Léon Brunschvicg

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Léon Brunschvicg

Activités philosophe, mathématicien, biologiste, physicien
Naissance 10 novembre 1869
Paris IIe
Décès 18 janvier 1944
Aix-les-Bains
Langue d'écriture (fr) française

Léon Brunschvicg (Paris IIe, 10 novembre 1869Aix-les-Bains, 18 janvier 1944) est un philosophe français idéaliste de tendance platonicienne, époux de la féministe et sous-secrétaire d'État à l'Éducation Cécile Brunschvicg.

Biographie[modifier | modifier le code]

Léon Brunschvicg est élève d'Alphonse Darlu au lycée Condorcet, comme Marcel Proust qu'il a côtoyé en outre dans l'adolescence[1].

Il entre à l'École normale supérieure (Ulm, 1888) et devient professeur à Lorient (1891), à Tours (1893), au lycée Corneille, à Rouen (de 1895 à 1900), puis au lycée Condorcet à Paris.

Il se fait connaître entre 1900 et 1940 comme un philosophe idéaliste, voire intellectualiste ; il est le représentant de ce que l'on a appelé le courant idéaliste français.

Il est nommé professeur à la Sorbonne en 1909, où il enseigne pendant trente ans.

Il participe en 1929 au deuxième cours universitaire de Davos, avec de nombreux autres intellectuels français et allemands.

Il est président, à partir de 1932, de l'Académie des sciences morales et politiques.

Sous l'Occupation, Brunschvicg doit quitter son poste à la Sorbonne et se réfugier en zone libre pour échapper aux nazis qui le traquent en raison de ses origines juives. Il se réfugie dans le sud de la France à Aix-en-Provence. Il y vit tranquillement en commençant l'ébauche de ce qui allait être son dernier ouvrage Descartes et Pascal lecteurs de Montaigne[2]. Mais lors de l'occupation allemande de la zone libre le 11 novembre 1942, sa femme et lui doivent se cacher.

Il meurt en janvier 1944 à l'âge de 74 ans.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Avec Henri Bergson, Léon Brunschvicg s'annonça, dès 1897, comme l'un des philosophes français majeurs de la première moitié du XXe siècle. À la Société française de philosophie (fondée en 1901 par Xavier Léon), à la Sorbonne et partout où il fut reçu, Brunschvicg ne laissa personne indifférent. Avec ses amis connus au lycée (notamment Élie Halévy) ainsi qu'un grand nombre de ses collègues (André Lalande, Émile Meyerson), il participa à ce que l'on appelle encore aujourd'hui l'idéalisme français.

Brunschvicg développa à partir de la « méthode réflexive », un « idéalisme critique ». Pour lui, l'acte de l'esprit s'exprime dans les vérités scientifiques : philosophie et science vont en couple. Le grand concept brunschvicgien par excellence est celui de jugement dont il expose la théorie dans sa thèse La Modalité du jugement. C'est le jugement qui, dans la réflexion scientifique, constitue le cœur de la philosophie réflexive de Brunschvicg. À partir de ce jugement, qui donne la signification pleine et entière de la conscience intellectuelle, Brunschvicg va pouvoir rendre compte d'une philosophie de l'esprit : la genèse de l'esprit c'est le progrès du savoir sous la forme des sciences ; et Brunschvicg sera l'un des rares philosophes du siècle dernier à tenter une réflexion tenant conjointement les sciences (mathématiques, physique, biologie) et l'Esprit.

D'autre part, l'engagement politique de Brunschvicg, humaniste, ne fait que découvrir le message central de son œuvre : l'universalisme de la Raison. L'œuvre brunschvigienne, qui comporte une somme considérable d'ouvrages et d'articles, vient d'être complétée grâce à la restitution par la Russie à sa famille en 2001, de nombreuses notes inédites.

Critique[modifier | modifier le code]

Léon Brunschvicg est la cible principale du pamphlet Les chiens de garde (1932) de Paul Nizan, communiste athée, qui voit en lui le modèle du philosophe bourgeois, indifférent aux réalités sociales : « On voit mal les raisons que M. Brunschvicg aurait eues de pencher vers des idées dangereuses » (p.110).

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Envoi de L. Brunschvicg à Maurice Halbwachs sur La raison et la religion (1939).
(Ouvrage conservé à la Bibliothèque de sciences humaines et sociales Paris Descartes-CNRS).
Ouvrages doctrinaux publiés du vivant de l'auteur
  • La Modalité du jugement (thèse principale), Paris, Alcan, 1897.
  • Introduction à la vie de l'esprit, Paris, Alcan, 1900, réédition avec une préface d'André Simha, Éditions Hermann, 2010.
  • L'Idéalisme contemporain (recueil d'articles parus dans la Revue de Métaphysique et de Morale), Paris, Alcan, 1905.
  • Les Étapes de la philosophie mathématique, Paris, Alcan, 1912.
  • Nature et liberté (revueil d'articles), Paris, Flammarion, 1921.
  • L'Expérience humaine et la causalité physique, Paris, Alcan, 1922.
  • Le Progrès de la conscience dans la philosophie occidentale, Paris, Alcan, 1927.
  • De la Connaissance de soi, Paris, Alcan, 1931.
  • Les Âges de l'intelligence, Paris, Alcan, 1934.
  • Le Rôle du Pythagorisme dans l'Évolution des Idées, Paris, Hermann, 1937.
  • La Raison et la religion, Paris, Alcan, 1939.
Ouvrages historiques
  • Spinoza, Paris, Alcan, 1894.
  • Qua ratione Aristoteles metaphysicam vim syllogismo inesse demonstravit, Paris, Alcan, 1897.
  • Pascal, Pensées et Opuscules, Paris, Hachette, 1897.
  • Œuvres complètes de Blaise Pascal (14 volumes), Paris, Hachette, 1904-1914.
  • Reproduction en phototypie du manuscrit des Pensées de Pascal, Paris, Alcan, 19.
  • Le Génie de Pascal, Paris, Hachette, 1924.
  • Spinoza et ses contemporains, Paris, Alcan, 1924.
  • Pascal, Paris, Rieder, 1932.
  • Descartes, Paris, Rieder, 1937.
  • Descartes et Pascal, lecteurs de Montaigne, Paris, La Baconnière, Neuchâtel, 1942; Brentano's, New-York - Paris.
Ouvrages posthumes
  • Héritage de mots, héritage d'idées, Paris, PUF, 1945.
  • L'Esprit européen, La Baconnière, Neuchâtel, 1947.
  • Agenda retrouvé, 1892-1942, Paris, Éditions de Minuit, 1948.
  • Le Philosophe de l'esprit, Paris, PUF, 1950.
  • Écrits philosophiques, tome I : L'humanisme de l'Occident, Descartes, Spinoza, Kant, Paris, PUF, 1949.
  • Écrits philosophiques, tome II : L'orientation du rationalisme, Paris, PUF, 1954.
  • Écrits philosophiques, tome III : Science-Religion, Paris, PUF, 1958.
  • De la vraie et de la fausse Conversion, suivi de La querelle de l'athéisme, Paris, PUF.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René Boirel, Brunschvicg. Sa vie, son œuvre avec un exposé de sa philosophie, Paris, PUF, 1964.
  • Marcel Deschoux, La Philosophie de Léon Brunschvicg, Paris, PUF, 1949.
  • Laurent Fedi, « L’esprit en marche contre les codes : philosophie des sciences et dépassement du kantisme chez Léon Brunschvicg », in Les Philosophies françaises et la science : dialogue avec Kant, sous la dir. de L. Fedi et J.-M. Salanskis, Cahiers d’Histoire et de Philosophie des Sciences n° 50, ENS éditions Lille, 2001, p. 119-142.
  • Paul Nizan, Les chiens de garde, Les Éditions Rieder, Paris, 1932.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. George Painter, Marcel Proust, Paris, Mercure de France, 1966, p. 80, tome I
  2. François Chaubet. « Léon Brunschvicg, destin d’un philosophe sous l’Occupation ». [actes du colloque] Déplacements, dérangements, bouleversement : Artistes et intellectuels déplacés en zone sud (1940-1944), Bibliothèque de l'Alcazar, Marseille, 3-4 juin 2005 organisé par l'Université de Provence, l'Université de Sheffield, la bibliothèque de l'Alcazar (Marseille). Textes réunis par Pascal Mercier et Claude Pérez. Url : http://revues.univ-provence.fr/lodel/ddb/document.php?id=87 [article consulté le 15 septembre 2009]

Liens externes[modifier | modifier le code]