Santiago de Cuba

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Santiago de Cuba
Image illustrative de l'article Santiago de Cuba
Administration
Pays Drapeau de Cuba Cuba
Province Santiago de Cuba
Municipalité Municipalité
Code postal 70100
Démographie
Population 426 679 hab. (est. 2008)
Géographie
Coordonnées 20° 01′ 29″ N 75° 49′ 41″ O / 20.0246454, -75.82798 ()20° 01′ 29″ Nord 75° 49′ 41″ Ouest / 20.0246454, -75.82798 ()  
Altitude 82 m
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Cuba

Voir sur la carte Cuba administrative
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Santiago de Cuba
Liens
Site web http://www.santiago.cu/

Santiago de Cuba est une ville portuaire de Cuba et la capitale de la province de Santiago de Cuba. Elle est située au sud-est de l'île, à 762 km de La Havane. Avec une population de 426 679 habitants en 2008, c'est la deuxième ville du pays.

Géographie[modifier | modifier le code]

La ville est située au fond d'une baie profonde commandée par une passe étroite (200 m de large) entre la mer des Caraïbes et les montagnes de la Sierra Maestra.

Santiago, qui est un important port de pêche, est également un centre d'exportation du cuivre, du fer et des produits agricoles de la région environnante. Les établissements industriels de la ville sont diversifiés : fonderies, distilleries, fabriques de cigares, de savons et de matériaux de construction. La ville abrite une université.

Histoire[modifier | modifier le code]

Pour une définition de la Ville.
Si l’on trouve une pierre
Qui n’ait pas été lancée contre l’ennemi ;
Si l’on découvre une rue que les héros
N’aient jamais arpentée ;
Si depuis le Tivoli on ne voit pas la mer ;
S’il y a encore une fenêtre
Qui n’ait jamais été ouverte aux guitares ;
Si l’on ne trouve aucune porte ouverte,
On peut dire alors que Santiago n’existe point…
— Waldo Leyva (poème traduit de l’espagnol par Yuri Montano Abiague)

Santiago de Cuba fut fondée en 1514 par Diego Velázquez de Cuéllar. En 1898, la ville fut le théâtre de la Bataille de Santiago de Cuba, opération décisive dans la guerre hispano-américaine, qui mena Cuba vers son indépendance. Les habitants de Santiago sont fiers que Fidel Castro ait qualifié leur ville de « berceau de la Révolution ».

C'est un endroit plein de vie où les fêtes et la danse sont célébrées avec ferveur, surtout pendant le carnaval.

Santiago de Cuba, c’est par où tout a commencé à Cuba. Même si Baracoa fut la toute première ville construite par les Conquistadores, Santiago eut toujours la primauté depuis le peuplement européen de l’Île. Elle se situa très vite au premier rang des villes de la Caraïbe, ceci surtout grâce à sa situation géographique et à son port abrité. Distante de 900 km de La Havane, Santiago est insérée dans un cadre unique à Cuba, demeurant une ville dont le charme et la chaleur humaine débordent dans le sourire omniprésent de ses habitants. Oubliée par la couronne espagnole pendant le XVIIe siècle, elle survécut grâce au commerce de contrebande entretenu avec d’autres îles voisines telles la Jamaïque et Saint-Domingue. Ses habitants eurent beau s’enrichir par le biais de l’échange d’or, d’argent, du rhum et de la viande boucanée, ils se sentirent toujours menacés par la présence des pirates et corsaires qui maraudaient les enclaves espagnoles dans le bassin caribéen. Ayant enfin réalisé l’importance géographique et économique de la ville, le gouvernement espagnol y fit dresser une première forteresse entre 1637 et 1638 ; Le Château de San Pedro de la Roca faisait partie du système défensif de la côte sud de Cuba et est plus connu sous le nom de Castillo del Morro. Cet imposant fort qui surveille le chenal d’entrée de la baie de Santiago servit de prison lors de la dernière guerre d’indépendance contre l’Espagne. Ayant été abandonné pendant un demi-siècle, il fut presque complètement restauré dans les années 80 et 90 pour être finalement inscrit au Patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco en 1997. À 50 km à l'est de Santiago, se trouve le Parque Baconao, le plus grand parc naturel de toute l'île de Cuba.

Santiago de Cuba est connue par les Cubains comme « la Tierra caliente » (la Terre chaude), non seulement à cause des températures élevées qui se produisent tout le long de l’année mais aussi par le tempérament accueillant et chaleureux des Santiagueros (habitants de Santiago) et par le Carnaval le plus célèbre de Cuba qui se déroule fin juillet chaque année et qui coïncidait naguère avec la fin de la récolte de la canne à sucre.

L’histoire de Santiago enregistre une série de tremblements de terre qui restent encore dans la mémoire des plus âgés, comme celui de 1932 qui a détruit une partie du centre-ville, et avait sérieusement endommagé une des deux tours de la Cathédrale. L’adjectif « chaude » s’applique par-dessus tout à la bravoure des fils de la ville et de tout l’Oriente cubain (l'Est), tenant compte du fait que les trois guerres d’indépendance qui ont secoué le pays dans les derniers siècles ont toutes débuté à Santiago et se sont ensuite très vite répandues partout dans l’île jusqu’à embraser la région de l’Ouest et La Havane.

Santiago était le chef-lieu de l’ancienne province d’Oriente jusqu’en 1976, année où Cuba fut découpée en 14 nouvelles provinces. La ville garda quand même son statut de deuxième plus grande ville du pays, comptant quelque 500 000 habitants avec une tendance croissante à s’étendre vers la banlieue.

Santiago fut la poudrière d’où Fidel Castro lança son attaque manquée sur la caserne Moncada le 26 juillet 1953, entraînant un groupe de 125 jeunes combattants, dont son frère Raúl, qui ont pour la plupart trouvé la mort le jour même, après avoir été torturés et éventuellement assassinés. Ce bastion militaire du régime de Batista était à l’époque la deuxième plus importante forteresse de Cuba après le Quartier Général de Columbia à La Havane, d’où, l’histoire le veut comme ça, le vieux dictateur donnait encore des ordres depuis l’escalier de l’avion qui le conduisit à Saint-Domingue le matin du 1er janvier 1959, emportant des millions de dollars dans ses malles et croyant ainsi avoir créé une tête de pont qui empêcherait Castro de prendre le pouvoir. Pendant les années 50, la ville de Santiago a été la principale chaudière du mouvement du 26 Juillet et de la résistance contre le régime corrompu et sanguinaire de Fulgencio Batista qui a tué plus de 20 000 Cubains.

La caserne Moncada fut transformée en école et musée après la Révolution de 1959. L’histoire de l’échec de l’assaut lancé sur les lieux reste toujours controversée, du fait que Castro a exposé la vie d’une troupe de jeunes gens âgés en moyenne de moins de 25 ans, la plupart mal entraînés, méconnaissant Santiago et ses alentours vu qu’ils venaient en grande partie de La Havane et l’Ouest de Cuba. La nouvelle de l’attaque se répandit rapidement dans Cuba et la répression générale ne se fit pas attendre. L’événement projeta Castro au premier plan quand, au cours d'un procès extraordinaire, il prononça sa célèbre plaidoirie entrée dans l’histoire de Cuba sous le nom de « L’Histoire m’acquittera ».

El Cobre[modifier | modifier le code]

Tout près de Santiago de Cuba, sur les lieux connus comme Santiago del Prado, à présent rebaptisés El Cobre, a commencé l’exploitation de premières mines de cuivre à ciel ouvert découvertes par les Conquistadores en Amérique. Le minerai fut exploité jusqu’à très récemment lorsque les filons s’épuisèrent et de l’or fut déniché aux abords des anciens chantiers. C’est sans doute à El Cobre que les esclaves se révoltèrent pour la première fois à Cuba contre leurs maîtres et une nouvelle main d’œuvre, à moitié chinoise, à moitié espagnole a dû être amenée sur place. El Cobre devint aussi haut lieu de pèlerinage pour les Cubains et non-Cubains grâce à la Basilique de Notre-Dame de la Charité qui se dresse au plus élevé du village. Le temple abrite depuis longtemps une chapelle dédiée à la Vierge métisse de la Charité, vénérée de partout à Cuba et dont le culte s’est répandu ailleurs entraînant le 8 septembre, grand jour de célébration, des foules venues des quatre coins du monde pour déposer des offrandes et faire des vœux à leur Vierge chérie en attendant des faveurs et la grâce divine moyennant son intercession devant le bon Dieu. Déjà vers la fin du XIXe siècle, les Mambises, l’Armée pour l’indépendance de Cuba, l’avaient déclarée "Sainte Patronne" de Cuba, elle le devint officiellement en 1916, d’après une bulle papale. Mais parallèlement commença à Cuba un long et enchevêtré processus de transculturation et mélange qui conduisirent inévitablement à la naissance d’une ample gamme de croyances religieuses.

Jumelage[modifier | modifier le code]

  • Drapeau de la France Le Lamentin (France), signé en 1996 par Pierre Samot, maire du Lamentin et Nicolas Carbonell, maire de Santiago de Cuba.

Le carnaval[modifier | modifier le code]

Ce célèbre carnaval a une origine religieuse : depuis la fin du XVIIe siècle, des processions et des festivités ont lieu tous les ans, du 24 juin au 26 juillet en l'honneur du saint patron de la ville, Santiago Apostolo. À la fin du défilé, les esclaves membres des cabildos (sociétés de secours mutuel qui gardaient vivantes les langues, les traditions et les croyances africaines) étaient autorisés à sortir dans les rues où ils chantaient en s'accompagnant de tambours, de crécelles et d'autres instruments. Ils annonçaient les comparsas, ces groupes portant des masques ou des costumes, des banderoles, des capes et des farolas (lampions) et dansant au rythme de la conga. Dans la seconde quinzaine de juillet, la ville entière est en fête, chaque quartier se doit de prendre part au défilé avec au moins une comparsa.

Musique[modifier | modifier le code]

La musique cubaine est le résultat de la fusion entre la percussion africaine et la guitare espagnole. Cette fusion sera plus tard enrichie par d’autres instruments musicaux arrivés de l’Amérique du Sud tels les « claves » (petits bâtons en bois) et les maracas (shakers), faites à partir des arbres typiques cubains appelés « güiras ». Le Son, genre musical né vers la fin du XIXe siècle, constitue la base de pratiquement toute la musique cubaine contemporaine, étant lui aussi le précurseur de la Salsa et s’étant vite répandu à Cuba pendant les premiers vingt ans du XXe siècle...

Tout en parcourant les rues du Centre Historique de Santiago de Cuba, et savourant les brises humides et tièdes qui caressent les journées dans le Midi cubain, on arrive à La Casa de la Trova. Non sans avoir être interpellés par les personnages les plus typiques de la ville qui déambulent en permanence dans les rues de la vieille ville. Ce sont des vendeurs de fruits, des vendeurs de journaux, des artisans et éventuellement, des musiciens improvisés.

À l’intersection des rues Heredia et San Félix, au numéro 206, se dresse la Casa de la Trova. À l’intérieur de cette pittoresque demeure coloniale achevée dans la première moitié du XIXe siècle, est né, en date du 23 octobre 1844, Rafael Pascual Salcedo. Il deviendra l’un des musiciens santiaguais les plus connus de son époque et aussi fondateur d’un important mouvement musical cubain qui sera connu plus tard sous le nom de la Vieja Trova.

La maison à présent occupée par la Casa de la Trova appartenait au début du XXe siècle à un marchand nommé Virgilio Palais, celui-ci avait réussi à réunir dans son café un groupe de musiciens en provenance de plusieurs quartiers de la ville. Ainsi, derrière les fenêtres en bois massif et fer forgé, et les longs balcons surélevés sur les trottoirs, est née la Trova, chanson traditionnelle cubaine imprégnée d’un contenu romantique et « contagieux » se faisant accompagner des percussions et de guitares. Cette nouvelle vague musicale a fait le tour du monde.

Santiago de Cuba est également le berceau de nombreux genres musicaux cubains tels le Boléro et le Son, des rythmes qui se sont diffusés partout et qui ont influencé à leur tour d’autres musiques du bassin caribéen. On sait que le Son cubain est arrivé à Santiago au début du XXe siècle, et qu’il a vu le jour dans les montagnes qui entourent cette ville. On l’a entendu pour la première fois de la voix des Guajiros (fermiers) qui allaient d’une contrée à l’autre, guitare à la main, en faisant courir des bruits et des nouvelles tels les troubadours du Moyen Âge. C’était aussi le temps de la naissance de la Première République, ainsi, le Son est devenu un excellent moyen pour renforcer les idéaux de liberté du peuple et les plus grandes aspirations de la jeune nation cubaine. Le Boléro, quant à lui, a des origines qui remontent à la deuxième moitié du XIXe siècle. Il est né lui aussi à Santiago de Cuba, sous les balcons et les vérandas, derrière les fenêtres coloniales où se cachait « la bien aimée », souvent une femme courtisée par un musicien ou simplement par un amant inconsolable qui se faisait accompagner par un trio ou un petit orchestre qui chantait une sorte de sérénade « à la napolitaine » aux accents d’opéra et de romances françaises.

Le grand succès qu’eurent le Boléro et le Son est aussi dû en partie aux agitations politiques et aux fréquents changements de régimes qui avaient secoué Cuba pendant les premières trente années du XXe : ces chansons servaient à l’époque pour dénoncer les fléaux sociaux qui touchaient la société cubaine et l’ingérence militaire, économique et politique du puissant voisin nord-américain. Alors, le Son fit son entrée dans les principales salles de bal de l’Oriente cubain, voyageant des campagnes aux villes et vice-versa, jusqu’à ce qu’il débarque triomphalement à La Havane, plein de paroles à double sens et de dictons malicieux. Boléro et Son seront joués par des musiciens légendaires tels Miguel Matamoros, Sindo Garay, Pepe Sánchez, Manuel Corona, Miguelito Cuní, Ñico Saquito et, enfin et surtout, Joseíto Fernández, compositeur de l’archiconnue Guantanamera. Ces personnages mythiques jetèrent les fondements des riches traditions artistiques cubaines et d’un grand éventail composé de plusieurs variantes musicales régionales qui donnèrent lieu, des années plus tard, à d’autres tendances comme le Mambo, le Cha-cha-cha, la Salsa et le Filin.

La musique cubaine, quoique distincte en elle-même, possède comme élément commun le mélange des différentes cadences tropicales et des compositions musicales novatrices. Avec un usage cubanisé des instruments, elle a su reconstituer ses racines sonores, européennes et africaines, auxquelles se sont ajoutées des influences caribéennes et sud-américaines tels les sons apportés par la Marímbula ou Botijuela.

En somme, la grande famille musicale cubaine, composée de Mambo et Salsa, Son et Boléro, des guitares et percussions, de danse et feeling, a conquis le monde, et en partant se Santiago de Cuba a fait salle comble à La Havane, Paris, Mexico et New York, pour s’installer à jamais au sommet de la culture universelle.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]