Génocide des Tutsis au Rwanda

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1° 56′ 25″ S 29° 52′ 26″ E / -1.94028, 29.87389

Photographies de victimes du génocide au Kigali Genocide Memorial Centre (en) à Kigali (Rwanda).

Le génocide des Tutsi est un génocide qui eut lieu du 7 avril 1994 à juillet 1994 au Rwanda, un pays d'Afrique de l'Est. Il fut commis dans le cadre d'une guerre civile opposant le gouvernement rwandais, constitué de Hutus (voir Hutu Power), au Front patriotique rwandais (FPR), accusé par les autorités d'être essentiellement « tutsi ». Le 1er octobre 1990, des Rwandais exilés et regroupés au sein du FPR décidèrent de revenir au pays à partir de l'Ouganda, et de prendre le pouvoir par les armes. En réponse, les autorités rwandaises menèrent une double stratégie : se défendre avec l'armée contre l'agression militaire du FPR et « liquider » tous les Tutsi de l'intérieur du Rwanda. Les autorités rwandaises perdirent la guerre civile au profit du FPR mais atteignirent en revanche leur objectif génocidaire contre les Tutsi.

L'ONU estime qu'environ 800 000 Rwandais[1], en majorité tutsi, ont perdu la vie durant ces trois mois. Ceux qui parmi les Hutus se sont montrés solidaires des Tutsis ont été tués comme traîtres à la cause hutu. D'une durée de cent jours, ce fut le génocide le plus rapide de l'histoire et celui de plus grande ampleur quant au nombre de morts par jour. Il convient de souligner qu'un génocide n'est pas qualifié comme tel en raison du nombre de morts, mais sur une analyse juridique de critères définis à l'époque par la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide du 9 décembre 1948 de l'ONU. Cette convention définit qu'un génocide est « commis dans l'intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel ».

La discrimination rwandaise entre Hutu et Tutsi, qui a atteint un point culminant en 1994, s'est construite dans un processus historique complexe entre la réalité de la population du Rwanda et la façon dont les colonisateurs d'une part, et les divers Rwandais d'autre part, l'ont perçue et expliquée. Dans cette Histoire du Rwanda se sont surajoutés de façon déterminante les avantages politiques successifs que ces divers acteurs ont cru pouvoir tirer de cette discrimination, de 1894 (date des premiers contacts entre des Européens et le roi issu des Tutsi du Rwanda) à 1962 (date de l'indépendance du Rwanda), puis jusqu'en 1994 (période dominée par des Républiques dites hutu).

Les racines du génocide[modifier | modifier le code]

Les origines de la division ethnique et les premiers massacres[modifier | modifier le code]

Au début du XXe siècle, les colonisateurs allemands, dans le sillage des préoccupations ethnologiques de l'époque, croient percevoir une supériorité génétique des Tutsis sur des bases raciales et morphologiques. Selon eux, les Tutsi se distingueraient par leur intelligence et la finesse de leurs traits, contrairement aux Hutus qu'ils considèrent comme inférieurs.

Les Belges, qui héritèrent de cette colonie après leur victoire sur les Troupes de protection de l'Afrique orientale allemande à la fin de la Première Guerre mondiale, assumèrent la situation qu'ils trouvèrent en s'installant et s'en remirent aux Tutsi pour assumer l'autorité sous la tutelle de l'administration coloniale, même dans le nord-ouest du Rwanda où régnait une monarchie dominée par des agriculteurs hutu, plus ou moins soumise à la dynastie royale d'éleveurs tutsis du reste du Rwanda. Ce choix fut encouragé par la Société des Nations qui, ayant confié la tutelle du Ruanda-Urundi à la Belgique, considérait la situation héritée de la colonisation allemande comme correspondant à un état social multi-séculaire, ce qu'elle n'était pas[réf. nécessaire].

Les Tutsis ont donc seuls accès aux études[2] et à la gouvernance, tandis que les Hutus et la petite composante des artisans twas sont cantonnés à des activités subalternes. Il convient de noter que les missionnaires catholiques et protestants ouvrirent progressivement des écoles pour tous les enfants africains, comme ils l'avaient fait au Congo belge. Le séminaire de formation des prêtres sera d'ailleurs ouvert aux Hutu comme aux Tutsi. D'une manière générale, les Églises, défendant une conception égalitariste, remettent en cause l'équilibre politique et se posent en défenseur des Hutus[3].

En 1931, une carte d'identité ethnique est mise en place par l'administration belge, indiquant le groupe auquel appartient le citoyen : tutsi, hutu ou twa. La carte d'identité ethnique et la prétendue origine extérieure des Tutsi jouent un rôle essentiel à partir de 1959 pour discriminer les Tutsi et justifier leur élimination du pays.

Au moment de l'indépendance, un renversement d'alliance, notamment sous l'impulsion de la Démocratie chrétienne belge, s'opère entre les colonisateurs et les Hutu contre les Tutsi, les colonisateurs jugeant plus facile de s'appuyer sur la majorité hutu pour ses propres intérêts[3]. Ce contexte explique l'animosité entre Hutu et Tutsi. L'exil d'une partie des Tutsi vers les pays limitrophes en plusieurs vagues à partir de 1959 et leur désir de retour seront la source de la guerre civile qui éclatera en octobre 1990.

Le Manifeste des Bahutu rédigé en 1957 par Grégoire Kayibanda, secrétaire particulier de Monseigneur Perraudin, est considéré par certaines associations[4][réf. insuffisante] comme le texte fondateur de la politique ethniste qui marquera les premières décennies du Rwanda indépendant. Les Hutus créent leur propre parti politique en 1959 : le Parmehutu, pour la promotion du peuple hutu. Les Tutsis sont poursuivis, des assassinats et des massacres sporadiques ont lieu, des maisons sont incendiées et les Tutsis fuient par milliers en Ouganda, au Burundi et au Congo-Kinshasa.

Au cours des années soixante plusieurs tentatives peu organisées de retour armé des exilés sont repoussées par le Rwanda et toujours ponctuées par des massacres de Tutsi restés au pays. Le premier massacre important des Tutsis au Rwanda a lieu en décembre 1963. Entre 8 000 et 12 000 hommes, femmes et enfants sont massacrés. Le journal Le Monde évoque un génocide (édition du 4 février 1964) et Radio Vatican parle à ce moment-là du plus « terrible génocide jamais perpétré depuis celui des Juifs ». En 1972 au Burundi voisin, un très important massacre de masse des Hutus burundais par l'armée burundaise à majorité tutsi fait, selon les Hutu, environ 200 000 morts. Ce massacre impressionna vivement les Hutu rwandais. Le pouvoir du président Grégoire Kayibanda s'affaiblissait et en 1973, il tente de réactiver l'unité politique du Rwanda contre la menace tutsi. Les élèves et professeurs tutsi sont exclus des collèges rwandais. Des massacres ont lieu dans des établissements scolaires. Une nouvelle vague d'exil des Tutsi s'ensuit et Juvénal Habyarimana prend le pouvoir à la suite d'un coup d'État en juillet 1973.

Juvénal Habyarimana joue très habilement la carte de l'apaisement pour séduire les capitales européennes et notamment la France, qui lui fournit un avion et un équipage dès 1974 et avec laquelle il passe des accords de coopération militaire pour la formation de la gendarmerie en 1975. Jusqu'à la fin des années 1980, le quota administratif qui limite l'accès des Tutsi aux services administratifs est cependant renforcé, mais certains hommes d'affaires tutsi bénéficient d'une certaine libéralité dans la mesure où le régime a besoin d'eux. Toutefois les assassinats sporadiques de Tutsi restent toujours impunis et cette impunité devient un passe-droit dans l'esprit de la population.

Autres causes évoquées : Des sociologues et des journalistes avaient insisté sur la grave crise foncière, due à la surpopulation, à laquelle étaient confrontés le Rwanda et le Burundi depuis de nombreuses années. Cette crise foncière dans des pays où la majorité de la population tire sa subsistance des produits de la terre aurait progressivement fait éclater les structures sociales et aurait transformé la région en une poudrière où n'importe quel événement pouvait provoquer une explosion de violence contre le premier bouc émissaire venu. Ces causes, qui ont sans doute joué leur rôle sont à relativiser car aujourd'hui le problème foncier est tout aussi aigu et tend à s'accentuer, la population actuelle dépassant en nombre celle de 1994.

La question de la préparation[modifier | modifier le code]

La plupart des auteurs estiment que le génocide a pu être commis avec une telle rapidité parce que dans les années précédentes s'étaient mis en place à la fois un conditionnement des esprits et un encadrement serré du pays[5].

Depuis 1959, une série de massacres (« Toussaint rwandaise ») dirigés contre les Tutsis s'était déjà déroulée. Des massacres à caractère génocidaire, furent dénoncés comme tels en 1993, comme les massacres des Bagogwe exécutés entre 1991 et 1992. En 1994, et ce depuis quelques années, une campagne médiatique stigmatisait les Tutsi, en particulier au travers d'une radio, la RTLM, ou radio des Mille Collines, créée à cet usage[réf. nécessaire] le 8 juillet 1993. Durant l'opération Turquoise, intervention française sous mandat de l'ONU, ayant pour mandat de protéger les populations dans une Zone Humanitaire Sure (ZHS) délimité dans le Sud Ouest du Rwanda, la Radio Télévision des Mille Collines s'y transporte et continue d’émettre[réf. nécessaire]. Elle cessa d'émettre le 31 juillet 1994 à la fin du génocide.

Selon plusieurs historiens, Jean-Pierre Chrétien[6], Gérard Prunier[7], Claudine Vidal[8], des journalistes comme Colette Braeckman[9], Laure de Vulpian[10], Linda Melvern, journaliste d'investigation anglaise ou le professeur de droit Filip Reyntjens[11], il y avait un projet génocidaire datant de plusieurs années, et finalement exécuté par les extrémistes hutu de l'entourage du président Habyarimana, constituant aussitôt après sa mort un gouvernement intérimaire sous l'instigation du colonel Théoneste Bagosora. Selon cette thèse, les « médias du génocide » tenus par les Hutus extrémistes furent un élément essentiel de la préparation et la mise en œuvre du génocide. La commission d'enquête parlementaire belge[12] et la mission parlementaire française aux pouvoirs moins étendus[13] retiennent cette thèse, de même que ceux de l'ONU et de l'OUA. Le Hutu Power accusa la radio Muhabura du FPR d'avoir tenu le même discours de haine, « même si celui-ci n'a jamais eu la même consonance ethnique que le langage tenu par Radio des Mille Collines », selon le rapport du Sénat belge.

Le sociologue français André Guichaoua, expert auprès du TPIR depuis 1996, aurait pour sa part conclu de ses investigations que le génocide n'existait qu'à l'état de projet et n'était pas planifié à l'avance[14],[15]. Il aurait été organisé, notamment à l'échelon local, mais pas avant l'attentat du 6 avril 1994. Partisan de la thèse du juge Bruguière, largement mise à mal par les enquêtes de terrain de ses successeurs, les juges Trévidic et Poux, selon laquelle le FPR serait auteur de l'attentat du 6 avril 1994, il affirme : « Ceux qui ont mis en œuvre le génocide ne l’ont pas fait parce qu’il y a eu un attentat. Les dirigeants du FPR ont pris le risque du génocide, sans doute en connaissance de cause. Les extrémistes hutu ont eu besoin d’une semaine pour concrétiser leur projet génocidaire et en mettre en place les structures[16] ».

Des organisations de défense des droits de l'homme notoires estiment que les théories qui contestent la préparation du génocide relèvent de la négation de nombreux faits constatés et de nombreux témoignages[réf. nécessaire]. Par exemple l'organisation Avocats sans frontières Belgique tient la préparation pour établie, en particulier sur la base des documents produits à l'audition d'Alphonse Higaniro devant la cour d'assises de Bruxelles et du témoignage de François-Xavier Nzanzuwera, procureur de Kigali jusqu'en 1995[17]. Ces documents et témoignages commentés au cours du procès avec leurs auteurs parlent de « plan d'extermination », du rôle de la Radio des Mille Collines et des postes de radio distribués dans la population avant l'attentat, de la consigne de ne pas oublier le poste de radio quand on va sur les barrières, etc.

Les documents des archives de la Présidence de la République française font apparaître que les autorités françaises ont été régulièrement informées dans les années 1990 à 1994 des risques de massacres ethniques de grande ampleur et de l'intention de certains des acteurs d'exterminer les Tutsi. À partir d'octobre 1990, date de l'offensive du FPR contre le gouvernement de Kigali, la situation des Tutsis au Rwanda est devenue plus difficile, et les autorités et l'armée françaises étaient conscientes du risque de génocide comme en témoigne, dans le télégramme du 24 octobre 1990 de l'ambassadeur de France au Rwanda, l'analyse du Colonel Galinié selon laquelle le rétablissement d'un pouvoir Tutsi au nord-est du pays entrainerait selon toute vraisemblance « l'élimination physique à l'intérieur du pays des Tutsi, 500 000 à 700 000 personnes, par les Hutu […][18] ». Le général Varret, de l'armée française, a rapporté aux députés français avoir entendu en 1990 du principal responsable de la gendarmerie rwandaise l'explication suivante à propos des Tutsi : « ils sont très peu nombreux, nous allons les liquider »[19]. Dans la chronologie des notes et télex échangés entre les autorités françaises et ses représentants au Rwanda, on peut aussi relever le télégramme envoyé par l'ambassadeur français le 12 janvier 1994, qui parle des renseignements transmis par un informateur du représentant des Nations Unies faisant état d'un « plan de déstabilisation radicale du pays », passant par des troubles provoqués afin de susciter des réactions et l'élimination des Tutsi de Kigali, et d'en exterminer mille d'entre eux dès la première heure[20]. Ce télégramme fait suite au câble crypté envoyé par le général Dallaire, commandant la MINUAR, au Secrétaire général de l'ONU, le 11 janvier 1994, indiquant que des listes de Tutsi auraient été dressées[21].

La propagande, diffusée par les journaux ou la radio RTLM a été un élément important de conditionnement des esprits qui a favorisé le génocide. Elle s'appuie sur l'hypothèse, héritée du colonialisme, d'une différence raciale entre Hutu et Tutsi et enseignée dans les écoles. Les Tutsi y sont présentés comme des envahisseurs étrangers. Elle assimile les Tutsis de l'intérieur du Rwanda aux Tutsi de l'extérieur et à des agents du FPR. Elle évoque une infiltration des Tutsi dans les rouages de l'État ou de l'économie. Elle tente d'unifier tous les Hutus, en essayant de convaincre les Hutu du sud, discriminés par rapport aux Hutu du nord qui est la région d'origine du Président, que cette discrimination est due aux Tutsis. Elle fait passer pour des traîtres les Hutus qui ne s'opposent pas aux Tutsi ou qui commercent avec eux ou qui se marient avec eux. Elle présente l'offensive du FPR d'octobre 1990 comme une tentative de restauration de la monarchie et d'un asservissement des Hutu, voire de leur extermination. Elle suggère un complot entre tous les Tutsi de la région (Rwanda, Ouganda, Burundi, Zaïre) dans le but de créer un État Tutsi[22]. La revue Kangura qui porte une part importante de cette propagande commence à paraître en 1990. En décembre 1990, le numéro 6 de cette revue publie notamment en page 8 et en français les 10 commandement du Bahutu, désignant explicitement les Tutsi, en tant que groupe, comme des ennemis[23]. La RTLM commence sa diffusion en 1993. Certains discours politiques appelaient directement au meurtre tel le discours de Léon Mugesera en novembre 1992[24] [25].

Le rapport publié en juillet 2000 par l'Organisation de l'unité africaine remarque qu'il est difficile de dater la mise en route d'une préparation du génocide[26].

Différents auteurs et groupes continuent cependant de mettre en doute toute préparation du génocide. Ainsi Serge Desouter, prêtre catholique cité comme témoin-expert par la défense auprès du TPIR, considère quant à lui que la question de la planification n'est pas tranchée et affirme que tous les arguments fournis jusqu'ici pour démontrer la planification sont mensongers ou erronés ([1]).

L'historien Bernard Lugan, lui aussi cité par la défense de plusieurs présumés génocidaires devant le tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) comme témoin-expert, a tenu des propos contradictoires au fil du temps, exprimant de plus en plus de réserves vis-à-vis de la thèse d'un génocide programmé. Dans son ouvrage Histoire du Rwanda paru en 1997, il souligne que le génocide n'avait pas seulement un caractère ethnique, mais visait également à éliminer des opposants hutu : « des listes avaient été constituées de personnalités à abattre, Hutu et Tutsi. Il s'agissait pour le courant extrémiste hutu d'éliminer dans le temps le plus court un maximum de politiciens appartenant à l'opposition. […] Cette opération avait été préparée, planifiée et organisée de longue date. La mort du président fut le prétexte de son déclenchement. […] Certains massacres de Tutsi débutèrent dans les heures ou les jours qui suivirent l'annonce de la mort du président Habyarimina mais la phase la plus importante du génocide se déroula une fois la classe politique hutu physiquement éliminée. Comme si pour ceux qui avaient planifié les meurtres, l'élimination de toute la population tutsi du Rwanda - action de combat « ethnico-racial » - était moins « urgente » et prioritaire que celle des cadres hutu de l'opposition » [27]. En 2004, il précise que « le génocide des Tutsi est vraisemblablement le fruit d'une « psychose collective », préparée par les haines mutuelles, mais non planifiée » [28]. Il indique que dans un premier temps, au nord du Rwanda, certains Hutu, notamment parmi les ethno-nationalistes, ont cherché à « se faire justice eux-mêmes », à la suite de l'attentat du 6 avril, en exterminant les Tutsis dans une totale anarchie ; puis, au sud, l'extermination s'est répandue, mais, cette fois, elle a été encadrée par une partie de l'administration locale[29]. En 2014, au terme du dépouillement et de l'analyse de milliers de pages de témoignages et de documents du TPIR, il affirme que, du fait de l'histoire récente du pays, le génocide était prévisible, mais qu'il n'a en aucun cas été programmé[30].

La situation politique et militaire à la veille du génocide[modifier | modifier le code]

Le 1er octobre 1990, les rebelles du FPR de Paul Kagame franchissent les frontières de l'Ouganda et parviennent à 80 km de Kigali. Les Forces armées rwandaises (FAR) tentent de s'opposer à cette avancée.

Le 4 octobre 1990, La France met en place l'Opération militaire Noroit et la Belgique l'opération Green Beam afin d'envoyer des troupes et d'évacuer les ressortissants de chaque pays. Le Zaïre participe également avec l'envoi de 3000 hommes[31]. Cette guerre civile s'accompagne d'exactions faisant de nombreuses victimes dans les deux camps[32].

De 1990 à 1993 les FAR sont formées et réorganisées par l'armée française, pour contrer les attaques du FPR, attaques qui étaient parfois accompagnées de massacres[33]. De leur côté les responsables du FPR se sont appuyés sur l'armée ougandaise, dans laquelle certains étaient officiers depuis que le Président Yoweri Museveni avait conquis le pouvoir en Ouganda.

En 1991, le Président Habyarimana est contraint de renoncer au monopole exercé par son parti. Plusieurs mouvements rivaux entrent en compétition, dont plusieurs créent des organisations de jeunesse aux actions parfois violentes. Tel est le cas des Interahamwe, milice du Président Habyarimana. Les crimes commis par cette milice ou par d'autres groupes avant 1994 restent impunis, ce qui contribue au développement d'un sentiment d'impunité dans la période qui précéde le génocide[34]. Début 1993, la FIDH dénonce dans un rapport[35] les escadrons de la mort en lien avec le Président Habyarimana, sa femme et les ultras du régime.

En 1992 et 1993, des négociations, soutenues par la France, sont menées entre le FPR et le gouvernement rwandais afin d'aboutir aux Accords d'Arusha, signés en août, et dont on pouvait penser qu'ils contribueraient à apaiser la situation. Mais le parti présidentiel, le MRND, est hostile à ces négociations. En février 1993, la rupture du cessez-le-feu par le FPR pendant deux semaines avait contribué à affaiblir les partisans de la négociation. Les Hutu radicaux se regroupent autour de la radio des mille collines, qui appelle à l'élimination des Tutsis, et du mouvement Hutu Power. Cette radicalisation est renforcée en octobre 1993 par l'assassinat au Burundi du Président Hutu récemment élu Melchior Ndadaye par des militaires Tutsis, ce qui déclenche une guerre civile au Burundi, entraînant un flot de réfugiés aussi bien Hutu que Tutsi au sud du Rwanda. Cependant, une force de maintien de la paix, la MINUAR, est envoyée au Rwanda pour s'assurer de l'application des accords d'Arusha.

Au début de l'année 1994, l'installation du gouvernement transitoire à base élargie (GTBE), prévue par les accords d'Arusha est reportée semaine après semaine, malgré plusieurs tentatives d'intronisation. Ce report augmente la méfiance de chaque partie et recule la démobilisation des forces armées. Des machettes sont importées par l'entourage du Président Habyarimana, tandis que le FPR renforçe son armement[36] et la tension monte à partir de fin janvier 1994. Les attentats à la grenade et les assassinats[37] se multiplient. De nombreuses caches d'armes sont mises en place. Fin mars 1994, alors qu'une dernière tentative d'installation du GTBE échoue, la MINUAR observe que le FPR viole à plusieurs reprises les accords de cessez-le-feu au nord du pays, et que les FAR recrutent des jeunes gens parmi les réfugiés Hutus ayant fui le Burundi.

Le déroulement du génocide[modifier | modifier le code]

Chronologie[modifier | modifier le code]

6 avril 1994 : les présidents rwandais et burundais, Juvénal Habyarimana et Cyprien Ntaryamira, meurent, lorsque leur avion, qui s'apprêtait à atterrir à Kigali, est abattu par un missile.

7 avril 1994 : Plusieurs personnalités politiques modérées sont assassinées, empêchant tout règlement pacifique de la crise, ainsi que dix casques bleus belges de la MINUAR. Des barrières sont dressées par des milices Hutu à Kigali puis dans le reste du pays, et, au vu de leurs cartes d'identité, les Tutsi sont systématiquement assassinés. Dans la nuit, les troupes du Front patriotique rwandais (FPR) stationnées près de la frontière ougandaise font mouvement vers Kigali[38].

8 avril 1994 : La France et la Belgique évacuent leur ressortissants. Dans les jours qui suivent, des centres où se réfugient les Tutsi (écoles, églises, ...) sont attaqués et leurs occupants massacrés par les Hutus, appuyés par les FAR.

14 avril 1994 : le gouvernement belge annonce qu'il retire son contingent de casques bleus de la MINUAR.

21 avril 1994 : après avoir constaté les difficultés à mettre en place un cessez-le-feu entre le FPR et les FAR et l'échec probable du processus d'Arusha, le Conseil de sécurité des Nations Unies (où siège le Rwanda depuis le 1er janvier 1994), après avoir hésité une semaine entre diverses options (renforcement de la MINUAR, ou bien maintien sous condition, ou bien maintien d'une force réduite, ou bien retrait total), prend la décision de réduire la MINUAR à un strict minimum. Cette force de maintien de la paix passe de 2500 à 250 hommes et a pour but de servir d'intermédiaire entre les deux parties. Ses possibilités de secours humanitaire ou de protection des populations sont extrêmement réduites[39].

30 avril 1994 : le Conseil de sécurité de l'ONU exige un cessez-le-feu entre les FAR et le FPR, mais se limite à des actions diplomatiques et humanitaires. Dans une déclaration de son président, le Conseil de sécurité désigne à demi-mot le responsable principal des tueries (« Des attaques contre des civils sans défense ont été lancées dans tout le pays, et en particulier dans des zones contrôlées par des membres ou des partisans des forces armées du Gouvernement intérimaire du Rwanda »). Il se refuse cependant à prononcer le mot de génocide, même s'il rappelle que « l’élimination des membres d’un groupe ethnique avec l’intention de détruire ce groupe totalement ou partiellement constitue un crime qui tombe sous le coup du droit international », ce qui est quasiment mot à mot les termes de la Convention sur le génocide[40]. A cette date, le nombre de victimes civiles est estimé[41] à 200 000. Le terme explicite de génocide est quant à lui déjà utilisé depuis plusieurs jours par plusieurs intervenants[42].

17 mai 1994 : le Conseil de sécurité de l'ONU décrète un embargo sur les armes à destination du Rwanda[43]. Cet embargo sera peu respecté, des armes continuant à arriver par Goma pour armer les FAR, et par l'Ouganda pour armer le FPR.

31 mai 1994 : un rapport du secrétaire général des Nations-Unies au Conseil de sécurité évalue le nombre de victimes entre 250 000 et 500 000. Ce rapport souligne également que « les massacres et les tueries avaient été systématiques et qu'il ne faisait guère de doute que les événements en question constituent un génocide ». Ses conclusions énoncent que « la réaction tardive de la communauté internationale à la situation tragique que connaît le Rwanda démontre de manière éloquente qu'elle est totalement incapable de prendre d'urgence des mesures décisives pour faire face aux crises humanitaires étroitement liées à un conflit armé. Après avoir rapidement ramené la présence sur le terrain de la MINUAR à son niveau minimum, puisque le mandat initial de celle-ci ne lui permettait pas d'intervenir lorsque les massacres ont commencé, la communauté internationale, près de deux mois plus tard, semble paralysée, même s'agissant du mandat révisé établi par le Conseil de sécurité. Nous devons tous reconnaître, à cet égard, que nous n'avons pas su agir pour que cesse l'agonie du Rwanda et que, sans mot dire, nous avons ainsi accepté que des êtres humains continuent de mourir »[44].

8 juin 1994 : le Conseil de sécurité dénonce les actes de génocide[45] commis au Rwanda. Il étend le mandat de la MINUAR aussi bien dans la durée (prolongation jusqu'en décembre 1994), que dans les moyens d'action (défense des sites de réfugiés). Il appelle les États membres de l'ONU à apporter des ressources pour permettre le renforcement de la MINUAR[46]. Devant l'avancée du FPR et par crainte de représailles, 1 500 000 Hutus fuient vers l'ouest du pays.

22 juin 1994 : avec l'autorisation de l'ONU[47], la France lance l'opération Turquoise : des soldats français arrivent dans le sud-ouest du Rwanda pour établir une zone humanitaire sécuritaire pour les réfugiés. Pourtant, les massacres de Tutsi continuent, même dans la « zone de sécurité » contrôlée par la France.

4 juillet 1994 : prise de contrôle de la capitale par le FPR.

16 juillet 1994 : alors que les FAR sont en déroute, un communiqué de la Maison-Blanche annonce la fermeture de l'ambassade du Rwanda aux États-Unis, l'expulsion de son personnel, l'annonce de consultations auprès des membres du Conseil de sécurité de l'ONU dans le but de retirer son siège au Rwanda, et le blocage des avoirs financiers du Rwanda aux États-Unis[48].

La date couramment retenue comme fin du génocide est le 17 juillet 1994, date où le FPR contrôle l'essentiel du pays. À cette date, 800 000 Tutsi ou Hutu modérés ont été massacrés. Un million de Rwandais, fuyant le FPR, ont franchi la frontière avec le Zaïre[49]. Les forces armées rwandaises (FAR), les dirigeants et exécutants hutu fuient également au Zaïre dont la frontière est contrôlée par l'opération Turquoise qui les laisse passer avec leur armement[50]. Le drame va maintenant toucher cette population, qui a parfois été contrainte de participer activement au génocide, et désormais prise en étau entre le FPR et les milices responsables du génocide, qui prennent la direction des camps de réfugiés. Le 18 juillet, le FPR déclare un cessez-le-feu unilatéral. Le 19, il met en place un gouvernement d'union nationale pour une période transitoire de cinq ans. Pasteur Bizimungu, un Hutu du FPR, devient alors chef de l'État. Paul Kagame qui commande l'armée du FPR devient vice-président. Faustin Twagiramungu, qui a survécu au génocide, est nommé Premier Ministre, comme le prévoyait les accords d'Arusha[51]. .

Les premiers jours[modifier | modifier le code]

Des victimes du génocide des Tutsi au Rwanda

Le 6 avril 1994, le président du Rwanda Juvénal Habyarimana est assassiné. Alors qu'il s'apprêtait à atterrir à Kigali, son avion est la cible de tirs et s'écrase. Il n'y a aucun survivant. L'avion transportait aussi le président burundais Cyprien Ntaryamira. Aucune enquête internationale n'a permis d'identifier les auteurs de cet attentat[52]. Les deux principales hypothèses soupçonnent l'une le Hutu Power et l'autre le FPR, avec d'éventuels soutiens internationaux[53]. En janvier 2012, les résultats d'un rapport balistique demandé par le juge Marc Trévidic, qui succède à Jean-Louis Bruguière dans l'instruction semblent disculper le FPR[54],[55], interprétation journalistique des résultats elle-même contestée[56]. Pendant la nuit du 6 avril, l'attentat fut l'élément déclencheur du génocide réalisé par le Hutu Power. Sur les ondes de la Radio des Mille Collines, radio de propagande de l'Akazu, le signal du début du génocide fut, dit-on, la phrase entendue depuis quelques jours : « Abattez les grands arbres[57] ».

Les massacres des opposants hutu dans les premières heures, puis de milliers de Tutsi commencent aussitôt et simultanément dans une grande partie du Rwanda, à l'exception notoire de la région de Butare dans le sud[58].

Le 7 avril 1994, plusieurs dirigeants de partis d'opposition et plusieurs responsables gouvernementaux, dont la première ministre Agathe Uwilingiyimana sont assassinés par la garde présidentielle. Il en est de même de dix Para-Commando's belges, du 2e bataillon commando intégré dans les casques bleus de la force d'interposition de l'ONU, qui avaient pour mission de protéger Mme Uwilingiyimana[59]. Cet assassinat des casques bleus belges entraîne la décision du gouvernement belge de retirer sa participation à l'opération, décision entérinée par l'ONU.

La vacance du pouvoir ainsi créée permet au colonel Bagosora, qui se révèle rapidement être l'homme fort du régime après la disparition du Président Juvénal Habyarimana, de créer un gouvernement intérimaire sous sa houlette.

Dès le 8 avril 1994, la France, par l'opération Amaryllis, puis la Belgique, par l'opération Silver Back et l'Italie évacuent leurs ressortissants et ceux d'autres pays occidentaux. Un convoi de ressortissants américains part dans les heures qui suivent l'attentat vers le Burundi, où les attendent des forces américaines en stationnement.

Cent jours d'extermination[modifier | modifier le code]

Victimes du génocide des Tutsis au Rwanda

Les exécutions se déroulent pendant trois mois. Dans un pays administrativement bien structuré malgré la reprise du conflit avec le FPR, les ordres issus du gouvernement sont relayés par les préfets, qui les transmettent à leur tour aux bourgmestres, lesquels organisent des réunions dans chaque village pour informer la population des consignes données, avec l'appui de gendarmes ou de soldats, ainsi que du clergé. Les ordres sont également transmis par la Radio Télévision Libre des Mille Collines qui encourage et guide jour après jour, heure par heure le génocide, dénonçant les Tutsi encore vivants à tel ou tel endroit. L'enrôlement de la population pour participer aux tueries est favorisé par la coutume de l'umuganda, journée de travail collectif où la population est rassemblée, selon une méthode déjà employée dans les massacres de Mutara en 1990 ou du Bugesera en 1992. Mais le « travail » consiste désormais à massacrer à travers tout le pays les Tutsis, ainsi que certains Hutus modérés réputés hostiles à ce projet et considérés comme des « traîtres ». Ce « travail » est dirigé par les milices Interahamwe (issue du MRND, le parti présidentiel) et Impuzamugambi (issue de la CDR, Coalition pour la défense de la République, organisation extrémiste composée de durs du régime Habyarimana), parfois assistées par les FAR, le reste de la population suivant de gré ou de force[60]. La population utilise essentiellement des machettes, des houes et des gourdins cloutés, les « outils »[61].

Des barrières sont montées sur toutes les routes du Rwanda pour arrêter les fuyards qui sont massacrés sur place. Généralement les autorités locales, parfois sous la pression de hiérarchies parallèles organisées par les préfets, prétextent la mise en sécurité des Tutsi pour les regrouper dans des lieux publics comme les stades, les bâtiments communaux, les écoles et les églises. Ensuite des groupes de miliciens achèvent les personnes, parfois précédés par les FAR qui commencent « le travail » avec des armements adaptés, des grenades notamment. Enfin les maisons de Tutsis sont systématiquement visitées par les miliciens pour sortir ceux qui s'y cachent et les massacrer.

Les massacres atteindront des sommets dans l'horreur. L'ampleur du massacre (en trois mois, 1 million de personnes sont tuées selon les autorités rwandaises après recensement, 800 000 selon l'ONU[62] et l'OUA), sa cruauté (des femmes enceintes sont éventrées pour tuer les fœtus, la violence sexuelle est fréquemment employée, des tueries ont lieu au sein de familles mixtes, le sadisme se manifeste dans de nombreux cas) et le nombre d'exécutants en font un des évènements les plus atroces du XXe siècle. À l'inverse, des Tutsis eurent la vie sauve du fait que des Hutus avaient pris le risque de les cacher ou de leur donner de la nourriture.

Le 12 avril 1994, le chef d'état-major des Forces armées rwandaises, Leonidas Rusitara, nommé le 7 avril à la suite de la mort de son prédécesseur dans l'attentat du 6 avril, publie avec une dizaine d'officiers des FAR un communiqué dénonçant les tueries, et proposant un cessez-le-feu avec le FPR ainsi que la reprise du processus d'Arusha. Il est limogé sur le champ par le gouvernement intérimaire et remplacé par Augustin Bizimungu. Cette tentative de retour au calme resta vaine[63] [64].

À Butare, le seul préfet tutsi du Rwanda essaye de lutter contre le développement du génocide dans sa région. Il est destitué le 17 avril 1994. Le génocide démarre vraiment ensuite. Le 19 avril 1994 le Président du Gouvernement intérimaire, Théodore Sindikubwabo, vient sur place soutenir les autorités locales et la population par un appel « au travail[65] ».

Dans la région de Kibuye, dans le massif montagneux de Bisesero, lieu réputé pour leur résistance à d'autres périodes, des Tutsis se sont regroupés et ont tenté de résister aux autorités locales et aux miliciens en se battant avec des armes qu'ils leur prenaient. 65 000 Tutsi y sont enterrés dans un mémorial. 800 survivants ont été dénombrés par les soldats de l'opération Turquoise[66].

Une exception à Giti, près de Kigali, aucun Tutsi n'a été tué, grâce aux autorités locales[67]. Le bourgmestre de Giti a été félicité par le président Bizimungu après la victoire du FPR[68].

Le 30 avril 1994, le bureau politique du Front patriotique rwandais publie un communiqué selon lequel le génocide est presque terminé. Il « appelle le Conseil de sécurité des Nations unies à ne pas autoriser le déploiement de la force proposée, parce que l'intervention des Nations unies à ce stade ne peut plus servir un quelconque but en ce qui concerne l'arrêt des massacres[69] ». Les massacres ne cesseront complètement que courant juillet, mais on estime que 80 % des massacres étaient accomplis à la mi-mai. Le médecin allemand Wolgang Blam qui se trouvait à Kibuye dans une région où les Tutsi étaient très nombreux (20 % de la population) et où les massacres durèrent jusqu'en juillet, témoigne dans un document qu'à partir du 16 mai 1994 les autorités locales ont normalisé la situation en ouvrant les services publics, les banques, les transports, etc. L'essentiel des massacres était alors accompli[70].

Cette observation du Docteur Blam se retrouve à l'échelon national. Il raconte d'ailleurs que des membres du gouvernement intérimaire se sont déplacés le 8 et le 16 mai à Kibuye pour lancer cette normalisation[71]. À la mi-mai Alison Des Forges signale qu'il y eût débat sur la nécessité de massacrer les femmes et les enfants épargnés jusque là dans certaines régions et que le débat fut tranché par leur extermination effective[72].

Mais la guerre civile évoluait en faveur du FPR et c'est à ce moment que la France utilisa le terme de génocide sur le plan diplomatique, dans la perspective d'une intervention[42].

La plupart des rescapés trouveront refuge dans les régions du nord-est du Rwanda, là où le FPR avance rapidement au début du génocide. Quelques rescapés réussiront à se cacher dans des marais ou des zones forestières. Les autres rescapés seront sauvés par des Hutu qui prendront le risque de les cacher, jusqu'à ce que le FPR arrive. La zone protégée par l'Opération Turquoise, à l'ouest du Rwanda sera la dernière zone occupée par le FPR et celle où les massacres continueront le plus longtemps[réf. nécessaire], les Français ayant comme la Minuar l'ordre de « rester neutre entre les factions rwandaises ». Les Français sauvèrent toutefois 8 000 rescapés du stade de Nyarushishi au sud-ouest du Rwanda et 800 autres à Bisesero, ainsi que des groupes isolés au gré des circonstances.

Le génocide constitue en outre un désastre économique avec les destructions de biens (notamment les troupeaux) et les pillages. Dans la volonté d'anéantir jusqu'au souvenir des Tutsi on détruisit aussi très souvent leurs maisons et leurs jardins, sans chercher à les utiliser autrement qu'en récupérant leurs matériaux.

La capitale, Kigali, est prise le 4 juillet 1994 par le FPR. Le génocide coûtera la vie à des centaines de milliers de Tutsi et Hutu modérés. Les miliciens hutu et les FAR battent en retraite au Zaïre (actuelle République démocratique du Congo). Deux millions de réfugiés hutu partent également, redoutant les représailles et exactions du FPR. Le 19 juillet 1994, un gouvernement fondé sur les derniers accords d'Arusha, mais dominé par le FPR, prend les rênes du Rwanda. Le président de la République et le Premier ministre sont des Hutu dits modérés. Celui qui a conduit le FPR à la victoire, le général-major Paul Kagame, vice-président et ministre de la défense, devient l'homme fort du Rwanda.

Au fur et à mesure de son entrée au Rwanda, le FPR, tout en protégeant les Tutsi rescapés, s'est également livré à des exactions, des exécutions sommaires sans jugement et des massacres de représailles. En avril, à Kigali, plusieurs dizaines de responsables politiques ou militaires sont tuées par le FPR, parfois avec les membres de leur famille. Plusieurs centaines de personnes furent également tuées dans le stade de Byumba. Les crimes commis par les soldats du FPR furent trop répétés pour que les responsables de ce mouvement puissent l'ignorer. D'une manière générale, ils ne firent rien pour les empêcher. Après la mise en place du nouveau gouvernement, 32 militaires du FPR ont été jugés par des tribunaux militaires rwandais, dont 14 ont été condamnés pour meurtre à des peines de deux à six ans de prison[73]. Selon un rapport de Robert Gersony, consultant pour le HCR, entre 25 000 et 45 000 personnes ont été massacrées par le FPR entre avril et août 1994[74].

La démission de la communauté internationale[modifier | modifier le code]

Cette démission a été stigmatisée par le Général canadien Roméo Dallaire qui commandait la Mission des Nations unies pour l'assistance au Rwanda (MINUAR), force de l'ONU destinée à soutenir les accords d'Arusha.

Il apparaît que plusieurs États, en général à travers l'ONU, dont la France, particulièrement impliquée au Rwanda, ne semblent pas avoir su ou voulu adapter leurs actions en distinguant bien les massacres génocidaires de la guerre civile. Les États-Unis, marqués par le fiasco somalien récent, et l'ensemble du Conseil de sécurité des Nations unies, auquel participait en 1994 le Rwanda[75], refusèrent de qualifier à temps les massacres de génocide, ce qui empêcha de faire jouer la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide qui obligeait les États signataires à intervenir. On emploie des périphrases comme « actes de génocide ». Toutes les pressions exercées sur les belligérants mirent sur le même plan l'arrêt des massacres et l'arrêt des combats entre le FPR et les FAR (Forces Armées Rwandaises). L'objectif était d'obtenir un cessez-le-feu et d'arrêter les massacres.

Pendant toute la durée du génocide, le général Roméo Dallaire est tenu par le DOMP, service du maintien de la Paix de l'ONU, de ne pas laisser la MINUAR intervenir par les armes pour empêcher les massacres et de tenter d'obtenir un cessez-le-feu entre le FPR et les FAR et un arrêt des massacres. Il avait déjà tenté, sans succès, d'obtenir des Nations unies l'autorisation de procéder à la saisie des caches d'armes en janvier 1994, mais le DOMP, traumatisé par le fait qu'une démarche analogue en Somalie s'était traduite par la mort de plusieurs dizaines de casques bleus, avait refusé catégoriquement[76]. Devant cette inaction de l'ONU, le général Dallaire n'avait aucune marge de manœuvre pour tenter de protéger le peuple rwandais. Après l'assassinat de dix casques bleus belges et devant le refus du Conseil de sécurité de l'ONU de renforcer immédiatement la MINUAR, la Belgique décida de retirer ses soldats, qui constituaient la colonne vertébrale et la moitié des effectifs de la mission. Le 21 avril 1994, le Conseil de sécurité entérine la décision belge et réduit les effectifs de la MINUAR à 270 observateurs, soit 10 % de ce qu'elle était sur le terrain et 5 % de ce qui avait été prévu initialement[77].

Mais à partir de la deuxième quinzaine de mai 1994, devant la gravité de la situation, elle met sur pied la MINUAR 2 qui se révèle dans l'impossibilité d'intervenir immédiatement. Devant ce retard, la France obtient des Nations unies l'organisation de l’opération Turquoise du 22 juin au 22 août 1994, date prévue de déploiement de la MINUAR 2. Elle obtient ensuite la création, dans le sud-ouest du Rwanda, d'une « zone humanitaire sûre » (ZHS), le 4 juillet 1994, après quelques accrochages avec le FPR. Cette opération française donna lieu à de vives controverses à travers le monde, en raison du soutien passé de la France au gouvernement rwandais.

Les conséquences du génocide[modifier | modifier le code]

La tragédie des camps de réfugiés au Zaïre[modifier | modifier le code]

À la fin du génocide, à partir de la deuxième quinzaine de juillet 1994, une épidémie de choléra éclate dans les camps de réfugiés hutu au Zaïre. Sur le million de réfugiés, 48 000 cas de choléra se déclarent et la moitié des malades en meurent[78]. Cet épisode, qui a été fortement médiatisé, a souvent été confondu avec le génocide et l'a même en grande partie occultée[réf. nécessaire]. Il a occupé une grande part de l'énergie des soldats de l'opération Turquoise, qui dut creuser des fosses communes pour enterrer les corps.

Parmi ces réfugiés figurait un nombre important de responsables du génocide. Ceux-ci ont exercé une emprise brutale sur la population des camps, dont certains sont transformés en base arrière pour la reconquête du Rwanda via les détournements massifs de l'aide, la violence, les recrutements forcés, la propagande et les menaces contre les candidats au rapatriement[79]. Cette emprise a conduit l'association Médecins sans frontières, consciente que l'aide humanitaire est détournée et contribue à renforcer le pouvoir des responsables du génocide et leur contrôle sur la population des réfugiés, à se retirer des camps en novembre 1994.

Les éléments des forces génocidaires ont ensuite mené au Rwanda des incursions sanguinaires, de 1994 à 1996. Ces incursions ont conduit à des interventions du Rwanda au Zaïre, qui s'inscrivent dans la première guerre du Congo et la deuxième guerre du Congo dans laquelle une dizaine de pays africains se sont impliqués et qui ont coûté depuis cette date la vie d'au moins 3 à 4 millions de Congolais. Cette coalition a renversé le président du Zaïre Mobutu Sese Seko et porté Laurent Désiré Kabila à la tête de la nouvelle République démocratique du Congo en 1997. En 1996-1997 de nombreux réfugiés civils hutus, poursuivis dans les forêts du Congo, ont trouvé la mort, soit d'épuisement, de famine ou d'absence de soins et d'isolement dans la forêt zaïroise, soit massacrés par les forces alliées (armées du Rwanda, l'APR, et de l'Ouganda, et rebelles zaïrois[80]).

Cependant, la majorité des réfugiés hutu ont pu rentrer par vagues successives au Rwanda à partir de 1996. Une partie des FAR rentrée au Rwanda a été réintégrée dans l'APR (Armée patriotique rwandaise), les nouvelles forces gouvernementales rwandaises.

Depuis le génocide, les affrontements entre les forces génocidaires et le FPR en République démocratique du Congo (ex Zaïre) constituent encore un des facteurs de l'instabilité de ce pays. Selon les gouvernements du Rwanda et du Burundi, les extrémistes hutus restent une menace permanente et justifient des interventions déstabilisatrices et souvent meurtrières vivement dénoncées par la RDC. Les FDLR, qui regroupent une partie des anciennes forces génocidaires, ont accepté d'être désarmées début avril 2005 et de rentrer au Rwanda. Ce problème reste encore l'objet de nombreuses opérations militaires en 2007 sous l'égide de la Monuc.

Le FPR est accusé par les opposants et dissidents rwandais, par le groupe d'expert de l'ONU chargé d'étudier cette question[81], l'ancien ministre congolais Honoré Ngbanda Nzambo[82] d'utiliser la présence d'anciens génocidaires en RDC comme prétexte au pillage de cette région, se mêlant ainsi au nombreux autres pays limitrophes et entreprises multinationales qui pillent la RDC.

Les relations tendues entre le Rwanda et la France[modifier | modifier le code]

À la suite de la victoire du FPR, les relations entre le Rwanda et la France ont été tendues, le gouvernement rwandais estimant que la France refusait de reconnaître ses responsabilités dans le génocide. Le Rwanda a rompu ses relations diplomatiques avec la France le 24 novembre 2006, à la suite de la recommandation du juge Jean-Louis Bruguière de poursuivre le président Paul Kagame devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) pour sa « participation présumée » à l’attentat contre l’avion du président rwandais Juvénal Habyarimana, et, plus de dix ans après les faits, met lui-même en place une commission d'enquête[83].

Les relations diplomatiques avec la France ont été rétablies le 29 novembre 2009. Le Président français Nicolas Sarkozy s'est rendu au Rwanda le 25 février 2010 et Paul Kagame a été reçu officiellement par Paris en septembre 2011[84]. On pouvait penser que les relations étaient en voie de normalisation. Cependant, une interview de Paul Kagame au journal Jeune Afrique le 15 avril 2014, peu de temps avant la cérémonie de commémoration du génocide, et dans lequel il met en cause le rôle de la France pendant le génocide[85], tend de nouveau les relations entre les deux pays.

Les récits des rescapés[modifier | modifier le code]

Plusieurs rescapés de la diaspora rwandaise ont exprimé dans leurs livres la douleur et le traumatisme des rescapés[86]. Leurs témoignages rappellent ceux de la Shoah au niveau psychologique[87]. Jean Hatzfeld a décrit dans trois livres les conséquences vécues par la population rwandaise. La vie des rescapés, puis celle des tueurs qui montrent à quel point le travail génocidaire était vécu et organisé comme une sorte de service public, doublé de pillages et de répartition des butins. Enfin il a montré la difficulté de cohabiter à nouveau après le génocide entre tueurs et rescapés, la façon dont la volonté politique de réconciliation est ressentie par les uns et les autres[86].

Les juridictions internationales et nationales face au génocide[modifier | modifier le code]

Le Rwanda a toujours exprimé le souhait de juger tous les auteurs du génocide. La justice rwandaise étant complètement détruite en juillet 1994, le Rwanda a demandé aussitôt de l'aide à la communauté internationale pour reconstruire l'appareil judiciaire. En réponse l'ONU a créé le Tribunal pénal international pour le Rwanda. Seul le Rwanda a voté contre cette création qui ne correspondait pas à sa demande.

Le Tribunal pénal international pour le Rwanda[modifier | modifier le code]

Le 8 novembre 1994, la résolution 955 du Conseil de sécurité de l'ONU crée le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) pour juger les principaux responsables du génocide.

La Cour pénale internationale est compétente pour tous les crimes commis après sa création le 1er juillet 2002. Elle n'est donc pas compétente pour juger des crimes commis au Rwanda pendant le génocide.

Le Premier ministre du gouvernement intérimaire, Jean Kambanda, a plaidé coupable et a été condamné pour génocide par le TPIR. Les trois quarts du gouvernement intérimaires ont été arrêtés. Plusieurs ministres de ce gouvernement ont été reconnus coupables de participation au génocide ou sont en cours de jugement, deux autres ont été relaxés[88]. En 2011, certains ex-responsables militaires sont reconnus coupables de génocide[89].

Les juridictions rwandaises[modifier | modifier le code]

La justice nationale[modifier | modifier le code]

Le Rwanda a dû faire un effort politique considérable pour reconstruire cet appareil judiciaire. Des ONG comme RCN Justice & Démocratie et Avocats sans frontières ont participé à cette reconstruction. Il a fallu former des juristes, faire revenir des juristes installés dans la diaspora, défendre les accusés et les parties civiles, trouver des moyens matériels.

Le très grand nombre des auteurs du génocide, qui étaient loin d'être tous en prison, a posé au Rwanda un problème difficilement surmontable. En 1998, au rythme des procès, il aurait fallu deux cents ans pour juger seulement ceux qui étaient en prison. Une solution a été trouvée en s'appuyant sur les Gacaca, justice villageoise traditionnelle, pour les auteurs secondaires, les principaux auteurs étant jugés par la justice nationale rwandaise.

Les Gacaca[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gacaca.

Le 15 janvier 2005, huit mille nouvelles juridictions gacaca (tribunaux populaires chargés de juger les auteurs présumés du génocide rwandais de 1994 — prononcer « gatchatcha ») ont entamé la phase administrative de leur travail. Elles s'ajoutent aux sept cent cinquante gacaca pilotes mises en place depuis 2001 dans certaines régions du pays. Les gacaca sont inspirées des anciennes assemblées villageoises. Elles ont été créées pour juger tous les présumés auteurs du génocide à l’exception des planificateurs et des personnes accusées de viols qui sont jugés par les tribunaux conventionnels ou par une juridiction de l'ONU. Plusieurs millions de personnes, les simples exécutants, sont donc concernés par cette juridiction. Le jeudi 10 mars, les premiers procès ont eu lieu à travers tout le pays. Malgré l'environnement social défavorable aux rescapés du génocide, qui demeurent très minoritaires au sein de la population, les gacaca sont craints par les anciens Interahamwe. Environ 6 000 personnes ont tenté d'échapper à la justice en fuyant vers le Burundi et ont été rapatriées de force en juin 2005 par les autorités rwandaises et burundaises[réf. nécessaire].

Les gacaca ont été critiquées par Amnesty International[90] et Reporters sans frontières[91]. AI et RSF accusent ces tribunaux de ne pas respecter « les critères internationaux définissant un procès équitable, ni les principes de la non-discrimination », de procéder à des arrestations arbitraires, et de condamner parmi les génocidaires des personnes coupables d'opposition au gouvernement FPR, plutôt que de génocide.

Les tribunaux nationaux[modifier | modifier le code]

Les tribunaux nationaux, autres que ceux du Rwanda, interviennent dans deux types de situations :

  • Des plaintes contre des Rwandais dans d'autres pays que le Rwanda, accusés de crimes liés au génocide, au titre du principe de la compétence universelle.
  • Des plaintes contre des citoyens non-rwandais, dans leur propre pays, pour des actes liés au génocide au Rwanda.

Les procès de Rwandais dans d'autres pays au titre de la compétence universelle[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Compétence universelle.

La « compétence universelle » de certains tribunaux nationaux leur permet d'accepter les poursuites contre certains responsables du génocide.

Un jugement a eu lieu en Suisse, deux autres en Belgique, plusieurs procès ont eu lieu, ou sont en cours, au Canada. Plusieurs jugements sont en cours en France contre un prêtre rwandais, un ancien préfet et un colonel des FAR selon les lois françaises qui adaptent l'application des prérogatives du TPIR dans ce pays.

Le procès de Pascal Simbikangwa, ancien capitaine rwandais considéré comme l'un des instigateurs du génocide s'est déroulé en 2014, devant la cour d'assises de Paris[92], durant six semaines et plus de 12 heures de délibération. Il s'agissait du premier procès d'un Rwandais en France dans le cadre du génocide des Tutsis. À l'issue du procès, Pascal Simbikangwa a été condamné le 14 mars 2014, à une peine de 25 ans de réclusion pour son rôle dans le génocide[93].

La justice belge a prononcé quatre condamnations[94]. La France a été condamnée, à la demande des parties civiles, par la Cour européenne des droits de l'homme pour la lenteur de sa procédure concernant la plainte déposée contre le prêtre rwandais.

Les plaintes en France contre des militaires français[modifier | modifier le code]

Des Rwandais ont déposé plainte en France contre des militaires français de l'opération Turquoise.

Trois plaintes ont été déposées pour viol en juin 2004. Six autres plaintes ont été déposées en février 2005 pour « complicité de génocide ou crime contre l'humanité » devant le tribunal militaire français. Ces plaintes visent éventuellement les responsables militaires et civils des soldats directement impliqués.

Le procureur de la République a, tour à tour, refusé d'ouvrir une instruction, puis rejeté quatre plaintes, jugeant celles-ci infondées (décembre 2005). Le juge d'instruction aux armées, s'opposant à cette décision, a déclaré recevables ces 4 plaintes (ordonnance du 16 février 2006). Le parquet a fait alors appel de cette décision. Le 29 mai 2006, la cour d'appel de Paris confirmait la recevabilité des 4 plaintes litigieuses et le 3 juillet rejetait un nouveau recours du parquet en nullité qui concernait les auditions menées par le juge d'instruction en novembre 2005 au Rwanda pour entendre les plaignants[95].

Ces plaintes ont été initialement déposées au tribunal aux armées de Paris. Depuis, celui-ci a été fermé. Les plaintes ont été transférées au Pôle génocide, à sa création, en janvier 2012[réf. nécessaire].

Les arrestations de Rwandais en France[modifier | modifier le code]

En 2007, plusieurs Rwandais recherchés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) ont été arrêtés en France.

Le 18 octobre 2007, Dominique Ntawukuriryayo a été arrêté à Carcassonne, dans l'Aude.

Le 20 janvier 2009, Sosthène Munyemana, médecin exerçant en Lot-et-Garonne est arrêté et déféré devant le parquet de Bordeaux, en vue d'une extradition. Il est recherché par la justice rwandaise (et non par le TPIR) pour sa participation au génocide en 1994. Il est libéré et mis sous contrôle judiciaire[96],[97]

La négation du génocide au Rwanda[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Négation du génocide au Rwanda.

Le négationnisme du génocide a trois expressions différentes : la négation pure et simple, la théorie du double génocide et la négation de diverses complicités.

La négation pure et simple considère qu'il n'y a eu au Rwanda que de simples massacres de masse, dont la quantité aurait été délibérément grossie par la propagande pro-FPR. Dans les procès devant le TPIR plusieurs accusés ont tenté de contester l'existence d'un génocide au Rwanda dans leur procédure. Le 16 juin 2006, la chambre d'appel du TPIR rend une décision à la suite de laquelle il n'est plus nécessaire de prouver que le génocide a eu lieu[98].

La « théorie du double génocide » affirme l'existence d'un contre-génocide des Hutu, qui n'a pas été constaté par les instances internationales. Elle permettrait de parler de « combats interethniques » afin de renvoyer dos à dos les victimes et les bourreaux. Le terme de génocides (au pluriel) a été utilisée par plusieurs responsables politiques français[99]. Aucun des quatre grands rapports internationaux (ONU, OUA, Sénat Belge et députés français) n'a parlé de génocide des Hutus. Les ONG qui ont fait également de volumineuses enquêtes, telles que Human Right Watch, la FIDH, Amnesty International, African Right, Survie et la commission d'enquête citoyenne française, combattent l'idée révisionniste d'un double génocide[100]. Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, déclarait en mars 2008, dans la revue Défense nationale et sécurité collective, dont le comité d'études est présidé par le général Christian Quesnot, ancien chef d’État-major particulier de François Mitterrand : « Je ne peux pas cautionner cette vision simpliste et infamante qui fait des Tutsi les responsables de leur propre malheur, pas plus que je ne peux supporter d’entendre certains défendre la thèse d’un double génocide tutsi et hutu. »[101].

La négation des complicités concerne les facilités politiques, diplomatiques, médiatiques et militaires, internationales et intérieures, qui ont pu être octroyées au régime qui a conduit le génocide. La négation des complicités est l'objet de vives controverses en France[102]. La découverte le 11 janvier 2012 que durant 16 ans le juge Jean-Louis Bruguière avait instruit uniquement à charge du FPR pour établir les responsabilités dans l'attentat contre l'avion présidentiel pose de nombreuses questions sur les raisons de cet écran de fumée, sur l'identité des personnes qu'on a cherché ainsi à couvrir ainsi que sur leur degré d'implication dans le génocide ou dans une complicité de génocide[103].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Première phrase du rapport de l'ONU sur le génocide au Rwanda page 3, après la lettre d'accompagnement et l'annexe : « Quelque 800 000 personnes ont été massacrées lors du génocide de 1994 au Rwanda ».
  2. HWR, FIDH, Aucun témoin ne doit survivre, le génocide au Rwanda, Karthala (1999), p.48
  3. a et b Bernard Lugan, Rwanda : le génocide, l'Église et la démocratie, éd. du Rocher, 2004, 234 p.
  4. Survie : Les documents fondateurs du génocide et notamment les 10 commandements du Hutu de 1990
  5. Génocides et autres massacres..., entretien avec Jacques Semelin, Politique internationale (revue), 2004
  6. Directeur émérite du CNRS, coauteur de Rwanda : Les médias du génocide, Paris, Karthala, 1995, et d'autres ouvrages et articles sur le génocide au Rwanda.
  7. Directeur de recherche au CNRS, auteur de Rwanda : le génocide, Paris, Dagorno, 1999
  8. Sociologue et directrice émérite au CNRS, auteurs de nombreux articles sur le Rwanda, première personne auditionnée par les députés français de la mission d'information parlementaire sur le Rwanda - Citée comme témoin de contexte dans le cadre du procès de quatre Rwandais en Belgique en 2001, elle a déclaré qu'« Il n’y a pas de massacres spontanés de cette envergure. Il faut des dirigeants, il faut une organisation. » Assises Rwanda 2001 Temoin de contexte: Claudine VIDAL, historienne, sociologue
  9. Colette Braeckman, journaliste belge du journal Le Soir et auteur de Rwanda, histoire d'un génocide, Fayard, 1994
  10. Journaliste à France Culture et auteur de Rwanda, un génocide oublié ? Un procès pour mémoire, Complexe, 2004
  11. « Selon M. REYNTJENS, le génocide n’a pas été planifié ni décidé de manière pragmatique cette nuit là. Depuis plus de quatre ans, une structure et une idéologie génocidaire se mettait progressivement en place. Des éléments sont là pour le prouver : existence de « petits » massacres de Tutsi téléguidés depuis le centre du pouvoir dans les années 1990, existence des escadrons de la mort et du Réseau Zéro chargés d’assassiner quelques opposants, présence de caches d’armes dans les bâtiments loués par le MRND, etc. Ce génocide visait à éliminer tous les Tutsi en tant que tels et des Hutu en tant qu’opposants politiques.» (p. 2)
  12. Publication
  13. rapport : Mission d'information sur le Rwanda
  14. André Guichaoua, Les Politiques du génocide à Butare, éd. de L'Harmattan, 2005
  15. André Guichaoua, « Le génocide des Tutsis n’avait pas été préparé quatre ans à l’avance », sur LeMonde.fr,‎ 13 novembre 2011
  16. L’attentat contre l’avion d’Habyarimana n’est pas la cause du génocide, 30 novembre 2006, Agence Hirondelle
  17. « http://www.assisesrwanda2001.be/050519.html » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) Assises Rwanda 2001 Temoin de contexte: François-Xavier NSANZUWERA
  18. Annexes du rapports parlementaires français page 134 - partie consacrée à l'Opération Noroît
  19. Des massacres constitutifs d'un génocide - sous-chapitre du rapport des députés français
    - Génocide rwandais Ce que savait l’Élysée, Le Monde, 3 juillet 2007, Extrait : « Au cours des années de guerre qui ont précédé le génocide, qui a débuté le 6 avril 1994, l’Élysée a soutenu le régime de Kigali, malgré les signaux présageant des massacres à venir. C’est ce que révèlent plusieurs volumes d’archives officielles transmises au tribunal aux armées »
  20. Génocide rwandais Ce que savait l’Élysée, Piotr Smolar, Le Monde, 3 juillet 2007, Extrait : « Celui-ci a livré les détails « graves et plausibles » d’un plan de déstabilisation radicale du pays. Il commencerait par des provocations contre les troupes du FPR à Kigali, pour susciter une riposte. « Les victimes rwandaises que ne manqueraient pas de provoquer ces réactions seraient alors le prétexte à l’élimination physique des Tutsi de la capitale, explique le diplomate. Selon l’informateur de la Minuar, 1 700 Interhamwe -membres des milices populaire du parti du Président du Rwanda- auraient reçu une formation militaire et des armes pour cela, avec la complicité du chef d’état-major FAR. La localisation précise des éléments tutsi de la population de Kigali devrait en outre permettre d’éliminer 1 000 d’entre eux dans la première heure après le déclenchement des troubles. »
  21. Rapport de la commission indépendante d'enquête sur les actions de l'ONU lors du génocide de 1994 au Rwanda, p.10-12.
  22. HRX, FDIH, Aucun témoin ne doit survivre,Karthala (1999), p.88-103
  23. http://www.genocidearchiverwanda.org.rw/index.php?title=Kangura_Issue_06
  24. Discours de Mugesera sur le site de l'association Survie
  25. HRW, FIDH, Aucun témoin ne doit survivre, Karthala (1999), p.103-106
  26. À notre connaissance, il n'existe aucun document, aucun procès-verbal de réunion et aucune autre preuve qui mette le doigt sur le moment précis où certains individus, dans le cadre d'un plan directeur, auraient décidé d'éliminer les Tutsi […]. Il est frappant de constater qu'à peu près tous les experts internationaux deviennent vagues ou imprécis lorsqu'il s'agit de déterminer à quel moment l'organisation et la planification systématiques sont censées avoir été amorcées. […] Mais en regardant en arrière et en analysant le déroulement des évènements de 1991 jusqu’en 1992, il devient difficile de ne pas voir émerger une tendance dans ces massacres successifs. Il apparaît que les radicaux et l’armée ont travaillé ensemble pour essayer diverses techniques d’exécution. De ces expériences, leurs chefs ont tiré deux leçons : qu’ils pouvaient massacrer en grand nombre, rapidement et efficacement […] et, compte tenu des réactions qu’ils avaient suscitées jusqu’alors, qu’ils pouvaient le faire impunément. Extraits du chapitre 7 du rapport de l'OUA
  27. Histoire du Rwanda, 1997, pages 516 et 517
  28. Le Génocide, l'Église et la démocratie, éd. du Rocher, 2004
  29. Rwanda : contre-enquête sur le génocide, éd. Privat, 2007
  30. Rwanda : Un génocide en questions, Éditions du Rocher, coll. « Lignes de feu », 2014
  31. Jacques Morel, La France au cœur du Génocide des Tutsis, p. 1365
  32. Serge Desouter et Filip Reyntjens, Les Violations des droits de l'homme par le FPR/APR. Plaidoyer pour une enquête approfondie, Université d'Anvers, Working Paper, 1995 ; Abdul Joshua Ruzibiza, op. cit., p. 259 à 346 ; et Laurent Nduwayo, op. cit.
  33. Les chiffres les plus élevés ont été avancés par Pierre Péan, mais ils sont noyés dans l'ensemble des années 1990 - 1998 et concernent plusieurs conflits où le FPR n'était pas seul en cause - Pierre Péan Noires fureurs, blancs menteurs - Mille et une Nuits
  34. HRW, FIDH, Aucun témoin ne doit survivre, le génocide au Rwanda, Karthala (1999), p. 9
  35. Rapport de la Commission internationale : enquête sur les violations des droits de l'homme au Rwanda depuis 1990
  36. HRW, FIDH, Aucun témoin ne doit survivre, le génocide au Rwanda, Karthala (1999), p. 10
  37. Le 21 février 1994, M. Félicien Gatabazi, Ministre des travaux publics et Secrétaire général du PSD, est assassiné, et le lendemain, M. Martin Buchnyana, Président de la CDR est également tué en représailles. Dans les deux jours qui suivent, une trentaine de personnes sont tuées.
  38. « Repères chronologiques », p.7 (Annexe de l'étude d'André Guichaoua, Rwanda, de la guerre au génocide, La Découverte, 2010.)
  39. Résolution 912 du Conseil de sécurité, s'appuyant sur le rapport 470 du Secrétaire général
  40. Déclaration du Président du Conseil de sécurité
  41. Rapport de la commission indépendante d'enquête sur les actions de l'ONU lors du génocide de 1994 au Rwanda (15 décembre 1999), p.24
  42. a et b Le terme de génocide a été utilisé par la presse dès le 11 avril (Jean-Philippe Cetti, Kigali livré à la fureur des tueurs Hutus, Libération), par l'ONG OXFAM le 24 avril (cf. Roméo Dallaire, J'ai serré la main du diabe, Libre Expression (2003), p.421, qui commence à l'utiliser lui-même dans ces rapports à l'ONU dès cette date), par le Pape Jean-Paul II lors de l’audience générale du 27 avril 1994 en appelant les fidèles à une prière fervente pour le Rwanda et en invitant «  ceux qui détiennent les responsabilités à une action généreuse et efficace pour que cesse ce génocide  » (Osservatore Romano du 3 mai 1994). Il sera également utilisé par M. Boutros Boutros-Ghali lors d’une interview télévisée à la télévision américaine le 4 mai et par M. Alain Juppé, le 15 mai 1994, à l'issue de la réunion du Conseil des Ministres de l'Union Européenne à Bruxelles, puis, deux jours plus tard à l'Assemblée Nationale. cf. Rapport des députés français, Des massacres au génocide
  43. résolution 918 du Conseil de Sécurité
  44. Rapport de la commission indépendante sur les actions de l'ONU pendant le génocide de 1994 au Rwanda,p.28
  45. L'utilisation des termes « actes de génocide » en lieu et place du terme « génocide » est dû à un compromis, la Chine s'étant opposée à l'utilisation du terme seul. cf Rapport de la commission indépendante sur les actions de l'ONU pendant le génocide de 1994 au Rwanda,p.29
  46. Résolution 925 du Conseil de sécurité
  47. Résolution 929 du Conseil de Sécurité
  48. Roméo Dallaire, J'ai serré la main du diable, Libre Expression (2003), p.583
  49. Rapport de la commission indépendante d'enquête sur les actions de l'ONU lors du génocide de 1994 au Rwanda, p.31
  50. Patrick de Saint-Exupéry, L'inavouable, la France au Rwanda, Les arènes (2003), p.132
  51. "Rwanda : survivre à un génocide"
  52. Les responsabilités sont étudiées dans le chapitre Attentat du 6 avril 1994 (Rwanda))
  53. L'envoyé spécial de la commission des droits de l'homme de l'ONU au Rwanda a affirmé devant les sénateurs belges que, chargé de cette enquête en mai 1994, il avait été empêché d'enquêter par l'attitude des militaires rwandais et français et par l'absence de financement spécifique de la part du Conseil de sécurité. Le juge anti-terroriste français Jean-Louis Bruguière a mené une enquête dirigée contre le FPR, mais n'a fait examiner aucun élément matériel de l'épave, qui seule permettrait de savoir par quel moyen cet avion a été abattu
  54. Rwanda, la preuve d’un génocide planifié, Maria Malagardis, Libération, 11 janvier 2012
  55. Génocide rwandais : deux versions en question, Le Monde en ligne, 11 janvier 2012
  56. Rwanda : les idiots utiles de Kagame, marianne.net, 28 janvier 2012
  57. Cet épisode est évoqué dans le film Hotel Rwanda. Il repose sur des témoignages. L'équipe de Jean-Pierre Chrétien ne dispose pas des enregistrements des émissions du 1er au 6 avril 1994 dans les sources du livre les Médias du génocide
  58. Butare était la seule préfecture dont le préfet était un Tutsi
  59. N'étant munis que d'armes légères, ils ne furent pas en état de pouvoir résister. cf Conseil de guerre de Bruxelles 07-04-1994, in journal Le Soir Bruxelles. Ce commando était aussi composé de cinq casques bleus ghanéens qui furent aussi capturés avec les Belges, mais qui furent relâchés.
  60. Ceux qui participent aux massacres sont récompensés par la prise de possession des terres de leurs victimes, ou par le pillage de leur bien. Ceux qui refusent sont mis à l'amende, harcelés, voire menacés de mort.
  61. HRW, FIDH, Aucun témoin ne doit survivre, Khartala, (1999), p. 13
  62. Voir Rapport de l'ONU sur le génocide au Rwanda
  63. Des Forges - Aucun témoin ne doit survivre - Karthala - page 238.
  64. Roméo Dallaire, J'ai serré la main du diable, Libre Expression (2003), p.373-374.
  65. Des Forges - Aucun témoin ne doit survivre - Karthala - page 273 - 500 et suivantes
  66. Voir article Bisesero (1994)
  67. Léonard Nduwayo, Giti et le génocide rwandais, éd. de L'Harmattan, 2002
  68. Claudine Vidal, préface à Abdul Joshua Ruzibiza, Rwanda, l'histoire secrète, éd. du Panama, 2005, p. 35
  69. Document déclassifié du Département d'État américain
  70. Témoignage de Wolfgang Blam publié dans le livre de Jean-Pierre Chrétien, Le défi de l'ethnisme : Rwanda et Burundi, 1990-1996, Paris, Karthala, 1997 page 101 et suivantes
  71. Wolfgang Blam, Ibid, paragraphe intitulé Normalité ordonnée p. 118-120 : « D'abord le Premier ministre et, une semaine plus tard, le lundi 16 mai, aussi le Président du gouvernement de transition, sont venus à Kibuye [...]Le marché et les magasins "hutu" non pillés furent rouverts. Une activité modérée de transport [...] reprit son cours. »
  72. Alison Des Forges - Aucun témoin ne doit survivre, Karthala - page 344 et suivantes
  73. Intervention de Filip Reyntjens au colloque du club Démocraties, le 01/04/2014, au Sénat à Paris
  74. Rapport de la commission d'enquête indépendante sur les actions de l'ONU lors du génocide de 1994 au Rwanda, p.27.
    Prunier Gérard, Rwanda : le génocide, Paris, Dagorno, (1997)
    Des Forges, Aucun témoin ne doit survivre, Karthala, p. 21-23 et p. 817 et suivantes
    Les crimes du FPR
  75. Liste des membres du Conseil de Sécurité en 1994.
  76. DALLAIRE Roméo (Lieutenant-général), J’ai serré la main du diable. La faillite de l’humanité au Rwanda, Libre expression, 2003.
  77. résolution 912 du 21 avril 1994 - Voir Rôle de la communauté internationale dans le génocide au Rwanda
  78. OMS, Pandémies et conséquences du choléra
  79. Médecins sans frontières, Rwanda, 20 ans après
  80. Les chiffres réels ne sont pas connus avec exactitude - de 50 000 à 200 000 morts, ce dernier chiffre est avancé selon les auteurs français Rony Brauman, Stephen Smith et Claudine Vidal - « Politique de terreur et privilège d'impunité au Rwanda », Esprit, août 2000, p. 148
  81. Rapport final du groupe d'experts sur l'exploitation illégale des ressources naturelles et autres formes de richesses de la République démocratique du Congo, document S/2002/1146, New York, 16 octobre 2002, p. 15
  82. Crimes organisés en Afrique centrale. Révélations sur les réseaux rwandais et occidentaux, éd. Duboiris, 2005
  83. Le Rwanda enquête sur l'attentat contre l'avion d'Habyarimana REUTERS | 11.10.2007
  84. Ministère des affaires étrangères, La France et le Rwanda
  85. Jeune Afrique, 15/04/2014, Paul Kagame : je ne conseille à personne de se mêler des affaires intérieures du Rwanda
  86. a et b Voir Bibliographie sur le génocide au Rwanda
  87. Voir le Film d'Anne Lainé Rwanda, un cri d'un silence inouï et Homeland de Jacqueline Kalimunda Filmographie de la CEC
  88. « Un second ministre acquitté, un nouveau procès ouvert », Agence Hirdondelle, 22 septembre 2006
  89. Quatre ex-responsables militaires déclarés coupables de génocide
  90. Les juridictions gacaca : une justice à haut risque, Index AI : AFR 47/003/02, 19 juin 2002 ; Gacaca : une question de justice, Index AI : AFR 47/007/02, 17 décembre 2002
  91. Enquête sur l'arrestation de Guy Theunis, rapport du 4 novembre 2005
  92. Génocide au Rwanda : procès historique de Pascal Simbikangwa, 4 février 2014, TV5 Monde
  93. Le Rwandais Pascal Simbikangwa a été condamné vendredi à 25 ans de réclusion pour son rôle dans le génocide, 14 mars 2014, Radio télévision suisse
  94. 5036 personnes ont été jugées au Rwanda de 1996 à fin 2000 au Rwanda où sont détenus 117
  95. Voir sur le site de la Commission d'enquête citoyenne française le suivi détaillé de ces plaintes
  96. RWANDA/FRANCE - SOSTHÈNE MUNYEMANA SE DEFEND ALORS QUE KIGALI DEMANDE SON EXTRADITION, Fondation Hirondelle, 21 janvier 2010.
  97. Un Rwandais soupçonné de génocide arrêté, L'Humanité, 22 janvier 2010.
  98. Décision de la chambre d'appel du 16/06/2006
  99. Le terme «  les génocides » figure dans le discours de François Mitterrand le 8 novembre 1994 à la Baule. Son utilisation en septembre 2003 par M. De Villepin, alors ministre des affaires étrangères, a incité le journaliste Patrick de Saint-Exupéry à écrire son livre, L'inavouable, la France au Rwanda.
  100. Écouter sur Dailymotion Bernard Kouchner première personnalité gouvernementale française à contester ouvertement la théorie du double génocide le 2 octobre 2007
    Page d'accès aux principaux rapports sur le Rwanda
  101. David Servenay, Quand la "France officielle" parle du génocide rwandais, Rue89, 7 avril 2008.
  102. communiqué de la CEC du 19 décembre 2005 rappelant la définition juridique de cette complicité
  103. Les dix-huit ans d’intoxication d’une enquête à sens unique, Maria Malagardis, Libération en ligne, 11 janvier 2012

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]

Témoignages et essais[modifier | modifier le code]

Romans et pièces de théâtre sur le génocide[modifier | modifier le code]

Recueils de poèmes[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Film documentaire[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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