École nationale de la magistrature
| Ecole nationale de la Magistrature | |
| Nom original | Centre national d'études judiciaires |
|---|---|
| Informations | |
| Fondation | 1958 |
| Fondateur | Charles de Gaulle, Michel Debré |
| Type | Grande école |
| Régime linguistique | Français |
| Localisation | |
| Ville | Bordeaux |
| Pays | |
| Région | Aquitaine |
| Direction | |
| Président | Vincent Lamanda |
| Directeur | Xavier Ronsin |
| Divers | |
| Site web | www.enm-justice.fr |
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L’École nationale de la magistrature (ENM) est un établissement public à caractère administratif placé sous la tutelle du ministère de la Justice, et localisé à Bordeaux. L'ENM dispose également d'un établissement à Paris, sur l’Île de la Cité[1].
Unique école de formation des magistrats de l'ordre judiciaire en France, elle est administrée par un conseil d'administration et un directeur. Le président et le vice-président du conseil d'administration sont respectivement le Premier président et le procureur général de la Cour de cassation (respectivement Vincent Lamanda et Jean-Claude Marin). Xavier Ronsin est directeur de l'École nationale de la magistrature depuis le 17 février 2012. Il remplace à ce poste Jean-François Thony qui a quitté ses fonctions pour prendre celles de procureur général près la cour d'appel de Colmar, par décret du 26 janvier 2012.
Sommaire |
Localisation et histoire du site [modifier]
L'école est située près du Palais de justice de Bordeaux, peu après sa création, et est desservi par la ligne A du tramway : station « Palais de Justice »
Le site fut occupé naguère par le Château du Hâ édifié en 1453 par Charles VII à l’issue de sa victoire contre les anglais. Du fort d’origine, il ne reste, outre une partie de l’enceinte, que deux tours, l’une située à l’extrémité ouest de la cour de l’ENM, l’autre au centre de la cour. Le fort du Hâ, construit afin d’asseoir l’autorité du roi de France sur la ville de Bordeaux, servit de prison lors de la Révolution française. En 1835, le Fort est rasé et une prison plus moderne est construite, qui sera utilisée jusqu’en 1967, date de la création de la prison de Gradignan, près de Bordeaux.
La construction des locaux de l’ENM sur l’emplacement de Fort du Hâ est décidée dès 1960. Les travaux commencent réellement en 1969.
Le chantier est conduit d’après les plans de l’architecte Guillaume Gillet. Il dure jusqu’en 1972 et l’école est inaugurée le 12 décembre 1972 par le Garde des Sceaux René Pleven.
De 1996 à 1998, des travaux d’extension et de modernisation des bâtiments sont réalisés par l’architecte Richard Rogers, parallèlement à la construction du nouveau tribunal de grande instance.
Création [modifier]
Créée le 22 décembre 1958 (ordonnance no 58-1270) sous le nom de « Centre national d'études judiciaires », l'École nationale de la Magistrature a pris sa dénomination actuelle en 1970 (loi no 70-642 du 17 juillet 1970).
Missions [modifier]
La loi organique portant statut de la magistrature (ordonnance no 58-1270 du 22 décembre) lui confie :
- l’organisation des concours d’accès,
- la formation professionnelle des auditeurs de justice - futurs magistrats français,
- la formation continue des magistrats français en fonction,
- la contribution à la formation de futurs magistrats d’États étrangers liés à la France par des accords de coopération.
Le recrutement et la formation initiale [modifier]
Des candidats au profil diversifié
L'école est chargée du recrutement de ses élèves, majoritairement par voie de concours. Afin de renforcer la diversité sociale du corps des magistrats, l’ENM a créé trois classes préparatoires prenant en compte les critères sociaux. Elle réserve un tiers des places par promotion aux candidats ayant une expérience professionnelle d’au moins quatre années.
Les concours d'accès à l'ENM sont sélectifs : en 2011, sur les 1 486 candidats autorisés à prendre part au premier concours, 153 ont été admis (10,3 %).
Une école d’application
La direction de la formation initiale, située à Bordeaux, conçoit et met en œuvre la formation des auditeurs de justice, en s’appuyant sur un cadre de référence européen. L’enseignement privilégie la pratique : simulation d’audience, travail en atelier, stages… Pendant 31 mois, les auditeurs confrontent la théorie et les méthodologies enseignées à la pratique professionnelles et aux réalités sociales, économiques et humaines.
- La formation initiale débute par un stage en cabinet d’avocats de six mois.
- Suit une phase d’acquisition des compétences fondamentales transversales communes à tous les métiers du magistrat : éthique, déontologie, écoute, conduite d’entretien, décision, acte de juger… Elle se compose d’une période d’études de 7 mois à Bordeaux, puis de 12 mois de stages en juridiction.
- Viennent alors deux mois de stages extérieurs à l’institution judiciaire française, en France (cinq semaines) et à l’étranger (trois semaines).
- Un apprentissage renforcé aux techniques des premières fonctions termine la formation. Sur la base de sa future affectation, l’auditeur bénéficie d’une préparation spécifique de 4 mois préalablement à sa première prise de poste.
Sortie de l'ENM
En fonction des résultats obtenus tout au long de leur scolarité (notes d'examens et notes de stages), les auditeurs de justice sont classés du premier au dernier et choisissent en conséquence leur première affectation sur une liste de postes vacants dressée par le ministère de la Justice.
Traitement
Au 1er octobre 2011, le salaire brut d'un auditeur de justice pendant sa scolarité était de 1 640,85 euros par mois (indice 359). Les auditeurs perçoivent en supplément à ce salaire une indemnité forfaitaire mensuelle dont l'importance varie en fonction de la durée du stage (300 euros à 1 000 euros par mois environ).
Le salaire de départ d'un magistrat est d'environ 2 600 € nets par mois, d'environ 5 000 € en milieu de carrière pour atteindre environ 7 000 € en fin de carrière et au grade le plus élevé (primes incluses et taxes déduites).
La formation continue [modifier]
La direction de la formation continue, basée à Paris, conçoit et organise les actions de formation destinées aux magistrats français. Elle contribue au développement personnel, au renforcement des compétences techniques et à l'approfondissement des connaissances des magistrats pendant toute leur vie professionnelle.
Tout au long de la carrière
Depuis le 1er janvier 2008, les quelque 8 200 magistrats sont tenus de se former chaque année. La formation continue s’inscrit dans le prolongement de la formation initiale. Elle garantit l’actualisation et l’approfondissement des connaissances des magistrats. Elle accompagne également les magistrats nommés sur des fonctions jamais exercées auparavant.
Les modes d’enseignement
L’offre de formation distingue trois grandes formules.
- Près de 300 actions de formation sont proposées aux magistrats sous forme de sessions de formations approfondies sur des thèmes techniques et/ou de société ; de cycles de réflexion et de production de connaissances par les participants ; de colloques ; de séminaires ; de conférences…
- Une cinquantaine de stages sont offerts aux magistrats tant en France qu'à l'étranger, dans des juridictions, des enreprises, des organisations internationales ou des administrations,
- Des formations spécialisées diplômantes, diplômes universitaires ou masters, sont conçues en collaboration avec les universités. Elles traitent des thèmes tels que la criminalité organisée, le contentieux pénal économique et financier, la santé publique, etc. afin de faire des magistrats de véritables experts dans leur domaine.
Par ailleurs, l’ENM apporte un appui à la formation continue déconcentrée organisée à l’initiative de la Cour de cassation et des 35 cours d’appel françaises. Elle participe à l’élaboration et à la mise en œuvre de ce programme de formation ainsi qu’à son financement.
La coopération internationale [modifier]
Depuis sa création, l’ENM est particulièrement active dans le domaine international. Ainsi a-t-elle pu nouer des relations de coopération technique avec de très nombreux pays, basées sur la confiance et la réciprocité.
Trois axes forts
L’action internationale de l’école se décline sous trois formes.
- L’ENM dispense des actions de formation, initiale ou continue, destinées à des magistrats étrangers.
- Elle intervient régulièrement dans des programmes de coopération technique, définis de façon bilatérale avec un pays ou un institut de formation de magistrats partenaire, sur des sujets comme l’expertise ou l’audit de formation ; les jumelages…
- Elle participe aux appels d’offres lancés par la Commission européenne, dans le cadre des divers programmes de l’Union Européenne au profit des nouveaux États-membres, des pays candidats à l’entrée dans l’Union européenne ou des pays tiers. Il s’agit, par exemple, d’apporter une aide technique aux instituts de formation étrangers qui se créent ou souhaitent se professionnaliser.
La formation des magistrats étrangers
Chaque année, près de 600 magistrats étrangers bénéficient, dans leur pays ou en France, des actions de formation organisées par le département international de l’école. Sans citoyenneté française cependant ils ne sont pas éligibles d' être formés à l'exercise de la magistrature en France. Plus d’une douzaine de cycles, de séminaires ou de sessions se déroulent à l’ENM. Une soixantaine d’actions de formation sont dispensées à l’étranger par l’ENM. À cela s’ajoutent les programmes "Phare" financés par l’Union Européenne dans lesquels l’ENM a développé un savoir-faire reconnu, en matière de formation communautaire, au bénéfice de pays candidats à l’adhésion de l'Union Européenne.
Anciens élèves célèbres [modifier]
Par ordre alphabétique de nom de famille :
- Bernard Borrel
- Gilles Boulouque
- Jean-Louis Bruguière
- Fabrice Burgaud
- Guy Canivet
- Bruno Cotte
- Rachida Dati
- Jean-Louis Debré
- Éric Halphen
- Adeline Hazan
- Hubert Haenel
- Thierry Jean-Pierre
- Eva Joly
- Vincent Lamanda
- Jean-Claude Marin
- Éric de Montgolfier
- Jean-Louis Nadal
- Gilbert Thiel
- Jean-François Thony
- Jean Tiberi
- Marc Trévidic
- Renaud Van Ruymbeke
- Laurence Vichnievsky
Noms de promotions [modifier]
Le baptême de la promotion est une tradition qui remonte au début des années 1980.
Parmi les noms adoptés figurent :
- Olympe de Gouges (promotion 2012)
- Myriam Sanchez (promotion 2011)
- Albert Camus (promotion 2010)
- Eva Joly (promotion 2007)
- Baltasar Garzón (promotion 2005)
- Shirin Ebadi (promotion 2004)
- Simone Veil (promotion 2003)
- Robert Badinter (promotion 2002)
- Antoine de Saint-Exupéry (promotion 2001)
- Nelson Mandela (promotion 1999)
- René Cassin (promotion 1998)
- Paul Didier (promotion 1997)
- Appel de Genève (promotion 1996)
- Alfred Dreyfus (promotion 1995)
- Cécile Vigny (promotion 1994)
- Giovanni Falcone (promotion 1993)
- Honoré Daumier (promotion 1984)
- Juge Michel (promotion 1981)
Références [modifier]
- Le déménagement l'antenne parisienne est envisagé au palais de justice après 2017 (article de l'Association de Politique Criminelle Appliquée et de Réinsertion Sociale)
Voir aussi [modifier]
Bibliographie [modifier]
- Philippe Astruc, Devenir magistrat aujourd'hui. Le recrutement et la formation des magistrats de l'ordre judiciaire, Paris, Lextenso éditions, 2010.
Filmographie [modifier]
- Les bleus de la justice, documentaire télévisé de Valérie Gaget-Deslandes et Matthieu Birden
Articles connexes [modifier]
- Organisation juridictionnelle
- Magistrat du siège
- Conseil supérieur de la magistrature
- Juge
- Centre de formation de la juridiction administrative