Quota ethnique

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Dans le domaine social et politique, le quota ethnique désigne une pratique visant :

  • soit à limiter le pourcentage de personnes issues de certaines minorités dans certaines activités (études, fonction publique, armée, professions libérales...) comme ce fut le cas au détriment des « non-blancs-protestants » dans plusieurs des États-Unis avant 1964[1], ce qui renvoie aux notions de numerus clausus, de « discrimination négative » et de ségrégation ;
  • soit au contraire à assurer un pourcentage minimum de personnes de certaines minorités à l'embauche, dans les castings d'acteurs ou à la télévision, afin de luter contre le racisme, ce qui qui renvoie aux notions de « discrimination positive » ou de multiculturalisme.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les quotas ethniques ont existé tout au long de l'histoire. Ils pouvaient interdire certaines activités à certaines ethnies et/ou, au contraire, leur réserver certaines activités. Ainsi, dans beaucoup de monarchies absolues chrétiennes et musulmanes, les juifs n'ont longtemps pas eu le droit de travailler la terre ni de porter les armes, ce qui leur interdisait les métiers agricoles ou la carrière militaire, tandis que les chrétiens ou les musulmans n'avaient pas le droit de prêter avec intérêt, les métiers de la finance étant donc, en pratique, dévolus aux juifs (et il était tentant de les expulser ou de les massacrer pour effacer ainsi les dettes contractées auprès d'eux). Les métiers d'étameur, chaudronnier, chiffonnier, fossoyeur, tanneur, prestidigitateur, montreur d'ours ou musicien ambulant ont longtemps été, en Europe orientale, réservés aux Roms et considérés comme peu honorables. Au XIXe siècle la carrière militaire aux États-Unis n'était accessible qu'aux « wasps » (acronyme de « white anglo-saxon protestant » évoquant phonétiquement les guêpes).

Au XXe siècle, aux aux États-Unis, des quotas de « discrimination positive » furent mis en place pour la première fois en 1964, avec l'accord du gouvernement, juste après Civil Rights Act.

Controverse[modifier | modifier le code]

La « discrimination positive » relève de la même démarche que la parité légale hommes-femmes : une volonté de combattre les préjugés racistes par des mesures coercitives légales. Mais cette démarche est régulièrement critiquée comme étant appliquée de manière superficielle, n'ayant pas d'effet réel sur le racisme ou entrainant une discrimination négative envers ceux qui ne bénéficient pas de ces mesures.

Satire contre la « discrimination positive »[modifier | modifier le code]

Dans les œuvres de fiction, il arrive que les auteurs critiquent ou parodient explicitement la « discrimination positive ».

Dans la bande dessinée Le Chat de Philippe Geluck, un épisode montre un homme noir arriver sans raison dans les cases, et explique : « C'est les nouveaux quotas ethniques. Comme dans les feuilletons américains. Il faut au moins un Noir par épisode. »

Le dessin animé South Park parodie le concept en ayant un personnage noir nommé « Token Black », ce qui signifie « quota ethnique noir ».

Dans Dr House, le concept est tourné en dérision quand le personnage principal explique qu'il a composé son équipe en incluant volontairement un quota ethnique et une jolie fille. Dans cette série, les quotas de séries télévisées sont respectés parce que le héros a choisi son équipe comme celle d'une série télévisée.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Howard Zinn, Une histoire populaire des États-Unis de 1492 à nos jours, Agone, 2002, p. 361.

Voir aussi[modifier | modifier le code]