Religion à Cuba

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La religion à Cuba reflète la diversité culturelle de l'île. Cuba est traditionnellement un pays catholique. Parfois le catholicisme est très influencé par le syncrétisme. Une croyance syncrétique commune est la Santería, qui est originaire de Cuba et a été diffusé aux îles voisines ; elle montre des similitudes à la Umbanda brésilienne et a reçu un degré d'appui officiel. D’après certains chercheurs, 85 % des Cubains croient en quelque chose, alors qu’ils ne sont que 15 % à pratiquer régulièrement une religion[1].

Historique[modifier | modifier le code]

1959 - années 1980[modifier | modifier le code]

Cathédrale San Cristobal à la Havane

Après la révolution de 1959, Cuba est devenu un État officiellement athée et a limité la pratique religieuse. Le régime expulsa ou incarcéra plusieurs centaines d’ecclésiastiques[1] : de 1959 à 1961, 80 % des prêtres chrétiens professionnels et des ministres des églises cubaines ont quitté Cuba pour les États-Unis. Les biens du clergé furent nationalisés. Le nouveau gouvernement castriste persécuta les pratiquants de la Santeria et les tint à l'écart du Parti communiste[2].

Les relations entre le nouveau gouvernement et les congrégations étaient tendues, le nouveau gouvernement cubain était très soupçonneux des opérations de l'Église, la blâmant de la collaboration avec la CIA pendant le débarquement de la baie des Cochons et du stockage d'armes pour une « contre-révolution ».

Depuis les années 1990[modifier | modifier le code]

Depuis les années 1990, les religions connaissent un regain de vitalité dans l’île[1]. La crise provoquée par l’effondrement du bloc soviétique poussa de nombreux pauvres à se tourner vers la charité des Églises. Des associations chrétiennes comme Caritas pallient encore de nos jours les lacunes du système d’aide sociale[3]. En 1992, Fidel Castro renonça officiellement à l’athéisme d’État [4]. Jusqu'en 1998, le régime castriste avait supprimé le jour de Noël[5]. En janvier 1998, le pape Jean-Paul II a effectué une visite historique sur l'île, invitée par le gouvernement cubain et l'Église catholique.

Cependant, un Bureau des Affaires religieuses, qui dépend du PCC, surveille les activités des Églises qui doivent obtenir la reconnaissance des autorités[4]. Certains prêtres catholiques se sont ralliés au régime castriste, alors que d’autres comme Oswaldo Playa sont des dissidents actifs. L'Église fait toujours face à des restrictions de communication écrite et électronique, et ne peut seulement accepter que des donations provenant de fonds autorisés par l'État.

Christianisme[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Christianisme à Cuba et Catholicisme à Cuba.

60 % de la population a reçu le baptême mais seuls 1,5 % sont des catholiques pratiquants[1]. L'Église catholique romaine est composée de la conférence des évêques catholiques cubains (COCC), mené par Jaime Lucas Ortega y Alamino, cardinal et archevêque de La Havane. Elle est formée de onze diocèses, 56 ordres de nonnes et 24 ordres de prêtres.

Selon une étude du Centre de recherches psychologiques et sociologiques, Cuba compterait un demi million de protestants sur une population totale de 11,2 millions de personnes. On recenserait par ailleurs 96 200 Témoins de Jéhovah[1].

Judaïsme[modifier | modifier le code]

Les Cubains juifs, les juifs cubains, ou les Cubains de l'héritage juif, ont vécu sur l'île pendant des siècles. Certains Cubains remontent leur origine juive au marranisme, communauté exilée sous l'inquisition espagnole. Cependant peu de ces derniers pratiquent le judaïsme aujourd'hui.

Il y eut une immigration juive significative à Cuba dans la première moitié du XXe siècle. Comme beaucoup d'autres, des juifs ont quitté Cuba pour les États-Unis après l'arrivée au pouvoir de Fidel Castro, et il y a aujourd'hui une grande communauté au sud de la Floride. Dans la Cuba actuelle, on trouve beaucoup de communautés du Moyen-Orient, y compris les populations juives et libanaises.

Il existe actuellement cinq synagogues pour environ 1500 Juifs[1].

Religions afro-cubaines[modifier | modifier le code]

Santeria[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Santeria.

La Santería s'est développée autour des traditions des Yoruba, un des peuples africains rendus en esclavage à Cuba entre le XVIe siècle et le XIXe siècle pour travailler dans les plantations de sucre. La Santería est un mélange de christianisme et de croyances de l'Afrique Occidentale. Cela a permis aux esclaves de maintenir leurs croyances traditionnelles tout en semblant pratiquer le catholicisme. La sainte patronne de Cuba, La Virgen de la Caridad del Cobre (Notre-Dame de la Charité du Cuivre), est un syncrétisme avec la déesse des eaux et de l’amour Ochún de la Santería. Le festival religieux important « La Virgen de la Caridad del Cobre » est célébré par les Cubains tous les ans le 8 septembre. Les autres religions pratiquées sont le Palo Monte, et l'Abakuá, qui ont la grande partie de leur liturgie dans des langues africaines.

Plusieurs centaines de milliers de Cubains pratiquent des cultes afrocubains[1], qui connaissent un succès important. Parmi les rituels venus d'Afrique, la Santeria, appelée aussi Regla de Ocha, est la plus répandue. Persécutés par les Espagnols, les esclaves yorubas originaires du delta du Niger dissimulèrent habilement leurs divinités derrière les saints de la chrétienté pour continuer à rendre un culte à celles-ci. Au fil des années, les religions se sont mêlées en un syncrétisme étonnant. Si aujourd'hui la religion catholique n'est pas très répandue, la Santeria, elle, en revanche, fait partie intégrante de l'identité nationale. Les santeros fréquentent les églises et accomplissent des actes de dévotion comme tous les chrétiens, mais au lieu de prier le saint catholique, ils adorent en même temps un de leur dieu, et ils espèrent ainsi se concilier la protection des deux.

Autres religions afro-cubaines[modifier | modifier le code]

Parmi les autres cultes africains pratiqués à Cuba figure le Palo Monte ou Regla Mayombé, pour lequel on utilise des herbes et autres éléments naturels à des fins magiques, ainsi que l'Abakuá, qui est plus qu'une société secrète de secours mutuel réservée aux hommes. Introduit par les esclaves du Congo, du Zaïre et de l'Angola parlant le bantou, le Palo Monte est fondé sur le culte des morts. Les fidèles appelés paleros exécutent des rites parfois macabres, à la limite de la magie noire. L'abakua est originaire d'une région située entre le Nigéria et le Cameroun. Lors des cérémonies, les participants déguisés en diablotins (diablitos) exécutent des danses et jouent de la musique. Le diablito fait aujourd'hui partie du folklore cubain.

Source[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Mauricio Vicent, « Les églises sortent de l’ombre », dans Géo, n°339, mai 2007, p.74
  2. Paulo A. Paranagua, « L'élection de M. Obama ravive le débat racial à La Havane », dans Le Monde du 03-01-2009, [lire en ligne], mis en ligne le 02-01-2009
  3. Mauricio Vicent, « Les églises sortent de l’ombre », dans Géo, n°339, mai 2007, p.78
  4. a et b Mauricio Vicent, « Les églises sortent de l’ombre », dans Géo , n°339, mai 2007, p.76
  5. « Les Rois mages malvenus à Cuba », dans Libération du 09/01/2007, [lire en ligne]