Redlining

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Une carte HOLC de Philadelphie, de 1936, indiquant les quartiers à faibles revenus[1]. Les ménages et entreprises situées dans les zones rouges ne pouvaient pas obtenir de prêts bancaires.

Le Redlining est une pratique de discrimination consistant à refuser des prestations à des populations situées dans des zones géographiques déterminées. Le terme Redlining fut inventé par le sociologue John McKnight, dans les années 1960, en référence au marquage par une ligne rouge des zones dans lesquelles les banques ne devraient pas investir.

Historique[modifier | modifier le code]

La pratique du redlining débute avec la National Housing Act en 1934 et la création de la Federal Housing Administration[2]. Les populations en capacités d'obtenir des prêts dans ces zones ont alors déménagé[3]. En 1935, le Federal Home Loan Bank Board (en) demande au Home Owners' Loan Corporation d'étudier 239 villes et de créer des cartes résidentielles de sécurité afin d'indiquer le niveau de sécurité des investissements résidentiels dans chacune des villes. Ces cartes ont défini de nombreux quartiers comme non admissibles à la réception de financement. L'ensemble des cartes était fondé sur des hypothèses par rapport à la population et non une évaluation précise de la situation ou de la capacité des ménages à rembourser. Dès lors les populations noires ne furent plus les bienvenues dans les quartiers blancs. À divers moments de la pratique a également affecté d'autres groupes ethniques comme les Juifs, les Latinos ou les Asiatiques.

La mise en place du redlining a entraîné une forte augmentation de la ségrégation raciale et a une désurbanisation des zones frappées du redlining. Des spécialistes de l'urbanisme estiment que ces cartes ont été utilisées pendant des années par les entreprises privées et publiques afin de refuser des prêts aux ménages des communautés noires[2].

Sur les cartes, les nouvelles zones, considérées comme sûres et propices aux prêts, sont entourées en bleu et désignées comme des zones de type A. Elles correspondent généralement aux banlieues aisées de la périphérie des villes. Les quartiers considérés comme type B sont désignés comme des zones encore sûres. Les quartiers de type C sont entourés en jaune et considérés comme étant sur le déclin. Enfin, les zones classées type D sont entourées en rouge et considérées comme des zones à risque. Ces quartiers sont souvent des quartiers de centre ville ou des quartiers noirs[2].

Certaines cartes étaient directement produites par des entreprises privées comme la carte de Philadelphie faite par J. M. Brewer en 1934. Les entreprises privées créaient des cartes afin de correspondre aux critères de la FHA. Les préteurs devaient tenir compte des critères de la FHA s'ils voulaient pouvoir prétendre à l'assurance de la FHA pour leurs prêts.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. The HOLC maps are part of the records of the FHLBB (RG195) at the National Archives II.
  2. a, b et c (en) Kenneth T. Jackson, Crabgrass Frontier: The Suburbanization of the United States, New York, Oxford University Press,‎ 1985 (ISBN 0-19-504983-7)
  3. When Work Disappears: The World of the New Urban Poor By William Julius Wilson. 1996. (ISBN 0-679-72417-6)