Éditions du Sagittaire

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Le Sagittaire)
Aller à : navigation, rechercher
Le logo des éditions : un sagittaire stylisé (vers 1925).

Le Sagittaire est une maison d'édition française fondée en 1919 à Paris et disparue en 1979. Pour certains de ses ouvrages, elle est également référencée comme Éditions Simon Kra, Éditions S. Kra, ou Éditions Kra (du nom de son fondateur).

Parcours[modifier | modifier le code]

Le premier Sagittaire (1919-1951)[modifier | modifier le code]

Créée par Simon Kra[1], en association avec son fils Lucien[2] et ses sœurs, dont Hélène, au 6 rue Blanche dans le IXe à Paris, cette maison d'édition avait comme but premier de publier des volumes illustrés à tirage limité. Elle développa rapidement une édition de livres plus classique dans la forme, très soignée, sous la direction entre autres d'André Malraux (1921-1923), puis de Philippe Soupault et de Léon Pierre-Quint. Elle devint la maison d'édition des surréalistes avec pour auteurs régulier André Breton et la première édition du Manifeste du surréalisme. Jusqu'à la crise de 1929, plusieurs collections de littérature et d'essais virent le jour comme « Les Cahiers nouveaux » ou la « Collection de la Revue européenne ». Durant cette période, une série de livres remarquables fut produite avec l'artiste Yan Bernard Dyl.

Cette maison porta plusieurs noms : Aux Éditions du Sagittaire [chez] Simon Kra, Simon Kra, ou Kra.

Au début des années 1930[3], Léon Pierre-Quint devient l'actionnaire principal du Sagittaire. La famille Kra se retire en partie et ouvre deux librairies, toujours rue Blanche d'où sortira la collection « Byblis » composé de livres illustrés de haute tenue. Pierre-Quint, installé de son côté 56 rue Rodier, publia Paul Valéry, René Crevel, Claude Simon, John Maynard Keynes...

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Le Sagittaire poursuivit son travail d'édition rue du Vieux-Port à MarseilleLes Cahiers du Sud l'hébergèrent dans leurs locaux. Bras-droit depuis 1923 de Léon Pierre-Quint[4], Gabrielle Friedrich[5] lui succéda à la tête de l'entreprise ; des traductions de romans américains et des récits de résistants furent publiés à cette époque.

Après guerre, Pierre-Quint publia notamment Arcane 17 d'André Breton (1947).

Le second Sagittaire (1975-1979)[modifier | modifier le code]

Rachetée à Pierre-Quint en 1951 par les éditions de Minuit puis par le Club français du livre en 1954, elle fut relancée par Grasset-Fasquelle en 1975 et placée sous la direction de Gérard Guégan assisté entre autres de Raphaël Sorin, lesquels avaient été licenciés en 1974 de Champ Libre. La direction artistique est confiée à Alain Le Saux.

Entre autres auteurs publiés à cette époque : Jacques Baynac, Béatrix Beck, Pierre Mabille, etc.

Bukowski y fut traduit en 1977 pour les Contes de la folie ordinaire par le biais de Jean-François Bizot.

Les éditions du Sagittaire disparurent en mars 1979[6], l'année des 60 ans.

Extrait du premier catalogue (1919-1951)[modifier | modifier le code]

« Collection de la Revue européenne » puis « Collection Européenne »[7]

37 titres sortis de 1923 à 1928, ensuite réimprimés ou révisés[8]. Chaque volume était illustré par une héliogravure hors-texte exécutée par un artiste contemporain[9] et représentant l'auteur du livre.


« Les Cahiers nouveaux[15]»


« Carnets littéraires » (chez Kra)

Série française


Série cosmopolite

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Laurent, Béatrice Mousli, Les Éditions du Sagittaire, 1919-1979, Paris : éd. de l'Imec[18], coll. « L'Édition contemporaine », 2003 (ISBN 978-2-908295-59-7)
  • Gérard Guégan, Ascendant Sagittaire, éd. Parenthèses, 2001 (ISBN 978-2-86364-107-1)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il fut libraire dès 1903. Il est mort le 13 janvier 1940 à Angers.
  2. Lucien-Jacques Kra (1889-1944), mort à Auschwitz.
  3. En février 1929, les Éditions Kra/Éditions du Sagittaire se transforment en société anonyme au capital de deux millions de francs. Le conseil d'administration est présidé par Roger Picard, professeur agrégé des facultés de droit ; Simon Kra est vice-président ; Hélène Kra, secrétaire ; les autres membres sont Georges Dreyfus, banquier, Edmond Bomsel, bibliophile connu, agréé près le tribunal de Versailles, A. Saphir, administrateur de sociétés, R. Bing, ingénieur E.C.P., Léon Pierre-Quint et Philippe Soupault. Léon Pierre-Quint et A. Saphir sont nommés administrateurs-délégués. La direction générale est assurée par Lucien Kra ; Léon Pierre-Quint et Philippe Soupault restent les directeurs littéraires de la maison. (Sources : P. Fouché, Chronologie de l’Édition, en ligne.)
  4. Le directeur littéraire était passé dans la clandestinité dès 1940.
  5. dite Gaby Neumann, du nom de son époux
  6. G. Guégan, op. cit., p. 379-382.
  7. En juillet 1923, Philippe Soupault et Léon Pierre-Quint furent chargés de diriger la « Collection de la Revue européenne », issue de la revue du même nom créée en mars et publiée au Sagittaire. Par la suite, le nom deviendra Collection européenne (Sources : Imec).
  8. Par exemple, le no 26 Gatsby le Magnifique a connu deux versions de la traduction classique de Victor Llona : la première publiée en 1926, la seconde à partir de sa réédition de 1946 (détails en section Éditions de l'article Gatsby le Magnifique).
  9. Comme Robert Delaunay, Foujita, Joseph Sima, Adolf Hoffmeister, Man Ray, Christian Bérard, etc.
  10. http://www.sudoc.fr/064320588
  11. http://www.sudoc.fr/142864331
  12. http://www.sudoc.fr/098064479
  13. http://www.sudoc.fr/138529701
  14. http://www.sudoc.fr/078257786
  15. Lancée en septembre 1924 à raison d'un livre édité par mois (récit, essai, poésie), tiré à moins de 1000 exemplaires en petit-format, sous couverture papier marron avec, hors-texte, un extrait fac simili de l'écriture manuscrite de l'auteur.
  16. Pseudonyme de Gérard Rosenthal, directeur de la revue L'Œuf dur.
  17. Pseudonyme d'Edmée de La Rochefoucauld.
  18. Archives consultables depuis 1989 à l'Imec sous le nom « Kra/Le Sagittaire ».

Articles connexes[modifier | modifier le code]