Bédoin

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Bédoin
Image illustrative de l'article Bédoin
Blason de Bédoin
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Vaucluse
Arrondissement Carpentras
Canton Mormoiron
Intercommunalité Communauté d'agglomération Ventoux-Comtat Venaissin
Maire
Mandat
Luc Reynard
2014-2020
Code postal 84410
Code commune 84017
Démographie
Gentilé Bédoinais, Bédoinaises
Population
municipale
3 197 hab. (2011[1])
Densité 35 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 07′ 28″ N 5° 10′ 50″ E / 44.1244444444, 5.18055555556 ()44° 07′ 28″ Nord 5° 10′ 50″ Est / 44.1244444444, 5.18055555556 ()  
Altitude Min. 240 m – Max. 1 883 m
Superficie 91,03 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.bedoin.fr

Bédoin est une commune française, située dans le département de Vaucluse en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Géographie[modifier | modifier le code]

Bédoin, une des communes du piémont du Mont Ventoux
Vue sur Bédoin

Bédoin est situé au nord du département de Vaucluse, entre le mont Ventoux et Carpentras. La superficie totale de la commune est de 9103  ha. dont 6280  ha. de forêt communale, ce qui en fait l'une des plus grandes forêts communales de France[2].

Accès[modifier | modifier le code]

On accède au village de Bédoin par la départementale D974 (Carpentras-Bédoin). Bédoin est situé à environ 12 km de Carpentras (10 min) et 35 km d'Avignon (45 min). L'autoroute la plus proche est l'A7, sortie Avignon Nord.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Malaucène Beaumont-du-Ventoux Brantes Rose des vents
Crillon-le-Brave
Caromb
N Flassan
Sault
O    BÉDOIN    E
S
Saint-Pierre-de-Vassols
Carpentras
Mormoiron Villes-sur-Auzon

Hameaux et lieux-dits[modifier | modifier le code]

Hameau des Baux

Bédoin compte plusieurs hameaux et lieux-dits :

  • Hameaux  :
    Sainte-Colombe ou les Gautiers,
    Les Bruns
    Les Baux
  • Lieux-dits :
  • Domaine de Bélèzy
  • Le Chalet-Reynard
  • Les Constants
  • Les Bellonis
  • La Bernarde
  • Les Clops
  • Les Chalons
  • Les Crottes
  • Les Fébriers
  • Les Jeans-Blancs
  • les Maridats
  • Saint-Estève
  • Demoiselles coiffées (site privé interdit à la visite)
  • Les Pousse-Chien
  • Les Vendrans
  • Pierravon
  • Les Gnasses

Distances des grandes villes françaises[modifier | modifier le code]

L'orientation et la localisation de Bédoin par rapport à quelques grandes villes françaises sont données dans le tableau suivant. Distance à vol d'oiseau[3] :

Ville Marseille Montpellier Nice Lyon Toulouse Bordeaux Paris Nantes Lille Brest Strasbourg
Distance

Orientation

87 km

(S)

117 km

(S-O)

173 km

(S-E)

185 km

(N)

304 km

(O)

461 km

(O)

569 km

(N)

625 km

(N-O)

741 km

(N)

880 km

(N-0)

534 km

(N-E)

Relief[modifier | modifier le code]

Mont Ventoux en automne
Article détaillé : Mont Ventoux.

Bédoin est bâti au pied du Mont Ventoux. Ce massif qui culmine à 1 912 mètres d'altitude est une arête calcaire d'orientation est-ouest. Le village se situe à 300 mètres d'altitude, sur le versant sud du Mont Chauve. Cette partie considérée comme le vieux village occupe la colline Saint-Antonin. Le reste du territoire communal s'étend jusqu'au sommet, il se caractérise par la présence de multiples vallons et combes.

Géologie[modifier | modifier le code]

La plaine alluvionnaire de Bédoin contient des sables à forte teneur en silice utilisés dans la verrerie, la céramique et la fabrication de produits résistant à de hautes températures[4].

Sismicité[modifier | modifier le code]

Les cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon, et Pertuis sont classés en zone Ib (risque faible). Tous les autres cantons du département de Vaucluse sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de bâtiments[5].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La commune de Bédoin est traversée par la Mède qui prend sa source dans le Mont Ventoux pour se jeter ensuite dans la Sorgue de Velleron. La Mède, qui se nommait Mèze au XIIIe siècle, a été recouverte il y a plus de 30 ans. Elle s'écoule sous la route de Flassan au niveau de la chapelle des Sœurs de Nazareth, puis le long du parking du centre culturel, pour couler à découvert au niveau de la cave[6]. Un de ses affluents, la Malagrone, prend sa source dans la Combe de Milan.

Climat[modifier | modifier le code]

La commune, située dans la zone d’influence du climat méditerranéen, est soumise à un rythme à quatre temps : deux saisons sèches, dont une brève en fin d'hiver, une très longue et accentuée en été ; deux saisons pluvieuses, en automne, avec des pluies abondantes sinon torrentielles, et au printemps. Les étés sont chauds et secs, liés à la remontée des anticyclones subtropicaux, entrecoupés d’épisodes orageux parfois violents. Les hivers sont doux. Les précipitations sont peu fréquentes et la neige rare ; à noter, les vents les plus violents de France ont été enregistrés au sommet du Mont Ventoux avec près de 300 km [7].

Mois
Janv Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc Année
Températures maximales moyennes (°C) 10 12 16 18 23 27 30 30 25 20 13 10 19,75
Températures minimales moyennes (°C) 2 3 6 8 12 15 18 18 14 11 6 3 9,6
Températures moyennes (°C) 6 7,5 11 13 17,5 21 24 24 19,5 15,5 8,5 7,5 14,7
Moyennes mensuelles de précipitations (mm) 36,5 23,3 24,9 47,5 45,6 25,4 20,9 29,1 65,8 59,6 52,8 34,0 465,4
Source : (fr) Données climatologiques de Mazan 2000-2007

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

La présence de nombreuses grottes et abris sous-roche à Bédoin et dans le Mont Ventoux milite en faveur d'une occupation ancienne de ce lieu. Des traces du paléolithique et du néolithique ont été retrouvées sur certains sites de la commune de Bédoin. Des nucléus, éclats, lames et lamelles, grattoirs, perçoirs et armatures de flèches ont été récoltés en abondance sur les sites de Terme Roux et des Vendrans. Des pièces d'industrie lithique ont été découvertes dans la combe de Maraval et une hache en serpentine au hameau des Baux[8]. Dans l’abri sépulcral chacolithique de la Madeleine ont été trouvés des vestiges des âges du Bronze ancien (2300/2200-1600 av. J.-C.), moyen et final[9]: une anse à ruban et des fragments de bords à biseau interne[8].

Antiquité[modifier | modifier le code]

La vigne a été présente depuis l'antiquité. Des vestiges gallo-romains en témoignent. Les premiers ont été découverts près de la fontaine de la Grave, dans le quartier Saint-Eutrope au hameau des Baux, puis récemment les ruines d'une villa gallo-romaine ont été fouillées au hameau les Bruns[10].

La civilisation romaine fut anéantie lors des grandes invasions et il a été avancé que Bédoin signifierait le berceau du vin et proviendrait du nom germanique bett-wein (lit du vin)[11].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Bédoin apparaît sous le nom de Beduinum en 956 dans le Cartulaire du chapitre cathédral Saint-Étienne d'Agde. C'est une donation de Beduinum et en son district, faite par Udalfrède, à sa fille Berthe, consacrée à Dieu, le 3 avant les nones de novembre de l'an II du règne du Roi Lothaire, par devant Maître Nazaire, notaire. Il est question également de Saint-Pierre-de-Vassols, de Canat, d'Asnarie, de Gabian, et leurs districts. Pour Médeilhan, Udalfrède donne la moitié de ses églises, avec leurs serviteurs et servantes[12].

La chapelle de la Madeleine de Bédoin, ancien prieuré bénédictin, date du deuxième quart du XIe siècle[13]. Un des plus anciens actes du cartulaire de l'abbaye de Montmajour, daté du Xe siècle, indique qu'Exmido, seigneur de Bédoin, donna aux bénédictins de cette abbaye, fondée en 949, la villa et les églises de son fief Beduino, dont une chapelle dénommée Saint-Pierre de Monestrol qui, grâce à ses confronts, serait celle de la Madeleine[14].

Au cours du Moyen Âge, cette donation fut confirmée régulièrement par les papes Grégoire V (998), Urbain II (1097) et Pascal II (1102)[14].

Période moderne[modifier | modifier le code]

En 1794, le village de Bédoin comprend deux classes de populations, d’une part des cultivateurs, des maçons, des tailleurs, des tisserands et des marchands et de l’autre, une classe bourgeoise composée d’avocats, de médecins, de nobles catholiques et de prêtres. Ces habitants sont encore très attachés au pape, depuis la fin de la domination pontificale de l’ancien Comtat Venaissin ( 4 ans auparavant ). Six prêtres insermentés ou réfractaires et deux religieuses insermentées ont trouvé asile dans la commune[15].

Le Comtat Venaissin est réuni à la République le 14 septembre 1791. Bédoin se distingue alors par son attitude ultraconservatrice et devient un foyer royaliste. Le village est surnommé « la Vendée du Midi ». Après l’exécution de Louis XVI, s’installe le régime de la Terreur de septembre 1793 à juillet 1794. Les principes révolutionnaires supplantent le culte catholique. Le 28 janvier 1794, la publication de la liste générale des émigrés entraîne la confiscation des biens de treize habitants de Bédoin. François Fructus, républicain, s’installe à la mairie. S’installe alors un trafic de biens nationaux, des orgies, des beuveries qui mécontentent la population [8].

Dans la nuit du 12 au 13 floréal an II (1er au 2 mai 1794), un groupe de contre-révolutionnaires arrache l’arbre de la Liberté de la place publique (porte Saint-Jean). L’arbre est traîné dans le fossé au pied des remparts et abandonné dans le « pré au porc ». Le bonnet phrygien rouge qui surmontait l’arbre est jeté dans un puits partiellement comblé [16]. L’affiche contenant les décrets de la Convention nationale est arrachée, lacérée, souillée, piétinée.

Le 13 et 14 floréal, la municipalité débute une enquête, sans succès. Le 15 floréal, Agricol Moureau, administrateur du département de Vaucluse et Étienne Christophe Maignet, jacobin représentant du gouvernement révolutionnaire, ordonnent à l’agent national Le Go de se rendre à Bédoin accompagné du 4e bataillon de l’Ardèche commandé par Suchet. Les membres de la municipalité et du comité de surveillance, les nobles, les prêtres, et d’autres suspects sont arrêtés. Tous les habitants, femmes exceptées, sont réunis dans l’église paroissiale. Aucun ne dénonce les coupables. Maignet ordonne alors que le tribunal criminel du département de Vaucluse s’installe dans Bédoin pour y juger les faits commis [8].

Extraits de l'arrêté du 17 floréal II :

« Considérant que la justice ne saurait donner trop d’éclat à la vengeance nationale dans la punition du crime abominable qui s’est commis à BEDOUIN que ce n’est qu’en frappant sur le lieu même où il a été commis […] que l’on pourra porter l’épouvante dans l’âme de ceux qui oseraient encore méditer de nouveaux attentats […]
« Ordonne que le Tribunal Criminel du département de Vaucluse […] se transportera dans le plus court délai à BEDOUIN, pour y instruire la procédure et y faire exécuter de suite le jugement qu’il rendra ».

Cet arrêté ordonne « que le pays qui a osé renverser le siège auguste de la Liberté est un pays ennemi que le fer et la flamme doivent détruire ».

Le Go et Suchet, accompagnés de leurs troupes, s'installent dans le village. Ils perquisitionnent, volent, profanent les objets de culte, la flèche du clocher est renversée. La maison de M. de Vaubonne, noble, est pillée [8].

Le 20 floréal an II, le tribunal s'installe dans la commune, amenant avec lui la guillotine et trois bourreaux. Au terme du procès, 63 habitants sont condamnés à mort, 10 sont « mis hors la loi », une personne est condamnée aux fers, 13 à la réclusion et une à une année de détention. 52 personnes sont remises en liberté, mais restent soumises à l'arrêté du 17 floréal [17].

Le 9 prairial an II (28 mai 1794), le jugement est rendu sur l'emplacement de l'arbre arraché en présence des habitants, 35 personnes sont guillotinées et 28 fusillées. Les corps dépouillés sont ensevelis dans une fosse commune. La chapelle de Becarras, sur la route de Flassan a été bâtie sur l'emplacement de la fosse.

Le 13 prairial, Le Go donne un délai de vingt-quatre heures aux habitants pour évacuer le village. Le 15, les soldats du 4e bataillon de l'Ardèche incendient le village. Cinq cents maisons et édifices publics, huit chapelles, sont détruites [8]. Les soldats font sauter une partie de la voûte de l'église paroissiale.

La ville ayant soutenu l’insurrection fédéraliste, et arraché son arbre de la liberté, le représentant en mission Maignet ordonne, le 4 mai 1794, que la ville soit rasée et remplacée par un monument qui rappelle son crime[18]. La commune est finalement incendiée, et soixante-trois de ses habitants massacrés [19].

En langage révolutionnaire, Bédoin devient « l'infâme », « l'incendié », ou « l'anéanti ».

Le 15 floréal An III, après le 9-Thermidor, le nouveau représentant en mission Debry fait célébrer une cérémonie solennelle de réhabilitation[20].

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Maquis Ventoux.

Le 16 octobre 1954, d'après le journal Var Matin-République, deux membres du personnel de l'observatoire météo du Mont Ventoux, Michel Figuet et Jean-Louis Ruchon, avaient signalé que ce matin-là, à 7 h. 30, à l'est-nord-est, en direction d'Orange, un engin inconnu planait dans le ciel. Le quotidien expliquait : « L'objet est d'apparence sphérique et métallique. Cet engin a la forme d'un ovoïde avec deux cônes superposés reliés par une espèce d'antenne »[21].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de Bédoin (Beduinum) est à nouveau cité dans une donation faite en 993 à l'abbaye de Montmajour par le seigneur Exmidio. Le village a été ensuite appelé successivement Bedoin en 1206, Bedoyno en 1318, Bedoynus entre 1363 et 1415, et aux XVIe et XVIIe siècles, Bedoin (ou Bédoin)[8]. Il est possible de voir dans le mot Bedoin un nom de personnage germanique, Betwin (« l'ami du lit »)[22].

.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Armorial des communes de Vaucluse.
blason

Les armement peuvent se blasonner ainsi :

D'azur à la montagne à trois coupeaux d'argent, une croix d'or sur celui du milieu.

La montagne représente le Mont Ventoux et la croix symbolise la chapelle Sainte-Croix édifiée au sommet du Ventoux à la fin du XVe siècle par Pierre de Valetarïs, évêque de Carpentras.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires depuis 1925
Période Identité Étiquette Qualité
mai 1925 août 1944 Camille Reynard    
août 1944 mai 1945 Ernest Daufes
(délégation spéciale après démission du conseil)
   
mai 1945 mai 1953 Augustin Favier
(après le refus de Victor Clop)
   
mai 1953 septembre 1979 Albert Artilland   Propriétaire
septembre 1979 mars 1989 Benoît Fin   Agriculteur
1989 Mars 2001 Helen Adam   Agriculteur
Mars 2001 en cours Luc Reynard PRG[23] Professeur d'économie

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 3 197 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 026 1 945 1 983 2 177 2 237 2 504 2 550 2 576 2 574
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 548 2 413 2 476 2 425 2 380 2 374 2 262 2 056 2 008
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 927 1 922 1 908 1 505 1 546 1 621 1 617 1 555 1 501
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
1 580 1 611 1 635 1 818 2 215 2 609 2 942 2 974 3 132
2011 - - - - - - - -
3 197 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[24] puis Insee à partir de 2004[25].)
Histogramme de l'évolution démographique


La commune de Bédoin possède une faible densité de population. Celle-ci découle de la vaste superficie de son territoire, le massif de Ventoux étant quasiment inhabité. Toutefois, la population de la commune est en forte augmentation depuis 1975. Les chiffres actuels sont redevenus comparables à ceux du XVIIIe siècle. Cette hausse est principalement due à l'allongement de la durée de vie, la classe des personnes âgées de plus de 65 ans augmente alors que celle des moins de 15 ans diminue[26].

Économie[modifier | modifier le code]

Commerce[modifier | modifier le code]

Boire un petit coup au marché de Bédoin
Fromager au marché de Bédoin

Le marché provençal hebdomadaire se tient chaque lundi.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le tourisme est un point fondamental de l'économie de la commune. L'été, la population peut être multipliée par 5. Cet attrait résulte principalement de la présence et de la renommée du Mont Ventoux. Le climat est également un atout majeur. De nombreux touristes viennent à Bédoin pour le soleil, le repos et surtout pour l'ascension du Géant de Provence par sa face la plus difficile (1 610 mètres de dénivelé sur 21,5 km, soit une pente d'environ 7,5 %). Les passages du Tour de France sont des périodes de grande affluence. Plus de 500000 personnes étaient massées sur les pentes du Ventoux lors du Tour de France 2009[27].
De nombreux équipements servent aux nuitées des touristes. Bédoin est doté d'une vingtaine de restaurants, de 3 hôtels, de 4 campings, d'un village de vacances, d'un camp de naturistes, de chambres d'hôtes et de locations saisonnières.

Agriculture[modifier | modifier le code]

Vue du village par dessus les vignes

Les vignerons de Bédoin cultivent environ 818 hectares de vignes d'appellations AOC Côtes du Ventoux et Vin de Pays[28]. Les caractéristiques climatiques et géologiques de la commune permettent de rendre ces vins tout à fait typiques. Les cépages cultivés sont pour les rouges et les rosés : le grenache noir, le carignan, le cinsault, le syrah et le morvèdre. Les cépages sélectionnés pour la production des vins blancs sont le clairette, le bourboulenc et le grenache blanc. Ces appellations offrent une gamme s'étalant des vins dits "d'entrée de gamme", en passant par les cuves de terroirs ou les premiums[29].
Bédoin possède une cave coopérative (les Vignerons du Mont Ventoux) ainsi que différents domaines (Galinier, Mas des Sœurs, le Van, la Grange de Maximin)

  • Les vergers fruitiers

Les vergers fruitiers représentent une autre part importante de l'agriculture, ils sont la troisième source de revenus après la vigne[9]. Les cerisiers, en particulier pour la production de cerises rouges, sont très répandus sur la commune. Les variétés cultivées sont la Burlat (fin mai), la Summit (juin) et la Belge (tardive). Des abricotiers, pruniers et figuiers sont également présents.
L'olivier tient une place particulière. L'huile produite à Bédoin est reconnue depuis le XVIIIe siècle, mais le gel de février 1956 a largement diminué la production. Depuis mars 2007, l'huile des communes de Bédoin et de Caromb bénéficie d'une AOC régionale "Huile de Provence"[9]

Équipements et services[modifier | modifier le code]

Sur la commune : Police municipale, caserne de pompiers, bureau de Poste, commerces variés et deux banques.

Transports[modifier | modifier le code]

La commune possède un service d'autobus sur une ligne Bédoin-Carpentras, qui fonctionne tous les jours sauf dimanche et jours fériés. Un service de transport à la demande (pour 1 €) a également été mis en place. Bédoin dispose d'une compagnie de taxi.

Enseignement[modifier | modifier le code]

On trouve sur la commune une école maternelle et une école primaire [30]. Les élèves sont ensuite dirigés vers le Collège André Malraux à Mazan[31], puis le lycée Jean-Henri Fabre à Carpentras.

La commune possède une bibliothèque municipale.

Sports[modifier | modifier le code]

Article connexe : Cyclisme au mont Ventoux.

L’activité sportive de Bédoin est principalement liée à sa situation géographique. La présence du Mont Ventoux a permis le développement très important du cyclisme, des courses automobiles, des randonnées équestres et pédestres, de l’escalade.

La commune possède un stade de football, 2 centres équestres, 3 courts de tennis, une piscine municipale (3 bassins). Les différentes associations du village permettent de pratiquer le judo, la gymnastique, la gymnastique rythmique, le hip-hop, la danse, le taekwondo, le yoga, la pétanque, le ski, le minigolf.

Santé[modifier | modifier le code]

Le village de Bédoin, équipé d'un centre médical, comporte 3 médecins généralistes, 5 infirmières, 2 chirurgiens-dentistes, 1 pédicure, 3 kinésithérapeutes, 1 vétérinaire, 1 pharmacie et 1 centre esthétique ayurvédique. Le centre hospitalier le plus proche de la commune se situe à Carpentras. Pour les cas les plus graves, les patients peuvent également être transférés sur les hôpitaux d'Avignon ou de Marseille.

La commune possède 1 maison de retraite publique et un service d'ambulance, ainsi qu'une caserne de pompiers volontaires.

Environnement[modifier | modifier le code]

Cette commune fait partie de la Réserve de Biosphère du Mont Ventoux[32], label attribué par l'UNESCO à 34 communes du massif depuis 1990. Plus récemment, elle est également concernée par le projet de Parc naturel régional du Mont-Ventoux[33].

La collecte et traitement des déchets des ménages et déchets assimilés et la protection et mise en valeur de l'environnement se font dans le cadre de la Communauté d'agglomération Ventoux-Comtat Venaissin.

Vie locale[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Monuments[modifier | modifier le code]

Chapelle de Beccaras
monument commémoratif, dit la Pyramide
  • Sur la place des écoles, Monument commémoratif aux victimes de la Révolution, avec moderne notice explicative et ancienne plaque en marbre portant le texte suivant : « Après un an de pleurs sur ces débrits affreux, la loi ramène la justice consolez-vous, ô malheureux puisque l'éclat du crime en prédit le supplice ».
  • Route de Flassans, Chapelle de Beccaras, construite sur la fosse commune qui reçut les victimes du massacre du 28 mai 1794. À l'intérieur, des plaques portent le nom des 63 habitants de Bedoin guillotinés ou fusillés. Sur le côté de la chapelle, tombe de Monsieur FXM Allemand, décédé le 21 août 1865 à l'âge de 89 ans.
  • Église Saint Pierre (XVIIIe siècle)
Église Saint-Pierre, façade occidentale

Bâtie de 1708 à 1736 selon les plans de Paul Rochas, architecte avignonnais, elle est dédiée à Saint Pierre [9]. Imposante, elle surplombe le village et fait face au nord, au mont Ventoux. Sa façade est de style jésuite. Son clocher est carré. En partie détruite en 1794, elle fut reconstruite entre 1807 et 1821.

  • Chapelle romane Notre-Dame du Moustier
  • Église des Baux de Bédoin
  • Chapelle de la Madeleine (XIe)
    Située à trois km de Bédoin sur la route de Malaucène (nord-ouest du village), cette chapelle romane s'élève sur le terres du Château de la Madelène. Petite construction (10,80 x 10,40 m), de type basilical, elle est faiblement éclairée et peu décorée. Elle a un clocher carré avec quatre baies géminées. La Chapelle a été placée d'abord sous le vocable de saint Pierre puis sous celui de Sainte Madeleine. Elle fut donnée par le comte Exmido, seigneur de Bédoin, à l'abbaye bénédictine de Montmajour, près d'Arles, au Xe siècle [9]. Au Moyen Âge, elle abrita des moines bénédictins qui défrichèrent les terres. Au XIXe siècle le domaine devint la propriété de la famille Collet de la Madelène qui donna naissance aux écrivains Jules (1820-1859) auteur du roman Le marquis des Saffres dont l'action se déroule à Bédoin, et Henri (1825-1887), auteur de nouvelles (Jean des Baumes, La fin du marquisat d'Aurel), journaliste et homme de lettres. Actuellement privée, la Chapelle peut être visitée certains jours de la semaine[34].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Robert Bailly, Dictionnaire des communes du Vaucluse, A. Barthélemy, Avignon,‎ 1986 (ISBN 2903044279)
  • Jules Courtet, Dictionnaire géographique, géologique, historique, archéologique et biographique du département du Vaucluse, Christian Lacour, Nîmes (réed.),‎ 1997 (ISBN 284406051X)
  • Abbé E. Bourgue (Curé de Bedoin), Histoire de Bédoin. Bédoin Souvenirs. Imprimerie Batailler, Carpentras, 1965.
  • P.Vaillandet, L'affaire de Bédoin. Mémoires de l'Académie du Vaucluse, 1929-1930
  • P.Vaillandet, L'affaire de Bédoin. Tiré des Mémoires de l'Académie du Vaucluse. (Fascicule no 1 1930). Imprimerie-Édition A.E. Macabet Frères. Vaison. 1931.
  • Andrée Corvol, Un épisode de la Terreur. Bédoin en Vaucluse devient Commune-incendiée, Historia 199?.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Recensement 2010 », INSEE
  2. « Bedoin ma ville », Revue municipale annuelle de Bedoin, no 6,‎ juin 1993
  3. « Distance entre 2 villes » (consulté le 19/06/2009)
  4. « Les sables siliceux de Bédoin »,‎ 2006 (consulté le 09/06/2009)
  5. Zonage sismique réglementaire de la France, classement des cantons (découpage fin 1989) de la région PACA, page 48
  6. « L'eau à Bedoin », Lou passadou, revue municipale, vol. 26,‎ juillet 2002, p. 12
  7. La climatologie du Vaucluse
  8. a, b, c, d, e, f et g Guy Gérard Durand, Bedoin à travers les siècles, Avignon, Editions A. Barthémély,‎ 2000 (ISBN 2-87923-117-5)
  9. a, b, c, d et e Guy Barruol, Nerte Dautier, Bernard Mondon, Le mont Ventoux, encyclopédie d’une montagne provençale, Forcalquier, Les Alpes de lumière,‎ 2007 (ISBN 978-2-906162-92-1)
  10. Les vestiges gallo-romains sur la commune de Bédoin
  11. Bédoin sous l'antiquité sur le site des vignerons du Mont-Ventoux
  12. Raymonde Foreville, Le cartulaire du chapitre cathédral Saint-Étienne d'Agde, CNRS édition, N° 320, 1995, p. 354
  13. Guy Barruol et Jean-Maurice Rouquette, Promenades en Provence romane, Zodiaque, 2002, p.63
  14. a et b Guy Barruol, op. cit., p. 74.
  15. « Histoire du village » (consulté le 21/06/2009)
  16. « La terreur révolutionnaire dans le Comtat Venaissin », Lou Passadou, no 27,‎ octobre 2002, p. 9
  17. Jugement de Bédoin rendu par le tribunal Révolutionnaire 1794
  18. Albert Ceccarelli, La Révolution à l’Isle sur la Sorgue et en Vaucluse, Éditions Scriba, 1989, (ISBN 2-86736-018-8), p. 73.
  19. D'après Histoire de Bédoin, de l'abbé Émile BOURGUE
  20. Albert Ceccarelli, La Révolution..., p. 91.
  21. Article paru dans Var Matin-République, Toulon, le 17 octobre 1954.
  22. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Larousse,‎ 1968, 1699 p. (ISBN 2850230766)
  23. Journal Radical 605, PRG, consulté le 22 avril 2014
  24. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  25. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011
  26. « Elements de démographie », Lou passadou, revue municipale, no 31,‎ octobre 2003
  27. La Rédaction du DL, « TOUR DE FRANCE, Plus de 500.000 personnes au Ventoux »,‎ 2009
  28. « Bédoin »
  29. « AOC Côtes du Ventoux »
  30. Enseignement publique primaire en Vaucluse
  31. Carte scolaire du Vaucluse
  32. http://www.smaemv.fr/la-reserve-de-biosphere
  33. http://www.smaemv.fr/projet-parc-naturel-regional
  34. Guy Barruol, Provence Romane II, Éd. Zodiaque, La Pierre-qui-Vire, 1981, pp. 73 à 80.