Neurodiversité

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La neurodiversité désigne la variabilité neurologique. À l'image de la biodiversité, la neurodiversité évoque la concomitance de plusieurs types de fonctionnements neurologiques différents chez l'être humain.

Issue d'un courant de pensée lié à l'autisme (voir mouvements pour les droits de la personne autiste), la notion véhicule l'idée que des fonctionnements divers, alternatifs, hors norme, peuvent être aussi considérés autrement que sous l'angle exclusif d'une lacune vis-à-vis de la norme. Ce concept porte ainsi « le rejet de l’image de l’humain “normal” envisagée comme parangon de la création et modèle indépassable »[1].

Comme dans ce mouvement autiste il semble exister une thématique polémique liée à l’existence ou non d'un trouble et semblant opposer soin et refus de soin, mais elle n'est pas inhérente ni à là source de ce principe qui pointe ce que relève Brigitte Chamack dans la diversité des expressions autistiques, à savoir« l'infinie diversité des modes de fonctionnement humain. Elles nous amènent à interroger nos présupposés, à repenser ce qu'intelligent veut dire et ce que recouvre l'expression être humain »[2].

Qui est concerné[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Historiquement, la notion est attribuée à Judy Singer qui a repris des concepts utilisées en neuroscience où il est parfois question de système nerveux atypique. Proche du monde de l'autisme, avec une mère et une fille ayant un syndrome d'Asperger et appartenant elle-même au spectre autistique elle déclare « J'ai été intéressé par les aspects libérateurs et militants de cela, de faire pour les gens neurologiquement différents ce que le féminisme et le mouvement des droits des homosexuels avaient fait pour leurs circonscriptions »[3]

La première parution du terme est le fait de l'écrivain américain Harvey Blume qui a écrit en 1998 l'article Neurodiversity sous-titré On the neurological underpinnings of geekdom[4] (neurodiversité, sur les fondements neurologiques du domaine geek). L'article reprend le thème de la neurodiversité utilisé dans le cadre de l'autisme, le place dans le contexte des passionnés de technologie, les geeks.

Il part de l'idée d'une étude factice des neurologiquement typiques, abrégé NT, et ces personnes normales sont analysées sous l'angle de leurs déficience vis-à-vis de ces passionnés de ces geeks. Et, en passant par une des mises en évidence ludiques de domaines ou les compétences et l’incompétence sont inversées, il aboutit en relevant que la cybernétique et la culture de l'informatique par exemple peuvent être favorables à une forme de pensée autistique. Il ouvre ainsi l'idée que ça puisse être juste une différence, avec des avantages et des inconvénients.

L'aspect de base du mot visant à incarner simplement des différences humaines est aussi présent dans cet article, notamment par l'intermédiaire d'une illustration textuelle humoristique comparant les théorie de l'esprit : « Théorie de l'esprit NT = tout le monde pense comme moi, jusqu'à preuve du contraire ; Théorie de l'esprit autistique = tout le monde pense différemment de moi _ largement et mystérieusement _ jusqu'à preuve du contraire »[4].

Une notion polémique?[modifier | modifier le code]

Cette notion est aussi décrite en termes plus radicaux, voir polémiques, en évoquant que la neurodiversité « prône l'idée selon laquelle des développements neurologiques atypiques comme l'autisme, ou, par exemple, la dyslexie, le syndrome de Tourette ou les troubles du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité sont un style de vie »[2].

Une idée de déni de trouble n'est pas ce que laisse voir par exemple Katheleen Seidel, la gestionnaire du site neurodiversity.com, quand lui est demandée sa réaction à l'annonce du syndrome d'Asperger de son fils, « envie de l'améliorer? ou de fêter l'annonce? » Elle répond que « ça a été un défi accepter que son enfant ne voulait pas être touché, voulait éviter le contact visuel. Mais au moment où elle a entendu le diagnostic, elle avait dépassé ce stade. «Je voulais comprendre ce dont mon enfant avait besoin», a dit Seidel. «Je voulais comprendre ce dont mon enfant avait besoin pour son profit, pour sa réalisation. »[5]


Références[modifier | modifier le code]

  1. Le cerveau objet technologique, partie 8/8, la politique du cerveau
  2. a et b Fiers d'être autistes : la neurodiversité, un mouvement polémique
  3. Traduction du texte original : « I was interested in the liberatory, activist aspects of it—to do for neurologically different people what feminism and gay rights had done for their constituencies », cité dans l’article The Autism Rights Movement (New York Mag)
  4. a et b (en) Neurodiversity (the atlantic)
  5. Andrew Solomon, 2008, The Autism Rights Movement, page2, New York mag