Théo Varlet

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Théo Varlet (1878-1938), alias Déodat Serval, est un poète, écrivain fantastique et traducteur français du XXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

1878. Le 12 mars, Léon Louis Étienne Théodore Varlet naît à Lille.

1887-1895. Études classiques chez les Pères Jésuites, 5 ans à Lille puis 3 à Boulogne. 1893. En 3e. Il écrit ses premiers vers. 1895. En Rhétorique, au lycée de Lille.

1896. En Philosophie. Il subit l’influence de Kant, Spinoza, Nietzsche, Hegel, Goethe, Renan. Baccalauréats Lettres et Sciences.

Date ? Il collabore à la revue L’Essor, puis en devient le directeur.

1898. Il édite son premier volume de poésie. Il quitte la ville, les amis, la famille. Il se fixe à Knocke-sur-Mer en Flandre zélandaise.

1898-1900. C’est ensuite une période de voyages. En vrai chemineau, souvent à pied, tête nue, gros souliers cloutés, sac au dos, gourdin à la main, il parcourt la Hollande, le Rhin, la Suisse, l’Angleterre, les côtes nord et ouest de la France.

« Tout communique, tout est lié, tout est en tous. Les mêmes morceaux de broadcasting, les mêmes bandes de cinéma, émeuvent tous les hommes en bloc sur la périphérie du globe ; l’atmosphère spirituelle s’égalise, brassée par les trains rapides, les autos, les avions. Si je déplace mon bras ici sur la terre, cela influe sur la marche de la lune, des planètes et de toute la machinerie sidérale. Et je ne suis plus le seul, ou presque, à le savoir : n’importe qui en a bu l’aperception diluée dans l’air... » [1]

1901-1902. Il visite le Midi de la France, l’Italie, la Sicile. Il figure pour la première fois dans une anthologie, celle de Alphonse Marius Gossez.

1903-1904. Il visite la Grèce, le Proche-Orient, Buda-Pest et Constantinople.

1905. En juin, il est au Danemark ; en août, en Provence, à Graveson où vit Frédéric Mistral. Là, chez son ami le peintre Jean Baltus, il fait la connaissance d’un hellène Nicolas Deagoumis, adorateur du soleil, qui l’initie à ce culte. Il découvre Cassis.

1906. Il publie Notes et poèmes et Notations.

1908. Il rencontre la compagne de son existence.

1909. Ils s’installent à Cassis et s’y marient.

1910. Il va en Corse.

1911-1913. D’octobre 1911 à mars 1913, séjour à Saint-Tropez.

1913. Le Mas du Chemineau devient leur résidence d’hiver définitive. Désormais, il passera les étés à Paris, Lille ou Saint-Valery-sur-Somme.

1911. Il séjourne en Italie et en Sicile.

1914. Il voyage en Tunisie.

1914-1918. C’est la guerre. Il est réformé numéro 2 [?]. Son pacifisme lui attire des ennuis. Il ne publie rien.

1920-1934. Il publie 10 volumes de vers, 15 volumes de prose, 35 traductions de l’anglais et des traductions commerciales signées de pseudonymes. En 1923 et 1925, le Mercure de Flandre lui consacre deux numéros spéciaux.

1932. Il arrête sa production littéraire.

1933. Terrassé définitivement par la maladie, il abandonne tout travail actif.

1938. Le 6 octobre, il décède chez lui, à Cassis. Il est incinéré à Marseille.

1939. En mai, Malcolm Mac Laren, son héritier, fait le tri des inédits et traductions de Théo Varlet pour les éditions posthumes.

Famille[modifier | modifier le code]

  • Son grand-père paternel : menuisier de village, autodidacte, venu s’établir à Lille en 1860.
  • Son père : avocat, famille paysanne.
  • Sa mère : famille bourgeoise, ascendance ibérique.

Réception[modifier | modifier le code]

Les critiques de son temps rapprochent Théo Varlet de Blaise Cendrars et de Jules Supervielle, comme précurseur et annonciateur de l’ère du cosmique.

Régis Messac écrit : « Poète impeccable, il possède en même temps, chose qui manque à beaucoup de romanciers, de sérieuses connaissances scientifiques. Comme tous les vrais maîtres du genre, comme Poe, comme Wells, Théo Varlet n’a pas besoin d’avoir recours à des imaginations extravagantes, ni de nous emmener jusque sur les plus lointaines planètes pour nous faire voir du nouveau. Il sait — comme tous les hommes de science le savent — que l’inconnu nous entoure de toutes parts, et nous serre de très près. » [2]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

  • 1898. Heures de Rêve, Lille.
  • 1905. Notes et Poèmes, Le Beffroi, Lille.
  • 1906. Notations, Le Beffroi, Lille.
  • 1911. Poèmes choisis, Cassis.
  • 1924. Aux Îles Bienheureuses, Grasse.
  • 1922. Aux Libres Jardins (du Monde), Malfère.
  • 1926. Paralipomena, poèmes, Crès & Cie.
  • 1926. Quatorze Sonnets, Mercure de Flandre.
  • 1929. Ad Astra, poèmes, Messein.
  • 1933. Florilège de poésie cosmique, Mercure Universel.

Prose[modifier | modifier le code]

  • 1905. Le Dernier Satyre, le Beffroi ; SFELT Malfère, 1922 ; nouvelle édition augmentée d'inédits, Littéra, 1997.
  • 1920. La Bella Venere, contes, SFELT Malfère.
  • 1921. Les Titans du Ciel (avec Octave Joncquel), roman planétaire, SFELT Malfère ; rééd. dans Oeuvres romanesques, 1996.
  • 1922. L’Agonie de la Terre (avec Octave Joncquel), roman planétaire, SFELT Malfère ; rééd. dans Oeuvres romanesques, 1996.
  • 1922. Le dernier satyre, contes, SFELT Malfère.
  • 1923. La Belle Valence, (avec André Blandin), roman, SFELT Malfère.
  • 1923. Le Démon dans l’Âme, roman, SFELT Malfère, réédition : Miroir, 1992.
  • 1925. Épilogues et souvenirs, Les Humbles
  • 1926. Le Calepin du Chemineau, Lille, Vouloir.
  • 1926. Monsieur Mossard, Amant de Néère, roman, Montaigne.
  • 1927. Le Roc d’Or, roman, Plon ; rééd. 1932, rééd. Le Serpent à plumes, 1998 ; rééd. L'Arbre vengeur, coll. "L'Alambic", 2014.
  • 1930. Aux Paradis du Hachich, suite à Baudelaire, essai, « Bibliothèque du Hérisson », SFELT Malfère, réédition : Trouble-fête, 2003.
  • 1930. La Grande Panne, roman, Éditions des Portiques[3] ; rééd. L’Amitié par le Livre, 1936.
  • 1934. Astronomie. Le Nouvel Univers astronomique, encyclopédie Roret, SFELT Malfère.
  • 1996. Œuvres romanesques. Tome I : L’Épopée martienne, suivi de La Belle Valence, Amiens, Encrage.

Publié sous le nom de Willy[modifier | modifier le code]

  • L’Éther consolateur (titre initial : Le Septième péché).

Manuscrits perdus[modifier | modifier le code]

  • date? Les Naufragés d’Éros, roman, suite de La Grande Panne.
  • date? Cosmica (Fusées).
  • date? Correspondance.
  • date? Cléopâtre, roman inachevé.
  • Lunaires, poèmes

Traductions de l’anglais[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Œuvres de Robert Louis Stevenson 
  • 1920. L’île au trésor, Nelson.
  • 1920. Les Gais lurons. Diamant du rajah, la Sirène.
  • 1920. Le Maître de Ballantrae, la Sirène.
  • 1920. Dans les Mers du Sud - I. Les Marquises et les Paumotus, la Sirène.
  • 1920. Dans les Mers du Sud - II. Les Gilberts, la Sirène.
  • 1925. Le Reflux, Albin Michel.
  • 1927. Aventures de David Balfour, collection des maîtres de la littérature étrangère, Albin Michel.
  • date? Histoire d’un mensonge.
  • 1926. Le Cas étrange du Dr Jekyll et de M. Hyde, filmé ; rééd. Librio no 113, 2000, (ISBN 2-277-30113-2).
  • 1928. Catriona, suite des Aventures de David Balfour, collection des maîtres de la littérature étrangère, Albin Michel.
  • 1933. Le Club du suicide, filmé.
Œuvres de Rudyard Kipling
  • 1925. Sous les Déodars, Nelson.
  • 1926. Trois troupiers, Nelson.
  • 1928. Monseigneur l’éléphant,, Nelson, filmé.
  • 1929. Au Hasard de la vie, Nelson.
Autres
  • Jerome K. Jerome, Trois hommes dans un bateau, Nelson, 1923 ; Rombaldi, illustré par André Fraye, éd. orig. 1938.
  • Stanley Weyman, La cocarde rouge, 1923.
  • J. Buchan, Les 39 marches (filmé), la Centrale d’énergie, 1924
  • Amy Steedman, Contes des Mille et une Nuits, 1931.
  • Emily Brontë, Hauteurs impétueuses, date?, filmé ; La ferme des tempêtes, date?
  • Herman Melville, Eden Cannibale, N.R.F., 1926 ; Moby Dick[4], 1933
  • Franck Norris, Mac Teague, 1933.
  • Karl Mayo, L’Inde avec les Anglais, 1929.
  • W. J. Locke, Mon neveu d’Australie, 1929.
  • Pearl Buck, La Terre chinoise, 1931 (filmé)
  • F. J. P. Veale, Le règne de Lénine.
  • A. Weigall, Sapho de Lesbos, 1932.
  • Hilaire Belloc, Richelieu 1585-1642, collection « Bibliothèque Historique », Payot, 1933.
  • Stephen Gwynn, Scott au pôle sud, 1932.
  • Morley Roberts, Loups de mer, date?
  • Mauren Flaming, Elisabeth d’Autriche.
  • Collison Morlay, Histoire des Borgia, Payot, 1951.
Critique littéraire et philosophique

De 1898 à 1932, Théo Varlet collabora à plus de cent journaux et revues, notamment :

• L'Essor • Le Beffroi • Les Bandeaux d’Or • Le Figaro • L’Œuvre • Candide • Le Quotidien • Les Nouvelles Littéraires • La France active • L’Esprit français • Le Manuscrit autographe • Les Humbles • Le Mercure Universel • l’Ermitage • le Thyrse • La Plume • L’Idée-Libre • Le Messager de Bruxelles • La Rénovation Esthétique • Jeune Effort de Bruxelles • Poésie de Milan • Le Feu de Marseille • La Revue des Flandres de Lille• Le Semeur de Paris • Société Nouvelle à Mons • Le Divan à Paris • Pan de Paris • L’Art Libre de Lyon • Isis de Paris • Le Passant de Bruxelles • Vers et Proses de Paris • Horizons de Paris • Avenir International de Paris • L’Humanité • Le Populaire de Paris • De Kunst d’Amsterdam • Littoral de la Somme (Saint-Valéry-en-Somme) • Lumière d’Anvers • Mercure de Flandre à Lille • Vouloir de Lille • La Pensée Française de Strasbourg • Partisans de Paris• L’Opinion de Paris • La Flandre littéraire • Littoral Magazine de Toulon • Écho du Nord de Lille • L’Étoile belge de Bruxelles • L’Indépendance belge de Bruxelles • La Suisse de Genève • La Presse de Montréal • Le Petit Niçois • La Vie Universelle de Montbrun-Bocage • etc.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Joseph Altairac, « Théo Varlet, poète cosmique », préface à L'Épopée martienne - La Belle Valence. Œuvres romanesques - 1, Amiens, Encrage, 1996, [lire en ligne].
  • André Jeanroy-Schmitt, La Poétique de Théo Varlet, Lille, Mercure de Flandre, 1929.
  • Félix Lagalaure, Théo Varlet (1878-1939). Sa vie, son œuvre, préface de Valentin Bresle, rétrospective de Malcolm Mac Laren, postface du Docteur Emmanuel Agostini, portrait de Théo Varlet, 12 pages reproduction d’autographes, bois gravés de Léonev, Paris, Publications de L’Amitié par le Livre, 1939.
  • Alphonse-Marius Gassez, Les Poètes du XXe siècle, Eugène Figuière éditeur, 1929.
  • Eric Dussert, Préface, chronologie et bibliographie dans Le Dernier Satyre et autres récits, Lille, Littéra, 1997.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Extrait daté de 1900 cité par Christian Sénéchal, La Littérature française contemporaine, SFELT, 1933 : à propos des Carnets du chemineau.
  2. Régis Messac, Les Primaires, n° 79, juil. 1936, p. 448.
  3. Source : voir l’avant-propos de l’édition de L’Amitié par le Livre.
  4. Cette traduction, qui daterait de 1933, est mentionnée dans le livre de Félix Lagalaure, mais ne l’est pas dans la liste des œuvres de Théo Varlet qui figure dans La Grande Panne, 1936, soit trois ans après. Un extrait est paru en septembre 1931 dans la revue « Le Crapouillot », sous le titre Une nuit à l’hôtel de la Baleine, voir texte sur wikisource