Pascal Boniface

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Pascal Boniface

Naissance 25 février 1956 (58 ans)
Paris
Nationalité Française
Pays de résidence Drapeau de la France France
Profession

Pascal Boniface, né le 25 février 1956 à Paris, est un géopolitologue français, fondateur et directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques. Il a notamment traité de l'arme nucléaire et du conflit israélo-palestinien avant de développer un intérêt croissant pour la géopolitique du sport, notamment du football.

Parcours[modifier | modifier le code]

Pascal Boniface a étudié au lycée Saint-Exupéry de Mantes-la-Jolie, puis à l'université Paris-XIII, à Villetaneuse où il obtient une maîtrise de Droit public puis un DEA (Diplôme d'études approfondies) de Droit public.

Il milite au PSU jusqu'en 1980, année durant laquelle il rejoint le Parti socialiste. Diplômé de 3e cycle à l'Institut d'études politiques de Paris, il devient docteur d'État en droit international public en 1985, après avoir soutenu sa thèse sur « Les sources du désarmement »[1]. Il travaille de 1986 à 1988 auprès du groupe parlementaire socialiste à l'Assemblée nationale.

De 1988 à 1992, Pascal Boniface est conseiller dans les cabinets ministériels de Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de la Défense, puis de Pierre Joxe lors de ses ministères à l'Intérieur et la Défense.

En 1990, Pascal Boniface crée l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), dont le premier budget est de 20 000 F, soit 3 000 €. Au fil des années, cet institut qu'il dirige devient l'un des principaux centres français de recherche dans ce domaine et le seul de cette taille à n'avoir pas été créé par l'État. Il est reconnu d'utilité publique depuis 2009. L'institut (seul think tank français avec l'IFRI) a été classé 27e au classement Global Go-to Think Tank 2013 de l'Université de Pennsylvanie, dans la catégorie Top Foreign Policy and international Affairs Think Tank[2].

Pascal Boniface enseigne par ailleurs aux Instituts d'études politiques de Lille et de Paris, ainsi qu'à l'université Paris-XIII Villetaneuse. Il est actuellement maître de conférences à l'Institut d'études européennes de l'université Paris-VIII[3].

Depuis 1985, il publie annuellement L'Année stratégique. Il a lancé (en 1991) La Revue internationale et stratégique, trimestrielle, dans laquelle interviennent de nombreux experts et hommes politiques internationaux.

En 1996, il développe le concept de « prolifération étatique ». Il observe que les guerres sont de moins en moins des guerres de conquêtes et de plus en plus des guerres de sécession, que celles-ci sont rarement pacifiques et qu'elles débouchent sur une « prolifération étatique » réelle et dangereuse et moins virtuelle que la prolifération nucléaire, dont il était à l'époque spécialiste[4].

À partir de 1997, il va commencer à travailler sur les aspects stratégiques et diplomatiques du sport et développe une « géopolitique du sport », dont il devient un pionnier.

Il est membre du Conseil consultatif pour les questions de désarmement de l'ONU de 2001 à 2005. Il est administrateur à l'Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) de 1998 à 2004. Il est membre du Comité de soutien et de réflexion de l'Académie diplomatique africaine (ADA) et membre du Haut Conseil de la coopération internationale de 1999 à 2003.

En 2001, dans une note interne au Parti socialiste où il occupe la fonction de délégué national pour les questions stratégiques, il plaide pour une modification de la politique du PS à l'égard du conflit israélo-palestinien. Il estime que le PS se met en contradiction en renvoyant dos à dos l'occupant et l'occupé et plaide pour le respect des principes universels et non sur le poids de chaque communauté. « À miser sur son poids électoral pour permettre l’impunité du gouvernement israélien, la communauté juive est perdante là aussi à moyen terme. La communauté d’origine arabe et/ou musulmane s’organise également, voudra faire contrepoids et, du moins en France, pèsera plus vite lourd, si ce n’est déjà le cas. Il serait donc préférable pour chacun de faire respecter des principes universels et non pas le poids de chaque communauté[5] ». Il est alors accusé d'antisémitisme et d'avoir plaidé pour les Palestiniens parce qu'il y aurait plus d'arabes que de juifs en France. Plusieurs personnalités démissionnent du conseil d'administration de l'IRIS, qui manque de disparaître. Pascal Boniface quitte le PS en 2003.

Il est éditorialiste pour les quotidiens français La Croix, espagnol La Vanguardia et émirati Al-Ittihad. Par ailleurs, il intervient fréquemment dans les médias pour y décrypter l'actualité internationale, notamment sur France 5 dans C dans l'air[6]. Il donne de nombreuses conférences en France et à l'étranger.

Positions[modifier | modifier le code]

Dans Les Intellectuels faussaires[modifier | modifier le code]

Dans cet ouvrage polémique publié en 2011, refusé selon son auteur par quatorze éditeurs, Pascal Boniface s'attaque à quelques intellectuels français tels que Bernard Henri Levy, Alexandre Adler, Caroline Fourest et Philippe Val. Au-delà des amabilités qu'il leur sert (« sérial menteuse » pour Caroline Fourest, « Seigneur et maître des faussaires » pour BHL), Boniface dénonce chez ces intellectuels médiatisés une « dérive déontologique » dont le commun dénominateur serait un traitement démagogique de l'information. Il soutient ainsi qu'« au lieu de permettre au citoyen de réfléchir à des phénomènes complexes, on simplifie à l'extrême, on fournit à l'opinion publique des produits intellectuellement frelatés et toxiques et on fabrique des leurres idéologiques[7] ». Un après sa sortie, le livre s'est vendu à plus de 40 000 exemplaires[8].

Alain Thorens et Mathias Reymond publient en juillet 2011 sur le site d'Acrimed[9] un article dans lequel ils reprochent à Pascal Boniface de s'attribuer le mérite d'avoir été le premier à dénoncer ces auteurs en oubliant de citer le livre Les Éditocrates. Pascal Boniface publie une réponse en affirmant que son ouvrage ne se place pas du même point de vue que le livre collectif publié en 2009 aux éditions La Découverte, le sien consistant à « parler des questions stratégiques », alors que Les Éditocrates aborde le sujet du point de vue « économique et social ». Il admet par ailleurs n'avoir pas attribué à ces deux auteurs la retranscription d'une chronique d'Alexandre Adler sur France Culture, estimant qu'elle tombait dans le domaine public[10].

Il publiera en 2013 Les Intellectuels intègres, contrepoint du précédent livre, dans lequel il rend hommage à quinze intellectuels (Jean Baubérot, Esther Benbassa, Rony Brauman, Régis Debray, Alfred Grosser, Stéphane Hessel, Olivier Mongin, Edgar Morin, Emmanuel Todd, Tzvetan Todorov, Jean-Christophe Victor, Michel Wieviorka, Catherine Wihtol de Wenden, Dominique Wolton et Jean Ziegler), qui sont, selon l'auteur « des intellectuels réellement dévoués à l'intérêt commun, qui ont une vraie œuvre, qui peuvent aller contre le sens des vents dominants[11] ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Pascal Boniface a écrit une cinquantaine d'ouvrages, alternant essais et livres pédagogiques sur les questions stratégiques, traitant de la politique extérieure de la France, des questions nucléaires, des grands équilibres stratégiques, de la sécurité européenne, du conflit du Proche-Orient et de ses répercussions sur la société française et sur les rapports de force internationaux, ainsi que du rôle du sport dans les questions internationales. Il a développé le concept de géopolitique du sport, en particulier du football, en appliquant une grille de lecture géopolitique aux évènements sportifs mondiaux.

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Prix[modifier | modifier le code]

  • Prix Vauban, décerné par l'Association des auditeurs de l'IHEDN en 2012 pour L'Année stratégique et la reconnaissance du rôle de l'IRIS dans l'animation de débats stratégiques.

Autres activités publiques[modifier | modifier le code]

Pascal Boniface préside l'Association pour l'attribution du nom de Léo Ferré à un espace public de la ville de Paris : le samedi 24 octobre 2009 ont été inaugurés la place Léo-Ferré et le square Léo-Ferré, dans le 12e arrondissement de Paris, jardin de près de 1 000 m² comprenant un jardin pédagogique, un jardin partagé, des jeux pour enfants en bois [13].

Pascal Boniface a également dirigé un groupe de prospective sur l'avenir du football auprès de la Fédération française de football, et il est secrétaire général de la Fondation du football[6]. Il est membre du jury du prix de l'Union patronale des clubs professionnels de football et du comité scientifique de la Fondation Lilian Thuram pour l'éducation contre le racisme[14]. Il est également membre du Conseil national d'Éthique de la FFF[15].

Enfin, il préside le prix Jean-Michel Gaillard, remis chaque année lors des Rendez-vous de l'histoire de Blois.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les ressources de la BNU Strasbourg
  2. [1]
  3. Paris 8-IEE, les professeurs et maîtres de conférence titulaire
  4. [2]
  5. Cf. La France malade du conflit israélo-palestinien, où la note est reproduite dans son intégralité.
  6. a et b « Pascal Boniface », sur France5.fr
  7. « BHL, Fourest, Adler, Val : intellos "faussaires" de Boniface », Hela Khamarou, rue89.com, 31 juillet 2011.
  8. Information issue de la page de couverture de la ré-édition du livre chez Pocket datant de juin 2012.
  9. C.f. A. Thorens et M. Raymond, « Pascal Boniface, un copiste solitaire contre les "intellectuels faussaires" ».
  10. P. Boniface, « Intellectuels faussaires : ma réponse au Plus », Le Nouvel Observateur.
  11. «Trois questions à Pascal Boniface, auteur des Intellectuels intègres» L'Express
  12. J. D., « Légion d'honneur : Bachelot, Cresson, Uderzo et Pérec parmi les décorés », Le Journal du dimanche,‎ 14 juillet 2013 (lire en ligne). Voir aussi le [PDF] Communiqué « Légion d’honneur : promotion civile du 14 juillet 2013  » sur le site www.legiondhonneur.fr
  13. L'évènement sur le site de la mairie du 12e.
  14. http://www.thuram.org.
  15. Liste des Commissions juridiques de la FFF

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]