Radio Courtoisie

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Radio courtoisie

Présentation
Pays Drapeau de France France
Siège social 61 boulevard Murat, 75016 Paris XVIe arrondissement de Paris
Slogan La radio libre du pays réel et de la francophonie
Langue français
Statut Association loi de 1901 (C.D.A.R.S. : Comité de défense des auditeurs de Radio Solidarité)[1]
Site Web www.radiocourtoisie.fr
Historique
Création novembre 1987
Diffusion
FM 95.6 - Paris/IdF
100.6 - Caen
104.5 - Chartres
87.8 - Cherbourg-Octeville
101.1 - Le Havre
98.8 - Le Mans
Satellite oui Oui : CanalSat (satellite Astra H1 19°.2) sur le canal 179
Streaming oui Oui : Flux WMA
Flux MP3 via tv-radio.com
Baladodiffusion Non Non

Radio Courtoisie est une station de radio associative diffusée en FM dans quelques villes françaises. Elle se définit comme « la radio libre du pays réel et de la francophonie » en référence à Charles Maurras, et se déclare ouverte à toutes les droites, de François Bayrou à Jean-Marie Le Pen.

Sommaire

Historique [modifier]

Radio Solidarité [modifier]

En septembre 1981, Bernadette d'Angevilliers et Philippe Malaud, ancien ministre du général de Gaulle et de Georges Pompidou, créent Radio Solidarité, avec la collaboration de Yannick Urrien. Cette radio libre est proche du RPR et de l’UDF et s'oppose vigoureusement à la gauche de François Mitterrand.

À l’époque, Jean Ferré est chroniqueur de radio et de télévision au Figaro Magazine, dont il fut l’un des fondateurs avec Louis Pauwels. Ses chroniques, favorables à Radio Solidarité, le font remarquer et Bernadette d'Angevilliers lui propose de collaborer à la radio.

En mai-juin 1982, Jean Ferré crée sur les ondes la formule du « Libre Journal », une heure et demie d’émission chaque soir autour d’un invité appartenant à la droite politique. Cette formule sera reprise à Radio Courtoisie et étendue à trois heures.

Jean Ferré propose qu’on ouvre la radio à « toutes les droites ». C’est ainsi que Serge de Beketch est invité à diriger une émission chaque mercredi soir. Mais, à la suite des élections européennes de 1984, cette ouverture vaudra à la radio l’accusation d’avoir favorisé la percée du Front national. Serge de Beketch est alors sommé de partir, puis Jean Ferré qui avait pris sa défense.

Le Comité de défense des auditeurs de Radio Solidarité [modifier]

Écarté de l’antenne, Jean Ferré crée alors le Comité de défense des auditeurs de Radio Solidarité (CDARS). C’est sous ce nom, déclaré à la préfecture de police de Paris le 12 décembre 1985, qu’il fonde Radio Courtoisie, dont la première émission est diffusée le 7 novembre 1987.

Radio Courtoisie [modifier]

Jean Ferré en 1987, fondateur de Radio-Courtoisie.

De novembre 1987 jusqu’à la fin de sa vie, Jean Ferré dirige en fait la radio, avec le titre de président du Comité éditorial, et une pleine délégation des présidents successifs, François Pitti-Ferrandi, Pierre Dehaye et Christian Langlois. Chaque lundi soir, il y anime lui-même un Libre Journal, sans interruption jusqu’au 31 juillet 2006, date de sa dernière émission. Puis Henri de Lesquen, entré au conseil d'administration de l'association en 2005, en devient vice-président le 12 juillet 2006 puis président le 13 janvier 2007. Cette fonction de président est confirmée le 13 juillet 2007 après une longue période où la légalité de sa présidence est mise en cause par nombre de journalistes de la radio, et après une administration judiciaire.

Polémique au sein de l'équipe de la radio [modifier]

Après la mort de Jean Ferré, le 10 octobre 2006, Henry de Lesquen parvient très habilement à la tête de la radio, ce que tolèrent l'ensemble de l'équipe jusqu'à la réunion conflictuelle lors de la fête annuelle de la radio le 7 novembre 2006, lors de laquelle Henri de Lesquen utilisa des hommes de main pour empêcher certaines personnes de prendre la parole, dont notamment Alain Griotteray et Jean des Cars, désireuses de dénoncer une direction incompatible avec l'esprit de la radio. Dès lors, la volonté d'entente et d'accommodement collégial se transforma immanquablement en une vive opposition constituée d'un groupe de nombreux patrons d'émission représentés essentiellement par cinq d'entre eux Claude Reichman, Jean Christophe Mounique, Olivier Pichon, Jean-Luc de Carbuccia et Jean-Gilles Malliarakis qui seront expulsés de la radio entre novembre 2006 et février 2007, par décision d'Henri de Lesquen en dépit de leur très ancienne présence et de leur ardent travail ; il alla même jusqu'à placer des vigiles devant les locaux afin de leur en empêcher physiquement l'entrée. D'autres, n'ayant pas caché leur hostilité, seront chassés lors des mois suivants. Claude Reichman a été condamné pour diffamation à l'égard d'Henry de Lesquen, très procédurier, à la suite de propos tenus à l'antenne le 14 novembre 2006 ; il fit parallèlement un procès à Henri de Lesquen pour avoir disposé illégalement de l'émission qu'il avait créée et des droits inhérents à la propriété intellectuelle.

La ligne éditoriale définie par Jean Ferré [modifier]

Deux objectifs sont définis dans le dossier de candidature déposé en 1986 : respecter le droit à l’expression de toutes les familles de la droite française; défendre et illustrer la langue française. En pratique, la ligne éditoriale de Radio Courtoisie s'oriente autour de quatre axes : l'axe historique, l'axe politique (droite[s]), l'axe religieux (majoritairement catholique traditionnel), l'axe culturel. Une même émission peut aborder des thèmes politiques, historiques ou religieux, alors que les émissions culturelles ou historiques ne mélangent que rarement les genres.

Une des nouveautés de l'année 2007 est la mise en place d'une émission quotidienne d'information, diffusée trois fois journellement, le Bulletin de réinformation, qui dure quinze minutes, destiné à combattre la désinformation régnant en France.

La station préserve sa liberté éditoriale en s'interdisant tout recours à la publicité. C’est une radio associative à laquelle les auditeurs sont régulièrement invités à contribuer par une adhésion annuelle et par des dons.

La ligne politique [modifier]

Sur le plan politique, Jean Ferré a souhaité que Radio Courtoisie fût à la fois ancrée à droite et « ouverte à toutes les familles de la droite », du centre droit en passant par le Front national, et incluant ainsi la prétendus droite extrème. Jean Ferré a très souvent expliqué à son antenne les attaques dont sa radio faisait l’objet; pour certains de ses détracteurs, Radio Courtoisie était la radio de Le Pen, pour d’autres la radio de Chirac[réf. nécessaire]. À tous, il opposait toujours sa ferme volonté (selon lui poitevine) de faire de sa radio une radio ouverte à toutes les droites, c’est-à-dire selon lui ouverte aussi au Front national et à tous autres mouvements diabolisés de la vraie droite.

Jean Ferré était lui-même royaliste et personnellement très antigaulliste. Mais, dans une émission du 3 octobre 1991, il rappelait qu’il avait sacrifié son antigaullisme sur l’autel de la réconciliation, qu’il s’était engagé vis-à-vis de lui-même à ne jamais dénoncer en public les méfaits du général De Gaulle, et que, par ailleurs, il respectait certains grands gaullistes comme Alain Griotteray ou Jean Marc Varaud. Comme il le précisait lui-même dans son propre Libre Journal du 16 avril 2001, son projet était de rassembler tous les patriotes. À de nombreuses reprises, Jean Ferré a affirmé qu’il n’était pas d’accord avec tout ce qui se disait à l’antenne de Radio Courtoisie, mais qu’il avait voulu, conformément à sa ligne éditoriale, donner pleine et entière liberté à ses patrons d’émission, dans leurs propos et dans le choix de leurs invités.

S’expriment ainsi régulièrement au micro de Radio Courtoisie des chrétiens-démocrates, des libéraux, des gaullistes, des nationalistes, des royalistes, etc.

Pour présenter les émissions plus directement politiques ou économiques, on trouve des animateurs comme Paul-Marie Coûteaux, Michel de Rostolan, Benoîte Taffin, Henry de Lesquen, Martial Bild, Jacques Garello, Henri Fouquereau, Bernard Antony, Catherine Rouvier, Gérard Marin, Thibaud de la Tocquenay, Christian Marin, David Mascré, Max Lebrun, Alexandre Bouclet, Hugues Sérapion. Parmi les anciens patrons d'émission, on peut mentionner Serge de Beketch (jusqu'à son décès en 2007), Bernard Cabanes, Alain Paucard, Alain Griotteray, le commandant Pierre Guillaume dit Le Crabe Tambour, Alain Pichon, Claude Reichmann, Jean-Gilles Maliarakis.

Parmi les patrons d'émissions les plus anciens, plusieurs se sont déclarés maurrassiens. La notion de « pays réel » (la population, sa culture, ses aspirations, et la vie réelle, en opposition au « pays légal », au régime en place, à ses représentants, à son idéologie, aux médias), présente dans la devise de la radio, témoigne de cette réaction historique.

La ligne religieuse [modifier]

Le dimanche, la radio devient « Lumière de l'Espérance, la radio du dimanche de Radio Courtoisie », après avoir été Lumière 101 dirigée par Jean-Luc de Carbuccia, ami de Jean Ferré chassé par Lesquen. Elle fait globalement une large place à la religion catholique et, notamment, aux catholiques traditionalistes attachés au rite de Saint Pie V : Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, Institut du Bon-Pasteur, Fraternité sacerdotale Saint-Pierre.

S’expriment ainsi régulièrement au micro de Radio Courtoisie l'abbé Laurens, l'abbé Guillaume de Tanoüarn, l'abbé Philippe Laguérie, l'abbé Grégoire Celier. Jean Ferré invitait aussi en permanence l'abbé conciliaire André Wartelle jusqu'à sa mort en 2001. Certains invités sont moins fréquents, comme l'abbé Alain Maillard de La Morandais.

Cependant, la grille de programme étant saturée, on trouve en semaine des animateurs comme Philippe Maxence et Daniel Hamiche qui traitent de la religion.

La ligne culturelle [modifier]

Radio Courtoisie fait une large place à l'histoire, à la littérature, à la francophonie, et, dans une moindre mesure, à la peinture, à la sculpture, au cinéma, au théâtre et à la poésie.

Pour présenter les émissions les plus directement culturelles, on trouve des animateurs comme Jean-Paul Bled, Philippe de Saint Robert, Philippe Lejeune, Jean Darnel, Aude de Kerros, Philippe d'Hugues, Albert Salon, Michel Mourlet, Anne Brassié, Benoît Mancheron, Philippe Ariotti, Pascal Payen-Appenzeller, Philippe Conrad, Anne Collin ou Dominique Paoli, pour ne citer qu'eux. Parmi les anciens animateurs, on peut mentionner Pierre Debray-Ritzen, Alain Paucard, Catherine Gourin, Brigitte Level, François George Dreyfus ou l'historien Pierre Chaunu ou encore le duo Sylvain Tesson-Alexandre Poussin dans leur émission hebdomadaire dédiée à l'Aventure, à la fin des années 1990.

Le déroulement des émissions [modifier]

Sur Radio Courtoisie, les émissions durent entre une heure et trois heures. L'esprit de la radio veut que l'invité puisse s'exprimer longuement, afin qu'il puisse « aller au fond de ses idées » et « au fond des choses ». Cette durée a permis à de nombreux historiens, académiciens, écrivains, politiciens, économistes, magistrats, avocats, artistes, comédiens, chefs d'entreprise et artisans de venir parler de leur métier.

Intervenants occasionnels [modifier]

  • Des ministres du gouvernement Fillon ont été invités sur Radio Courtoisie : Xavier Darcos, ministre de l'Éducation, par Catherine Rouvier ; et Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, par Yannick Urrien.

Publication interne [modifier]

Radio Courtoisie a publié « Le Courrier de Radio Courtoisie ». Deux numéros sont parus, le numéro 1, Dix mille heures de créations radiophoniques en 1992 et le numéro 2, Dix ans de ferveur en 1998. Henry de Lesquen l'a remplacé par un bulletin mensuel, À l'écoute de Radio-Courtoisie, devenu ensuite trimestriel.

Manifestations associées [modifier]

Fête de la Courtoisie, en 2007.
  • La Fête de la Courtoisie : vente-signature annuelle (en mai-juin) rassemblant des écrivains passés sur l’antenne de Radio Courtoisie[7].
  • Le prix Daudet, devenu prix Jean-Ferré en 2007 : créé en l’honneur d’Alphonse Daudet et de Léon Daudet, il est remis chaque année à la personnalité ayant le mieux servi la langue française selon les auditeurs de Radio Courtoisie. C'est depuis la mort de Jean Ferré, lauréat du prix Daudet en 2006, attribué à titre posthume, que le prix s'intitule désormais Prix Jean Ferré.

Diffusion [modifier]

En modulation de fréquence (FM) [modifier]

Par satellite [modifier]

Radio Courtoisie était diffusée par un satellite Hot Bird d’Eutelsat. On pouvait la capter soit par le bouquet satellite TPS (radio numéro 80), soit directement via le transpondeur 120, à la fréquence 10 911 MHz, polarisation verticale, 27 500 Msymb/s, FEC 34, SID 3305, audio 3335. Cette diffusion s'est arrêtée en 2008 avec la disparition de TPS. Radio Courtoisie est accessible en clair, depuis janvier 2008, sur le bouquet satellite CanalSat (satellite Astra H1 19°.2) sur le canal 179.

Par internet [modifier]

Controverses [modifier]

  • Le 26 mai 1993, Radio Courtoisie et son animateur Serge de Beketch sont condamnés pour diffamation envers Olivier Biffaud, journaliste au quotidien Le Monde, à verser un franc symbolique de dommages-intérêts, ainsi que 8 000 FRF de frais de justice. Au cours d'une émission diffusée le 29 avril 1992, M. de Beketch avait déclaré, évoquant les initiales de M. Biffaud, qu'il a « un joli nom de garniture hygiénique ». Le tribunal a estimé que cette phrase « porte atteinte à la délicatesse et à la dignité de la personne visée ».
  • De 1997 à 2006, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a adressé à Radio Courtoisie, pour des propos considérés comme racistes, injurieux ou révisionnistes, diffusés à l’antenne et provenant selon les cas d’un animateur ou d’un intervenant, trois courriers[8],[9],[10] et deux mises en demeure[11],[12]. Il a ordonné, à titre de sanction, l’insertion d’un communiqué au début de l’émission Le Libre Journal du 13 novembre 2006, à 18 heures[13].
  • Le 18 juillet 2012, le CSA a de nouveau adressé une mise en demeure à Radio Courtoisie en raison de propos jugés discriminatoires tenus lors du Libre Journal d'Henry de Lesquen dans lequel le patron d'émission avait cité les propos de Jules Ferry devant la chambre des députés en 1885 où celui-ci parlait de races supérieures et inférieures[14]. Se référant à une étude du professeur Arthur R. Jensen publiée dans la revue britannique Medical Hypotheses, Henry de Lesquen avait corrélé le retard de l'Afrique au quotient intellectuel. Radio Courtoisie a déposé un recours gracieux contre cette sanction[15].

Notes et références [modifier]

  1. Radio Courtoisie (site) Mentions légales
  2. Eric Zemmour, le blog de ceux qui l'aiment Zemmour sur Radio Courtoisie, à propos de son dernier roman "Petit Frère"
  3. Radio Courtoisie. Le 30 mai 2007, dans le Libre Journal de Serge de Beketch.
  4. Le 27 avril 2005, dans le Libre Journal de Serge de Beketch.
  5. Le 10 novembre 1993, dans le Libre Journal de Serge de Beketch.
  6. Radio Courtoisie. Le 1er juillet 1998, dans le Libre Journal de Serge de Beketch.
  7. Courtoisie (site) Présentation de celle de 2012sur le site de radio courtoisie.
  8. CSA Courrier en 2003 pour infraction aux articles 24, 32 et 33 de la loi du 29 juillet 1881 relative à la liberté de la presse qui répriment l’injure, la diffamation et la provocation à la discrimination et à la haine pour des raisons raciales, éthiques ou religieuses
  9. CSA Courrier en 2004 pour lui rappeler la nécessité d’assurer la maîtrise de son antenne suite aux propos d’Alain Ménargue le 12 octobre 2004
  10. CSA Courrier en 2005 pour non-respect de la personne humaine, à la suite de propos diffusés les 9 et 10 mars 2005
  11. CSA Mise en demeure pour les propos d’un invité jugés révisionnistes, décision du CSA le 20 mars 1997
  12. CSA Mise en demeure en 2004, pour des propos considérés par le CSA comme « portant atteinte au respect de la dignité de la personne »
  13. CSA Décision no 2006-647 du 7 novembre 2006 ordonnant, à titre de sanction, l’insertion d’un communiqué dans les programmes du service Radio-Courtoisie
  14. Décision n° 2012-450 du 12 juin 2012 mettant en demeure l'association Comité de défense des auditeurs de Radio Solidarité (CDARS), Légifrance, JORF n°0165 du 18 juillet 2012
  15. Polémia (site) Différences des races

Voir aussi [modifier]

Article connexe [modifier]

Liens externes [modifier]