Harki

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Harki [(h aspiré)aʁ.ki][1], désigne, au sens strict, un individu servant en Algérie coloniale dans une formation paramilitaire, une harka. Il vient du mot arabe haraka signifiant littéralement « mouvement ». Le terme était déjà utilisé auparavant au sens figuré pour désigner de petits affrontements, guerres, barouds entre tribus ou contre un ennemi extérieur[2].

Harki désigne par extension une partie des supplétifs (avec les moghaznis , les groupes mobiles de sécurité (GMS), les groupes d'autodéfense (GAD) et les Unités territoriales devenues Unités de réserve en 1960 auxquelles on rajoute les réservistes spéciaux, les 'assas — gardiens escortant les convois —[3]) engagés dans l’armée française de 1957 à 1962, durant la guerre d'Algérie sous contrat mensuel renouvelable sans avoir un statut militaire. Les « harkas », formations très mobiles, furent d'abord employées localement pour défendre les villages, puis constituées en commandos offensifs sous la responsabilité d'officiers français. Les harkis comme les autres supplétifs obtiennent le statut d'anciens combattants en France par une loi du 9 décembre 1974.

En France, harki est souvent utilisé comme synonyme de « Français musulmans rapatriés » (FMR) à partir de 1962, « Français rapatriés de confession islamique » (FRCI) en 1970 ou « Rapatriés d'origine nord-africaine » (RONA) dans les années 1980[4]. Aujourd’hui, deux termes se sont imposés : « FMR » et « harki », qui selon les contextes renvoient soit aux seuls harkis, soit à tous les supplétifs, soit encore à l’ensemble incluant supplétifs et non supplétifs[5]. Pour Mohand Hamoumou, harki désigne les Algériens qui ont dû quitter leur pays en raison de leur comportement anti-indépendantiste durant la guerre d’Algérie et sont restés Français[5]. Ces termes plus ou moins administratifs désignent les personnes de statut civil de droit local originaires d'Algérie (qualifiées d'indigènes jusqu'à la Seconde Guerre mondiale) qui se sont installées en France après l'indépendance de l'Algérie sous couvert de la loi sur les rapatriés[6]. Comme tous les Algériens qui résidaient en France après 1962, ils purent conserver la nationalité française par simple déclaration jusqu'au 22 mars 1967[7].

En Algérie, harki est devenu synonyme de traître et de collaborateur. Cependant pour l'historien Mohammed Harbi, ancien membre du FLN, « l'idée selon laquelle les harkis auraient été des traîtres ou des « collabos » devrait être dépassée » car les affrontements de la Guerre d'Algérie et ceux qui ont opposé la résistance française aux collaborateurs ne peuvent pas être assimilés[8].

La France, en comptant les « Pieds noirs » européens, les juifs et tous les musulmans « loyalistes », aurait dû accueillir sur son sol 2,5 millions de personnes. Elle le fit vaille que vaille pour les premiers et abandonna les autres. Seuls 42 500 harkis purent trouver refuge en France métropolitaine.

Les Harkis et leurs descendants représenteraient en 2012 entre 500 000 et 800 000 personnes en France[9].

Le 14 avril 2012, Nicolas Sarkozy a officiellement reconnu la responsabilité du gouvernement français dans « l'abandon » des harkis après la fin de la guerre d'Algérie en 1962[10].

Un jeune harki, en 1961.

Une histoire ancienne d’engagement[modifier | modifier le code]

Selon Jean-Jacques Jordi, la constitution des harkas ne doit pas être considérée uniquement comme un événement de la guerre d’Algérie mais doit être « analysée au travers de toute une histoire de liens, d’attachements mais aussi de rejets avec la France ». Les Harkis se rattachent à ce mouvement d'« indigènes » pro-français qui naît en 1830 lorsque des tribus prêtent allégeance à la France. Dès 1831, des bataillons de soldats « indigènes » sont mis sur pied et participent aux opérations de conquête de l'Algérie aux côtés des unités métropolitaines. En 1856, trois régiments de tirailleurs algériens sont créés dans chacune des provinces de l’Algérie française et font partie intégrante de l’armée française. Ces tirailleurs s’illustrent ensuite dans la plupart des campagnes du Second Empire et de la IIIe République puis lors des deux Guerres mondiales. Ainsi dans certaines familles musulmanes, comme celle du bachaga Boualam, se développe une vraie tradition militaire tournée vers la métropole. Dès le début de la guerre d’Algérie, le recours aux supplétifs musulmans apparaît non seulement nécessaire mais aussi indispensable à l’armée française[11].

Les harkis pendant la guerre d’Algérie (1954-1962)[modifier | modifier le code]

De 1957 jusqu’en 1962, les harkis sont des soldats indigènes musulmans engagés aux côtés de l’armée française dans des unités appelées harkas, tandis que l’Algérie française était constituée de départements.

Au sein même de l’armée française, ils totalisent 63 000 hommes en décembre 1961. À côté de ces harkis il faut ajouter les soldats musulmans de l'armée régulière (appelés, engagés, militaires d'active, appelés aussi FSNA ou Français de souche nord-africaine) qui sont 85 000 en 1960[12]. Au total, durant cette guerre, l’armée française a inscrit dans ses registres 160 000 harkis, moghaznis, GMPR devenus GMS ou « assès » et un peu plus de 110 000 réguliers[13].

Le 19 mars 1962, jour du cessez-le-feu, selon le rapport à l'O.N.U du contrôleur général aux armées Christian de Saint-Salvy, on dénombrait en Algérie, 263 000 musulmans engagés du côté français (60 000 militaires réguliers, 153 000 supplétifs, dont 60 000 harkis, et 50 000 notables francophiles) représentant, familles comprises, près de 1 500 000 personnes menacées sur 8 millions de musulmans algériens[14]. Il y a une grande incertitude sur le nombre d'Algériens enrôlés ou engagés dans les supplétifs durant toute la guerre, nombre qui varie de 200 000 à 400 000 selon les historiens[15].

L'armée française recruta également environ 3 000 anciens éléments du FLN et de l'ALN, dont certains formèrent le célèbre Commando Georges du lieutenant Georges Grillot. La plupart d'entre eux furent victimes de représailles à partir de 1962[16].

Selon Maurice Faivre, on comptait ainsi quatre fois plus de combattants musulmans dans le camp français que du côté du FLN[17]. Le ministère des Armées évalue à 4 500 le nombre des soldats musulmans morts pour la France, pendant la guerre d’Algérie, et à plus de 600 les disparus.

Les accords d’Évian[modifier | modifier le code]

À la suite de l’infléchissement de la politique française vers l’indépendance algérienne à partir de 1961, commencèrent la démobilisation et le désarmement des supplétifs. Les accords d'Évian signés le 18 mars 1962 prévoient que :

« L’État algérien souscrira sans réserve à la Déclaration universelle des Droits de l’Homme et fondera ses institutions sur les principes démocratiques et sur l’égalité des droits politiques entre tous les citoyens sans discrimination de race, d’origine ou de religion. Il appliquera, notamment, les garanties reconnues aux citoyens de statut civil français. »

— Accords d'Évian, chapitre II, partie A, article 1

« Nul ne pourra faire l’objet de mesures de police ou de justice, de sanctions disciplinaires ou d’une discrimination quelconque en raison d’opinions émises à l’occasion des événements survenus en Algérie avant le jour du scrutin d’autodétermination, d’actes commis à l’occasion des mêmes événements avant le jour de la proclamation du cessez-le-feu. Aucun Algérien ne pourra être contraint de quitter le territoire algérien ni empêché d’en sortir. »

— Chapitre II, partie A, article 2

Les accords d’Évian ne prévoient aucune disposition particulière quant à la protection ou l’avenir des loyalistes et de leurs familles, qu’ils soient Pieds-noirs, Juifs séfarades ou harkis moghaznis, fonctionnaires (2 millions de personnes), mais incluent une amnistie pour les actes effectués et les opinions émises avant l’indépendance, de toutes les parties.

La loi française du 23 février 2005, dans son article 2 dénoncera le non-respect des accords d’Évian qui prévoyaient pour le futur gouvernement algérien d’assurer la sécurité des harkis. Cet article de la loi ne sera pas critiqué par le président algérien Bouteflika. Le FLN prétendra qu’il ne s’agissait que d’une « déclaration » qui ne l’engageait pas.

Suite directe des accords d’Évian[modifier | modifier le code]

Période transitoire entre le cessez-le-feu et l’indépendance[modifier | modifier le code]

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Après le 19 mars 1962, les harkis sont désarmés par l’armée française (repliée dans ses garnisons) qui laisse le territoire au FLN. Pendant une brève période, le nouveau pouvoir s’abstient de toute répression vis-à-vis des pro-Français, et à Paris le gouvernement, sous la présidence de Charles de Gaulle, limite fortement le nombre de ceux qui peuvent se replier sur la France. Le GPRA prendra la directive 442 du 10 avril 1962[réf. nécessaire], relative aux « harkis, goumiers et ralliés servant dans les rangs ennemis », directive en violation des accords d’Évian :

« Si la révolution les a condamnés, il n’en reste pas moins que le peuple les frappe de son mépris et continuera à les haïr et les nier…

Nous devons user de tact et agir avec souplesse afin de les gagner provisoirement…
Leur jugement final aura lieu dans une Algérie libre et indépendante devant Dieu et devant le Peuple qui sera seul responsable de leur sort…
Les égarés abandonnés doivent être surveillés dans leurs moindres gestes et inscrits sur une liste noire qu’il faudra conserver minutieusement. »

Cependant, les exécutions de harkis commencent dès avril 1962 (à Geryville, à Bou Alam, liquidation du commando George...) et se perpétuent[réf. nécessaire]. Les autorités françaises ont été au courant des faits comme le prouvent les rapports faits par des Français en Algérie. L'armée française reçut l'ordre de rester passive[14]. Ces massacres sont dus à des règlements de compte, des vengeances mais aussi au zèle des « marsiens », ralliés FLN de la 25e heure (au mois de mars 1962), voulant montrer leur patriotisme.

Peu après l’indépendance de l’Algérie[modifier | modifier le code]

Après le 5 juillet 1962, les massacres de harkis ont connu une forte augmentation entre juillet et octobre de la même année. Au total, le nombre de harkis tués après le cessez-le-feu, victimes de représailles, fut estimé selon les sources entre 10 000 et 150 000[18]. Actuellement, les historiens s’accordent à évaluer de 60 000 à 70 000 le nombre de morts[19].

De nombreux harkis furent également arrêtés et emprisonnés. Dans un premier rapport publié en 1963, la Croix-Rouge écrit[20] : « La visite systématique des lieux de détention a permis de recenser 2 500 harkis dans les établissements pénitentiaires relevant du ministère de la justice, 1 300 d’entre eux se sont inscrits en vue de leur transfert en France. Il semble que, parmi les harkis demeurés libres, un certain nombre aient été requis pour l’exécution de travaux d’utilité publique. La réintégration dans la communauté algérienne ne semble pas s’être faite sans heurts, au moins dans certaines régions, ce qui explique les hésitations du gouvernement algérien à rendre la liberté à un grand nombre de harkis détenus ». La Croix-Rouge a estimé en 1965 à 13 500[21] le nombre de harkis incarcérés dans les prisons civiles ou militaires algériennes.

Politiques de rapatriements vers la France[modifier | modifier le code]

À l'époque, les autorités françaises et algériennes n'utilisent pas le terme de « rapatriement » mais de « transfert », les Harkis étant considérés comme des réfugiés[15].

Selon Philippe Denoix, « Louis Joxe, ministre d’État aux Affaires algériennes, adressa à l’armée une directive très secrète, le 12 mai 1962, menaçant de sanctions les militaires français qui organisaient le repli en métropole de leurs alliés musulmans en dehors du plan général de rapatriement », et ordonnant même le renvoi en Algérie des supplétifs débarqués en France. »

La note en date du 25 mai 1962, dispose notamment :

« Les supplétifs débarqués en métropole en dehors du plan général de rapatriement seront renvoyés en Algérie […]. Il conviendra d’éviter de donner la moindre publicité à cette mesure […]. Les promoteurs et les complices de rapatriements prématurés seront l’objet de sanctions appropriées. » Pierre Messmer, ministre des armées, a spécifié dans une note ministérielle de mai 1962 que les arrivées en France de harkis dues à des initiatives individuelles […] représentent des infractions caractérisées. »

En fait, en 1962, il n’existe aucun plan d’évacuation ni de protection des harkis et de leurs familles, et le Gouvernement fut pris de court par l’arrivée des rapatriés. On estime (Philippe Denoix, sur la base des Harkis ayant opéré une déclaration récognitive de nationalité) à 15 000 ou 20 000 le nombre de familles de harkis, soit environ 90 000 personnes, qui purent s’établir en France de 1962 à 1968, mais beaucoup de familles n'ont pas demandé la nationalité et sont restées algériennes, d'où l'incertitude sur le nombre total de rapatriés[15]. La grande majorité resta en Algérie et des dizaines de milliers d’entre eux furent assassinés. Ces massacres perpétrés parfois par familles entières s’accompagnèrent souvent de tortures, de viols, etc. Ils se déroulèrent dans un climat d’instabilité, de luttes internes (y compris armées) de l’ALN et du GPRA pour la prise de pouvoir qui précéda et suivit l’indépendance.

Pour les harkis qui furent prisonniers, une procédure spéciale de rapatriement fut mise au point entre les gouvernements français et algériens en 1965. Seuls 1333 anciens harkis en bénéficièrent. Ils furent officiellement prévenus que tout retour leur était définitivement interdit. Leurs noms furent inscrits sur une liste noire, et ceux qui tentèrent, plus tard, de rentrer en Algérie, furent refoulés sans ménagement[22].

L'abandon des harkis par l'État français et les consignes données par les pouvoirs publics de n'effectuer aucun rapatriement massif de supplétifs ont été considérés par Maurice Allais comme « une des plus grandes ignominies, une des plus grandes hontes de toute l'Histoire de France »[23]. De même, Dominique Schnapper, fille de l'intellectuel français Raymond Aron, écrira : « L'épisode des harkis constitue une des pages honteuses de l'histoire de France, comme l'ont été l'instauration du Statut des juifs ou la rafle du Vel d'Hiv »[24]. Pour Pierre Montagnon, si cette assertion n'est pas sans fondement, l'Armée française de 1962 sort toutefois de ce drame moins « salie » que l'administration française de 1940 à 1944. En effet, en 1962, des officiers se sont opposés aux ordres des pouvoirs publics français, ont enfreint les instructions et plusieurs milliers de harkis ont pu être sauvés d'une mort certaine, certains rejoignant même l'OAS. De nombreux cadres ont également démissionné, « ne voulant pas cautionner une telle ignominie »[25].

De Gaulle et les harkis[modifier | modifier le code]

Selon Rémi Kauffer, de Gaulle voyait dans les harkis des « jouets de l’Histoire », et non des éléments de l’armée française[26]. Peu après son retour au pouvoir, en 1958, de Gaulle se met à douter de l’intégration des musulmans d’Algérie qui était sous-jacente à la constitution de harkas. Ainsi, le 5 mars 1959, il se confie en ces termes à Alain Peyrefitte : « Si nous faisions l’intégration, si tous les Arabes et Berbères d’Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcher de venir s’installer en métropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé ? Mon village ne s’appellerait plus Colombey-les-Deux-Églises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées ! »[27].

Il accepte cependant, lors de la nomination du général Challe comme commandant suprême en Algérie (fin 1958), sa proposition de porter l’armée au niveau nécessaire pour défendre tout le territoire, en enrôlant massivement des musulmans[28].

Au conseil des ministres du 25 juillet 1962, peu après l’indépendance de l’Algérie, lorsque Pierre Messmer, ministre des armées, déclare : « Des harkis et des fonctionnaires musulmans, les moghaznis, se disent menacés, d’où des demandes qui viennent à la fois des autorités civiles et militaires. Il faut prendre une position de principe. », de Gaulle répond : « On ne peut pas accepter de replier tous les musulmans qui viendraient à déclarer qu’ils ne s’entendront pas avec leur gouvernement ! Le terme de rapatriés ne s’applique évidemment pas aux musulmans : ils ne retournent pas dans la terre de leurs pères. Dans leur cas, il ne saurait s’agir que de réfugiés ! Mais on ne peut les recevoir en France comme tels que s’ils couraient un danger ! ». Le Premier ministre Pompidou ajoute alors : « Deux camps militaires ont été installés pour eux en métropole ; ils sont submergés. Ces gens ne veulent pas travailler… » et de Gaulle conclut : « Il faut les mettre en demeure de travailler ou de repartir ». Et alors, selon Peyrefitte, plusieurs ministres baissèrent la tête[29].

Selon Guy Pervillé, de Gaulle était contre le rapatriement des harkis pour trois raisons[30] :

  • Il voulait montrer qu'il faisait confiance aux Algériens qui s'engageaient à n'entamer aucunes représailles à la suite des accords d'Évian.
  • Il croyait à une manœuvre de l'OAS visant à infiltrer en métropole des recrues potentielles pour perpétuer la guerre civile en France[31].
  • Surtout, de Gaulle refusait de distinguer le problème des harkis de celui de l'immigration algérienne en France. Il voulait que les harkis restent en Algérie car, pour lui, sauf exceptions individuelles, les harkis n'étaient pas des vrais Français. Le rapatriement de milliers d'Algériens constituait, à ses yeux, une menace pour l'identité de la France.

Nationalité[modifier | modifier le code]

L'article 2 de l'ordonnance n° 62-825 du 21 juillet 1962[32] prévoit qu'à compter du 1er janvier 1963, « les personnes de statut de droit local originaires d'Algérie, ainsi que leurs enfants peuvent, en France, se faire reconnaître la nationalité française »[33].

Le Journal officiel de la République française, débats parlementaires de l'assemblée nationale du 1er novembre 1963 précise que « toutefois les personnes de statut civil de droit local originaires d'Algérie conservent de plein droit la nationalité française si une autre nationalité ne leur a pas été conférée postérieurement au 3 juillet 1962 ». En effet, une loi française ne peut créer d'apatride.

Les harkis en France à partir de 1962[modifier | modifier le code]

L’installation dans les camps[modifier | modifier le code]

Fin 1962, 20 000 supplétifs avaient été accueillis dans les camps d’hébergement militaires en France et 3 200 se sont engagés dans l’armée française. Fin novembre 1963, le ministère des Rapatriés chiffre à 42 000 le nombre de harkis ayant transité dans les centres d’accueil. Finalement, 91 000 harkis et membres de leurs familles purent s’établir en France de 1962 à 1968.

Les premiers rapatriements de harkis sont effectués entre les accords d’Évian et l’été 1962, à l’initiative de quelques officiers, démissionnaires ou non, souvent des anciens responsables des unités harkis. Comme les directives officielles interdisent ces rapatriements, des filières clandestines sont mises en place, qui dispersent en dehors de tout contrôle officiel ces familles de harkis vers les régions du Sud-Est, du Sud-Ouest, en bordure du Massif Central (Ardèche, Dordogne, Lozère, Tarn…), ainsi que vers l’agglomération lyonnaise et vers Roubaix[34].

Après les massacres de l’été 1962, le décret du 8 août 1962 met en place un dispositif officiel d’accueil. Les familles de harkis sont logées dans les baraquements de camps militaires, qui ont parfois servi pour d’autres populations (Espagnols catalans, militants suspects d’appartenir au FLN, Indochinois)[34] : camps de transit du Larzac et de Bourg-Lastic (Puy-de-Dôme), puis celui du Camp de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), de Sainte-Livrade près de Villeneuve-sur-Lot, de Saint-Maurice-l'Ardoise et Lascours, situés sur la commune de Saint-Laurent-des-Arbres (Gard), de La Rye - Le Vigeant (Vienne), de Bias (Lot-et-Garonne)[35].

Entre 1962 et 1970, quelque 42 500 personnes sont passées par ces camps de transit avant d'être transférées dans d'autres structures censées éviter un déracinement brutal aux familles et les protéger contre d’éventuelles représailles du FLN : on distingue ensuite deux types de camps, les hameaux forestiers, perdus en pleine campagne et les cités urbaines à la périphérie des villes.

Les hameaux forestiers, dont le nombre varie de 42 à 75 sont situés dans le midi et hébergent chacun de 20 à 50 familles[35]. En 1982, il n’y a plus que 23 hameaux de forestage. Les 42 cités urbaines consistent en 2 000 logements Sonacotra près des villes d’Amiens, Bourges, Dreux, Lodève, Louviers, Montpellier…

Article connexe : Hameau de forestage.

Le 31 janvier 1964, les préfets reçoivent du ministre des Rapatriés François Missoffe une note où il est écrit : « Vous ne devez reloger les anciens harkis qu’après avoir relogé tous les rapatriés (c’est-à-dire les pieds-noirs) demandeurs de logement et particulièrement mal logés... »[36].

Ainsi le provisoire va durer vingt ans et même plus et comme le note Catherine Wihtol de Wenden, cette situation :

« ... favorise la marginalisation de populations trop coupées du reste de la société et maintenues dans une position d’assistés par l’encadrement social et administratif des cités et hameaux. Un encadrement qui a donné l’habitude, voire le goût, d’un certain contrôle social et enfermé parfois les populations dans une logique identitaire que le clientélisme associatif et politique a pu renforcer[34]. »

Révoltes[modifier | modifier le code]

Des révoltes se produisent au cours de l’été 1975 parmi les résidents des camps de Bias et Saint-Maurice-l’Ardoise. De 1962 à 1976, le camp, utilisé comme camp de transit et de reclassement, accueille des harkis.

En 1975, quatre hommes cagoulés et armés pénètrent dans la mairie de Saint Laurent des arbres, dans le département du Gard. Sous la menace de tout faire sauter à la dynamite, ils obtiennent après 24 heures de négociations la dissolution du camp de harkis proche du village. À l'époque, depuis 13 ans, ce camp de Saint Maurice l¹Ardoise, ceinturé de barbelés et de miradors, accueillait 1 200 harkis et leurs familles. Il y régnait une discipline militaire, des conditions hygiéniques minimales, violence et répression, 40 malades mentaux qui erraient désœuvrés et un isolement total vis-à-vis de la société française.

En 1991, on assiste à une révolte d’enfants de réfugiés harkis dans plusieurs villes françaises.

Dispersions[modifier | modifier le code]

Trente cinq ans après, Hocine Louanchi raconte à Anne Gromaire et Jean-Claude Honnorat comment le « camp de la honte » a été rasé dans le film documentaire Hocine, le combat d'une vie. Une politique de dispersion succède en effet aux regroupements. Les camps et les hameaux sont officiellement supprimés, mais leurs résidents restent souvent sur place. En même temps que des bureaux d’information, d’aide administrative et de conseils (BIAC) sont créés, des mesures spécifiques sont prises pour disséminer les communautés et favoriser leur intégration[34]. Cependant les communautés harkies résistent à la dispersion, ayant tissé sur place des solidarités ou pour diverses raisons financières.

Selon Philippe Denoix, en 1990, la population issue des « musulmans français d’Algérie » dépasse les 400 000[37].

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Loi du 11 juin 1994[modifier | modifier le code]

La Loi n° 94-488 du 11 juin 1994[38], portée par le gouvernement de Jacques Chirac et promulguée sous la présidence de François Mitterrand, en faveur des anciens supplétifs et leur famille dispose dans l'article premier : La République française témoigne sa reconnaissance envers les rapatriés anciens membres des formations supplétives et assimilés ou victimes de la captivité en Algérie pour les sacrifices qu’ils ont consentis.

Loi du 23 février 2005[modifier | modifier le code]

La loi du 23 février 2005[39] (controversée notamment dans son article 4) traite des harkis en France. Elle fixe les conditions de versement d’indemnités en reconnaissance des services rendus et des souffrances endurées par eux. À noter que les harkis contestent dans leur ensemble ces déclarations car ces indemnisations ne font que transformer la rente viagère dite « Jospin » qui est une retraite militaire déguisée en capital versable en une seule fois. Par ailleurs, certains harkis sont toujours en attente de ces indemnisations. Certaines associations de harkis[40] contestent que la colonisation ait présenté des « aspects positifs », comme affirmé dans l’article 4 de la loi (qui est cependant abrogé en janvier 2006).

Le gouvernement a annoncé en fin d'année 2007, lors du vote de la loi de finances pour 2008, que la loi du 23 février 2005 allait être modifié pour être mise en conformité avec le droit international.

Articles 6 et 9 de la loi du 23 février 2005[modifier | modifier le code]

Par un arrêt Comité Harkis et Vérité c/ gouvernement français du 6 avril 2007, le Conseil d'État a jugé les articles 6 et 9 de la loi du 23 février 2005 comme contraires à la Convention européenne des droits de l'homme. Ces deux articles opéraient en matière de droits des familles de harkis une discrimination en fonction du mode d'acquisition de la nationalité du harki demandeur.

Les annonces de Nicolas Sarkozy[modifier | modifier le code]

Le 5 décembre 2007, Nicolas Sarkozy, président de la République française, reçoit les représentants des harkis à l'Élysée au retour d'une visite officielle à Alger. Il annonce des dispositions pour améliorer l'intégration des harkis en France, sans toutefois aller jusqu'à « reconnaître officiellement la responsabilité de la France dans l’abandon et le massacre de Harkis » comme il s'y était engagé lors de la campagne présidentielle le 31 mars 2007[41].

Cependant, le 14 avril 2012, Nicolas Sarkozy alors candidat à sa succession, réitère sa promesse dans le camp de Rivesaltes, près de Perpignan : « La France se devait de protéger les harkis de l'Histoire, elle ne l'a pas fait. La France porte cette responsabilité devant l'Histoire ».

Associations d'anciens harkis[modifier | modifier le code]

Beaucoup d’associations de harkis ont une structure locale, axée sur l’aide sociale et la participation aux commémorations. Certaines associations ont ou ont eu des objectifs plus élargis, principalement dans le domaine de la mémoire. C’est notamment le cas du Comité National de liaison des harkis, de l’association Justice Information Réparation pour les harkis (AJIR), de l’association Harkis et droits de l’Homme, de l'association Mémoire d'hier et d'aujourd'hui pour demain (MHAD) et du Comité Harkis et Vérité.

Le Comité national de liaison des harkis (CNLH) a déposé une plainte contre la France « pour crime contre l’humanité ».Selon Boussad Azni, son président,  : « En livrant les harkis, réfugiés en métropole, la France savait pertinemment qu’ils seraient massacrés… ».

L’association Justice information réparation pour les harkis (AJIR), très active lorsque Mohand Hamoumou en était président, cherche à faire connaître l’histoire des harkis et convaincre les décideurs politiques de passer de l’assistanat à la réparation matérielle et morale puis à la pleine intégration politique[42].

L’association Harkis et droits de l’Homme, cofondée par Fatima Besnaci-Lancou, a pour but de mettre en œuvre tout travail d'histoire et de mémoire, sous l'angle des droits de l'homme, pour faire connaître l'histoire des harkis[43].

L'association Mémoire d'hier et d'aujourd'hui pour demain, fondée en 2004 et présidée par Achour Baali, membre du Haut Conseil des rapatriés d'Algérie, agit essentiellement sur le Devoir de mémoire.

Le Comité Harkis et Vérité, présidé par Charles Tamazount, travaille plus particulièrement sur les questions juridiques[44].

La loi du 7 mars 2012[45] relative aux formations supplétives des forces armées qui permet désormais aux associations de harkis de défendre ces derniers lorsqu'ils font l'objet de diffamation ou d'injure.

Hommages[modifier | modifier le code]

La journée d'hommage aux harkis[modifier | modifier le code]

Saint-Pons-de-Thomières (Hérault) - Stèle des Harkis

Le 25 septembre 2001, une journée d'hommage unique reconnaît officiellement le drame des harkis. Le président de la République, Jacques Chirac, inaugure une plaque, dans la cour d'honneur de l'Hôtel des Invalides, reprenant l'article premier de la loi du 11 juin 1994. Dans vingt-sept sites de France, les préfets posent la même plaque, tandis que dans tous les départements, une cérémonie est organisée en l'honneur des harkis[46],[47].

Le 31 mars 2003, le Président de la République, Jacques Chirac promulgue un décret officialisant et instaurant une Journée nationale d'hommage aux Harkis et aux autres membres des formations supplétives des armées françaises, le 25 septembre de chaque année[48],[49].

Promotion lieutenant Youssef ben Brahim[modifier | modifier le code]

Le 18 juin 2010, le nom du lieutenant Youssef ben Brahim, ancien des « commandos Georges »[50], est donné par l’Armée de Terre à une promotion d’officiers formés à l’École d’application de l’infanterie (ÉAI) de Montpellier[51]. La cérémonie s’est déroulée en présence des enfants de Ben Brahim. Cet hommage avait été soutenu par les généraux Hervé Charpentier, Brick Irastorza, et Bigeard[52], ainsi que par le capitaine Gilbert Sandmayer[53].

Position du Front de libération nationale algérien puis de l’État algérien vis-à-vis des harkis[modifier | modifier le code]

Depuis l'indépendance de l'Algérie après le cessez-le-feu résultant des accords d'Évian et le retrait des troupes combattantes françaises, le Front de libération nationale (FLN) considère les harkis comme des traîtres ou des collaborateurs[54]. En novembre 1962, le gouvernement algérien prend des mesures d'indignité nationale qui frappent les harkis[15].

En Algérie, les enfants de Harkis n’ont pas eu le droit d’accéder à l'enseignement supérieur. Les Harkis morts en France n’ont pas pu être enterrés en Algérie.[réf. nécessaire]

La visite d'Abdelaziz Bouteflika en France en juin 2000[modifier | modifier le code]

Le 16 juin 2000, à la télévision française, alors qu'il est en visite officielle en France, le président de la république algérienne, Abdelaziz Bouteflika, a déclaré que le peuple algérien n’était « pas encore prêt » à accepter que des harkis puissent revenir en Algérie. Le président algérien a comparé les harkis aux collaborateurs français sous l’occupation nazie de 1940 à 1944, ce qui a suscité la colère des représentants de la communauté harkie, refusant cette comparaison[55].

Après 2004[modifier | modifier le code]

En Algérie, la question des harkis et des pieds noirs a été abordée en 2004 au cours du 10e congrès de l’ONM (Organisation des anciens combattants de la guerre d’Algérie) qui, faisant la distinction entre les motivations des uns et des autres, estime possible le pardon aux harkis qui n’ont pas fait usage de torture contre le peuple algérien. Cette déclaration est interprétée comme un message à l’adresse du président de la république pour ne pas intégrer les harkis et autres Français coupables de crimes, dans la Charte sur la paix et la réconciliation nationale perçue et présentée avant l’ouverture de la campagne comme devant être une loi portant amnistie générale.

Ainsi pour la première fois, le président de la république Abdelaziz Bouteflika aborda officiellement la question des harkis au cours de la campagne pour le référendum sur la Charte sur la paix et la réconciliation nationale soumise au vote le 29 septembre 2005. Au cours de cette campagne, il tiendra à ce sujet des propos très différents de ceux qu’il avait tenus en juin 2000 en visite officielle en France. Le président Bouteflika déclara par ailleurs au cours de cette visite : « Nous ne faisons pas les mêmes erreurs qu’en 1962 : le massacre de toute une famille, voire de toute une tribu apparentée à un harki ! ». Abdelaziz Bouteflika reconnaîtra le 2 septembre 2005, au stade Mohamed Boumezrag de Chlef des « erreurs à l’encontre des familles et des proches des harkis » et que « les enfants des harkis ne sont pas responsables des actes de leurs parents ». Il déclara plus tard que par le passé, de graves erreurs avaient été commises vis-à-vis des familles de harkis et qu'« une erreur serait de tenir rancœur aux enfants de harkis ».

Pour certaines associations de harkis telles que « Harkis et droits de l’homme » ou « Ajir », certaines de ces déclarations peuvent être considérées comme « un petit pas » vers une reconnaissance de la réalité des massacres. Elles demeurent toutefois sceptiques, et attendent de voir des changements concrets comme l’autorisation (encore interdite dans certaines communes) d’inhumer, en Algérie, les dépouilles des harkis morts en France.

Après 2007[modifier | modifier le code]

Concernant les harkis restés en Algérie et leurs familles, dans le quotidien algérien Liberté du mardi 10 avril 2007, Khaled Bounedjma, président de la Coordination Nationale des Enfants de Chouhada, précise le contenu d’une loi de 1999 dont les circulaires d’application sont parues le 18 février 2007 : « Cette loi vise à préserver l’histoire du mouvement national. Grâce à cette loi, il sera désormais possible d’attaquer une personne qui était autrefois contre la Révolution algérienne et qui occupe aujourd’hui un poste à responsabilité. Il existe maintenant une disposition qui dit qu’une personne dont le père était un harki ne peut occuper un poste au niveau des institutions de l’État ». Dans le cadre des élections législatives algériennes de 2007 Miloud Chorfi, porte-parole du Rassemblement national démocratique (RND), précise - dans le même esprit - dans La Tribune du 2 avril 2007, parmi les conditions requises pour être candidat : « l’assurance de n’être pas issu d’une famille contre laquelle a été retenue l’accusation d’avoir été « harki » pendant la période coloniale ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fatima Besnaci-Lancou, Abderahmen Moumen, Les Harkis.
  2. Dans l'ouvrage Les harkis dans la colonisation et ses suites (de Fatima Besnaci-Lancou et Gilles Manceron, Éditions de l'atelier, février 2008), p.38, François-Xavier Hautreux cite Charles-Robert Ageron : « Selon l'historien du Maghreb colonial Charles-Robert Ageron, le mot harki était utilisé en Algérie au XIXe siècle, en référence à une expédition militaire organisée dans un but fiscal ou punitif ; mais aussi au Maroc au début du XXe siècle, où il désignait un type d'unité employé temporairement pour des opérations de police ou de guerre sous l'autorité d'un chef traditionnel. Les campagnes marocaines étaient alors administrées par des officiers des affaires indigènes qui disposaient, pour leur protection et pour la police, d'auxiliaires permanents appelés moghaznis ; les harkis représentaient pour eux un second cercle de recrutement, dans les cas où les moghaznis ne suffisaient pas ».
  3. Charles-Robert Ageron, « Les supplétifs Algériens dans l'armée française pendant la guerre d'Algérie », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, no 48,‎ 1995, p. 3 (lire en ligne)
  4. Cherqui (Adeline), Hamman (Philippe), Production et revendications d'identités : Éléments d'analyse sociologique, L'Harmattan, Paris, 2009, p. 93.
  5. a et b Mohand Hamoumou, « Les Français musulmans : rapatriés ou réfugiés ? », AWR-Bulletin, #4, Vienne, 1987, pp. 185-201.
  6. Loi n° 61-1439, du 26 décembre 1961, publiée au Journal officiel du 28/12/1961, p. 11996-11997.
  7. Soit cinq ans après les Accords d'Évian. Sur l'accès à la nationalité française des colonisés, voir par exemple Weill (Patrick), Qu'est-ce qu'un Français ? Histoire de la nationalité française depuis la Révolution, Grasset, 2002, en particulier pp. 225 sq et 244.
  8. Mohammed Harbi, « La comparaison avec la collaboration en France n'est pas pertinente » dans Les Harkis dans la colonisation et ses suites, Les Éditions de l'Atelier, pp.93-95.
  9. Sarkozy : l'Etat est responsable dans "l'abandon" des harkis, Le Monde, 14 avril 2012; Les harkis montrent les dents, Le Point, 24/01/2012
  10. Sarkozy déclare l'État responsable dans l'abandon des harkis, Le Point, 14 avril 2012.
  11. Jean-Jacques Jordi, directeur du Mémorial de l’outre-mer à Marseille, À propos des Harkis, Cahier du CEHD, n°24.
  12. Jean Monneret, La guerre d'Algérie en trente-cinq questions, L'Harmattan, 2008, p.128.
  13. Charles-Robert Ageron, Le drame des Harkis en 1962, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, Année 1994, Volume 42, Numéro 42, pp. 3-6 .
  14. a et b Philippe Denoix, Article Harkis in Encyclopædia Universalis , 2010.
  15. a, b, c et d Emmanuel Laurentin, « Les harkis », émission La Fabrique de l'histoire sur France Culture, 7 mars 2013
  16. Pascal Le Pautremat, Le commando Georges. De la contre-guérilla à la tragédie (1959-1962), Guerres mondiales et conflits contemporains 2004/1, n° 213, p. 95-103.
  17. Harkis : un devoir de mémoire par général Faivre in Mémoire et vérité des combattants d'Afrique du Nord, Collectif, éd. l'Harmattant, 2001, p. 151.
  18. Jean Lacouture, dans le journal Le Monde du 13 novembre 1962 donne, à cette date, une première estimation : « Plus de dix mille harkis auraient été, entre le 18 mars et le 1er novembre (1962) , exécutés ou assassinés». Mohand Hamoumou, dans Et ils sont devenus harkis (éd. Fayard, 1994, réédité en 2001, page 249), précise: « Pourtant, il faut bien l’admettre, c’est bien 100 000 à 150 000 personnes, l’équivalent de villes comme Cergy-pontoise ou Orléans, qui furent assassinées dans des conditions horribles ». Le général François Meyer, dans son ouvrage « Pour l’honneur, avec les harkis », (Éditions CLD, 2005, page 168) reprend l’estimation de l’historien Jean-Charles Jauffret : «  Il semble qu’un consensus rassemble peu à peu les historiens français, et qu’une évaluation commune de 60 000 à 80 000 (victimes) soit retenue ». Boussad Azni, à l’origine de la création du Comité national de liaison des harkis, avance le chiffre de 150 000 harkis tués dans le livre Harkis, crime d’État, généalogie d’un abandon (Editions Ramsay, collection J’ai lu, 2002, page 56). Georges-Marc Benamou, dans son livre Un Mensonge français, avance le chiffre de 70 000 victimes. L’historien Gilbert Meynier a déclaré dans une interview publiée dans le quotidien El Watan le 10 mars 2005 que les massacres avaient été moins importants et plus localisés que ce que déclarent certains journalistes comme Georges-Marc Benamou. Abderahmen Moumen et Fatima Besnaci-Lancou, dans Les harkis (éd. Le cavalier bleu, collection Idées reçues, août 2008, page 40), écrivent : « Peu d’historiens s’aventurent à donner des chiffres. Benjamin Stora avance, dans La guerre d’Algérie (1954-2004), la fin de l’amnésie (2004), une estimation entre 10 000 et 25 000 morts, d’autres reprennent les estimations du général Maurice Faivre, soit entre 55 000 et 75 000 morts ». De fait, en 1995, le général Maurice Faivre avançait une fourchette de 50 000 à 70 000 harkis tués par le F.L.N. (Pierre Messmer, Les blancs s'en vont: récits de décolonisation, Albin Michel, 1998, p.174). Les chiffres des morts ont pu être contestés car basés sur des témoignages locaux que l’on a ensuite étendu à l’ensemble du pays.
  19. Jean-Jacques Jordi, « À propos des Harkis » in Sorties de guerre sous la direction de Jacques Frémeaux et Michèle Battesti, Cahier N° 24, 2005, p.48.
  20. Rapport de la mission spéciale du comité international de la Croix Rouge en Algérie – 1963.
  21. Chiffre cité dans le rapport de Serge Blisko, présenté à l’Assemblée Nationale en décembre 1999, « tendant à la création d'une commission d'enquête sur la situation actuelle des harkis en France et plus particulièrement sur la situation de leurs enfants ». On lit également dans ce rapport « Comme l'explique l'historien Benjamin Stora dans son livre consacré à la mémoire de la guerre d'Algérie, les harkis vont désormais apparaître comme des témoins gênants des deux côtés de la Méditerranée. En Algérie, reconnaître l'histoire des supplétifs musulmans conduirait à briser le mythe fondateur du peuple uni contre la colonisation, en France l'abandon des harkis provoque un profond malaise auquel succède rapidement le silence de la mauvaise conscience ».
  22. Cité par Boussad Azni dans son ouvrage Harkis, un crime d'Etat (Éditions J'ai Lu, 2002), page 48.
  23. Maurice Allais, L'Algérie d'Évian (1962),éd. Jeune Pied-Noir, 1999, Les harkis, un impérieux devoir de mémoire dans la 2e édition de 1999, p. 50.
  24. Préface de Dominique Schnapper dans Et ils sont devenus harkis, Mohand Hamoumou, éd. Fayard, 1993, p. 10.
  25. Pierre Montagnon, Histoire de l'Algérie, Pymalion, 1998, p. 322-323.
  26. Rémi Kauffer, Chapitre les harkis, in Histoire secrète de la Ve République, dir. Faligot et Guisnel, La découverte, 2006.
  27. Alain Peyrefitte, C’était de Gaulle, Fayard, 1994, p.52.
  28. Challe Notre révolte Presses de la Cité 1968.
  29. Peyrefitte, p. 196.
  30. Guy Pervillé, L'avis de Guy Pervillé, L'Express, 30/08/2001.
  31. Guy Pervillé, Les conditions du départ d’Algérie , 1995, Lire en ligne.
  32. Ordonnance du 21 juillet 1962 sur légifrance.
  33. Alcide Darras, Albert Geouffre de Lapradelle, Jean Paulin Niboyet, Henri Batiffol, Revue critique de droit international privé,, Paris, Librairie du Recueil Sirey,‎ 1979, chap. 68, p. 391.
  34. a, b, c et d Catherine Withol de Wenden, Regards sur l’actualité, (La documentation française), nov 1991 .
  35. a et b Voir la carte des camps établie par Abderahmen Moumen pour le livre : Fatima Besnaci-Lancou, Gilles Manceron (dir.), Les harkis dans la colonisation et ses suites, éditions de l'atelier, 2008, pp 134-135. .
  36. Tom Charbit, Les Harkis, la Découverte.
  37. Philippe Denoix, article harkis, in Encyclopædia Universalis, 2000.
  38. Loi no 94-488 du 11 juin 1994 relative aux rapatriés anciens membres des formations supplétives et assimilés ou victimes de la captivité en Algérie, JORF n°136 du 14 juin 1994 page 8567.
  39. Loi n°2005-158 du 23 février 2005 portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés, version consolidée au 14 mai 2009.
  40. Voir l'appel d’enfants de harkis contre les articles 4 et 13 de la loi du 23 février 2005, et la déclaration de l’Association Harkis et Droits de l’Homme dénonçant la loi du 23 février 2005, par Fatima Besnaci-Lancou, présidente de l’Association Harkis et Droits de l¹Homme .
  41. Voir le journal Le Monde du 31 mars 2007 et le discours du 31 mars 2007 de Nicolas Sarkozy, Candidat à la Présidence de la République à l’occasion de sa rencontre avec les représentants de la communauté Harkis, à Paris, le samedi 31 mars 2007.
  42. Voir les objectifs sur lesite de l’association AJIR.
  43. Voir les statuts sur lesite de l’association Harkis et droits de l’Homme.
  44. Voir la page d’accueil du Comité Harkis et vérité.
  45. Loi n°2012-326
  46. Extrait du discours de M. Jacques Chirac, Président de la République, le 25 septembre 2001, à l'occasion de la journée d'hommage national aux Harkis : « Notre premier devoir, c’est la vérité. Les anciens des forces supplétives, les Harkis et leurs familles, ont été les victimes d’une terrible tragédie. Les massacres commis en 1962, frappant les militaires comme les civils, les femmes comme les enfants, laisseront pour toujours l’empreinte irréparable de la barbarie. Ils doivent être reconnus. La France, en quittant le sol algérien, n’a pas su les empêcher. Elle n’a pas su sauver ses enfants. Les Harkis ne sauraient demeurer les oubliés d’une histoire enfouie. Ils doivent désormais prendre toute leur place dans notre mémoire. La mission des historiens doit se poursuivre. Elle doit être menée avec conscience et impartialité. La connaissance du passé, parce qu’elle permet de rendre justice aux victimes de l’histoire ne peut que servir l’approfondissement de notre concorde nationale. Ce devoir de vérité trouve son prolongement naturel dans un devoir de reconnaissance. ».
  47. Discours de M. Jacques Chirac, Président de la République, à l'occasion de la journée d'hommage national aux Harkis, Palais de l'Élysée, 25 septembre 2001. .
  48. Décret du 31 mars 2003 instituant une Journée nationale d'hommage aux harkis et autres membres des formations supplétives, JORF n°78 du 2 avril 2003 page 5788. .
  49. Texte du message de Hamlaoui Mekachera, secrétaire d’État aux Anciens combattants, à l’occasion de la Journée nationale d’hommage aux harkis du 25 septembre 2003 : « Harkis, mozghanis, tirailleurs, spahis, membres des forces régulières ou des forces supplétives, des groupes mobiles de sécurité, des groupes d’autodéfense et des sections administratives spécialisées : tous ces combattants ont magnifiquement illustré les valeurs nationales et les vertus militaires. Après avoir servi la France avec abnégation, loyauté et dévouement sans limites, ils ont affronté les épreuves avec fermeté et dignité. Pour leur courage et leur fidélité à la France, tous méritent la reconnaissance de la République. C’est pourquoi le président de la République a décidé de pérenniser et d’inscrire dans le calendrier officiel des commémorations nationales la Journée d’hommage aux harkis qu’il a présidée pour la première fois en 2001 et qui avait été reconduite l’année dernière. Plus qu’une simple officialisation, le décret du 31 mars 2003, qui instaure une Journée nationale d’hommage aux harkis et autres membres des formations supplétives, est la marque forte et tangible de la gratitude des autorités de l’État et de la Nation tout entière, envers ces hommes et ces familles qui ont payé d’un prix souvent terrible leur attachement à la France. Après la loi de 1994 et l’installation d’une plaque dans le cadre hautement symbolique des Invalides, cette journée contribue à l’expression de notre respect pour les sacrifices consentis par les harkis et la grandeur de leur engagement. Au-delà du monde combattant, ces cérémonies, organisées également sur l’ensemble de notre territoire, permettent aussi de sensibiliser l’ensemble de nos concitoyens à ces pages importantes de notre histoire. En cette nouvelle Journée nationale, c’est avec émotion que je leur réaffirme solennellement la reconnaissance du gouvernement et du pays. ».
  50. Ancien membre du FLN, il aurait rejoint ensuite l'armée française. Il a été cité à l'ordre de l'armée, médaille militaire et chevalier de la Légion d'honneur, voir Une promotion Youssef Benbrahim, Sud Ouest, 5 juillet 2010.
  51. Sur le site de l'Amicale des Anciens d'Outre-Mer et Anciens Combattants des Troupes de Marine de L'Hérault
  52. Qui est décédé le jour de la cérémonie, Sud Ouest, idem.
  53. Frédéric Pons , Valeurs actuelles, 18 juin 2010, en ligne sur le site Babelouedstory.
  54. « Hautreux (François-Xavier), Au-delà de la victimisation et de l’opprobre : les harkis », sur Actes du colloque organisé à Lyon, par l’École normale supérieure Lettres et Sciences humaines, du 20 au 22 juin 2006 : Pour une histoire critique et citoyenne : le cas de l'histoire franco-algérienne
  55. Voir le journal Le Monde du 11 juillet 2000. .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

  • Fatima Besnaci-Lancou, Des harkis envoyés à la mort. Le sort des prisonniers de l'Algérie indépendante (1962-1969), préface de Todd Shepard, Ivry-sur-Seine, éd. de l'Atelier, 2014, 224 p. (ISBN 978-2-7082-4245-6).
  • Fatima Besnaci-Lancou, Benoit Falaize et Gilles Manceron (dir.), Les Harkis, histoire, mémoire et transmission, préface de Philippe Joutard, Ed. de l'Atelier, 2010 (ISBN 978-2-7082-4117-6)[1].
  • Fatima Besnaci-Lancou, Manceron(Gilles) (dir.), Les Harkis dans la colonisation et ses suites, préface de Jean Lacouture, Ed. de l'Atelier, 2008, 224 p. (ISBN 978-2-7082-3990-6).
  • Fatima Besnaci-Lancou et Abderahmen Moumen, Les Harkis, Le Cavalier bleu, collection Idées reçues, 2008 (ISBN 978-2-84670-208-9).
  • Tahar Bouhouia, Assignation collective et socialisation d'attente - Le cas des harkis et des jeunes des cités, éd. L'Harmattan, juillet 2013 (ISBN 978-2-34301-043-4).
  • Tom Charbit, Les Harkis, La Découverte, collection Repères, 2006 (ISBN 978-2-7071-4774-5).
  • Isabelle Clarke, Daniel Costelle et Mickaël Gamrasni, La Blessure, la tragédie des harkis, Acropole, 2010 (ISBN 978-2-7357-0338-8).
  • (en)Vincent Crapanzano, The Harkis, the wound that never heals, University of Chicago Press, 2011 (ISBN 978-0-22611-876-5) (éd.en français : Les Harkis - mémoires sans issue, Gallimard, 2012 (ISBN 978-2-07013-868-5)).
  • Mohand Hamoumou, Et ils sont devenus harkis, Fayard, 1994 (réédité en 2001, épuisé) (ISBN 978-2-213-03076-0).
  • Mohand Hamoumou et Jean-Jacques Jordi, Les Harkis, une mémoire enfouie, Autrement, 1999 (ISBN 978-2-86260-866-2).
  • François-Xavier Hautreux, La Guerre d'Algérie des harkis, 1954-1962, éd. Perrin, mai 2013 (ISBN 978-2-26203-591-4).
  • Jean-Jacques Jordi, La Réécriture de l'histoire, actes du colloque du Centre universitaire méditerranéen de Nice, 1998.
  • Elise Langelier, La situation juridique des Harkis (1962-2007), préface d'Emmanuel Aubin, éd. de l'Université de Poitiers, collection de la Faculté de Droit et des Sciences sociales de Poitiers, 2009 (ISBN 978-2-275-02825-5).
  • Abderahmen Moumen, Entre histoire et mémoire, les rapatriés d'Algérie, dictionnaire bibliographique, Éditions Jacques Gandini, 2003, (ISBN 978-2-906431-63-8).
  • Abderahmen Moumen, Les Français musulmans en Vaucluse 1962-1991, Installation et difficultés d'intégration d'une communauté de rapatriés d'Algérie, L'Harmattan, collection Histoires et perspectives méditerranéennes, 2003 (ISBN 978-2-7475-4140-4).
  • Guy Pervillé, «Le Drame des harkis», Histoire, avril 1988.
  • Régis Pierret, Les filles et fils de harkis - Entre double rejet et triple appartenance, préface de Michel Wieviorka, L'Harmattan, collection Espaces interculturels, 2008 (ISBN 978-2-296-06758-5).
  • Michel Roux, Les harkis, les oubliés de l'histoire, La Découverte, 1991 (ISBN 978-2-7071-2063-2).
  • Rosella Spina, Enfants de harkis et enfants d'émigrés. Parcours croisés, identité à recoudre, Karthala, 2012 (ISBN 978-2-8111-0607-2).
  • Ouvrage collectif, Harkis 1962-2012. Les mythes et les faits, Revue Les Temps Modernes, novembre - décembre 2011, n° 666 (ISBN 978-2-0701-3646-9).

Témoignages et romans[modifier | modifier le code]

  • Fatima Besnaci-Lancou, Fille de harki, préface de Jean Daniel et Jean Lacouture, éd. de l’Atelier, seconde édition septembre 2005, (ISBN 978-2-7082-3834-3).
  • Fatima Besnaci-Lancou, Nos mères, paroles blessées, une autre histoire de harkis, préface de Claude Liauzu, Ed. Zellige, septembre 2006, (ISBN 978-2-914773-07-2).
  • Fatima Besnaci-Lancou, Treize chibanis harkis, préface de Gilles Manceron, Ed. Tirésias, novembre 2006, (ISBN 978-2-915293-39-5).
  • Fatima Besnaci-Lancou (dir.), Des vies - 62 enfants de harkis racontent, préface de Boris Cyrulnik, éd. de l'Atelier, février 2010, (ISBN 978-2-7082-4108-4).
  • Farid Boudjellal, Le cousin harki, éd. Futuropolis, mars 2012, (ISBN 978-2-7548-0241-3) (bande dessinée).
  • Daniel Blancou, Retour à Saint-Laurent-des-arabes, éd. Delcourt, Paris, mars 2012, (ISBN 978-2-7560-2420-2)[2].
  • Hacène Rabah Bouguerra, La forfaiture du corbeau, roman, éd. Bénévent, 2011, (ISBN 978-2-7563-2264-3).
  • Nordine Boulhais, Histoire des harkis du Nord de la France, éd. L'Harmattan, essai, septembre 2005.
  • Nordine Boulhais, Des Harkis berbères de l'Aurès au Nord de la France, éd. Presses universitaires du Septentrion, étude, septembre 2001.
  • Karim Brazi, Le vilain petit Berbère, roman, septembre 2007, (ISBN 978-2-7480-3676-3).
  • Jacques Duquesne, Pour comprendre la guerre d'Algérie, éd. Perrin, 2001.
  • Maurice Faivre, L’Histoire des harkis, Guerres mondiales et conflits contemporains, janvier 2002.
  • Kader Hamiche, Manifeste d'un fils de Harki fier de l'être, Édité à compte d'auteur, mai 2007.
  • Patrick Jammes, Médecin des Harkis au camp de Bias, 1970-2000, Éditions l'Harmattan, septembre 2012, (ISBN 978-2-296-99321[à vérifier : isbn invalide]).
  • Georges Jasseron, Les harkis en France - Scènes et témoignages, éd. du Fuseau, 1965.
  • Messaoud Kafi, De berger à harki, préface de Fatima Besnaci-Lancou, édité à compte d'auteur, septembre 2009, (ISBN 978-2-7466-1291-4).
  • Dalila Kerchouche, Mon père, ce harki, éd. du Seuil, septembre 2003, (ISBN 978020563390[à vérifier : isbn invalide]).
  • Dalila Kerchouche, Leïla, avoir 17 ans dans un camp de harkis, éd. du Seuil, octobre 2006.
  • Miki Kilali , Sous Silence - La Tragédie Des Harkis, éditions du Menhir, février 2013, (ISBN 978-2-9194-0314-1).
  • Paulette Péju, Ratonnades à Paris, précédé de Les Harkis à Paris, préface de Pierre Vidal-Naquet Postface de François Maspero éd. La découverte.
  • Brahim Sadouni, Destin de Harki, éd.Cosmopole,1er octobre 2002.
  • Brahim Sadouni, Une blessure profonde, éditions Frédéric Serre, mai 2011, 215 pages.
  • Saliha Telali, Les enfants de harkis : entre silence et assimilation subie, éd. L'Harmattan, mai 2009.
  • Taouès Titraoui et Bernard Coll, Le Livre des Harkis, éd. Jeune Pied-Noir - BP 4 - 91570 Bièvres.
  • André Wormser, Pour l'honneur des harkis, 1 an de combats, 45 années de lutte, éd. Sillages, mars 2009.

Pièces de théâtre[modifier | modifier le code]

  • Christophe Botti, Frères du bled, Alna éditeur 2005, création à la Scène Watteau de Nogent-sur-Marne en 2005.
  • Dalila Kerchouche, Enfants de harki, adapté de 2 textes de l'auteur.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Documentaires[modifier | modifier le code]

  • L'Histoire oubliée - Les harkis : L'enrôlement (documentaire, 1992), Culture Infos
  • L'Histoire oubliée - Les harkis : L'abandon (documentaire, 1992), Culture Infos
  • L'Histoire oubliée - Les harkis : Les fils de l'oubli (documentaire, 1994), Culture Infos
  • Passé sous silence (documentaire, 2001), réalisation Sofia et Malik Saa.
  • Les amandiers de l'histoire (documentaire, 2003), réalisation Jaco Bidermann et Valentin Lagard.
  • Harkis : des Français entièrement à part ?, (documentaire, 2003), réalisation Jean-Charles Deniau
  • Les jardiniers de la rue des Martyrs, (documentaire, 2003), réalisation Leïla Habchi et Benoît Prin.
  • Portraits d’unions, 42 ans après… (documentaire, 2004), réalisation Rachid Merabet et Ali Tebib.
  • Des pleins de vide (documentaire, 2005), réalisation Nicolas Strauss.
  • Amère patrie (documentaire, 2006), diffusé sur France 5, coécrit par Dalila Kerchouche et Manuel Gasquet.
  • Le choix de mon père, (documentaire, 2008), réalisé par Rabah Zanoun, (durée : 52 min), coproduction ERE Production - France 3 Lorraine Champagne Ardenne.
  • La blessure, la tragédie des harkis, (documentaire, 2010), réalisation Isabelle Clarke et Daniel Costelle, diffusé sur France 3 le 20/09/2010
  • Histoire d'un abandon (documentaire, 2011), réalisation Marcela Feraru. Coproduit par l'ECPAD, la chaîne Histoire et le Secours de France.
  • Harki, le Pays caché (documentaire, 2012), réalisation Luc Gétreau. Production : Arsenal Productions et Télé Locale Provence.

Autres[modifier | modifier le code]

Art[modifier | modifier le code]

  • Treize Chibanis Harkis, 62 tableaux d'art de Serge Vollin, textes de Fatima Besnaci-Lancou, Mémorial de Rivesaltes - conseil général des Pyrénées-Orientales.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références des annexes[modifier | modifier le code]

  1. Extrait du Bilan historiographique de la guerre d'Algérie, des années 2000 à aujourd'hui (Raphaëlle Branche, Études de l'Institut de recherche stratégique de l'École militaire (IRSEM), 2011, page 36): "(Ce) livre articule explicitement histoire, mémoire et transmission et offre aux lecteurs un tableau des dernières avancées historiographiques sur le sujet en abordant les points essentiels : l'engagement des harkis ; les tactiques et stratégies françaises dans le recours à ce type de force ; la question de leur abandon enfin".
  2. Il s’agit d’une BD : les parents de l’auteur, jeunes instituteurs nommés à Saint-Maurice-l'Ardoise en 1967, découvrent les conditions de vie des harkis dans les camps militaires.