George Grosz

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George Grosz

Description de l'image  George Grosz 1930.jpg.
Nom de naissance Georg Groß
Naissance
Berlin
Décès (à 65 ans)
Berlin
Activités Peinture
Formation Académie royale des arts de Dresde
École des beaux-arts de Berlin
Maîtres Emil Orlik
Mouvement artistique Dada, Nouvelle Objectivité, Expressionnisme allemand

George Grosz, né Georg Ehrenfried Groß le à Berlin et mort le à Berlin, est un peintre allemand, qui fut un membre important du mouvement Dada ainsi que de l'aile gauche du mouvement de la Nouvelle Objectivité.

Biographie[modifier | modifier le code]

Admis en 1909 à l'Académie royale des arts de Dresde (Königlichen Kunstakademie Dresden), il entre en 1912 à l'école des beaux-arts de Berlin (de) (Kunstgewerbeschule) où il est élève d'Emil Orlik (1870-1932).

Pour se défaire de la connotation allemande de son patronyme, il rajoute un « e » à la fin de son prénom et change en « sz » le « ß » de son nom. Au même moment, son ami Helmut Herzfeld anglicise son nom pour John Heartfield.

Enrôlé dans l'armée en 1914, il passe deux ans dans un régiment de grenadiers avant d'être réformé en mai 1917. La raison officielle de cette réforme argue d'une infection des sinus, bien qu'il soit resté quelque temps dans un hôpital psychiatrique militaire.

Adhérant aux idées communistes du Novembergruppe en 1918 et participant à l'insurrection spartakiste, Grosz est arrêté en janvier 1919. Il parvient à s'échapper grâce à de faux papiers d'identité. Avec Heartfield, il rejoint le Parti communiste allemand (KPD). Il participe aux revues politisées berlinoises comme Der Blutige Ernst ou Die Aktion. Son antimilitarisme et son engagement pour un art prolétaire lui causent des démêlés avec la justice : revues saisies ou interdites de parution, condamnation pour insulte envers l'armée impériale, censure de recueils de gravures comme « Gott mit Uns »[1] (1920).

Baptisé « Maréchal Propagandada », Grosz organise avec Raoul Hausmann et Heartfield la Première foire internationale Dada à Berlin, le 5 juin 1920. Il pratique l'exagération caricaturale et montre avec vérisme, l'état du monde de l'après-guerre. Il emprunte aux futuristes et aux dadaïstes, la représentation dynamique et fiévreuse des grandes villes, en particulier dans son œuvre emblématique Les Funérailles d'Oskar Panizza (1917).

Anti-nazi, Grosz quitte l'Allemagne en 1932. Invité à enseigner l'art à l'Arts Students League de New York en 1933, il y travaille de façon intermittente jusqu'en 1955. Il devient citoyen des États-Unis en 1938. Son style s'édulcore et verse dans un romantisme sentimental. Ce changement est généralement considéré comme un déclin.

Dans les années 1950, il ouvre une école d'art chez lui, tout en travaillant pour le centre d'art de Des Moines. En 1954, il est élu à l'Académie américaine des arts et des lettres.

En 1959, il choisit de retourner à Berlin, où il meurt le 6 juillet, victime d'une chute dans les escaliers, après une nuit de beuveries.

Citation[modifier | modifier le code]

« L'artiste d'aujourd'hui, s'il ne veut pas tourner à vide, être un raté passé de mode, ne peut choisir qu'entre la technique et la propagande pour la lutte des classes. Dans les deux cas, il doit abandonner l'art pur. »

Œuvres[modifier | modifier le code]

Timbre allemand de 1993, de 100 pfennig, reproduisant Café.
  • Die Strasse - The street. Canvas, 1933, Staatsgalerie, Stuttgart, Allemagne
  • Die Grossstadt, 1916-1917, huile sur toile, 100 × 102 cm, Fundacion Coleccion Thyssen-Bernemisza, Madrid
  • Apachen, 1917, dessin[2]
  • Hommage à Oskar Panizza, 1917, huile sur toile, 140 × 110 cm, Staatgalerie, Stuttgart[3]
  • Menschen im café, 1917, dessin[4]
  • Metropolis, 1917[5]
  • Panorama. Nieder mit Lieknecht, 1919[6]
  •  Remember Uncle August, the Unhappy Inventor. Ein Opfer der Gesellschaft, 1919, collage[7]
  • Automates républicains, 1920, gouache et encre de Chine sur carton, 60 × 47,3 cm, The Metropolitan Museum of Art (MOMA), New York[8]
  •  Brillantenschrieber im café Kaiserhof, 1920, dessin et collage[9]
  •  Der Diabolospieler, 1920[10]
  •  Der Sträfling : Monsieur John Heartfield, 1920[11]
  • Talinischer Plan. Akt, 1920[12]
  • Grauer Tag. Magistratbeamter für Kriegsbeschädigtenfürsorge, 1921[13]
  •  Ecce homo, 1923, série de dessins en couleurs[14]
  •  Les Piliers de la société, 1926, huile sur toile, 200 × 108 cm, Nationalgalerie, Berlin
  •  Drinnen und draussen, 1926
  •  Caïn ou Hitler en enfer, 1944, huile sur toile 99 × 124.5 cm
  • Explosion, 1917, Musée d'art moderne de New York
  • The Survivor, 1944, huile sur toile
  • L'Éclipse du soleil, 1926

Expositions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Aurélie Verdier « L'ABCdaire de Dada », Flammarion, Paris, 2005
  • Laurent Le Bon (sous la direction de) : Dada, catalogue de l'exposition présentée au Centre Georges-Pompidou du 5 octobre 2005 au 9 janvier 2006, éditions du Centre Pompidou, Paris, 2005
  • Ralph Jentsch, George Grosz, l'œil de l'artiste, Paris : Société nouvelle Adam Biro, 2002

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Traduction française « Dieu avec nous ». Cette devise de l'armée allemande était notamment inscrire sur la boucle de ceinturon des militaires.
  2. Reproduction dans Le Bon, op. cit., p. 450.
  3. Reproduction dans Verdier, op. cit., p. 62.
  4. Reproduction dans Le Bon, op. cit., p. 451.
  5. Reproduction dans Le Bon, op. cit., p. 460.
  6. Reproduction dans Le Bon, op. cit., p. 461.
  7. Reproduction dans Le Bon, op. cit., p. 463.
  8. Reproduction dans Le Bon, op. cit., p. 447 & Verdier, op. cit., p. 80.
  9. Reproduction dans Le Bon, op. cit., p. 457.
  10. Reproduction dans Le Bon, op. cit., p. 448.
  11. Reproduction dans Le Bon, op. cit., p. 458.
  12. Le Bon, p. 459.
  13. Reproduction dans Le Bon, op. cit., p. 447.
  14. Le Bon, p. 455.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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