Gerrymandering

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Note : cet article se préoccupe plus particulièrement de la politique aux États-Unis et au Canada. Lire l'article découpage électoral pour une vue internationale du sujet.


Le gerrymandering est un terme politique nord-américain pour désigner le découpage des circonscriptions électorales ayant pour objectif de donner l’avantage à un parti, un candidat, ou un groupe donné[1]. Il peut être rapproché du terme français « découpage électoral ».

Cette pratique d'optimisation électorale peut se retourner toutefois contre ses auteurs, dans la mesure où une évolution marginale de l'opinion peut conduire à des résultats totalement opposés et faire battre le parti que l'on souhaitait favoriser.

Découpe des circonscriptions électorales américaines[modifier | modifier le code]

Exemple du quatrième district congressionnel de l'Illinois créé en 1993 pour regrouper deux zones majoritairement hispaniques favorables au parti démocrate.

Ce terme vit le jour aux États-Unis en 1811 quand le gouverneur du Massachusetts, Elbridge Gerry, fut accusé d’avoir « dessiné » une circonscription en forme de salamandre afin de favoriser son parti. Gerrymandering est ainsi un mot-valise composé avec le nom du gouverneur, Gerry, et le nom anglais pour la salamandre, salamander. Les intérêts étant colossaux, le moindre avantage est perçu comme très important pour un candidat et les « cartographes » des circonscriptions électorales pèsent souvent sur l’issue d’un scrutin. Certains auteurs emploient les expressions « partisan gerrymandering » (« charcutage électoral à visée partisane ») lorsque le but est d’accentuer l’avantage d’un parti politique, et « racial gerrymandering » (« charcutage électoral à visée raciale ») lorsque le but est d’augmenter le pouvoir politique d’une minorité "ethno-raciale".

Tous les dix ans, à la suite du recensement, toutes les circonscriptions électorales américaines sont remaniées pour refléter l’évolution démographique du pays. La section 1 de l’article 1er de la constitution des États-Unis accorde les pouvoirs législatifs au Congrès (sénat et Chambre des représentants). La section 2 stipule que le nombre de représentants sera fonction de la population de chaque État, et ce chiffre sera remis à jour tous les 10 ans par le biais du recensement.

Chaque circonscription doit représenter le même nombre de citoyens, ou du moins se rapprocher, tant que faire se peut, de cet idéal. Ainsi, au sein d’un même État, les circonscriptions divisent leur population équitablement, c’est la doctrine dite du one man, one vote.

Les circonscriptions les plus à même de créer la controverse sont les legislative districts et les congressional districts, pour lesquels les enjeux politiques sont les plus importants. Les premiers servent à élire les législateurs de l'État, les sénateurs (State Senators) et les membres de l’Assemblée (Assembly Members) ou représentants (Members of the State House of Representatives), les seconds les membres de la chambre des représentants des États-Unis (Members of the U.S. House of Representatives) qui forment le Congrès américain. La circonscription électorale pour les sénateurs des États-Unis (U.S. Senators) étant l'État entier.

Le découpage des circonscriptions s’appelle le districting ou redistricting et l’allocation des sièges s’appelle apportionment ou reapportionment, pourtant le premier terme est devenu dans le langage courant synonyme des deux. Chaque État envoie deux sénateurs à Washington, D.C. et un nombre de représentants proportionnel à sa population. La chambre des représentants compte 435 membres et le recensement décennal décide combien de sièges sont attribués à chaque État en fonction de sa population. Ainsi, certains États n’ont qu’un seul représentant, comme le Wyoming (ce qui est le minimum par État) et la Californie, qui est le plus peuplé, en obtint 52 à l’issue du recensement de 2000.

Au Canada[modifier | modifier le code]

Le gerrymandering a été également utilisé au Canada jusqu'aux années 1950 où le gouvernement fédéral a laissé une institution indépendante s'occuper du découpage électoral.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gagnon 2006, p. 44

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frédérick Gagnon, Le Congrès des États-Unis, Québec, Québec, PUQ,‎ 2006, 312 p. (ISBN 978-2760514164)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]