Île de la Jeunesse

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Île de la Jeunesse
Isla de la Juventud
Situation de la province à Cuba.
Situation de la province à Cuba.
Administration
Pays Drapeau de Cuba Cuba
Capitale Nueva Gerona
Démographie
Population 86 559 hab.
Densité 36 hab./km2
Géographie
Coordonnées 21° 45′ 00″ N 82° 51′ 00″ O / 21.75, -82.8521° 45′ 00″ Nord 82° 51′ 00″ Ouest / 21.75, -82.85  
Superficie 241 927 ha = 2 419,27 km2

L'île de la Jeunesse (en espagnol : Isla de la Juventud) est la plus grande île du pays après l'île de Cuba et la sixième plus grande des Caraïbes. En raison de l'augmentation de sa population et du peu d'investissements économiques possibles, elle est considérée comme une municipalité spéciale et non comme une province à part entière. Elle est donc administrée directement par le gouvernement central de Cuba.

L'île était nommée île des Pins jusqu'en 1978.

Géographie[modifier | modifier le code]

L'île de la Jeunesse est située à 100 km environ au sud-ouest de l'île de Cuba, dont elle est séparée par le golfe de Batabanó, et se trouve presque directement au sud de La Havane et de Pinar del Río. Elle s'étend sur environ 55 km du nord au sud et sur 65 km d'est en ouest.

Histoire[modifier | modifier le code]

Vue aérienne de l'île.

On connaît peu la civilisation pré-colombienne de l'île, mais une série de cavernes près de la plage de Punta del Este a été préservée. On y trouve 235 anciennes peintures réalisées par la population indigène. L'île a été découverte par les Européens durant le troisième voyage de Christophe Colomb vers le Nouveau Monde le 13 juin 1494[1]. Il la nomma La Evangelista et en prit possession pour l'Espagne. L'île eut plusieurs noms au cours de son histoire : Isla de Cotorras (« île des perroquets ») et Isla de Tesoros (« île aux trésors »).

Après la découverte de l'île par Christophe Colomb, la couronne espagnole l'accorda aux éleveurs de bétail, mais en fait, elle fut laissée aux mains des pirates. Les hauts-fonds interdisaient aux lourds galions espagnols d'approcher de ses côtes tandis que les bâtiments légers comme ceux des flibustiers pouvaient y mouiller. C'est ainsi que des personnages mythiques tels Francis Drake, Henry Morgan, Olivier Esquemeling et Jacques de Sores l'utilisèrent pour cacher leurs butins pris aux Espagnols.

Après la victoire des États-Unis dans la guerre hispano-américaine, l'Espagne céda en 1898 toutes ses possessions de Cuba selon les termes du Traité de Paris tout en accordant l'indépendance à Cuba qui, en fait, devient un protectorat américain. En 1901, l'Amendement Platt qui fixe les termes des relations américano-cubaine — et sera annexé à la Constitution de la République de Cuba par vote du 12 juin 1901 — mentionne dans son article VI l'île de la Jeunesse (ou « île des Pins », à l'époque) comme étant « exclue des limites de Cuba », tout en laissant « la question de son appartenance à un arrangement futur en vertu d’un traité »[2]. C'est finalement le traité américano-cubain de 1903 qui permet aux États-Unis d'échangés l'île contre le territoire qui allait devenir la Base navale de la baie de Guantánamo.

Après la fondation de Nueva Gerona (1830), l'île servit de lieu de détention pour les nationalistes cubains comme José Marti. Son utilisation en tant qu'île-prison se poursuivit pendant cinquante ans au XXe siècle. La construction de la prison Presidio Modelo débuta en 1926. En 1953, Batista transforma l'île en zone franche propice au blanchiment d'argent. Le dictateur voulait aussi en faire un lieu de vacances paradisiaque pour riches Américains. La nuit du nouvel an 1958, alors que les barbudos de Castro investissaient La Havane, un groupe de rebelles s'empara de l'île lors de la cérémonie d'ouverture d'un hôtel et y arrêta tous les mafieux.

En 1966, après un cyclone dévastateur, le gouvernement cubain décida la création de nouvelles plantations d'agrumes dont l'exploitation serait confiée à des étudiants venus de Cuba et du monde entier. Le projet rencontra un tel succès qu'en dix ans la population de l'île passa de 10 000 à 80 000 habitants.

Depuis 1976, l'île de la Jeunesse et le reste de l'archipel de Los Cannareos constituent une province au statut particulier à Cuba.

Économie[modifier | modifier le code]

Carte

La plus grande partie de l'île est recouverte de forêts de pins, qui est source d'une grande industrie du bois de charpente. La région nord de l'île a de basses crêtes dont du marbre est extrait, alors que la région sud est une haute plaine. L'agriculture et la pêche sont les industries principales de l'île, où poussent agrumes et légumes. Une plage de sable noir a été constituée par activité volcanique.

L'île a un climat doux, mais est connue pour des ouragans fréquents. C'est une destination touristique célèbre, avec beaucoup de plages et de lieux de villégiature, comme la plage de Bibijagua. Jusqu'à ce que le gouvernement cubain ait exproprié toutes les propriétés d'appartenance étrangère au début des années 60, beaucoup de terrains ont été possédés par des Américains.

Transport[modifier | modifier le code]

Le moyen de transport principal vers l'île est le bateau ou l'avion. Hydroptère (kometas) et catamaran motorisé font le voyage entre deux et trois heures. Un bac beaucoup plus lent et plus grand de cargaison prend autour six heures pour faire la traversée, mais est meilleur marché.

La prison Presidio Modelo[modifier | modifier le code]

Prison Presidio Modelo, Decembre 2005

De 1953 à 1955, Fidel Castro fut emprisonné dans la prison Presidio Modelo, sur l'Isla de la Juventud, par le régime de Fulgencio Batista, après l'échec de l'attaque contre les casernes Moncada, dans la province d'Oriente, en juillet 1953. Plus tard, Castro employa le même moyen pour emprisonner des contre-révolutionnaires et des dissidents, comme Huber Matos, commandant des troupes rebelles qui a rejoint la révolution cubaine, mais qui plus tard entra en conflit avec Fidel Castro — il prétend y avoir été torturé —, et Armando F. Valladares.

Presidio Modelo est maintenant fermée et transformée en musée. Elle a été remplacée par plusieurs prisons modernes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. ÎLE DE LA JEUNESSE
  2. (en) (fr) Texte de l'amendement Platt de 1901 - Trésor de la langue française au Québec, Université Laval

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