Travail des femmes

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Cet article décrit le travail des femmes dans les sociétés modernes. De nos jours, on constate une différence d'accès aux professions et dans les salaires, qui peut s'expliquer partiellement par les dispositions de maternité, plus contraignantes pour l'employeur.

Les femmes occupent majoritairement des emplois dans le secteur tertiaire (services), notamment dans des postes relationnels ou touchant aux fonctions domestiques (cuisine, ménage, soins, garde et éducation des enfants).

Elles sont plus sujettes à l'emploi précaire ou à temps partiel, et la maternité constitue souvent un frein à leur progression professionnelle. Les personnes au foyer sont toujours en immense majorité des femmes au foyer.

En Belgique[modifier | modifier le code]

La première réglementation sur le travail des femmes a été adoptée par le Parlement en 1889[1].

En France[modifier | modifier le code]

Concentration des emplois féminins[modifier | modifier le code]

Selon une étude de la Direction de l'animation et de la recherche des études et des statistiques (Dares), en France en 2002, plus de la moitié des emplois féminins sont concentrés dans 10 familles professionnelles sur 84.

Conductrice de tramway
à Toulouse en 1914-1918.
Profession Taux de féminisation
Toutes professions confondues 45,3 %
(10,8 millions)
cadre
(toutes professions confondues)
dont moins de 35 ans
39,6 %

45 %
assistant(e) maternelle 99 %
secrétaire 97 %
aide-soignant(e) 88 %
sage-femme, infirmier(e) 87 %
technicien(ne) de surface 74 %
enseignant(e) 64 %
(716 000 emplois)
informaticien(ne) 20 %

Evolution du travail féminin[modifier | modifier le code]

Source : Selon la Dares, l'emploi féminin progresse, mais il reste cantonné aux professions du tertiaire, Rémi Barroux, Le Monde, 12 août 2004

Femmes 1975 1985 1995 2000 2005
15-24 ans 45,5 39,7 26,5 26,0 29,9
25-49 ans 58,6 70,8 78,3 79,3 81,1
50 ans et plus 42,9 39,8 43,9 50,5 54,6
Ensemble 51,5 55,6 59,9 61,7 63,8
Hommes 15-24 ans 55,6 42,5 32,4 32,6 37,3
25-49 ans 97,0 96,5 95,5 94,8 94,4
50 ans et plus 79,5 64,5 58,6 63,2 63,6
Ensemble 82,5 75,9 74,0 74,4 74,5


Note : taux d'activité en mars de chaque année, sauf celles du recensement (avril en 1975 et 1982 ; janvier en 1990 et 1999), jusqu'en 2001, taux d'activité en moyenne annuelle à partir de 2002 ; le changement de série est signifié par une * dans le graphique. Champ : personnes de 15 à 64 ans.

Source : Insee, enquêtes sur l'emploi.

Il est à remarquer que la plupart des emplois créés le sont aujourd'hui dans le tertiaire également.

35,9 % : travail a domicile
25 % : ouvrière
14,4 % : domestique
8 % : employée de bureau

Inégalités de revenus[modifier | modifier le code]

Les femmes travaillent notamment le textile dans les usines. Les manufacturiers préfèrent les femmes aux hommes à l'embauche car ils leur attribuent un salaire inférieur à celui des hommes. En plus de leur travail, elles s'occupent de l'entretien de leur domicile, des repas de toute la famille et de l'éducation des enfants. Pendant la guerre, elles ont occupé tous les emplois laissés vacants, jusque dans les mines où le travail exige beaucoup de force. Il faut aussi noter les différences qu'il continu malheureusement d'exister entre femme et homme, en France...

Metier Femmes Hommes Rapport des salaires femmes/hommes

(% en 2005)

Cadres* 37253 48241 77
Professions intermédiaires 21380 24320 88
Employés 15755 16772 94
Ouvriers 14537 17290 84
  • Y compris les chefs d'entreprise salariés.

Champ : Salariés à temps complet du secteur privé et semi-public.

Source : Insee, DADS 2005 (fichier définitif).

Quelques éléments d'histoire[modifier | modifier le code]

Au niveau historique, en France, certains métiers exercés majoritairement par des femmes sont réglementés depuis l'ancien-régime, au titre des corporations.

Par exemple, la corporation des couturières existe depuis la fin du XVIIe siècle, période où les corporations passèrent complètement sous l'autorité du roi. Par l'édit du 13 mars 1673, Louis XIV prescrivit la constitution en communauté de tous les métiers dans les villes et bourgs. C'est à cet édit que la corporation des couturières de Paris doit son existence. « Il n'appartiendra qu'aux marchands maîtres tailleurs, disaient les statuts des tailleurs de 1660, de faire et vendre toutes sortes d'habits et accoutremens généralement quelconques à l'usage d'hommes, de femmes et d'enfants ». Cependant les tailleurs employaient beaucoup d'ouvrières ; beaucoup de femmes, d'autre part, faisaient de la couture pour leur compte personnel malgré les statuts. Les couturières, au nombre peut-être de 3.000 à Paris, furent comprises en 1673, dans la liste des métiers de Paris à ériger en corporation. Ce ne fut toutefois qu'en 1675 que le roi ordonna la création, ayant entendu « la demande de plusieurs femmes et filles appliquées à la couture pour habiller jeunes enfans et femmes et ayant montré que ce travail était le seul moyen de gagner honnêtement leur vie» ; ces femmes suppliaient qu'on érigeât leur métier en communauté. Elles représentaient qu' « il estait assez dans la bienséance et convenable à la pudeur et à la modestie des femmes et filles de leur permettre de se faire habiller par des personnes de leur sexe lorsqu'elles le jugeront à propos, que d'ailleurs l'usage s'était tellement introduit parmi les femmes et filles de toute condition de se servir des couturières pour faire leurs jupes, robes de chambres, etc. ; que nonobstant les saisies qui estoient faites par les jurez tailleurs et les condamnations prononcées contre les couturières, elles ne laissoient pas de travailler... ». Les couturières furent en effet constituées en communauté et purent légalement servir leur clientèle et faire concurrence aux maîtres tailleurs qui restèrent, il est vrai, investis exclusivement du droit de confectionner le corset et le vêtement de dessus. Cet épisode donne une idée des mille rivalités de métiers et des entraves au travail qui étaient alors la conséquence de l'organisation corporative[2].

Selon le dictionnaire Dictionnaire historique des arts, métiers et professions exercés dans Paris depuis le treizième siècle de Franklin, les métiers comptant des femmes sont bien présents, citons les Abouresses (femmes qui travaillaient à rembourrer des vêtements), ou les sages-femmes. Mais pour de nombreux métiers, leur exclusion du métier était un fait, allant parfois jusqu'au paradoxe. Pour les acteurs et professions du spectacle, par exemple. Il exista de tout temps des troupes de jongleurs, histrions, ménétriers, qui, de ville en ville, de château en château, s'en allaient à l'aventure, amusant peuple et seigneurs par leurs tours de force, leurs chansons, leurs farces. Vers la fin du quatorzième siècle seulement, des troupes d'acteurs de profession commencèrent à parcourir la France, se mirent parfois aux gages de quelque prince. Dans les comptes de la maison d'Orléans pour les années 1392 et 1393, il est fait mention de sommes payées à quatre « joueurs de personnages » attachés à la maison du duc. Les femmes n'eurent pendant très longtemps aucune part dans les représentations. Tous les rôles de femmes étaient joués par de très jeunes gens que l'on choisissait imberbes, avec la voix la plus douce possible. On ne connaît que trois pièces antérieures à 1550 où les rôles de femmes aient été certainement tenus par des femmes[2]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jean Bartelous, Nos Premiers Ministres, de Léopold Ier à Albert Ier, 1983, Bruxelles, éd. J.M. Collet, p. 194.
  2. a et b Dictionnaire historique des arts, métiers et professions exercés dans Paris depuis le treizième siècle / par Alfred Franklin, (1830-1917) ; avec une préface de M. E. Levasseur, Éditeur H. Welter (Paris) Date d'édition : 1906 (A lire sur Gallica)

Voir aussi[modifier | modifier le code]