plus qu’un canular : elle permit à de nombreux et parfois excellents artistes d’exposer. Depaquit mourut à Balan, le 11 juillet 1924, dans la maison familiale, après avoir été opéré d’une adénite cervicale, et fut enterré le 14 juillet.

Ouvrages illustrés par Depaquit[modifier | modifier le code]

  • Jacques Ferny, Chansons immobiles, dites par l'auteur au Chat noir, au Chien noir, aux soirées de la Plume, etc., etc., éditions E. Fromont, Paris, 1896
  • Le secret du cacatoès, éditions Félix Juven, Paris, 1898
  • Vincent Hyspa, Chansons d’Humour, Enoch et Cie éditeurs, Paris, 1903[3]
  • Vincent Hyspa, L’Éponge en porcelaine : seize conférences fantaisistes, éditions de La Sirène, Paris, 1921[4]
  • Max Jacob, Matorel en province, éditions L. Vogel, 1921
  • Jules Depaquit, Histoire de France pour les mômes, Éditions H. Jonquières, Paris, 1928

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Il signe parfois Dépaquit, avec un accent aigu sur le e.
  2. Présentation du programme électoral de Depaquit par Bruno Fuligni sur lcp.fr.
  3. En ligne sur archive.org.
  4. En ligne surgallica.bnf.fr
  5. Base des collections du Musée national d’art moderne
  6. Présentation des collections du musée de Montmartre sur Culture.fr
  7. Tapuscrit des poésies complètes et non-préfacées de Jules Depaquit : 72 pages avec corrections autographes, inédit