Jacqueline Thome-Patenôtre

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Jacqueline Thome-Patenôtre
Fonctions
Députée européenne
19841989
Législature IIe Parlement européen
Maire de Rambouillet
19471983
Successeur Gérard Larcher
Députée de la 17e circonscription de Seine-et-Oise, puis de la 8e circonscription des Yvelines
19581978
Élection 30 novembre 1958
Réélection 25 novembre 1962
12 mars 1967
30 juin 1968
11 mars 1973
Législature Ire,IIe, IIIe, IVe et Ve
Conseillère de la République puis sénatrice de Seine-et-Oise
8 décembre 194615 janvier 1959
Élection 8 décembre 1946
Réélection 7 novembre 1948
18 mai 1952
8 juin 1958
Sous-secrétaire d'État au Logement et à la Reconstruction
17 juin 19576 novembre 1957
Président René Coty
Gouvernement Maurice Bourgès-Maunoury
Prédécesseur Bernard Chochoy
Successeur Pierre Garet
Biographie
Nom de naissance Jacqueline Thome
Date de naissance 3 février 1906
Lieu de naissance Paris
Date de décès 2 juin 1995 (à 89 ans)
Nationalité Française
Parti politique GD (1948-1958)
ED (1958-1962)
FGDS (1967-1970)
App. PS (1970-1978)
Conjoint Raymond Patenôtre
Profession Exploitante agricole
Ministres français du Logement

Jacqueline Thome-Patenôtre, née le 3 février 1906 à Paris, morte le 2 juin 1995 à Rambouillet (Yvelines), est une femme politique et militante associative française.

Sénatrice puis députée, maire de Rambouillet de 1947 à 1983, elle est une des rares femmes ministres de la IVe République, en tant que sous-secrétaire d'État au Logement et à la Reconstruction. Elle a également présidé la Société protectrice des animaux.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et études[modifier | modifier le code]

Jacqueline Thome naît dans une famille de la grande bourgeoise industrielle, engagée en politique : son grand-père, Ernest Dervaux, directeur d'usine métallurgique, a présidé le conseil général du Nord ; son père, André Thome, propriétaire foncier, a été député et maire de Rambouillet avant de mourir le 10 mars 1916 à la bataille de Verdun[1].

Elle est élevée par sa mère, qui tient un salon où viennent les dirigeants de l'époque, tels André Tardieu, Louis Barthou et Aristide Briand. Bachelière ès lettres, elle épouse en 1925 Raymond Patenôtre, fils d'ambassadeur et patron de presse, qui devient ministre de l'Économie nationale entre 1932 et 1933[1].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Conseillère de la République puis sénatrice[modifier | modifier le code]

Sans pour autant entrer en politique, elle soutient activement son mari dans sa carrière, participant à la création d'établissements scolaires et fréquentant d"importants hommes politiques des années 1930, à l'instar de Léon Blum ou Édouard Daladier. Elle s'insurge même à la fin des années 1920 contre l'interdiction de l'accès aux femmes aux contraceptifs[2].

Après la Seconde Guerre mondiale, elle s'engage politiquement en devenant conseillère municipale à Souchamp, emporte les élections cantonales dans la circonscription de Dourdan-Sud mais échoue aux élections législatives de juin 1946, pour la circonscription de Seine-et-Oise. Bien qu'arrivant en troisième position avec sa liste RGR, elle obtient un siège de conseillère de la République (sénatrice) aux élections sénatoriales de 1946. Elle est membre de la « Commission des affaires étrangères et de la presse » et depose durant son premier mandat dix propositions de lois (notamment sur la reconstruction et l'amitié franco-américaine) ; elle est secrétaire générale des femmes du RGR. Elle est en outre élue maire de Rambouillet en 1947, poste qu'elle occupe jusqu'en 1983 (durant six mandats). De 1945 à 1979, elle est aussi conseillère générale de Seine-et-Oise puis des Yvelines.

Elle dépose le 25 avril 1950 une proposition de loi pour la protection de l'enfance martyre. Non promulguée, elle est cependant précurseur de celle du 7 mai 1971. Entre 1954 et 1955, elle est membre suppléante de la « Commission aux affaires intérieures ». Elle est plus tard membre du conseil supérieur des HLM et critique lors de séances les logements laissés vides ainsi que la politique de répartition. Elle est en outre présidente du « groupe d'amitié parlementaire France-États-Unis » du Sénat, ce qui lui vaut d'être reçue en 1956 avec d'autres parlementaires par le président américain Dwight Eisenhower. Elle écrit après son retour : « Plus que jamais, en étudiant la structure géographique, économique et démographique des États-Unis, on se rend compte que, seule, une Europe unifiée peut sauver les nations européennes de la décadence »[3].

Sous-secrétaire d'État[modifier | modifier le code]

Elle participe en tant que sous-secrétaire d'État à la Reconstruction et au Logement au gouvernement Maurice Bourgès-Maunoury en 1957. Membre du Parti radical-socialiste, elle est également présidente du Rassemblement des femmes républicaines (RFR), organisation liée au Rassemblement des gauches républicaines. Sa nomination au gouvernement lui vaut cependant son exclusion du parti radical. Le gouvernement tombe le 30 septembre de la même année mais elle a cependant le temps de promouvoir les logements collectifs et de préparer le relogement des Français expulsés des anciennes colonies d'Afrique du Nord. Elle est une des rares femmes ministres de la IVe République, à l'instar de Germaine Poinso-Chapuis et Andrée Viénot.

Députée[modifier | modifier le code]

Elle est élue sénatrice sous la Ve République mais devient députée, effectuant un mandat qui va de 1958 à 1978. Elle représente successivement la 17e circonscription de Seine-et-Oise, puis de la 8e circonscription des Yvelines (pour cette dernière, de 12 mars 1967 au 30 mai 1968).

Elle abandonne la mairie de Rambouillet en 1983 (gagnée par Gérard Larcher) pour une place éligible aux élections européennes de 1984, sur la liste de Simone Veil alors qu'elle était auparavant membre du Mouvement des Radicaux de Gauche[réf. nécessaire]. Elle avait beaucoup fait pour la ville : la construction de 1 200 logements sociaux, deux lycées, un collèges, six autres établissements scolaires, deux stades et une maison de retraite. Ce choix est critiqué, ce qui amène par exemple le journal L'Express du 12 février 2007, à noter qu'elle aurait « vendu sa mairie » pour une place éligible[4].

Elle est également l'une des premières femmes membres du Haut Comité des Sports. Présidente de la Société protectrice des animaux, elle dépose à l'Assemblée nationale en 1972 la proposition de loi dite « charte de l'animal », adoptée en 1976 avec le soutien du député gaulliste Roland Nungesser.

Synthèse des mandats[modifier | modifier le code]

  • Conseillère générale de Dourdan et de Saint-Léger-en-Yvelines, de 1946 à 1979 ;
  • Maire de Rambouillet, de 1947 à 1983 ;
  • Sénatrice de Seine-et-Oise, du 8 décembre 1946 au 15 janvier 1959 ;
  • Sous-secrétaire d'État au Logement et à la Reconstruction, du 17 juin au 6 novembre 1957 ;
  • Députée de Seine-et-Oise, puis des Yvelines, de 1958 à 1978 ;
  • Députée européenne, de 1984 à 1989 ;
  • Vice-présidente de l'Assemblée nationale, de 1960 à 1968.

Hommage[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]