Discrimination des femmes en France

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La discrimination des femmes en France concerne la différence de traitement entre hommes et femmes d’abord dans la loi, puis dans la société.

Jeune ouvrière, peinture de William Bouguereau, 1869.

Les inégalités dans la famille[modifier | modifier le code]

  • Les femmes fournissent 64 % du temps nécessaire pour effectuer les tâches domestiques sont encore par les femmes[1]. La participation des hommes a augmenté de quelques minutes de 1966 à 1986, puis s'est stabilisée et ne progresse plus depuis. L'inégalité dans la répartition des tâches s'aggrave pour les couples ayant au moins deux enfants : la participation des hommes diminue alors d’environ 10 %[2]. Toutefois selon une récente étude de l'INED le partage des tâches a largement progressé ; 30 % des hommes s'occupent principalement des tâches ménagères, sans que soient pris en compte dans cette étude les 15 % d'enfants issus de séparations ayant fait l'objet d'une procédure devant le juge aux affaires familiales où par conséquence les hommes s'occupent de façon effective de l'entretien de leur enfant et des tâches ménagères. Pour que ces données progressent concernant le partage des tâches ménagères, il faudra en passer par une modification des mentalités en permettant que ceux-ci puissent s'impliquer dans l'éducation de leurs enfants.
  • La question de la résidence des enfants est un motif de conflit dans 18% des divorces. Dans 90 % du total des divorces, la garde des enfants est confiée à la mère, sans que le père exprime un autre choix ; tandis que le niveau de vie moyen des femmes diminue nettement après la séparation[3]. La résidence des enfants chez le père ne représente que 8% des cas. De ce fait, une femme sur trois seulement retrouve une vie de couple après un divorce (un homme sur deux)[4]. Cependant, le système de la garde alternée est en progression (10 % environ des divorces).

Les inégalités au travail[modifier | modifier le code]

Chômage 
Les femmes, qui représentent 45 % de la population active (11,2 millions) connaissent un taux de chômage de 9,1 %, contre 7,8 % pour les hommes (Ministère de l'Emploi, chiffres 2007).
Position hiérarchique
Les femmes ont plus de difficultés que les hommes à monter en grade et en salaire[5].
Salaires 
Avec un salaire net annuel moyen de 18 730 euros dans le secteur privé et semi-public, les femmes gagnent globalement 20 % de moins que les hommes (23,315 euros). L'écart est de 14 % dans la fonction publique (Insee).
Chez les cadres, les femmes gagnent 23 % de moins que les hommes, chez les ouvriers 17 % et chez les employés 7 % (Insee).
À poste et expérience équivalents elles perdent 10 % du salaire masculin (Observatoire des inégalités).
Emploi
Près de la moitié des femmes sont employées. Elles représentent ainsi 76 % du nombre total d'employés, contre seulement 18 % du nombre total d'ouvriers. Les deux tiers des postes de cadres du secteur privé sont occupés par des hommes, et moins de deux dirigeants sur dix sont des dirigeantes (Insee).
Plus d'une femme sur dix (11 %) occupe un emploi temporaire (CDD, stages, emplois aidés) contre 8 % de l'ensemble des salariés.
Accès aux emplois de la fonction publique
Hors militaires, les femmes occupent près de 58 % des emplois de la fonction publique d'État (60 % des emplois de catégorie A et 63 % des emplois de catégorie B) (Insee).
Temps partiel
30 % des femmes travaillent à temps partiel contre 5 % des hommes. Sur les 4,1 millions d'actifs à temps partiel, 83 % sont des femmes (Insee). Le taux de travail à temps partiel chez les femmes est fortement corrélé au nombre d'enfants en bas âge présents au foyer.
Pour 28 % de ces femmes et 42 % de ces hommes, le temps partiel ne correspond pas à un choix mais est « subi », c'est-à-dire qu'ils souhaiteraient travailler davantage (Insee).
Accidents du travail
La moindre présence statistique des femmes dans les emplois comprenant traditionnellement des risques sanitaires explique que moins de 26 % des victimes d'accidents du travail ayant nécessité un arrêt de travail sont des femmes. De même, les femmes sont victimes de 25 % des accidents du travail ayant entraîné une incapacité permanente. Enfin, il meurt 25 fois moins de femmes que d'hommes sur les lieux de travail[6].
Maladies professionnelles
Les emplois salariés les plus dangereux pour la santé sont réservés aux hommes. 2/3 des maladies professionnelles ayant entraîné une incapacité permanente sont contractées par des hommes. Le nombre de décès attribués à une maladie professionnelle est plus de 80 fois inférieur chez les femmes que chez les hommes[7].
Travail de nuit
Les femmes occupent moins de 25 % des postes de nuit[8].

Effets indirects de la division du travail[modifier | modifier le code]

La répartition des femmes et des hommes par métier, fonction, secteur et durée de travail est la source majeure de l’inégalité salariale entre les femmes et les hommes et le principal facteur de sa persistance. 75 % de l’écart des salaires proviennent des différences de structure des emplois, le facteur le plus important étant la durée de travail[9]). Il apparaît tout de même qu’à mêmes durée du travail, formation, expérience et qualification professionnelle, région et secteur d’activité et poste de travail, les salaires masculins restent supérieurs d’environ 10 % aux salaires féminins.

Représentation dans les institutions[modifier | modifier le code]

Les femmes ont accès à toutes les fonctions dans les mêmes conditions que les hommes. Pourtant, en 2012, la France compte 22 % de sénatrices et 27 % de députées[10], alors que les femmes représentent 53 % de l'électorat, malgré la loi du 6 juin 2000 sur la parité qui vise à favoriser l'égal accès des femmes et à des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives.

Historique[modifier | modifier le code]

Chronologie de la lutte pour l'égalité professionnelle en France :

  • 1900 : loi permettant aux femmes d'accéder pleinement au barreau avec accès à la plaidoirie
  • 1907 : une loi autorise les femmes mariées à disposer librement de leur salaire
  • 1908 : la loi accorde un congé de maternité de huit semaines, sans salaire
  • 1920 : les femmes peuvent adhérer à un syndicat sans l'autorisation de leur mari.
  • 1928 : congé de maternité, à plein salaire, de deux mois dans la fonction publique
  • 1942 : les femmes veuves peuvent travailler, même si leurs maris travaillaient déjà, à condition de ne pas causer de licenciement
  • 1944 : droit de vote pour les femmes
  • 1945 : suppression de la notion de « salaire féminin ». La notion « à travail égal, salaire égal » est inscrite dans la législation
  • 1965 : réforme des régimes matrimoniaux : les femmes peuvent exercer un travail sans l'autorisation de leur mari et bénéficier des avantages sociaux
  • 1967 : légalisation de la contraception médicalisée par la loi Neuwirth
  • 1971 : instauration du congé de maternité indemnisé à 90 % pour tous
  • 1972 : une loi instaure le principe d'égalité de rémunération entre les hommes et femmes ; première d'une série de lois jamais vraiment appliquées sur le sujet
  • 1975 : loi interdisant toute discrimination dans la fonction publique; Simone Veil fait voter une loi dépénalisant et encadrant l'interruption volontaire de grossesse ( IVG )
  • 1977 : suppression de l'allocation de salaire unique
  • 1982 : les femmes de commerçants et artisans peuvent choisir entre trois statuts : conjoint collaborateur, salariée ou associée
  • 1983 : loi sur l'égalité salariale entre hommes et femmes, très peu appliquée
  • 1984 : le congé parental est ouvert à chacun des parents, au choix
  • 1986 : circulaire ministérielle favorisant la féminisation des termes de métiers: artisane, écrivaine...
  • 1987 : assouplissement des restrictions sur le travail de nuit
  • 1992 : loi contre le harcèlement sexuel
  • 2001 : renforcement de la loi de 1983 sur l'égalité professionnelle
  • 2005 : nouvelle loi sur l'égalité professionnelle, sans critère contraignant ni sanction, en cas de non-respect des objectifs.
  • 2010 : loi relative aux "violences exercées sur les femmes", au sein des couples, ayant des incidences sur les enfants, qui crée le délit de violences conjugales à caractère psychologique.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Delphine Roy, « Le travail domestique : 60 milliards d’heures en 2010 », Insee Première, no 1423,‎ novembre 2012.
  2. Insee, L'évolution des temps sociaux au travers des enquêtes « Emploi du temps », 2002, p. 5-8
  3. Observatoire des inégalités, 21 janvier 2014 : Xavier Molénat, « Garde des enfants : des papas lésés ? » Sciences Humaines, n°249, juin 2013, Observatoire des inégalités.
  4. Insee première n°797, juillet 2001.
  5. Margaret Maruani, « Travail et emploi des femmes »
  6. (CNAMTS branche AT/MP, chiffres 2004
  7. CNAMTS branche AT/MP, chiffres 2005
  8. Ministère de l'emploi DARES, chiffres 2005
  9. Insee
  10. http://www.observatoire-parite.gouv.fr/IMG/pdf/OPFH_-_PI_-_Parlements_UE_2011.pdf

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Touati, Sylvie (1976), Discrimination en France à l'égard des femmes dans l'emploi, Mémoire DES, U.E.R. 2 paris, 200 p.
  • Boutillier, Sophie (dir.) et Lestrade, Brigitte (2004), Le travail des femmes: axes d'émancipation, Introduction par Brigitte Lestrade, Harmattan, 287 p.
  • Cova A. (1997), Maternité et droits des femmes en France, XIXe et XXe siècles, Paris, Anthropos,

435.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Autres articles[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]