Espagnol
|
|
Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (août 2008).
Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant les références utiles à sa vérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références ». (Modifier l'article)
|
| Espagnol ou castillan Español ou castellano |
|
|---|---|
| Parlée en | |
| Nombre de locuteurs | 400 millions[1] (450[2],[3] - 500[4],[5],[6],[7],[8] millions si l'on compte les pratiquants secondaires) |
| Typologie | SVO + VSO syllabique |
| Classification par famille | |
|
|
| Statut officiel | |
| Langue officielle de | Amérique hispanique, Espagne, Guinée équatoriale. |
| Régi par | Association des académies de la langue espagnole (Académie royale espagnole plus 21 autres académies de la langue espagnole existant dans le monde) |
| Codes de langue | |
| ISO 639-1 | es |
| ISO 639-2 | spa |
| ISO 639-3 | spa |
| Linguasphere | 51-AAA-b |
| IETF | es |
| Échantillon | |
| début du Don Quichotte de Miguel de Cervantes : Capítulo I En un lugar de la Mancha, de cuyo nombre no quiero acordarme, no ha mucho tiempo que vivía un hidalgo de los de lanza en astillero, adarga antigua, rocín flaco y galgo corredor. |
|
| modifier |
|
L’espagnol, ou castillan, est une langue romane, parlée en Espagne et dans de nombreuses nations d'Amérique, ainsi que d'autres territoires dans le monde associés à un moment de leur histoire à l'ancienne métropole.
La langue espagnole, issue du latin vulgaire parlé autour de la région cantabrique, au nord de la péninsule Ibérique, s'est diffusée en suivant l’extension du Royaume de Castille puis fut menée en Afrique, en Amérique et en Asie Pacifique avec l'expansion de l'empire espagnol entre le XVe et le XIXe siècle, circonstances historiques qui en font la langue romane la plus parlée dans le monde actuellement.
Aujourd'hui, environ 400 millions de personnes ont l'espagnol comme langue maternelle[9],[10],[1], ce qui la hisse au deuxième rang mondial en nombre de locuteurs natifs[11],[12],[13],[14].
Sommaire |
[modifier] Histoire
[modifier] Caractéristiques
L’espagnol est morphologiquement proche du français, du fait de leur origine latine commune, mais l'intercompréhension reste toutefois très limitée, bien que facilitée à l'écrit par le caractère archaïsant de l'orthographe française. L'espagnol est de façon générale resté nettement plus archaïsant et demeure ainsi relativement proche du latin classique et de l'italien moderne, avec lequel il maintient un certain degré d'intercompréhension. Appartenant à la sous-branche ibéro-romane comme le portugais, l’espagnol permet également une certaine intercompréhension écrite, et dans une moindre mesure orale, avec celui-ci[15].
D'autre part, l'espagnol étant originaire de la région du Cantabrique, dans le nord de l'Espagne, il a reçu une forte influence du substrat formé par l'ancêtre du basque, en particulier au niveau morphologique, ainsi que, dans une moindre mesure, lexical.
[modifier] Morphosyntaxe
L'espagnol partage avec les autres langues romanes la plupart des évolution phonologiques et grammaticales caractéristiques du latin vulgaire, telles que l'abandon de la quantité vocalique, la perte des déclinaisons et la disparition des verbes déponents.
Les principales évolutions qui caractérisent l’espagnol sont :
- diphtongaison spontanée des E (>ie) et O (>ue) brefs toniques (TEMPU(M)>tiempo ; PORTA(M)>puerta etc.)
- palatalisation des groupes -LL- et -NN- latins en [ʎ] et [ɲ] (ANNU(M)>año etc.)
- bêtacisme, c'est-à-dire disparition de l'opposition entre les phonèmes /v/ et /b/ (sauf dans certains contextes d'hypercorrection)[16].
- sonorisation des consonnes occlusives sourdes intervocaliques (VITA>vida ; LACU(M)>lago etc.)
- aspiration puis disparition du F- initial latin, conservé sous la forme d'un « h » muet dans la graphie usuelle (FILIUM>hijo ; FACERE>hacer, FABULARE>hablar ; FOLIA>hoja). Ce trait est sans doute une conséquence de l'influence du substrat bascoïde (le système phonologique basque ne connaît pas de F- à l'initiale). Dans certaines régions le H- initial est encore prononcé aspiré.
- adoption d'un système vocalique simplifié à 5 voyelles (a, e, i, o, u) lui aussi peut-être influencé par le basque.
- dévoisement puis évolution singulière des fricatives de l'espagnol médiéval dans le sens d'une simplification, débouchant sur la mise en place de deux phonèmes particulier : la fricative vélaire sourde [x] et, dans différents dialectes péninsulaires, incluant notamment les parlers prestigieux de Tolède, Madrid etc., l'interdentale [θ] (proche du th anglais).
- adoption d'une accentuation tonique basée sur l'intensité et non (comme en italien par exemple) sur la quantité.
En comparaison aux autres langues romanes, l'espagnol possède une typologie syntaxique particulièrement libre et avec des restrictions bien moindres concernant l'ordre des mots dans les phrases (typiquement : sujet-verbe-complément).
Un des traits syntaxiques caractéristiques de l'espagnol est l'ajout d'une préposition « a » devant les compléments d'objet renvoyant à une personne ou un être animé. Il peut être considéré comme une conséquence de la liberté syntaxique précédemment évoquée, le fait de pouvoir intervertir facilement les groupes syntaxiques dans une phrase entraînant possiblement une confusion entre sujet et objet, évitée grâce à l’emploi de la préposition[17]. Ce trait concourt à une confusion que l'on rencontre dans l'usage des pronoms compléments directs et indirects (phénomènes qualifiés de léisme, laïsme et loïsme, le premier étant considéré comme correct dans certains cas d'un point de vue académique).
L'espagnol fait fréquemment usage d'un pronom complément indirect redondant en cas de présence du groupe nominal référent : le digo a Carmen : « je dis à Carmen » (littéralement : « je lui dis à Carmen »).
Comme en latin et dans la plupart des autres langues romanes, et à la différence du français[18], l'usage des pronoms sujets est facultatif. Il n'est utilisé que pour lever une confusion dans certains cas de conjugaisons[19] ou pour insister sur le sujet[20].
[modifier] Système verbal
De façon générale, le système de conjugaison de l'espagnol est resté morphologiquement très proche du latin.
Les quatre conjugaisons latines sont réduites à trois en espagnol. Les infinitifs latins en -ĀRE, -ĒRE et -ĪRE deviennent respectivement en espagnol -ar, -er et -ir ; la troisième conjugaison latine, en -ĔRE, est redistribuée entre les deuxième et troisième conjugaisons de l'espagnol, -er et -ir (ex. : FACĔRE>hacer, DICĔRE>decir).
L'espagnol conserve certaines formes synthétiques issues du latin, qui tendent à être remplacées par des formes analytiques dans d'autres langues romanes[21].
[modifier] Lexique
En raison de contacts prolongé avec d'autres langue, le lexique de l'espagnol contient un grand nombre de mots issus d'emprunts, notamment au basque, à l'arabe et à différentes langues amérindiennes.
[modifier] Mots d'origine basque
Par exemple, izquierda (gauche) vient du mot basque ezkerra.
[modifier] Mots d'origine arabe
Héritage de l'époque musulmane, l'arabe apporta un grand nombre de mots à l’espagnol (plus de 4 000[22]).
Noms communs d'origine arabe
| Mot espagnol | Traduction | Mot arabe d'origine |
|---|---|---|
| aceite | huile | āz-zeit (أَلْزيت) (idem) |
| aceituna | olive | āz-zeitwn (الزيتون) (idem) |
| albaricoque | abricot | āl-barqwq (الْبَرْقُوق) (la prune) |
| alcachofa | artichaut | āl-ḫaršwf (الخرشوف) (l’épine de la terre) |
| alcalde | maire d’un village ou d’une ville | āl-qāḍy (القاضي) (le juge) |
| aldea | village | ād-ḍay’ah (الضيعة) (le village) |
| alguacil | employé municipal | āl-ḡazil (الغزل) (l’archer) |
| almohada | oreiller | āl-muḫaḍa (المخدة) (idem) |
| alquiler | loyer | āl-kirā (الكراء) (idem) |
| alubia | haricot | āl-lwbiya (اللوبيا) (idem) |
| el | le/l' | āl (ال) (idem) |
| fulano | type/mec | fwlān (فلان) (idem) |
| hasta | jusque | hatta (حتى) (idem) |
| he | voici | hā (ها) (idem) |
| majara | fou | maǧnwn (مجنون) (idem) |
| marfil | ivoire | ‘aẓam āl-fyl (عظم الفيل) (os d’éléphant) |
| marrano | cochon (adjectif) | mohharram (محرم) (interdit) |
| ojalá | pourvu que (litt. Dieu veuille que) | inch’Allah (ان شاء الله) (Si Dieu le veut) |
| olé | olé | wallah (par Allāh), (والله) (interjection admirative) |
| rehén | otage | rahan (رهن) (idem) |
| zanahoria | carotte | safunnāryah (سفنارية) (idem) |
Noms propres d'origine arabe[23]
- Albacete, de l'arabe : البسيط , Al-Basit, la plaine ;
- Alcázar, de l'arabe : القصر al-qṣar, al kasr ; château/forteresse, terme utilisé pour désigner cette architecture défensive en Andalousie ;
- Alhambra de l'arabe : الْحَمْرَاء, Al-Ḥamrā', littéralement « la rouge », (la forme complète est Calat Alhambra الْقَلْعَةُ ٱلْحَمْرَاءُ, Al-Qal‘at al-Ḥamrā’ , « la forteresse rouge ») ;
- Almería, de l'arabe : مرأى al-Miraya, tour de vigie, donjon, mirador ;
- Almodovar, de l'arabe : المدور al-mudawwar, la ronde ;
- Grenade de l'arabe : غرناطة , Gar-anat, Colline des pélerin ;
- Gibraltar, de l'arabe : جبل طارق , djebel Tarik montagne de Tarik ;
- Guadalquivir, de l'arabe : الوادي الكبير wâd-al-kébir (la grande rivière ou la grande vallée) wâd (oued) signifiant plus la notion de vallée que rivière qui se dit nahr ;
- Guadalajara, de l'arabe : وادي الحجارة wâd-al-ħijârä (la vallée des pierres ou la rivière des pierres).
Nom propre d'origine européenne et arabisé
- Alicante, de l'arabe : ألَقَنت Al-Laqant, de la cité romaine Leucante (Lucentum) ;
- Andalousie de l'arabe Al-Andalus forme arabisée du wisigoth landa-hlauts ou autre hypothèse, transformation phonétique de Wandal en Andalus (le nom germanique des Vandales, peuple germanique qui vivait notamment en Bétique au Sud de la péninsule ibérique) (Voir : Étymologie d'al-Andalus et de l'Andalousie).
[modifier] Mots d'origine gitane
Le caló (dialecte espagnol du romaní, langue des Roms) a également notablement enrichi le vocabulaire espagnol, surtout au niveau de l’argot.
| Mot espagnol | Traduction |
|---|---|
| canguelo | peur |
| mangar | voler |
| menda | personne/type |
| gilipollas | con/idiot |
| chalar | séduire |
| chaval/a | garçon/fille |
| cate/catear | un coup/rater un examen |
| chungo | difficile/malade/moche/pourri |
[modifier] Écriture
Comme les autres langues romanes, l'espagnol a adopté l'alphabet latin et recourt à des diacritiques et des digrammes pour le compléter. Le tilde Les accents écrits, utilisés en espagnol moderne pour marquer la voyelle tonique dans certains cas, ou pour distinguer certains homonymes, ont été utilisés de façon spontannée jusqu'à la standardisation de leur usage à la création de l'Académie royale espagnole aux XVIIIe siècle. De plus, le u porte un tréma dans de rares occasions, à savoir dans les suites güe et güi pour indiquer que le u se prononce (par exemple : bilingüe, « bilingue »).
Le N tildé est peut-être le plus célèbre des diacritiques espagnols ; il donne naissance à un caractère considéré comme une lettre à part entière, ñ. Il s'agit à l'origine d'un digramme NN, le second N ayant été abrégé par suspension au moyen d'un trait devenu ondulé, ~.
Ce sont les scribes espagnols qui ont inventé la cédille (zedilla, « petit z »), celle-ci n'est cependant plus utilisée depuis le XVIIIe siècle (le ç qui notait [ts] étant devenu un [θ] interdental noté z : lança est devenu lanza, « lance », ou c devant e et i : ciego, « aveugle »).
Les points d'exclamation et d'interrogation sont accompagnés par des signes du même type inversés, ¡ et ¿, placés au début de la proposition concernée (et non au début de la phrase) : ¿Qué tal estás? (« Comment vas-tu ? »), ¡Qué raro! (« Comme c'est étrange ! ») mais Si te vas a Sevilla, ¿me comprarás un abanico? (« Si tu vas à Séville, tu m'achèteras un éventail ? »).
De façon générale, l'espagnol, à l'écrit, est une transcription proche de l'oral ; toutes les lettres doivent être prononcées. L'apprentissage de la langue s'en trouve ainsi dans une certaine mesure facilité, pour les hispanophones natifs comme pour les non-natifs désireux d'apprendre la langue. Les combinaisons de lettres ph rh et th ainsi que ch provenant du kh grec ne sont pas utilisées, et seules les consonnes c, r, l et n peuvent être doublées. Le rr, comme r en début de mot, traduit une consonne roulée alvéolaire voisée tandis que ll traduit une consonne centrale liquide. La combinaison qu rend le son k devant e, et i (comme en français).
Traditionnellement, ch et ll ont été considérées comme lettres à part entière et, pour cette raison, dans le dictionnaire, se trouvaient classés en conséquence (par exemples : camisa, claro, charla, ou liar, luna, llama). Les dictionnaires ont cependant peu à peu abandonné cette pratique et recourent à un classement alphabétique classique (comme en français). Cette situation a été régularisée par l'Académie royale espagnole dans une réforme orthographique publiée en 2010 stipulant que ch et ll ne doivent plus être considérées comme des graphèmes indépendants, mais seulement comme une combinaison de deux graphèmes[24].
[modifier] Variations et dialectes
[modifier] Dialectes d'Espagne
Parmi les modalités les plus remarquables du castillan parlé en Espagne, on peut citer l'andalou (notamment caractérisé par la présence de seseo ou de ceceo selon les zones), le murcien, le castúo et le canarien.
[modifier] Variations en Amérique hispanique
Parmi les plus remarquables, on peut citer l'utilisation d'un autre système de pronoms personnels. Le pronom de la troisième personne du pluriel ustedes (qui sert en Espagne uniquement à s'adresser à un ensemble de personnes que l'on vouvoie) remplace en Amérique hispanique le vosotros.vosotros (2e personne du pluriel, équivalent en Espagne au « vous » français lorsque l'on s'adresse à un ensemble de personnes que l'on tutoie).
La prononciation ibérique de la consonne c (devant les lettres e et i) ou z (devant a, o et u), est une spirante interdentale (proche du th anglais). En Amérique latine le phonème se prononce toujours /s/ (phonétiquement proche du s français, le s péninsulaire étant plus palatal), un important trait commun avec le canarien et une grande partie de l'andalou. Cette prononciation, appelée en espagnol « seseo », est généralisée en Amérique hispanique.
Les traits communs avec le dialectes andalou et canarien s'expliquent par le fait que la colonisation de l'Amérique hispanique et tous les échanges commerciaux avec celle-ci ont pendant longtemps été centralisés à Séville (les îles Canaries servant alors d'intermédiaire avec la Péninsule Ibérique), ce qui permettait un meilleur contrôle des flux par la Monarchie. C'est ainsi le dialecte andalou qui a été dominant chez les migrants, qui y passaient souvent de longs mois avant de pouvoir embarquer pour le Nouveau Monde.
Les nombreux esclaves africains déportés dans l'empire espagnol ont également influencé certaines différenciations des parlers d'Amérique et développé une forme d'espagnol particulière au contact des colons, tout en apportant leur accent africain.
De grandes disparités peuvent exister au niveau du lexique. Par exemple certains mots courant dans l'espagnol péninsulaire sont obscènes en Argentine, en Colombie ou au Mexique.
La prononciation de l'heure peut différer en Espagne et en Amérique. Pour ce qui est de la première moitié du cadran (12 à 6) l'usage est le même. Pour la deuxième moitié (6 à 12), il y a des variations. Par exemple, en Espagne, « Il est 9 h 40 » se dira « Son las diez menos veinte » tandis qu'en Amérique latine on préfèrera généralement « Faltan veinte (minutos) para las diez », bien que le paradigme péninsulaire existe et soit quelquefois employé. « Il est 1 h » et « Il est 13 h » se disent de la même façon : « Es la una (de la tarde) ».
[modifier] Le spanglish
Une conséquence du contact de la langue espagnole avec l'anglais, est l'apparition d'un parler appelé « spanglish », qui est employé notamment par des locuteurs aux États-Unis. Cette variante de l'espagnol est étudiée dans certaines universités comme l'Université Amherst du Massachusetts.
| Mot espagnol | Mot anglais | Spanglish |
|---|---|---|
| Banda | Gang | Ganga |
| Camioneta | Truck | Troca |
| Disfrutar | To enjoy | Enjoyar |
| Reloj | Watch | Wacho |
| Creer | To believe | Bilivar |
[modifier] Extension et usage
- Pays ou l'espagnol est langue officielle.
-
Situation aux États-Unis d'Amérique :
- Pays et régions où l'espagnol est parlé sans avoir de reconnaissance officielle[25]
L'espagnol est langue officielle de l'Espagne (co-officielle suivant les régions autonomes) en Europe (45 millions). En Amérique, les pays aux plus grandes populations hispanophones sont le Mexique (107 millions), la Colombie (45 millions), l'Argentine (40 millions), le Pérou (28 millions) et le Venezuela (26 millions). Elle est aussi la langue nationale de la Bolivie, du Chili, du Costa Rica, de Cuba, de la République dominicaine, de l'Équateur, du Guatemala, du Honduras, du Nicaragua, du Panama, du Paraguay, de Porto Rico, du Salvador et de l'Uruguay. L'espagnol est encore parlé par les communautés hispanophones des États-Unis (42,69 millions[26]), notamment dans les États du sud-ouest (Nouveau-Mexique, Californie, Texas, Arizona, Nevada, Colorado, Floride avec en tout plus de 18 % d'hispanophones). Il y a également quelques locuteurs au Brésil (langue obligatoire à l'école primaire depuis 2005). En Afrique, l'espagnol est parlé en Guinée équatoriale, et dans des parties du nord et du sud du Maroc. En Asie, plus de 3 millions de locuteurs existaient aux Philippines, mais aujourd'hui il y en a moins de 100 000. Enfin, une variété du castillan appelée selon les auteurs ladino, judesmo, ispanyol ou judéo-espagnol est parlée par la communauté juive séfarade originaire de la Péninsule ibérique en Israël, Turquie, Maroc ou encore Gibraltar.
[modifier] Répartition des hispanophones dans le monde
| par ordre alphabétique | par nombre |
|---|---|
|
|
[modifier] Littérature
Les prix Nobel de littérature en langue espagnole :
- José Echegaray, Espagne (1904)
- Jacinto Benavente, Espagne (1922)
- Gabriela Mistral, Chili (1945)
- Juan Ramón Jiménez, Espagne (1956)
- Miguel Angel Asturias, Guatemala (1967)
- Pablo Neruda, Chili (1971)
- Vicente Aleixandre, Espagne (1977)
- Gabriel García Márquez, Colombie (1982)
- Camilo José Cela, Espagne (1989)
- Octavio Paz, Mexique (1990)
- Mario Vargas Llosa, Pérou (2010)
[modifier] Distinction entre « espagnol » et « castillan »
Le terme « espagnol » est recommandé par l'Académie royale espagnole (Real Academia Española, RAE), et l'Association des académies de la langue espagnole en tant que dénomination internationale de la langue[27]. Toutefois, cette appellation est peu employée voire rejetée dans de nombreux pays où l'espagnol est langue officielle, et où le terme de castillan est préféré :
- en Espagne, le terme « castillan » est très couramment utilisé, de longue date. D'autre part, l'adjectif « espagnol » faisant référence à l'ensemble du territoire et d'autres langues étant traditionnellement parlées dans une part importante du territoire (dont le catalan, le basque et le galicien, qui bénéficient d'un statut officiel depuis la transition démocratique[27],[28]), l'appellation de « castillan » est plus proche de la réalité, s'agissant d'une langue d'Espagne parmi d'autres, provenant de Castille.
- en Amérique Latine, pour des raisons historiques liées au processus d'indépendance de chaque pays et de son rapport à l'Espagne[réf. nécessaire], la dénomination « espagnol » est plus généralement acceptée du Mexique à la Colombie et la dénomination « castillan » est préférée dans le reste de l'Amérique du Sud.
Par ailleurs, la dénomination castillan peut désigner plus précisément :
- L'espagnol envisagé comme langue officielle de l’Espagne[29],[27]
- Le dialecte roman originaire de Cantabrie et employé au royaume de Castille durant le Moyen Âge[27]. Voir Castillan ancien.
- Le dialecte moderne parlé actuellement dans les régions centrales espagnoles de Castille-et-León, Castille-La Manche et Madrid, en opposition aux autres dialectes de la langue, péninsulaires ou non, comme l'andalou, le canarien ou le murcien.
[modifier] Notes et références
- http://www.elcastellano.org/23abr.html
- I Acta Internacional sobre la Lengua Española
- http://www.cervantes.es/sobre_instituto_cervantes/prensa/2009/noticias/caffarel_casa_america.htm
- José Luis Rodríguez Zapatero (V Congreso del la Lengua Española)
- http://www.krysstal.com/spoken.html
- Luis María Anson (Real Academia Española)
- Antonio Molina (Instituto Cervantes)
- Congreso Internacional sobre el español, 2008
- congresosdelalengua.es
- http://eprints.ucm.es/8936/1/DT03-06.pdf
- Classement ethnologue.com
- Classement World Factbook de la CIA
- Ethnology journal (eldia.es)
- Encarta (Mandarin 800 mill., Espagnol 358 mill., Anglais 350 mill.)
- L'intercompréhension orale est souvent assez bonne pour un locuteur lusophone mais rendue plus difficile pour les hispanophones non familiers du portugais en raison de certaines évolutions particulières de celui-ci.
- (es)Tomás Navarro Tomás (1918/1982), Manual de pronunciación española (21e éd.), Madrid, Concejo Superior de Investigaciones Científicas, (ISBN 978-84-00-03462-7), §90-91.
- Par exemple, dans la phrase « Juan voit Laura », « Juan ve a Laura », l'ordre des mots étant libre, on peut ainsi aussi bien dire « ve a Laura Juan », que « ve Juan a Laura », « a Laura ve Juan » etc., les nuances traduites par le choix de l'ordre des mots restent sans incidence sur la valeur sémantique de ce qui est énoncé : le a permet de s'assurer que, quel que soit l’agencement choisi, Laura est objet, et Juan sujet. Le français par exemple n'assure pas cette liberté dans l'ordre des mots et doit recourir à des périphrases pour traduire les mêmes nuances (« c'est Laura que Juan regarde », « c'est Juan qui regarde Laura » etc.).
- En français, la simplification des déclinaisons verbales a entraîné l'usage obligatoire du pronom sujet dans la plupart des cas. Ainsi par exemple, pour les verbes réguliers du premier groupe, les formes des trois personnes du singulier sont identiques au présent (indicatif ou subjonctif), bien que par écrit ou dans certains contextes de phrases (liaison) on distingue encore la deuxième personne par son -s. Au contraire, l'espagnol ayant en grande partie conservé la variété des terminaisons verbales latines, les possibilités de confusion sont beaucoup plus rares.
- Par exemple dans le certains temps, comme l'imparfait de l'indicatif, le présent du subjonctif et l'imparfait du subjonctif, où les formes de 1re et de 3e personne du singulier sont identiques : cantaba —> je chantais/il chantait.
- "Yo canto" —> "Moi, je chante" / "C'est moi qui chante"
- C'est par exemple le cas du parfait, encore pleinement utilisé dans une grande partie du domaine linguistique de l'espagnol et qui subsiste dans le langage littéraire mais est couramment substitué en français et en catalan par des formes composées (auxiliaire être ou avoir + participe passé et anar + infinitif respectivement).
- Bernard Darbord et Bernard Pottier, La Langue espagnole : Éléments de grammaire historique, Paris, Nathan, coll. « fac. / Études linguistiques et littéraires », 1994, 2e éd., 253 p. (ISBN 190836-3), p. 21
- (es)[José María Calvo Baeza, Nombres de lugar españoles de origen árabe, Madrid: Darek-Nyumba, 1990.]
- (es) Javier Rodríguez Marcos, La "i griega" se llamará « ye », El País, 5 novembre 2010.
- où des créoles à base espagnole sont parlés (chamorro, chavacano, papiamento, portuñol, etc.) avec ou sans reconnaissance officielle, et des régions avec une influence hispanique importante
- Annual Estimates of the Population by Hispanic Origin for the United States, May-2006, sur American FactFinder
- (es) Entrée « Español » Diccionario panhispánico de dudas, 2005, p. 271-272.
- (es) Voir Constitution espagnole de 1978, article 3, sur noticias.juridicas.com. Le texte constitutionnel utilise exclusivement « Castillan » pour désigner la langue.
- Entrée « Castillan », Le Petit Robert (édition de 2000).
[modifier] Voir aussi
[modifier] Articles connexes
- Dialectologie de la langue espagnole
- Grammaire de la langue espagnole
- Histoire de la langue espagnole
- Classement alphabétique en espagnol
- Syllabe castillane
- Sigles en espagnol
- Castillan de Madrid
- Liste Swadesh du castillan
- Linguistique
[modifier] Liens vers d'autres projets Wikimedia
[modifier] Liens externes
- (es) Site officiel de l’Académie royale espagnole
- (es) Site officiel de l'Association des académies de la langue espagnole
- Langue SVO
- Langue syllabique
- Langue officielle
- Langue d'Espagne
- Langue espagnole
- Langue d'Andorre
- Langue d'Argentine
- Langue de Bolivie
- Langue de Colombie
- Langue de Cuba
- Langue de Guinée équatoriale
- Langue de l'Uruguay
- Langue d'Équateur
- Langue des États-Unis
- Langue du Belize
- Langue du Chili
- Langue du Costa Rica
- Langue du Guatemala
- Langue du Honduras
- Langue du Maroc
- Langue du Mexique
- Langue du Nicaragua
- Langue du Panama
- Langue du Paraguay
- Langue du Pérou
- Langue du Salvador
- Langue du Venezuela
- Inventaire de langues