Gaston Berger

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Gaston Berger
Naissance
Décès
(à 64 ans)
à Longjumeau (France)
Œuvres principales
Recherches sur les conditions de la connaissance
Traité pratique d’analyse du caractère
Influencé par

Gaston Berger (1er octobre 1896 à Saint-Louis du Sénégal - 13 novembre 1960 à Longjumeau) est un philosophe et haut fonctionnaire français, connu principalement pour ses études sur Husserl et pour ses travaux sur la caractérologie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après sa naissance au Sénégal, il suit ses études primaires et secondaires au lycée de Perpignan. Le 30 septembre 1914, la veille de ses 18 ans, Gaston Berger devance l’appel et s’engage volontairement dans l'armée française. Il reste sous l’uniforme durant cinq ans. Il passe près de trois années sur divers fronts, de novembre 1915 à août 1918 ; il participe à la campagne d’Orient, de la Grèce aux Dardanelles. Il en revient officier et décoré de la Croix de guerre[1]. Après la guerre, il est embauché dans une huilerie de Marseille, dont il deviendra rapidement le patron.

À 25 ans, passionné de philosophie, il décide de reprendre ses études et passe son baccalauréat sous la férule de M. Le Senne, au Lycée Thiers. Il s'inscrit ensuite à l'université d'Aix-en-Provence, où il étudie la philosophie de Maurice Blondel. Après avoir passé sa licence en 1924, il obtient son diplôme d'études supérieures avec un mémoire sur les « Relations entre les conditions d'intelligibilité et le problème de la contingence ».

En 1926, Gaston Berger fonde à Marseille, avec quelques amis, la Société des études philosophiques du Sud-Est. Après trois numéros, le bulletin de la société devient en 1928 une revue à part entière, Les Études philosophiques, qui sont aujourd'hui publiées par les Presses universitaires de France.

Après avoir été gérant d'une fabrique d'engrais dans le sud-est dans les années 1930, il fonde le Centre Universitaire International et des centres de prospective, tout en poursuivant son activité de directeur des Études philosophiques. En 1937, Gaston Berger est à l'origine de la création du comité de liaison des sociétés françaises de philosophie, qui deviendra en 1966 l'Association des sociétés de philosophie de langue française (ASPLF). Il préside en 1938 le premier Congrès national des sociétés françaises de philosophie[2].

En juin 1941, il présente ses deux thèses à la Faculté des Lettres d'Aix, l'une portant sur Le Cogito dans la philosophie de Husserl, l'autre sur Les Conditions de la connaissance : essai d'une théorétique pure. La soutenance est suivie par de nombreuses personnes, dont Simone Weil qui en fera un compte rendu dans les Cahiers du Sud[3]. Il participe activement à la Résistance tout en enseignant en tant que chargé de cours à l'université. A la Libération d'Aix-en-Provence, en 1944, il y est nommé professeur titulaire de chaire.

Il quitte cependant la Faculté des lettres d'Aix-en-Provence en 1947 à l'invitation d'universités américaines[4]. En 1949 il devient alors secrétaire général de la Commission Fulbright, chargé des relations culturelles entre la France et les États-Unis.

De 1953 à 1960, il assure la Direction générale de l'Enseignement supérieur au ministère de l'Éducation nationale, qui lui permet de moderniser l’université française et d'« augmenter considérablement le nombre des chaires de philosophie dans les facultés »[5].

Il est élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques en 1955. Il fonde la revue Prospective et le centre du même nom avec André Gros en 1957. Il crée l'IAE de Paris avec Robert Goetz en 1956 et l'INSA de Lyon avec le recteur Capelle en 1957.

Il trouve la mort dans un accident automobile en 1960 quelques mois après avoir quitté ses fonctions et avoir été nommé à l'École Pratique des Hautes Études [6].

Son goût pour la diversité, ses multiples intérêts allant des langues (il en avait étudié une demi-douzaine dont le chinois) au sport le conduisent à poser les premiers jalons d'une discipline transverse (une « indiscipline intellectuelle » selon le Commissaire au Plan Pierre Massé): la prospective.

"La diversité même de ses points de vue et de ses préoccupations, la richesse de sa formation humaine, faisaient de Gaston Berger, en même temps qu'une personnalité des plus attachantes, le type même de l'animateur, de l'éveilleur d'idées. Il a su donner à l'Université française, en un moment décisif, une orientation nouvelle dont sans doute elle recueillera avant longtemps le bénéfice."[7]

Il est le père du chorégraphe Maurice Béjart (1927-2007). Il est l'inventeur du terme "prospective", qui signifie étude des futurs possibles.

L'Université de Saint-Louis du Sénégal (sa ville natale) porte son nom.

Gaston Berger est aussi à la source de la création de l'Encyclopédie Française (distribution Larousse), vers 1935, avec l'homme politique Anatole de Monzie.

Principaux ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Les conditions de l'intelligibilité et le problème de la contingence, mémoire de D.E.S. (1925), publié par Philippe Durance et Nicolas Monseu, coll. « Prospective », Paris : L'Harmattan, 2010.
  • « Husserl et Hume », Revue internationale de philosophie, 1939
  • Recherches sur les conditions de la connaissance, Paris, PUF, 1941
  • Le Cogito dans la philosophie de Husserl, Paris, Aubier, 1941
  • L’homme moderne et son éducation, Paris, PUF, 1967,
  • Traité pratique d’analyse du caractère, Paris, PUF, 1950 - rééd. 2010
  • Questionnaire caractérologique, PUF, Paris, 1950
  • Caractère et personnalité, Paris, PUF, 1954
  • De la prospective, Textes fondamentaux de la prospective française 1955-1966  : seize textes dont onze de Gaston Berger, trois de Pierre Massé et deux de Jacques de Bourbon Busset (membre du comité directeur du Centre d'études prospectives), réunis par Philippe Durance, aux éditions L'Harmattan, Paris, 2007.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dossier personnel de Gaston Berger, ministère de l’Éducation nationale, Archives nationales
  2. Gabaude Jean-Marc, « Cinquante ans de l’association des sociétés de philosophie de langue française (ASPLF) », in Robinet André, Doctrines et concepts, 1937-1987. Rétrospective et prospective : cinquante ans de philosophie de langue française, actes du colloque pour le cinquantenaire de l’association des sociétés de philosophie de langue française, 6-8 juillet 1987, Librairie philosophique J. Vrin, 1988.
  3. Novis Émile, « Chroniques : La philosophie » in Cahiers du Sud, 1941, no 235.
  4. Selon Pierre-Maxime Schuhl, Revue philosophique de la France et de l'étranger, tome 152, 1962, p. 286.
  5. Pierre-Maxime Schuhl, op. cit.
  6. Voir son éloge funèbre par François Perroux dans la revue Tiers-Monde, n°3 1960. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/tiers_0040-7356_1960_num_1_4_1224.
  7. extrait de la Notice nécrologique par Robert Escarpit dans le Mondé daté du 15 Novembre 1960.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]