Capacitisme

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Le capacitisme est une forme de discrimination, de préjugé ou de jugement défavorable contre les personnes vivant un handicap. Le système de valeurs capacitiste, fortement influencé par le domaine de la médecine, place la personne capable, sans handicap, comme la norme sociale. Les personnes qui ne se conforment pas à cette norme doivent tenter de s'y conformer ou alors céder la place aux personnes qui incarnent cette norme. Dans ce système de valeurs, le handicap est une erreur, un manque, un échec, et non pas une conséquence de la diversité au sein de l'humanité[1]. La Convention relative aux droits des personnes handicapées définit que le refus de l'accommodement raisonnable aussi la discrimination basée sur le handicap[2].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le capacitisme (ableism) est un terme apparu vers la fin des années 80[3] en parallèle avec les mouvements pour la défense des droits civiques au Royaume-Uni des années 70. Ce mot, calqué sur « racisme » et « sexisme », a évolué.

Toutefois, le nom « capacitisme » ne figure pas dans un dictionnaire de langue française.

Par ailleurs, le capacitisme est souvent rapproché de concept tels que l'handicaphobie et le validisme.

Définition[modifier | modifier le code]

L'Encyclopedia of Disability[4] définit le capacitisme comme suit :

« Le terme de capacitisme décrit des préjugés et des comportements discriminatoires à l’encontre des personnes ayant une incapacité. Les définitions du capacitisme dépendent de la compréhension que l’on a de la capacité normale et des droits et avantages accordés aux personnes réputées normales. Certaines personnes pensent que c’est le capacitisme qui empêche les personnes ayant une incapacité de participer au tissu social de leurs communautés plutôt que des incapacités physiques, mentales ou émotionnelles. Le capacitisme comprend les attitudes et les comportements des personnes, des communautés et des institutions ainsi que des environnements physiques et sociaux. »

Perceptions et manifestations[modifier | modifier le code]

Étiquetage[modifier | modifier le code]

Elle se fonde par exemple sur la focalisation sur une différence. Cela s’accompagne souvent d’une péjoration des caractéristiques des personnes handicapées visées. Le discours n’est toutefois pas nécessairement péjoratif.

Plusieurs observateurs considèrent que ce sont les personnes ayant des troubles mentaux et dépendantes qui suscitent les plus de préjugés capacitistes. Ces personnes sont jugées a priori « folles », paresseuses, manquant d'humanité, dangereuses, imprévisibles, etc[5].

Eugénisme[modifier | modifier le code]

La mise en place de programmes de stérilisations contraintes, de meurtres, d'isolation dans des établissements, sur des femmes et des hommes ayant une incapacité constituent les principales formes d’eugénisme. Par ailleurs, l’avortement sélectif sur des fœtus susceptibles de naître avec des incapacités est une forme contemporaine d’eugénisme basé sur le capacitisme. Les progrès du génie génétique et le développement des techniques de procréation médicalement assistée favorise également l’avortement sélectif.

Bibliographie générale[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Laura E. Marshak, Claire J. Dandeneau, Fran P. Prezant et Nadene A. L'Amoreaux, The School Counselor's Guide to Helping Students with Disabilities, John Wiley and Sons, coll. « Jossey-Bass teacher »,‎ 2009 (ISBN 978-0-470-17579-8)
  2. Convention relative aux droits des personnes handicapées, article 2
  3. Dictionary.com ableism
  4. http://www.galileo.usg.edu/scholar/uga/databases/enpa-uga1/?Welcome Encyclopedia of Disability (2006) (SAGE)
  5. 7. Stéréotypes à l’égard des personnes aux prises avec des troubles mentaux ou des dépendances: Partie B : Commentaires reçus - 7. Stéréotypes à l’égard des personnes aux prises avec des troubles mentaux ou des dépendances. Commission ontarienne des droits de la personne. Citation en exergue : « Les gens portent beaucoup de jugements à propos de nous. Ils nous traitent de « paresseux » et de « fous ». Ils pensent que nous « manquons de motivation », que nous devrions « essayer davantage » ou tout simplement « cesser d’être déprimés ». » - Source : People Advocating for Change through Empowerment (PACE)