Paul Guth

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Paul Guth

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Paul Guth en 1991

Nom de naissance Joseph Marie Paul Guth
Activités Romancier
Journaliste
dramaturge
Naissance 5 mars 1910
Ossun
Décès 29 octobre 1997 (à 87 ans)
Ville-d'Avray
Langue d'écriture française
Genres Roman, essai, chroniques, mémoires
Distinctions Prix Courteline (1953), Grand prix du roman de l'Académie française (1956), Prix Chateaubriand (1985)

Œuvres principales

Paul Guth, né le 5 mars 1910 à Ossun, mort le 29 octobre 1997 à Ville-d'Avray, est un romancier et essayiste français. Président de l'Académie des provinces françaises.

Romancier, essayiste, chroniqueur, mémorialiste, historien, pamphlétaire, il est l'auteur d'une cinquantaine d'ouvrages parfois teintés d'Histoire, d'anecdotes contemporaines ou de critiques sans retenues sur ce qu'il considérait comme les maux de son siècle. Il fit partie des premiers comités de la Société des poètes et artistes de France à la fin des années 1950 et au début des années 1960.

Biographie[modifier | modifier le code]

Paul Guth est né dans une famille modeste, son père Joseph Guth était mécanicien. Ses parents habitaient alors Villeneuve-sur-Lot. Sa mère, d'origine bigourdane, était alors venue accoucher dans la maison familiale d’Ossun, chef-lieu de canton des Hautes-Pyrénées.

Paul Guth commence ses études à Villeneuve-sur-Lot. Il poursuit des études littéraires à Paris au lycée Louis-le-Grand avec comme condisciple Thierry Maulnier. Paul Guth l'appelle la « Khâgne des Années folles », qui réunissait Robert Brasillach, Maurice Bardèche, Étiemble, Paul Guth lui-même, Robert Merle, Henri Queffélec, Roger Vailland, Georges Pompidou, Léopold Sédar Senghor, Aimé Césaire, Louis Achille et le Vietnamien Pham Duy Khiem.

Puis il fait des études supérieures à la Faculté de Lettres de Paris (Sorbonne) et deviendra agrégé des lettres en 1933. À cette date, il commence une carrière universitaire classique qui sera interrompue par la Seconde Guerre mondiale. Il sera professeur de lettres pendant dix ans aux lycées de Dijon, Rouen et Janson-de-Sailly, à Paris.

Après la guerre, il se consacre d'abord à la littérature puis au journalisme et à la radio. Il obtient même en 1946 le Prix du Théâtre pour Fugues.

En 1953, Paul Guth publie Les Mémoires d'un Naïf, premier roman à succès d'une chronique qui comptera sept volumes. Il y raconte la vie de son personnage récurrent, le Naïf, professeur de français, qui sous une grande naïveté, cache une imagination fertile.

Dans cette série, on retrouve Les Mémoires d'un Naïf (1953 - Prix Courteline), Le Naïf sous les drapeaux (1954), Le Naïf aux quarante enfants (1955), Le Naïf locataire (1956 - Grand prix du roman de l'Académie française), Le mariage du Naïf (1965), Le Naïf amoureux (1968) et enfin Saint Naïf (1970).

L'œuvre de Paul Guth comprend aussi une série romanesque de quatre volumes sur Jeanne la Mince qu'il publia entre 1960 et 1969 : Jeanne la mince, Jeanne la mince à Paris, Jeanne la mince et l'amour et enfin Jeanne la mince et la jalousie. Dans cette série, il retrace la vie d'une jeune femme, Jeanne la Mince, qui part à la découverte du monde. Sa protagoniste découvre ainsi l'insouciance de la jeunesse puis les années folles à Paris, fait son éducation sentimentale puis découvre l'amour et la jalousie dans les bras du brillant journaliste Paul Bagnac.

Pris depuis douze ans par de grands travaux d'Histoire, Paul Guth revient au roman en 1977 avec Le chat Beauté, Dans ce livre, d'une brûlante actualité, il règle ses comptes avec lui-même, avec les autres, avec la vie. La même année, Paul Guth toujours aussi narquois et réactionnaire publie Notre drôle d'époque comme si vous y étiez dans lequel il accumule de nombreuses anecdotes sur la télévision, l'amour, la religion et bien d'autres thèmes, pour nous inviter à sourire de nos habitudes et de notre mode de vie.

En 1976, les Lettres à votre fils qui en a ras le bol sont un cri d'amour pour les jeunes et d'espoir en leur bonheur et leur courage. Il évoque également sans détour la plupart des problèmes de la jeunesse : les rapports du présent avec le passé et l'avenir, la vie scolaire, le tabac, la sono, la sexualité, la majorité à dix-huit ans, l'homosexualité, la vitesse, la drogue, le chômage, le travail manuel, les filles, l'amour… Trois ans plus tard, dans Lettre ouverte aux futurs illettrés, il s'adresse à nouveau à la jeunesse, qu'il a appris à chérir durant ses années de pédagogue, pour dénoncer le « génocide intellectuel » que l'école inflige aux enfants.

Paul Guth a également participé à la rédaction de livres pour enfants. Parmi eux, il publie Les Passagers de la Grande Ourse en 1944 en compagnie de Paul Grimault. Le livre raconte les mésaventures de Gô et de son petit chien Sniff à bord d'un aéroscaphe.

Durant quelques années, il s'essaya aux romans historiques avec par exemple Moi, Joséphine, impératrice et en 1967, dans Histoire de la littérature française. Dans ce dernier livre, l'auteur, alors professeur de français, tente « d'être aussi clair qu'un professeur, en expliquant le mécanisme de la création comme un auteur » et de conserver la « posture d'émerveillement ». Il se veut le « contemporain de chaque auteur » mais s'arrête « au seuil des vivants », « à l'aube sanglante du vingtième siècle ».

Au début des années 1980, Paul Guth participa souvent à l'émission Les Grosses Têtes sur la radio R.T.L.

En 1988, Paul Guth critique une partie de la gauche dans Oui, le bonheur, inventaire des passions, indignations et recettes du bonheur.

Il obtient en 1984 le Prix Chateaubriand pour son livre Une Enfance pour la vie.

Enfin, en 1994, après cinquante ans de vie littéraire, c'est en philosophe qu'il livre ses réflexions sur notre société et ses contemporains. Son épouse née Juliette Loubère est décédée le 21 juin 2000.

Anecdote[modifier | modifier le code]

Simone de Beauvoir raconte, dans un passage célèbre de ses mémoires[1] une scène amusante qui dépeint le caractère de Paul Guth : « [Marco] avait pris en grippe un de ses collègues, nommé Paul Guth : il lui reprochait un excès de déférence à l'égard des autorités et d'abusives prétentions littéraires. Guth écrivait un livre dont il vantait outrageusement les mérites, et Marco voulait lui rabattre le caquet. (...) Marco remontra à Guth qu'il aurait intérêt à connaître l'avis d'un auteur arrivé et il se prétendit lié avec Pierre Bost : celui-ci devait justement, dit-il, passer à Rouen ; Marco proposa de lui transmettre le manuscrit de Guth et d'arranger un rendez-vous. Guth fut d'accord. Au jour convenu, je m'installai la première dans le café-tabac, proche du Petit Mouton, où était fixé le rendez-vous. Peu après, Marco arriva, flanqué d'un petit homme rond comme une andouillette, qui tout de suite me parla de son œuvre. Il trouvait injuste et absurde, m'expliqua-t-il, que d'anciens camarades de lycée, Brasillach par exemple, eussent déjà réussi alors que lui, qui les valait bien, demeurait obscur. Mais bientôt, il n'en doutait pas, il allait percer. Il sortit de sa poche des tickets de métro, des bouts de ficelle : c'était sa source d'inspiration, des matériaux qui assuraient son contact avec les réalités de la vie. Son livre racontait sur un mode épique l'histoire d'un être humain — l'auteur lui-même, et l'Homme en général — de la conception à la mort ; il n'avait encore achevé que le premier chapitre. Pendant cet exposé, (...) Sartre apparut, emmitouflé dans une écharpe, et portant sous son bras un vaste cahier qui ressemblait à un registre. Marco le présenta à Guth sous le nom de Pierre Bost. Sartre étala le manuscrit devant lui, et commença de mettre en pièce ce récit, plus gris et plus disgracié que le ciel de Rouen, et bourré de métaphores grotesques ; une seule expression, dit-il, lui avait plu : "Une fraise de sang" ; mais elle se trouvait dans tous les manuels de physiologie ; pour le reste, le pseudo-Pierre Bost reprocha à Guth d'écrire, à peu de choses près : "La locomotive de ma passion roule sur les rails de votre indifférence." Après cette exécution, juste, sinon justifiée, il partit, laissant Guth atterré, Marco ravi[2]. »

Romans[modifier | modifier le code]

Livres pour la jeunesse[modifier | modifier le code]

  • 1944 : Les Passagers de la Grande Ourse (Gallimard)
  • 1945 : L’épouvantail (Gallimard)
  • 1950 : La locomotive Joséphine
  • 1958 : Moustique et le marchand de sable
  • 1960 : Moustique et Barbe-Bleue
  • 1961 : Le séraphin couronné
  • 1962 : Henri IV
  • 1963 : Moustique dans la lune
  • 1982 : Cuic dans l’île

Essais et biographies[modifier | modifier le code]

  • 1946 : Autour des dames du bois de Boulogne, (Journal d’un film) (Julliard)
  • 1947 : Quarante contre un (1re série) chez Corréa (trois volumes).
  • 1951 : Quarante contre un (2e série) (Denoël)
  • 1951 : Michel Simon (Calmann-Lévy).
  • 1951 : Philippe Noyer (Orféa)
  • 1952 : Quarante contre un (3e série) (Denoël)
  • 1954 : L’Académie imaginaire, (illustré de photographies de Jean-Marie Marcel, Éditions d’Histoire et d'Art)
  • 1959 : Le savoir-vivre actuel (Dictionnaire), en collaboration avec Michelle Maurois. (Gallimard)
  • 1960 : Saint Louis, roi de France (Bloud et Gay)
  • 1962 : Paris naïf (avec des photographies de Georges Glasberg) (Grasset)
  • 1963 : La chance (Collection Notes et Maximes) (Hachette)
  • 1967 : Histoire de la littérature française (tome I et II, essai) (Fayard)
  • 1968 : Lettre ouverte aux idoles (Albin Michel)
  • 1970 : Le Naïf dans la vie
  • 1972 : Mazarin (Flammarion)
  • 1977 : Notre drôle d'époque comme si vous y étiez (Flammarion)
  • 1979 : Moi, Joséphine, impératrice (Albin Michel)
  • Fugues
  • 1980 : Lettre ouverte aux futurs illettrés
  • 1982 : L’aube de la France, t. I et II, 1968-1970 (Plon)
  • 1982 : Le ce que je crois du naïf (Grasset)
  • 1985 : Une enfance pour la vie
  • 1987 : Si j'étais le Bon Dieu (Plon)
  • 1987 : Discours de Déception à l'Académie française (Plon)
  • 1988 : Oui, le bonheur. (Flammarion)
  • 1991 : Moi, Ninon de Lenclos, courtisane (Albin Michel)
  • 1993 : Petite vie de Saint Louis
  • 1994 : Qu'en pensez-vous ?

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Force de l'âge, tome I, Paris, Gallimard (1960), p. 286
  2. Jean-Paul Sartre commentera lui-même cette anecdote en 1947 dans ses Cahiers pour une morale (Paris, Gallimard, 1983, p. 204-205) en montrant comment le mensonge aliène la liberté de l'autre et la transforme en chose, impuissante à agir sur le réel parce qu'elle prend l'imaginaire pour le réel.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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