Place des femmes en médecine

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La place des femmes en médecine désigne la participation des femmes aux professions médicales, notamment au métier de médecin. Historiquement, cette place a souvent été restreinte dans de nombreux endroits du monde, alors même que le rôle des femmes en tant que soignantes, de manière informelle ou dans le cadre des diverses professions de la santé était important. Au XXIe siècle, la plupart des pays garantissent aux femmes un accès aux études médicales égal à celui des hommes, bien que tous n'assurent pas l'égalité des possibilités d'emploi[1], et que la parité ne soit pas encore atteinte au sein des spécialités médicales.

Histoire dans le monde occidental[modifier | modifier le code]

Agnodice, Sage-femme athénienne
Gravure extraite de Biographie des sages-femmes célèbres, anciennes, modernes, contemporaines, par A. Delacoux, 1833.
Article détaillé : monde occidental.

Ancien Monde[modifier | modifier le code]

Égypte ancienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Médecine dans l'Égypte antique.

Plusieurs civilisations anciennes ont retenu l'implication des femmes en médecine. En Égypte ancienne, Méryt-Ptah (2700 av. J.-C.), décrite comme « médecin en chef », est la première femme scientifique explicitement nommée de l'histoire des sciences[2]. D'autre part, on cite également Peseshet, ayant vécu sous la IVe dynastie, comme la première femme médecin connue au monde[3],[4].

Grèce antique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Médecine en Grèce antique.
Marie la Juive, à qui l'on doit l'invention de plusieurs instruments de chimie, dont le bain-marie et un type d'alambic.

Agamédé est citée par Homère en tant que guérisseuse, dans la Grèce antique d'avant la guerre de Troie (vers 1194–1184 av. J.-C.). Agnodice est la première femme médecin à pratiquer légalement, à Athènes, en 350 av. J.-C..

Celle-ci doit se déguiser en homme pour suivre les cours de médecine, passe brillamment l'examen et devient gynécologue, mais sans révéler sa véritable identité. Les malades viennent en grand nombre la voir et les autres médecins lancent une rumeur disant qu’elle userait de son métier pour séduire les femmes mariées. Agnodice est alors obligée de révéler sa véritable identité, faisant qu'elle est accusée de violer la loi athénienne - en pratiquant une branche de la médecine - et risque une forte condamnation.
La reconnaissance et l'intérêt personnel portent les femmes des principaux citoyens à se réunir pour prendre sa défense arguant du fait que les femmes préféraient se laisser mourir plutôt que de recourir à un médecin homme. Les magistrats acquittent Agnodice et lui permettent de continuer à exercer la médecine.

L’année suivante, une loi est créée pour autoriser les femmes à étudier la médecine.

Alexandrie de tradition gnostique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire d'Alexandrie.

On recense plusieurs femmes ayant contribué au développement de la protoscience de l'alchimie à Alexandrie vers les Ier et IIe siècles av. J.-C., où la tradition gnostique faisait de sorte que les contributions féminines étaient considérées avec valeur. La femme la plus connue est Marie la Juive, qui est créditée de l'invention de plusieurs instruments de chimie, dont le bain-marie et un type d'alambic[5]. Elle est considérée comme l'une des fondatrices de l'alchimie, ayant vécu à l'époque hellénistique, probablement entre le IIIe et IIe siècles av. J.-C..

Europe médiévale[modifier | modifier le code]

Éducation[modifier | modifier le code]

Dans l'Europe médiévale occidentale, les principes de vertu, de piété et de bienséance que l'on tentait d'inculquer aux filles se retrouvent, entre autres, dans le Livre pour l'enseignement de ses filles de Geoffroy de La Tour-Landry, un traité didactique écrit par un noble français pour ses filles dans le dernier tiers du XIVe siècle.

Dans les couvents[modifier | modifier le code]

Hildegarde de Bingen.

Durant cette période, les couvents était un lieu central pour l'éducation des femmes et dans certaines communautés, il était possible aux femmes de s'adonner à la recherche scientifique. Un exemple est l'abbesse allemande Hildegarde de Bingen, dont les écrits prolifiques incluent des traitements d'une variété de sujets scientifiques, dont la médecine, la botanique et l'histoire naturelle (c.1151–58)[6].

Hildegarde de Bingen est médecin, et l’un des plus renommés de son temps. Ses ouvrages pressentent les idées à venir sur la physiologie humaine. Elle a une grande connaissance de la pharmacopée et, utilise tout ce que la nature pouvait lui offrir en matière de traitements : les simples bien sûr mais aussi les minéraux. Ainsi, par exemple elle écrit dans le langage imagé de son époque que :

" L'émeraude pousse tôt le matin, au lever du soleil, lorsque ce dernier devient puissant et amorce sa trajectoire dans le ciel. À cette heure, l'herbe est particulièrement verte et fraîche sur la terre, car l'air est encore frais et le soleil déjà chaud. Alors, les plantes aspirent si fortement la fraîcheur en elles comme un agneau le lait, en sorte que la chaleur du jour suffit à peine pour réchauffer et nourrir cette fraîcheur, pour qu'elle soit fécondatrice et puisse porter des fruits. C'est pourquoi l'émeraude est un remède efficace contre toutes les infirmités et maladies humaines, car elle est née du soleil et que sa matière jaillit de la fraîcheur de l'air. Celui qui a des douleurs au cœur, dans l'estomac ou un point de côté doit porter une émeraude pour réchauffer son corps, et il s'en portera mieux. Mais si ses souffrances empirent tellement qu'il ne puissent plus s'en défendre, alors il faut qu'il prenne immédiatement l'émeraude dans la bouche, pour l'humidifier avec sa salive. La salive réchauffée par cette pierre doit être alternativement avalée et recrachée, et ce faisant, la personne doit contracter et dilater son corps. Les accès subits de la maladie vont certainement faiblir… ".

Elle attribue ainsi des vertus protectrices, curatives, prédictives, purificatrices aux minéraux suivant en cela des pratiques antiques.

La dumortiérite, ou pierre de sainte Hildegarde de Bingen, lui est associée[7].

Femmes médecins italiennes[modifier | modifier le code]

Une miniature représentant la Schola Medica Salernitana à partir d'une copie du Canon de la médecine d’Avicenne.

Pour ce qui est de la place des femmes en médecine en Italie, elle apparaît avoir joui d'une attitude davantage libérale qu'ailleurs en Occident. On croit que la femme médecin Trotula de Salerne a tenu une chaire à l'école de médecine de Salerne au XIe siècle où elle enseignait à des italiennes nobles, d'où le surnom de ses étudiantes : « les dames de Salerno »[5].

L'école de médecine de Salerne[modifier | modifier le code]

L’école de médecine de Salerne a été la première école de médecine du Moyen Âge située dans une ville cosmopolite de la zone côtière du mezzogiorno, Salerne. Elle a fourni la plus importante source locale de connaissances médicales européennes de l’époque.

Les traductions en arabe de traités médicaux en grec datant de l’Antiquité s'étaient accumulées dans la bibliothèque de l'abbaye du Mont-Cassin où ils ont été traduits en latin et elle a recueilli la tradition de Galien et Dioscoride, complétée et actualisée par la pratique médicale arabe, transmise par des contacts avec la Sicile et l’Afrique du Nord.

De ce fait, les médecins de Salerne qui pouvaient être des hommes ou des femmes, car la profession était alors accessible aux deux sexes, ont été sans rivaux dans toute la Méditerranée occidentale pour le haut niveau de leur pratique.

Illustration du De passionibus mulierum curandarum, la plus importante partie de l'œuvre de Trotula de Salerne
Trotula de Salerne[modifier | modifier le code]

On attribue à Trotula de Salerne plusieurs textes d'influence sur la médecine féminine, couvrant les champs de l'obstétrique et de la gynécologie, entre autres sujets. Ces ouvrages incluent Les Maladies des femmes, Traitements pour les femmes, et Soins cosmétiques pour les femmes (désignés collectivement sous le nom de Trotula[8]). Au Moyen Âge et après, ces textes ont constitué une source d'information gynécologique essentielle[9].

Dorotea Bocchi, une autre femme médecin italienne, a détenu une chaine de philosophie et de médecine à l'université de Bologne dès 1390 et pendant plus de 40 ans[10],[11],[12],[13]. D'autres Italiennes de l'époque dont les contributions en médecine sont notées sont en autres : Abella, Jacqueline Félicie de Almania, Alessandra Giliani, Rebecca de Guarna (en), Margarita (en), Mercuriade (XIVe siècle), Constance Calenda (en), Calrice di Durisio (XVe siècle), Constanza (en), Maria Incarnata (en) et Thomasia de Mattio (en)[11],[14].

Au XIe siècle, émergent les premières universités, bien que les femmes y étaient en général exclues[15]. Il existe des exceptions, dont l'université de Bologne, qui a permis l'accès des femmes aux cours, dès sa fondation en 1088[10].

France[modifier | modifier le code]

Magistra Hersend (floruit 1249-1259, Paris) est une chirurgienne qui a accompagné Louis IX de France à la septième croisade en 1249. C'est l'une des deux femmes que l'Histoire a retenues comme chirurgiennes royales[16]. Au XIVe siècle, Sarah de Saint-Gilles pratique et enseigne à Marseille.

L'université de l'Ancien Régime n’admettait comme étudiants que des célibataires masculins. En 1270, elle publie un décret interdisant d'exercer la médecine à ceux qui n'avaient pas suivi son enseignement. Malgré ce décret, des femmes continuèrent à exercer la médecine jusqu'au procès de Jacqueline Félicie de Almania un siècle plus tard. Ce qui eut pour effet à partir du XIVe siècle d'interdire aux femmes de pratiquer la médecine et la chirurgie, alors qu'elles s'y illustraient depuis l'Antiquité et étaient chargées de soigner les malades et d'assurer le monopole de la faculté de Paris sur la médecine, sauf l'obstétrique. La conséquence fut également que les femmes furent privées de soins[17].

Après le procès de Félicie, et bien que l'exercice de la médecine ne leur ait jamais été formellement retiré, en France les femmes restèrent exclues de son enseignement et de sa pratique jusqu'au XIXe siècle : ce n'est qu'en 1875 qu'une Française, Madeleine Brès, a pu obtenir un diplôme de docteur en médecine[18],[19].

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

La science est demeurée une profession largement amateur pendant la première partie du XIXe siècle. La contribution des femmes a été limitée du fait de leur exclusion de la plupart de l'enseignement scientifique formel, mais a commencé à être reconnue par l'admission dans des sociétés savantes au cours de cette période.

France[modifier | modifier le code]

Thèse de Madeleine Brès
par Jean Béraud, en 1875.

En 1868, les jeunes filles sont enfin autorisées à étudier la médecine. Madeleine Brès est la première femme française à s'inscrire comme étudiante de la Faculté de médecine de Paris. Elle est accompagnée par une Russe Catherine Gontcharoff, Une américaine : Mary Putnam et enfin une anglaise Elizabeth Garrett[20]. Emma Chenu devient la première licenciée ès sciences de France. Brès est la fille d'un fabricant de charrettes et, mariée à 15 ans, elle doit avoir le consentement de son mari pour obtenir son diplôme, les femmes mariées étant jugées irresponsables juridiquement par le droit français de l'époque. Son inscription à la faculté de médecine est tout un symbole et il faut le soutien de l'impératrice Eugénie et du ministre de l'Instruction publique, Victor Duruy, et du doyen de la Faculté de médecine, Charles Adolphe Wurtz pour qu'elle l'obtienne théoriquement. De cet accord théorique, Mary Putnam va pouvoir obtenir un accord pratique après avoir été refusée par l'assemblée des professeurs, à l'unanimité moins une voix en novembre 1867. En mars 1868, Wurtz lui conseillant de demander son inscription non pas à la Faculté mais au ministre directement, elle l'obtient alors pour l'année scolaire 1868/1869, tout comme Brès et leurs deux compagnes[21]. Elle officie ensuite comme professeur d'hygiène et enseigne notamment aux directrices des écoles maternelles de la ville de Paris. Elle dirige le journal Hygiène de la femme et de l'enfant et elle est l'auteur de plusieurs livres de puériculture. Elle n'est toutefois pas la première femme à obtenir le diplôme de médecin en France, l'Anglaise Elizabeth Garrett Anderson l'ayant devancée de cinq ans.

Le 10 décembre 1862 cette dernière écrivait à Julie-Victoire Daubié qui menait en France un combat similaire au sien pour permettre l'accès des études supérieures aux femmes[22]:

« J'ai accepté le rôle de pionnière pour les autres femmes et pour cela je vais continuer à ouvrir la voie en Grande-Bretagne plutôt que de me permettre les opportunités offertes par les universités étrangères ou américaines.[23] »

Ses efforts se heurtèrent d'abord à de nombreux refus d'admission aux examens universitaires, notamment à l'Université de Londres et au Royal Colleges of Physicians and Surgeons, mais elle obtint finalement de l'Académie de Pharmacie le droit de passer sa licence en pharmacie qu'elle obtint en 1865. Elle devint ainsi la deuxième femme inscrite au tableau de l'Ordre des médecins aux côtés de Elizabeth Blackwell.

En 1919, Yvonne Pouzin (1884-1947) devient la première femme praticien hospitalier en France. Elle peut ainsi faire des recherches dans de meilleures conditions scientifiques, faire école et avoir des élèves[24].

Psychiatrie[modifier | modifier le code]

Madeleine Pelletier (1874 - 1939), une militante féministe et socialiste libertaire, est la première femme médecin diplômée en psychiatrie en France.

Initialement anthropologue, elle étudie le rapport entre la taille du crâne et l'intelligence selon les théories de Paul Pierre Broca. Ensuite, elle a travaillé avec Charles Letourneau et Léonce Manouvrier. Contestant l'idée selon laquelle l'intelligence serait proportionnelle au volume du crâne qui sous-tendait celle d'une infériorité intellectuelle de la femme, elle rompt avec l'anthropologie pour se consacrer à la psychiatrie dès 1906. Elle est également la première femme interne dans un asile psychiatrique d'État, où elle dénonce rapidement les méfaits des internements abusifs.

Angleterre[modifier | modifier le code]

Florence Nightingale, une pionnière des soins infirmiers modernes et de l'utilisation des statistiques médicales
Diagramme des causes de mortalité au sein de l'armée en Orient par Florence Nightingale.

Du fait de son éducation, les métiers qu'une femme désireuse de gagner sa vie peuvent alors exercer — outre le métier d'écrivain — se limitent en pratique à l'enseignement, maîtresse d'école ou gouvernante.

Puis, au cours du XIXe siècle, trois professions médicales sont ouvertes aux femmes : le métier d'infirmière, celui de sage-femme, ainsi que, en théorie, celui de médecin. Toutefois, seules les femmes infirmières sont acceptées sans difficulté par la société, ce métier étant exercé sous la houlette et sous l'autorité de médecins de sexe masculin. À l'époque victorienne, on pense en effet que la médecine est le bastion des hommes, sur lequel les femmes ne doivent pas empiéter, et qu'elles ne devaient pas déroger au rôle de subalterne leur ayant été dévolu par Dieu. En réalité, les Britanniques ne veulent pas de chirurgiens ou de médecins de sexe féminin, et les femmes demeurent cantonnées dans leur rôle d'infirmière. Dans cette profession, Florence Nightingale (1820-1910) est une figure importante du XIXe siècle, en ce qu'elle permet de moderniser l'image traditionnelle de l'infirmière modèle n'ayant d'autre but que celui de se sacrifier pour veiller au bien-être de ses patients, en œuvrant pour l'éducation des femmes et en leur enseignant la bravoure, la confiance en soi et l'affirmation de soi[25]. C'est une pionnière des soins infirmiers modernes et de l'utilisation des statistiques dans le domaine de la santé.

Miranda Stuart est un autre exemple. Née de sexe féminin (en), elle choisit de vivre en tant qu'homme, sous le nom de James Barry, pour étudier et poursuivre une carrière médicale. Il serait en quelque sorte la première femme médecin britannique[26]. Usuellement, Elizabeth Garrett Anderson est reconnue comme la première femme médecin en Grande-Bretagne.

Canada[modifier | modifier le code]

En 1880, Emily Stowe est la première femme canadienne à pratiquer la médecine, tandis que Jennie Kidd Trout est la première docteur en médecine. Stowe a joué un rôle important dans la fondation du Women's College Hospital, en 1883. Il s'agit de la première université pour femmes en médecine au Canada.

États-Unis[modifier | modifier le code]

La fin du XIXe siècle aux États-Unis est marquée par l'importance accrue des collèges pour femmes, laquelle a engendré des emplois pour les femmes scientifiques ainsi que davantage de possibilités d'éducation. À cette époque, les autres collèges et universités ont commencé à permettre l'admission des femmes : on y recense environ 3 000 femmes en 1875, et presque 20 000 en 1900[27].

Elizabeth Blackwell[modifier | modifier le code]
Elizabeth Blackwell, la première femme médecin américaine certifiée

Un exemple est Elizabeth Blackwell, la première femme médecin certifiée aux États-Unis, diplômée du Hobart and William Smith Colleges (en) en 1849[28]. Blackwell songe pour la première fois a la carrière médicale à l'occasion de la douloureuse maladie d'une amie, qui succombe probablement d'un cancer de l’utérus. Cette amie lui confie qu’être soignée par un docteur femme aurait probablement rendu son traitement beaucoup plus confortable. Blackwell est également convaincue que les qualités féminines sont très adaptées à l'exercice de la profession médicale[29].

À cette époque pourtant, "elle déteste tout ce qui a trait au corps, et ne supporte pas les livres traitant de médecine"[30]. Un autre élément qui la pousse toutefois dans cette voie est le sens attribué en ce temps à l'expression « femme médecin », par lequel sont désignées les faiseuses d'anges, c'est-à-dire les femmes agissant volontairement de façon à interrompre la grossesse non voulue d'une autre femme. Blackwell souhaite se dresser contre cette idée reçue qui ne rend pas justice a ce dont elle croit les femmes capables[31]. Embrasser la carrière médicale constitue également un moyen d’acquérir l’indépendance matérielle qu'elle recherche, en dehors des chaînes du mariage[30].

L'impératrice russe Alexandra Feodorovna avec Vera Gedroitz, 1915.

Son plus grand souhait est d’être admise au sein d'une des facultés de médecine de Philadelphie[30], mais elle doit se rabattre alors sur des écoles moins prestigieuses et est finalement admise au Hobart and William Smith College de New York. Bravant les préjugés des professeurs et des étudiants, elle termine, le 23 janvier 1849, première de sa classe et devient la première femme à obtenir un diplôme médical aux États-Unis.

Refusée dans la plupart des hôpitaux, elle fonde son propre établissement appelé New York Infirmary for Indigent Women and Children en 1857. Au déclenchement de la guerre civile américaine, elle forme des infirmières et, en 1868, fonde un collège médical réservé aux femmes pour former officiellement des femmes-médecins/doctoresses. En 1869, elle abandonne à sa sœur Emily la responsabilité du Collège pour retourner en Angleterre. Là, avec Florence Nightingale, elle ouvre le London School of Medicine for Women et devient la première femme-médecin/doctoresse et médecin enregistrée en Grande-Bretagne. Elle prend sa retraite à l’âge de 86 ans. Son guide d’éducation sexuelle (The Moral Education of the Young), est publié en Angleterre, tout comme son autobiographie (Pioneer Work in Opening the Medical Profession to Women, 1895).

Autres Américaines notables[modifier | modifier le code]

Susan La Flesche Picotte (1865-1915) est la première femme médecin des Premières nations, aux États-Unis.

Russie[modifier | modifier le code]

La princesse lituanienne russifiée Vera Gedroitz est la première femme chirurgienne de Russie, ainsi que l'un des première femmes professeurs de chirurgie au monde[32].

Histoire non occidentale[modifier | modifier le code]

Anandi Gopal Joshi (gauche) avec Kei Okami (center) et Sabat Islambooly (droite) en habits traditionnels à l'occasion d'une réception en 1885 au Woman's Medical College of Pennsylvania (en).

Proche-orient[modifier | modifier le code]

Proche-orient ancien[modifier | modifier le code]

En Mésopotamie, Tapputi-Belatekallim est considérée comme la première chimiste. C'est une parfumeuse mentionnée sur une tablette babylonienne en cunéiforme vers 1200 avant J.-C[33]. On y trouve aussi la plus vieille mention d'un alambic[34].

Syrie[modifier | modifier le code]

Sabat al-Islambooly est la première Damascène à étudier la médecine aux États-Unis[35]. Elle gradue en 1890.

Monde indien[modifier | modifier le code]

Article détaillé : médecine ayurvédique.

Anandi Gopal Joshi (31 mars 1865 - 26 février 1887) est une médecin indienne. Elle est l'une des deux premières femmes de ce pays à obtenir un diplôme universitaire en médecine occidentale, l'autre étant Kadambini Ganguly, la même année, en 1886. Elle est aussi la première femme hindoue à accomplir ceci[36]. Avec Chandramukhi Basu (en), elle est aussi l'une des premières femmes graduées universitaires de l'Empire britannique.

Extrême-Orient[modifier | modifier le code]

Monde chinois ancien[modifier | modifier le code]

Article détaillé : médecine chinoise traditionnelle.

À l'époque de la dynastie Song, la médecine chinoise pour les femmes atteint une maturité[37]. Les femmes étaient exclues du mode d'enseignement maître-disciple, mais elles pouvaient étudier à l'intérieur de leur famille ou de leur clan, de telle sorte que vers la fin de la dynastie Ming, des familles de femmes médecins se distinguent par leur érudition et leurs ouvrages sur des sujets médicaux[38].

Japon[modifier | modifier le code]

En 1889, Kei Okami est la première Japonaise diplômée en médecine occidentale[39]. Elle-même chrétienne, elle avait reçu de l'aide de la Women's Foreign Missionary Society de l'Église presbytérienne pour étudier au Woman's Medical College of Pennsylvania (en).

Médecine moderne[modifier | modifier le code]

L'épidémiologiste égyptienne Wafaa El-Sadr, lauréate du Prix MacArthur, dirige deux programmes de Santé publique à la Mailman School de l'université Columbia .
Awa Marie Coll Seck, experte internationale en santé publique, a été ministre de la Santé du Sénégal et responsable de département du programme ONUSIDA. Elle est directrice executive du partenariat Roll Back Malaria (RBM) depuis 2004.

La participation féminine aux professions médicales a été limitée par la loi et dans la pratique durant les décennies au cours desquelles la médecine était en train de se professionnaliser[40]. Cependant, les femmes ont de tous temps été associées à la pratique de la médecine dans la cadre des disciplines apparentées, comme les soins infirmiers et le métier de sage-femme et tout au long des XIXe et XXe siècles elles ont pu progresser dans l'accès à l'éducation et à la profession médicale dans la plupart des pays de monde. Parfois ces progrès ont été entrecoupés de retours en arrière ; par exemple, Mary Roth Walsh note un « déclin » des femmes médecin aux États-Unis dans la première moitié du XXe siècle, à tel point que leur nombre était inférieur dans ce pays dans les années 1950 à ce qu'il était dans les années 1900[41]. Au cours de la deuxième moitié du XXe siècle, cette tendance s'inverse partout : aux États-Unis, par exemple, les femmes représentent 9% des inscriptions dans les écoles de médecine en 1969, contre 20% en 1976[41]. En 1985 14% des médecins dans ce pays sont des femmes[42].

Dans les nations industrialisées au début du XXIe siècle, malgré des avancées significatives de la féminisation de la médecine, la parité n'est pas encore atteinte dans l'ensemble des professions médicales. La parité est en revanche atteinte dans les facultés de médecine de certains de ces pays et aux États-Unis elles sont majoritaires parmi les étudiants en médecine depuis 2003[43]. Au cours de l'année universitaire 2007-2008, les femmes représentaient 49 % des candidatures et 48,3 % de celles acceptées. Selon l'Association américaine des collèges médicaux (American Association of Medical Colleges, AAMC) 48,3 % des diplômes de médecin délivrés aux USA (soit un nombre total de 16 838) l'ont été à des femmes ce qui représente une augmentation de 26,8 % par rapport à l'année 1982-1983.


Mouvements pour la santé des femmes des années 1970[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

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  2. (en) M. W. Hubbell, The Fundamentals of Nuclear Power Generation: Questions & Answers
  3. (en) Pahor AL. « First among women » BMJ. 1992;304(6836):1249-50. PMID 1515818
  4. Sameh M. Arab., Medecine in ancient Egypt
  5. a et b Feminist approaches to technology: Reframing the question
  6. « Hildegard von Bingen (Sabina Flanagan) » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-08-16
  7. Dumortiérite, sur joyaux-de-cibele.com
  8. Le premier étant la Trotula major (grande Trotula), les deux autres la Trotula minor (petite Trotula).
  9. Monica Green, The Trotula, U. of PA, 2001, p. xi.
  10. a et b J. S. Edwards, « A Woman Is Wise: The Influence of Civic and Christian Humanism on the Education of Women in Northern Italy and England during the Renaissance », Ex Post Facto: Journal of the History Students at San Francisco State University, vol. XI,‎ 2002 (lire en ligne)
  11. a et b Howard S. The Hidden Giants, p. 35, (Lulu.com; 2006) (Retrieved 22 August 2007)
  12. Brooklyn Museum: Elizabeth A. Sackler Center for Feminist Art: The Dinner Party: Heritage Floor: Dorotea Bucca (Retrieved 22 August 2007)
  13. Jex-Blake S (1873) 'The medical education of women', republished in The Education Papers: Women's Quest for Equality, 1850–1912 (Spender D, ed) p. 270 (Retrieved 22 August 2007)
  14. Walsh, J. J. 'Medieval Women Physicians' in Old Time Makers of Medicine: The Story of the Students and Teachers of the Sciences Related to Medicine During the Middle Ages, ch. 8, (Fordham University Press; 1911)
  15. Whaley, Leigh Ann. Women's History as Scientists. Santa Barbara, California: ABC-CLIO, INC. 2003.
  16. Renate Blumenfeld-Kosinski: Not of woman born: representations of caesarean birth in medieval and Renaissance culture Cornell University Press, 1990
  17. Histoire des femmes scientifiques de l'Antiquité au 21e siècle de Eric Sartori.
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  19. (en) Sethanne Howard, The Hidden Giants, Lulu.com,‎ 2006 (ISBN 978-1-4303-0076-2), p.35
  20. Natalie Pigeard-Micault, "« Nature féminine » et doctoresses (1868-1930)" Histoire, médecine et santé, n°3, printemps 2013, p.83-100.
  21. Natalie Pigeard-Micault Wurtz doyen de la Faculté de médecine de Paris 1866-1875, Thèse de doctorat, 2007, pp.187-235. en ligne http://www.bium.univ-paris5.fr/histmed/asclepiades/pdf/pigeard_2007.pdf
  22. Children of the Revolution: The French, 1799-1914,p.166, Robert Gildea, ed.Harvard University Press, 2008
  23. Lettres à Julie-Victoire Daubié (1824-1874) La première bachelière et son temps. Raymonde Albertine Bulger. ed. Peter Lang N.Y 1992
  24. Jean Lebrec, Joseph Malègue : romancier et penseur (avec des documents inédits), Paris, H. Dessain et Tolra,‎ 1969, In-8° 24 cm, 464 p. (notice BnF no FRBNF35320607), p. 100
  25. Elaine Showalter a qualifié Cassandre, une contribution au féminisme et à la littérature de Florence Nightingale, de « texte majeur du féminisme anglais, un lien entre Wollstonecraft et Woolf. », traduction de "a major text of English feminism, a link between Wollstonecraft and Woolf." dans : Sandra M. Gilbert et Susan Gubar, The Norton Anthology of Literature by Women: The Traditions in English, éditions W.W. Norton, 1996, pages 836-837.
  26. Hercules Michael du Preez, « Dr James Barry: The early years revealed », South African Medical Journal, Vol 98, No 4 (2008), South African Medical Journal,‎ 14 janvier 2008 (consulté le 3 avril 2008)
  27. Contributions of 20th Century Women to Physics
  28. Changing the Face of Medicine: Dr. Elizabeth Blackwell (NLM)
  29. Nathan Roth, « The Personalities of Two Pioneer Medical Women: Elizabeth Blackwell and Elizabeth Garrett Anderson », Bulletin of the New York Academy of Medicine, vol. 47, no 1,‎ 1971, p. 67–79 (PMCID 4924177)
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  32. (ru) Biographie de Vera Gedroitz
  33. (en) Strathern, Paul, Mendeleyev's Dream - The Quest For the Elements, New York, Berkley Books,‎ 2000
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  36. (en) Eron, Carol et O'Neill, Lois Decker (éditeur), The Women's Book of World Records and Achievements, Anchor Press,‎ 1979 (ISBN 0-385-12733-2), « Women in Medicine and Health Care », p. 204 :

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  39. Hamish Ion, American Missionaries, Christian Oyatoi, and Japan, 1859-73, UBC Press,‎ 2010 (ISBN 978-0-7748-5899-1, lire en ligne), p. 230
  40. (en) Barbara Ehrenreich & Deirdre English, Witches, Midwives, and Nurses (1973)
  41. a et b (en) Walsh, 1977
  42. (en) Morantz-Sanchez, Preface
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]