Femmes en franc-maçonnerie

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Les femmes ne furent admises que progressivement dans la franc-maçonnerie, de manière très diverse selon les époques et les pays.

La première femme franc-maçonne aurait été Mrs Aldworth, initiée en Irlande vers 1712 dans des circonstances tout à fait inhabituelles. Par la suite, il n'y eut plus de femmes dans les loges maçonniques au sens strict jusqu'à l'initiation en France de Maria Deraismes le . On vit cependant apparaître dans cet intervalle différents ordres mixtes d'inspiration maçonnique tels que la franc-maçonnerie dite « d'adoption » en France, l'« Ordre des Mopses » en Prusse ou encore l'« Eastern Star » aux États-Unis.

De nos jours, dans un nombre croissant de pays, notamment en Europe, les femmes peuvent rejoindre des obédiences maçonniques mixtes ou exclusivement féminines.

Réception d'une jeune femme dans une loge d'adoption du Premier Empire (France).
Une loge de l'Eastern Star (États-Unis).

Histoire[modifier | modifier le code]

La maçonnerie « opérative »[modifier | modifier le code]

Il est attesté, même si le phénomène fut rare, que quelques femmes ont pu accéder à la maîtrise dans différentes corporations avant l'apparition de la franc-maçonnerie spéculative. Il pouvait par exemple s'agir de veuves ayant pris la suite de leur époux. Une partie des anciens statuts (old charges) en témoigne, par exemple le livre des métiers de Paris (1268), les statuts de la Guilde des charpentiers de Norwich (1375), ou les statuts de la loge d'York (1693)[1].

Au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Les plus anciens témoignages de présence de femmes en franc-maçonnerie datent du tout début du XVIIIe siècle.

Le cas d'Elisabeth Aldworth[modifier | modifier le code]

La première femme qui ait été initiée franc-maçonne aurait été Elisabeth Aldworth de New Market, dans le comté de Cork en Irlande. Née en 1693, son père et ses frères étaient membres de l'aristocratique loge no 44[2]. Vers 1712[3], alors que lord Doneraile, son frère, était vénérable, cette loge organisait ses tenues dans l'enceinte du domicile familial. La jeune femme aurait assisté à une tenue maçonnique grâce à un trou dans un mur en travaux, dans une bibliothèque contiguë à la loge. Ayant été surprise, son cas donna lieu à une réunion de plus de deux heures à l'issue de laquelle il fut décidé de lui offrir le choix entre l'initiation et la mort. Elle accepta l'initiation et serait restée membre de la loge jusqu'à son décès à l'âge de 95 ans.

L’exclusion des femmes par les constitutions d’Anderson[modifier | modifier le code]

En dehors de cette anecdote, il n'existe guère de précédent de l'initiation de femmes en franc-maçonnerie à cette époque. La raison principale en était très probablement le fait que les femmes étaient alors considérées comme légalement mineures, donc non libres de l'autorité de leurs pères ou maris. C'est en ce sens que l'article III des constitutions d'Anderson affirme en 1723 que les membres d'une loge:

« […] doivent être hommes de bien et loyaux, nés libres et d'âge mûr et discrets, ni serfs ni femmes ni hommes immoraux et scandaleux, mais de bonne réputation. »

La mise en garde de Ramsay[modifier | modifier le code]

Sur le continent, le chevalier de Ramsay dans son célèbre discours maçonnique de 1736[4] énonce la même interdiction, mais en fait moins une question de principe que de protection de « la pureté de nos maximes et de nos mœurs »(sic). Il ajoute :

« Si le sexe est banni, qu'il n'en ait point d'alarmes,
Ce n'est point un outrage à sa fidélité;
Mais on craint que l'amour entrant avec ses charmes,
Ne produise l'oubli de la fraternité.
Noms de frère et d'ami seroient de faibles armes
Pour garantir les cœurs de la rivalité. »

Les loges d’adoption[modifier | modifier le code]

Cachet de la Loge d'Adoption "Candeur"

Il était toutefois impossible, dans la société française du XVIIIe siècle, de tenir totalement les femmes, et surtout celles de la haute noblesse, à l'écart de la nouveauté d'un mouvement philosophique qui prétendait détenir des secrets et qui commençait à bénéficier d'un effet de mode certain.

S'appuyant sur le fait que rien dans les constitutions d'Anderson n'interdisait aux dames d'être reçues aux banquets et divertissements qui suivaient les travaux, ni de participer aux cérémonies religieuses de deuil ou de la Saint Jean [5], les francs-maçons français prirent l'habitude de nommer "sœurs" les femmes présentes à ces occasions, puis en vinrent à créer une « maçonnerie des dames » ou « maçonnerie d'adoption », réservée aux dames de la haute noblesse, dont les duchesses de Bourbon et de Chartres ainsi que la princesse de Lamballe, ce qui fit dire à la reine Marie-Antoinette que « toute sa cour en était ».

On trouve des traces de ces loges d'adoption en France dès 1740[6]. Elles portent souvent le nom d'une loge masculine à laquelle elle restent rattachées. En France, les historiens en comptent un peu partout vers 1760 : Annonay, Arras, Besançon, Bordeaux, Caen, Confolens, Dijon, Lorient, Narbonne, Nancy, Rochefort, Toul, Toulouse, Valognes. À celles-ci il convient d'en ajouter quatre rattachées à des loges militaires, et quatre autres à Paris, dont une rattachée à la célèbre loge des Neuf Sœurs[7].

Cette « maçonnerie des dames » reste cependant très différente de la franc-maçonnerie masculine, notamment sur le plan sociologique puisqu'elle n'est pratiquée que dans la haute société, ainsi que sur le plan des rituels utilisés puisqu'un rituel spécifique dénommé rite d'adoption fut développé à cette occasion.

Il y eut également des loges d'adoption en Allemagne : On en mentionne deux à Hambourg : Le Bonheur suprême et Concordia[8].

En 1808, les loges d'adoption sont interdites par le Grand Orient de France comme contraires à ses constitutions[9]. La pratique de l'adoption maçonnique ne survit plus au cours du XIXe siècle que de manière marginale.

Dans la franc-maçonnerie égyptienne[modifier | modifier le code]

Des femmes furent également initiées à La Haye aux différents grades de la toute première franc-maçonnerie dite « égyptienne » dans le cadre de la loge féminine dont Cagliostro avait confié la direction à son épouse Sérafina. Au fil de ses voyages, il en fit de même à Mitau en 1780 et à Paris en 1785[10].

L’ordre des Mopses[modifier | modifier le code]

On vit enfin apparaître, en France comme en Allemagne, différents « ordres » féminins ou mixtes, recrutant exclusivement dans la haute aristocratie, et qui visaient surtout à moquer la franc-maçonnerie sur le mode de la fantaisie badine.

Parmi ceux-ci l' Ordre des Mopses connut quelques années de succès à la cour de Frédéric II, sous la présidence de sa sœur, Wilhelmine de Bayreuth. Le thème exalté était celui de la fidélité et le mot de passe était l'aboiement du chien (Mops étant le mot allemand pour « carlin »)[11].

Au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

À la franc-maçonnerie d'adoption, qui perdurera, au moins en France, tout au long du XIXe siècle, vont s'ajouter progressivement d'autres manières féminines ou mixtes de pratiquer la franc-maçonnerie :

L’ordre de l’Eastern Star[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Eastern Star.

Aux États-Unis, un franc-maçon de Boston nommé Robert Morris fonda en 1850 un ordre mixte d'inspiration maçonnique, nommé Order of the Eastern Star qu'il ouvrit aux femmes à condition qu'elles soient filles, veuves, épouses, sœurs ou mères de franc-maçon. Cet ordre, qui existe toujours, a connu un grand succès aux États-Unis mais ne s'est guère développé en dehors. Il dispense un enseignement basé sur la Bible et s'occupe principalement d'activités morales ou charitables.

Apparition de la franc-maçonnerie mixte[modifier | modifier le code]

C'est à la fin du XIXe siècle, en France, que va apparaître pour la première fois une véritable franc-maçonnerie mixte. En effet, jusque là, les formes féminines ou mixtes de la franc-maçonnerie étaient restées:

  • anecdotiques (quelques rares cas isolés comme celui d'Elisabeth Aldworth)
  • marginales (la franc-maçonnerie égyptienne de Cagliostro)
  • assujetties à des loges masculines aristocratiques (les loges d'adoption)
  • ou para-maçonniques dans leurs rites et pratiques (l'ordre de l'Eastern Star)

En 1880, douze loges symboliques avaient rompu avec la « Grande Loge centrale » du Suprême Conseil de France et constitué une nouvelle obédience, sous le nom de « Grande Loge symbolique écossaise ». Certaines de ces loges approuvèrent alors le principe de l'initiation des femmes, mais ne purent aller plus loin.

C'est pourquoi la loge « Les Libres Penseurs » du Pecq proclama son autonomie le 9 janvier 1882, afin d'initier le 14 janvier 1882, selon les pratiques du Rite écossais ancien et accepté, Maria Deraismes, journaliste et militante féministe, remarquée par les frères pour ses talents de conférencière et son engagement militant pour la reconnaissance des droits des femmes et des enfants[12].

Onze ans plus tard, Maria Deraismes, aidée entre autres de Georges Martin [13], initia rituellement 17 femmes le 14 mars 1893, puis fonda, le 4 avril suivant, une loge nommée "Grande Loge symbolique écossaise mixte de France Le Droit humain".

C'est cette dernière qui donna naissance, en 1901, à l'Ordre maçonnique mixte international « le Droit humain ».

Au XXe siècle[modifier | modifier le code]

En Angleterre[modifier | modifier le code]

La franc-maçonnerie mixte du Droit humain s'étend presque immédiatement en Angleterre, par l'intermédiaire d'Annie Besant et y prend le nom de « Co-Masonry ». La première loge mixte est fondée en Angleterre le 26 septembre 1902[14]. Très rapidement, la franc-maçonnerie féminine anglaise se trouve en désaccord avec l'ordre d'origine française sur trois points:

  • La soumission des loges symboliques à un Suprême Conseil.
  • L'obligation de croyance en un principe supérieur ou divin.
  • La mixité (la Co-Masonry anglaise cesse d'accepter de nouveaux membres masculins dès 1908).

et se transforme progressivement en une version féminine de la franc-maçonnerie anglaise, ne différant de celle-ci que par le sexe de ses membres.

Une scission survient en 1913, laissant la place à deux obédiences anglaises féminines presque impossibles à distinguer[15]:

  • The Honourable Fraternity of Antient Masonry (1908)
  • The Honourable Fraternity of Ancient Freemasons (1913)

En France[modifier | modifier le code]

En France, parallèlement au développement de la franc-maçonnerie mixte sous l'impulsion du Droit humain, au début du XXe siècle, la Grande Loge de France réactive ses loges d'adoption et, en 1906, leur donne une constitution propre. Ce texte prévoit que "Toute loge d'adoption doit être souchée sur l'Atelier dont elle porte le titre précédé des mots Loge d'adoption. Dans toute Tenue, toutes les Officières de la Loge d'adoption sont obligatoirement assistées des Officiers de l'Atelier sur lequel elles sont souchées". En 1907, les Loges d'adoptions adoptent une version rénovée du rite d'adoption. Il semble que les travaux de ces loges portent sur des sujets de société comparables à ceux des hommes[16].

En 1935, on comptait 9 loges d'adoption. Dans l'espoir d'un hypothétique rapprochement avec le bloc des Grandes Loges de la Grande Loge unie d'Angleterre, la Grande Loge de France donne, sans les avoir consultées, l'indépendance aux loges d'adoption et les incite à se constituer en obédience maçonnique féminine. Des structures provisoires sont mises en place et il faut attendre 1945 pour voir se constituer l'Union maçonnique féminine de France, future Grande Loge féminine de France (GLFF).

En 1959, l'obédience féminine abandonne le rite d'adoption pour le Rite écossais ancien et accepté[17], à l'exception de sa Loge « Cosmos » qui le perpétue.

En septembre 2010, l'assemblée générale de la principale obédience maçonnique de France, le Grand Orient de France, décide qu'il devient mixte en approuvant par 51,5 % des voix un texte déclarant que « ne peut plus être refusé qui que ce soit dans l'obédience pour quelque discrimination que ce soit, y compris de sexe »[18]. Cette décision fut annulée le 6 mai 2011 par la Chambre Suprême de Justice maçonnique du GODF. Malgré cela, selon son rapport d’activité publié le 31 mars 2013, le GODF a recruté 919 femmes depuis 2008.

En Amérique du Nord[modifier | modifier le code]

La première loge mixte d'Amérique du Nord fut fondée en 1903, à New York sous l’égide du Droit Humain. En 1924, la Fédération américaine du Droit humain comptait une centaine de loges. À la fin du XXe siècle, la majorité de ces loges quittèrent le Droit humain et fondèrent l’Honorable Order of American Co-Masonry et l’Eastern Order of International Co-Freemasonry.

Dans les autres pays du monde[modifier | modifier le code]

Au XXe siècle les franc-maçonneries féminine et mixte essaimèrent, depuis les sources mentionnées plus haut, dans la plupart des pays où la franc-maçonnerie est autorisée.

Situation actuelle[modifier | modifier le code]

Affiliation[modifier | modifier le code]

De nos jours, dans la plupart des pays européens, les femmes peuvent rejoindre des obédiences mixtes ou exclusivement féminines.

Parmi les plus importantes obédiences mixtes présentes en Europe, on compte l'Ordre maçonnique mixte international « le Droit humain »(dont 90 % des membres sont en France et en Belgique) ainsi que, depuis septembre 2010, le Grand Orient de France, mais il en existe de très nombreuses autres, la majorité des obédiences dites « libérales » présentes en Europe étant mixtes.

Des obédiences exclusivement féminines existent dans de nombreux pays d'Europe. Elles sont généralement issues de la Grande Loge féminine de France.

En Amérique du Nord (États-Unis et Canada), les femmes ne rejoignent habituellement pas la franc-maçonnerie mais des associations proches (« Masonic bodies »), comportant leurs propres traditions et leurs propres rituels, comme the Order of the Eastern Star ou Daughters of the Nile qui fonctionnent de concert avec les loges maçonniques traditionnelles. Bien que l'Amérique du Nord suive généralement l'Angleterre sur de nombreux points, c'est sur ce continent que se concentre aujourd'hui la principale résistance à la reconnaissance des femmes franc-maçonnes.

Reconnaissance mutuelle et intervisites[modifier | modifier le code]

La franc-maçonnerie de la branche « traditionnelle »[19] ne reconnait formellement aucune obédience acceptant les femmes, bien que dans de nombreux pays des relations informelles ou des coopérations ponctuelles puissent exister. C'est ainsi par exemple que la Grande Loge unie d'Angleterre considère depuis 1998 que certaines loges mixtes doivent être vues comme faisant partie de la franc-maçonnerie, sans pouvoir être reconnues officiellement dans un traité autorisant des visites mutuelles. Les obédiences de cette branche n'organisent jamais elles-mêmes de « tenues » mixtes et interdisent le plus souvent à leurs membres d'y participer. Cette interdiction ne concerne toutefois que les principales cérémonies rituelles, dites « tenues régulières » (cérémonies d'initiation, de passage de grade et de travaux ordinaires). Elle ne concerne pas tout ou partie de certaines autres cérémonies traditionnelles qui peuvent être organisées à l'occasion d'événements familiaux (naissances, mariages, obsèques) ou autres (commémorations, fêtes solsticiales).

Les loges des obédiences de la branche « libérale », en revanche, lorsqu'elles ne sont pas mixtes elles-mêmes, acceptent presque toujours les visiteuses francs-maçonnes, à toutes les cérémonies. Elles permettent à leurs membres d'accepter toutes les invitations qu'ils peuvent recevoir à des cérémonies rituelles mixtes. Elles leur permettent également de s'affilier à des loges mixtes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Paul Naudon, Histoire générale de la franc-maçonnerie, Presses universitaires de France,‎ 1981 (ISBN 2-1303-7281-3), p. 225
  2. Désormais no 150 sur les registres de la Grande Loge d'Irlande.
  3. The Hon. Miss St. Leger and Freemasonry
  4. Ce discours est disponible dans son intégralité sur Wikisource, ici.
  5. Daniel Ligou et al., Histoire des francs-maçons en France, vol. T2:de 1815 à nos jours, Privat,‎ 2000 (ISBN 2-7089-6839-4), p. 148
  6. D. Ligou, op. cit. p. 148
  7. D. Ligou, op. cit. p. 149
  8. Paul Naudon, op. cit., p. 228
  9. La Grande Loge Féminine de France Autoportrait, Collectif, 1995
  10. D. Ligou, op. cit. p. 151
  11. Paul Naudon, op. cit. p. 226
  12. Daniel Ligou, op. cit. p. 154
  13. de la loge "Union et Bienfaisance" de la Grande Loge centrale de France et l'un des fondateurs de la Grande Loge symbolique écossaise
  14. cf ce document de l'Honourable Fraternity of Antient Masonry
  15. cf ce document de l'Honourable Fraternity of Ancient Freemasons
  16. Op. cit.
  17. Roger Dachez, Histoire de la franc-maçonnerie française, Presses Universitaires de France, coll. « Que sais-je? »,‎ 2003 (ISBN 2-13-053539-9), p. 114-115
  18. Article de l'Express Le GOdF devient mixte
  19. Voir l'article « Régularité maçonnique »

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages utilisés pour la rédaction de cet article[modifier | modifier le code]

  • Roger Dachez, Histoire de la franc-maçonnerie française, Presses Universitaires de France, coll. « Que sais-je? »,‎ 2003 (ISBN 2-13-053539-9)
  • Daniel Ligou et al, Histoire des francs-maçons en France, vol. 2, Privat,‎ 2000 (ISBN 2-7089-6839-4)
  • Paul Naudon, Histoire générale de la franc-maçonnerie, Presses universitaires de France,‎ 1981 (ISBN 2-1303-7281-3)
  • Jack Chaboud. La Franc-Maçonnerie, au-delà du secret. Chronique. 2010.

Autres ressources bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Janet Burke et Margaret Jacob, Les premières francs-maçonnes au siècle des Lumières, Presses universitaires de Bordeaux,‎ 2010 (ISBN 978-2-86781-644-4)
  • « Pas de femmes », Le matin, no 3322,‎ 4 avril 1893 (lire en ligne)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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