Endométriose
|
|
Cet article doit être wikifié (janvier 2013).
La mise en forme de son texte ne suit pas les recommandations Wikipédia (style, typographie, liens internes, liens interlangues, etc. – vérifier la page de discussion où ces motifs peuvent avoir été précisés). Téléchargez le guide de syntaxe et modifiez !
|
| Endometriose | |
| Classification et ressources externes | |
| CIM-10 | N80 |
|---|---|
| CIM-9 | 617.0 |
| OMIM | 131200 |
| DiseasesDB | 4269 |
| MedlinePlus | 000915 |
| eMedicine | med/3419 ped/677 emerg/165 |
| MeSH | D004715 |
L'endométriose est la présence de muqueuse utérine en dehors de la cavité utérine.
On observe ce phénomène principalement dans la cavité péritonéale et au niveau des ovaires. Cependant ce tissu ectopique peut également être retrouvé sur les organes digestifs, dont le rectum, sur la vessie, voire sur les reins, le diaphragme, le péritoine et exceptionnellement dans tout organe. Le tissu endométrial est hormono-sensible et comme l’endomètre suit le cycle menstruel.
L'endométriose est une maladie encore très mystérieuse. Si son mode de survenue et de développement est à peu près compris, son étiologie, son évolution, sa physiopathologie sont encore inconnues. De ce fait, son traitement reste encore très empirique. Elle entraîne essentiellement des problèmes de douleurs et d'infertilité.
Sommaire
|
Épidémiologie [modifier]
On estime que 10 à 20 % des femmes souffrent d'endométriose[1]. Pourtant, toutes ne sont pas diagnostiquées, car souffrant de formes peu étendues. Elle est responsable de près de la moitié des règles douloureuses (dysménorrhées)[1]. 10 à 15 % des femmes atteintes d'endométriose seraient infertiles. Sa fréquence augmente avec l'âge et elle touche principalement les femmes autour de la trentaine. Elle peut néanmoins se rencontrer dès l'adolescence. Elle est plus fréquente en cas de ménopause tardive ou chez les femmes ayant eu leurs premières règles tôt[1]. Sa fréquence semble augmenter dans les pays développés mais il est peu clair s'il s'agit d'une augmentation réelle ou d'un meilleur diagnostic. Les cas d'endométriose chez des hommes sont rarissisimes[2],[3],[4].
Mécanisme [modifier]
Si la cause précise (étiologie) reste jusqu'à présent inconnue, différentes hypothèses tentant d'expliquer la genèse de l'endométriose existent :
Théorie du reflux [modifier]
L'hypothèse de Sampson suggère que ce sont des reflux de sang qui sont à l'origine de l'endométriose. En effet, lors des menstruations, le sang menstruel peut ne pas totalement s'écouler par le vagin et une partie de ce sang peut refluer vers les trompes et inonder la cavité péritonéale. Ce sang est naturellement composé de cellules endométriales vivantes qui peuvent s'infiltrer dans le tissu péritonéal (un peu comme une cellule cancéreuse) en utilisant diverses enzymes (MMPs ou métalloprotéinases de la matrice). Différents éléments appuient cette hypothèse, le fait de trouver du sang dans le cul-de-sac de Douglas lors de menstruations à la laparoscopie, le fait que l'on détecte des cellules endométriales dans le liquide de dialysat péritonéal chez les femmes en dialyse péritonéale…
Théorie métaplasique [modifier]
La seconde hypothèse est le fait que le péritoine qui recouvre les organes présents dans la cavité abdominale dériverait d'un tissu embryologique appelé cœlomique et posséderait une pluripotentialité. En effet, ce tissu aurait la capacité de se transformer, de suivre une transformation métaplasique en d'autres tissus, comme du tissu endométrial.
Théorie de la métastase [modifier]
La dernière hypothèse évoquée est la théorie de la transplantation ou de l'induction. Elle suggère que lors des menstruations, les différents vaisseaux (artérioles spiralées, vaisseaux lymphatiques,...) aspirent des cellules endométriales dans la circulation systémique et permet de ce fait l'essaimage dans tout l'organisme. Elle explique les différentes localisations que la maladie peut avoir.
Aucune théorie ne pouvant expliquer à elle-seule toutes les localisations, il est probable que ces trois mécanismes puissent jouer de façon conjointe
Les 3 facteurs importants qui jouent un rôle sont :
- la présence d'un reflux de sang menstruel dans la cavité péritonéale ;
- la présence de macrophages inefficaces, immuno-incompétents ou dépassés par les quantités à résorber ;
- le fait d'être réglée, donc d'avoir des règles.
Hypothèses étiologiques [modifier]
Hypothèse auto-immunitaire [modifier]
Malgré la mise en évidence de nombreuses anomalies du système immunitaires (TNF, Interleukines …) il n’a jamais été retrouvé d’anticorps spécifiques de l’endométriose ni aucune relation avec une grande pathologie immunitaire connue (maladie d’Hashimoto, polyarthrite rhumatoïde, syndrome anti-phospholipides…). Finalement même si existent des anomalies dans l’immunité locale, rien ne permet de dire s’il s’agit d’une cause ou d’une conséquence.
Hypothèse toxique [modifier]
L’hypothèse que des produits chimiques toxiques est séduisante. Les dioxines ont été accusées avec certains arguments[5]. Mais à ce jour rien de plus probant n’a été prouvé.
Hypothèse environnementale [modifier]
Dans le même ordre d’idée, des hypothèses ont envisagées comme le rôle de l’alimentation ou d’autres exposition à des produits polluants ou autres. Rien n’a jamais pu être étayé. Tout au plus peut-on affirmer que la pilule contraceptive n’est pas une cause de l’endométriose mais qu'elle ne protège pas non plus de sa survenue et de son développement à long terme.
Hypothèse infectieuse [modifier]
Bien que jamais prouvée l’étiologie infectieuse reste plausible plutôt sur le versant viral ou prion.
Hypothèse génétique [modifier]
L’hypothèse génétique est envisagée depuis de nombreuses années. De nombreuses publications ont mis en évidence des variants génétiques plus fréquent en cas d'endométriose qu'en l'absence. Par exemple,en 2012, une équipe de la Yale University a mis en évidence une mutation sur le gène Kras (gène stimulant la croissance et la prolifération tissulaire) au niveau des let-7 ; cette mutation est retrouvée chez 31 % des femmes suivies pour endométriose alors qu'elle n'est retrouvée que chez 5 % des femmes dans la population générale[6]. Mais il ne s'agit là que d'une publication supplémentaire qui vient se rajouter à une centaine d'autres du même type qui montrent une relation entre des variantes génétiques et des perturbations biologiques retrouvées dans les lésions d’endométriose. Tout cela suggère que certains variants génétiques jouent un rôle facilitateur ou inhibiteur à l'installation de l'endométriose, mais sûrement pas que l'endométriose est une maladie génétique.
Aspect [modifier]
Dans la majorité des cas, l'endométriose se situe à l'extérieur de l'utérus, mais peut également se situer dans le muscle utérin : on parle alors d'adénomyose.
L'endométriose peut prendre des aspects très divers en fonction du type de lésions,le des organes atteints et de l'extension des lésions, le tout conduisant à une classification.
Types de lésions [modifier]
- Les lésions nodulaires superficielles sont des lésions variablement bleutées, rouges ou blanches à la surface du péritoine ou des ovaires. elles mesurent quelques millimètres et n'envahissent pas en profondeur.
- Les kystes ovariens ou endométriomes se constituent par l'inclusion progressive de lésions superficielles dans l'ovaire. Ces kystes se constituent car l'endométriose (comme l’endomètre) saigne au moment des règles. Ces kystes sont donc remplis d'un liquide dérivé de ce vieux sang et ressemblant à du chocolat fondu ou du goudron. Ces kystes peuvent mesurer de 15 mm à plus de 10 cm.
- Les nodules profonds : ce sont des lésions qui envahissent en profondeur soit un organe soit la zone sous péritonéale. Il existe encore de grande incertitude pour savoir si ces nodules profonds sont une évolution des nodules superficiels ou se créent d'emblée sous cette forme. Tout laisse néanmoins penser que les deux types de formation sont possibles. Les localisation privilégiées de ces nodules profonds sont les ligaments utéro-sacrés (ligament reliant l'utérus au sacrum en arrière), la zone recto-vaginale, le vagin, le rectum, la fossette ovarienne et les ligaments larges, plus rarement la vessie ou le sigmoïde et encore plus rarement tout autre organe abdominal. la taille de ces nodules va de quelques millimètres à 5 ou 6 centimètres.
- Les adhérences entre organes : l'endométriose tend à « coller » les organes entre eux par des phénomènes inflammatoires. À l'inverse des adhérences post infectieuses, il s'agit d'adhérences très serrées et très vascularisées. Les localisation les plus fréquentes sont sous les ovaires en arrière de l'utérus et entre utérus et ovaire, mais toutes les localisations sont possibles.
Organes atteints [modifier]
La particularité de l'endométriose est son polymorphisme. L'endométriose peut se limiter à quelques nodules superficielles millimétriques sur les ligaments utéro-sacrés mais peut aller jusqu'à des kystes bilatéraux associés à des nodules profonds et à des adhérences englobant tout le pelvis et réalisant ce que l'on appelle un "pelvis gelé". Tous les intermédiaires sont possibles y compris des atteintes unilatérales isolées.
Extension des lésions et les classifications [modifier]
L'extension des lésions tant en profondeur qu'en nombre d'organes concernés a conduit logiquement à proposer des classifications. la première fut proposée par Kistner vers 1960, une deuxième par Da Costa en 1973. Elles ont disparu au profit de la classification de l' AFS (American Fertility Society) publiée en 1978 et révisée en 1985 (Rock JA.: The revised American Fertility Society classification of endometriosis: reproducibility of scoring. ZOLADEX Endometriosis Study Group.Fertil Steril. 1995 May;63(5):1108-10). Cette classification (r-AFS) permet d'attribuer des points selon la localisation des lésions sur le péritoine, les trompes, les ovaires , le cul de sac de Douglas en fonction de leur extension en taille et en profondeur. Elle prend en compte de la même manière les adhérences en fonction de leur extension, de leur type et de l'extension pour chaque organe. Ces points sont additionnés pour donner un score global. En fonction de ce score l'endométriose est classée en 4 stades :
- stade 1 ou minime pour les score de 1 à 5
- stade 2 ou léger pour les score de 6 à 15
- stade 3 ou modéré pour les score de 16 à 42
- stade 4 ou sévère pour les score supérieur à 42
- Il a été proposé un temps de créer un stade 5 ou extensif pour les score au delà de 70
Il est important de comprendre qu'un score et un stade peuvent correspondre à des lésions très différentes ce qui rend ce score d'un intérêt assez limité. Par ailleurs ce score n'a qu'une valeur descriptive relative et non une valeur pronostique. Le lien entre l'intensité des signes douloureux et le score est limité. En matière d'infertilité, sa valeur prédictive est encore plus faible hormis le stade extensif. Malgré cette valeur relative toutes les publications se référent à ce score.
Signes cliniques [modifier]
L’endométriose peut n’entraîner aucun symptôme[7]. Sinon les deux signes cliniques sont les douleurs et l’infertilité. Ils peuvent être associés. Les complications graves de l’endométriose sont rares.
Les douleurs [modifier]
Les douleurs les plus caractéristiques sont les dysménorrhées (règles douloureuses). L’intensité est très variable mais elle peut aller jusqu’à la nécessité de prendre des antalgiques plus ou moins puissants, voire dans les cas les plus sévère à l’impossibilité de travailler. Elles apparaissent avec les règles et durent de 12 à 72 heures selon les cas. Ce sont des crampes ou des douleurs sourdes du pelvis qui peuvent irradier vers le dos, les cuisses, l’anus. La plupart des patientes décrivent des douleurs qui ont commencé vers l’âge de 16 ans, puis qui ont disparu ou, au moins, fortement diminué avec la prise de la pilule. A l’arrêt de celle-ci, les douleurs sont réapparues après quelques mois. Ces douleurs peuvent aller de pair avec des signes digestifs (constipation) ou urinaires (envie fréquent d’uriner) laissant craindre une atteinte du rectum ou de la vessie. Ces douleurs peuvent aller d’une simple gène à un véritable handicap social pour les patientes interrompant toutes activités professionnelles et sociales au moment de leurs règles.
Le deuxième type de douleur est la dyspareunie (douleurs pendant et après les rapports sexuels). Elle peut être constante ou simplement à certains moments du cycle. Elle est plus fréquente lors de certaines positions. Son intensité est également très variable allant d’une gêne modérée à une quasi-incapacité d’avoir des rapports ce qui retentit fortement sur le plan psychologique.
Les complications [modifier]
Les complications sont rares et de gravité variable. Les ruptures de kystes endométriosiques se traduisent par une douleur brutale et intenable qui oblige à une intervention en urgence. Les atteintes vésicales peuvent entraîner des hématuries (sang dans les urines). Les atteintes urétérales peuvent entraîner une symptomatologie du type colique néphrétique à minima, mais peuvent évoluer vers un blocage complet avec hydronéphrose. Les atteintes rectales ou intestinales peuvent occasionner la présence de sang dans les selles, des constipations rebelles exceptionnellement des occlusions.
Diagnostic [modifier]
Le diagnostic de certitude ne peut être posé que par la cœlioscopie qui est une intervention chirurgicale. Cependant le diagnostic peut être posé avec une quasi-certitude dans deux cas :
- si l’examen clinique (toucher vaginal) retrouve un nodule recto-vaginal ;
- si l’échographie vaginale met en évidence un kyste endométriosique (endométriome) dans un ovaire.
Dans tous les autres cas, on parle de suspicion d’endométriose et la question de réaliser une cœlioscopie se pose. Les arguments en faveur d’une endométriose sont d’abord cliniques : dysménorrhée, dyspareunie, spotting prémenstruel (petites pertes de sang précédant les règles), constipation ou diarrhée au moment des règles, douleurs déclenchées au toucher vaginal en arrière de l’utérus. Ainsi une femme qui présente tous ces signes a une probabilité supérieure à 80 % de présenter une endométriose[réf. nécessaire].
Les examens para-cliniques sont d’un apport assez limité pour établir le diagnostic[8] :
- l’échographie ne permet de bien visualiser que les endométriomes ou l’adénomyose. Elle ne détecte pas les lésions superficielles et mal les nodules plus importants ;
- l’IRM (ou imagerie par résonance magnétique) n’est pas plus performante que l’échographie pour détecter les endométriomes. Elle ne détecte pas les lésions superficielles. Elle détecte mieux les lésions profondes, mais celles-ci sont souvent perçues au toucher vaginal. Son plus grand intérêt est de faire le bilan d’extension des lésions profondes en pré-opératoire ;
- de nombreux marqueurs biologiques dans le sang ont été proposés. Un seul est utilisé en routine : le CA 125. Un taux supérieur à 30 est en faveur d’une endométriose. Mais sa spécificité et sa sensibilité sont médiocre. C’est un moyen de dépistage pas de diagnostic.
À la fin la question se pose toujours de réaliser une cœlioscopie pour confirmer le diagnostic mais également pour traiter chirurgicalement. La décision de la cœlioscopie dépend de l’importance de la suspicion mais également des contextes de douleurs et d’infertilité, de l’âge…
Évolution [modifier]
L'endométriose est une maladie avec une évolution spontanée relativement imprévisible. Le concept d'une évolution progressive d'un stade vers le suivant ne résiste pas aux analyses épidémiologiques qui ne montrent pas de différence d'âge en fonction du stade au moment de la découverte de l'endométriose[réf. nécessaire].
L'âge d'apparition de l'endométriose se situe entre la puberté et 35 ans, mais le délai entre le début de la maladie et son diagnostic est en moyenne de 7 ans.
Après traitement chirurgical conservateur, la récidive est assez fréquente après un délai qui peut aller de quelques mois à quelques années.
Lors de la grossesse, il y a régression de l'endométriose et les femmes ayant été enceintes ont deux fois moins de risque de récidiver que celles qui ne l'ont pas été.
L'endométriose tend à régresser naturellement vers l'age de 40 à 45 ans et disparaît de façon presque certaine à la ménopause ou en cas d'hystérectomie avec ovariectomie ( ablation de l'utérus et des ovaires)
Il y a peu de relation entre l'évolution de l'endométriose et le stade de découverte.
Traitement [modifier]
|
|
Cet article ou cette section peut contenir un travail inédit ou des déclarations non vérifiées.
Vous pouvez aider en ajoutant des références. Voir la page de discussion pour plus de détails.
|
Il n’existe pas à proprement parler de traitement de l’endométriose si on entend par traitement une méthode thérapeutique ne laissant pas de séquelles et offrant une probabilité de guérison de plus de 90 %. Il est donc plus rationnel de parler de moyens thérapeutiques et de stratégie thérapeutique. Cette stratégie thérapeutique dépend du contexte et en particulier de la doléance principale qui peut être la douleur ou l’infertilité (ou plus exceptionnellement d’une complication).
Médicaments [modifier]
Le principe des traitements médicaux relèvent de 4 principes :
- l’endométriose guérit naturellement après la ménopause d’où l’usage des analogues de la GnRH qui bloquent l’hypophyse et créent une ménopause artificielle ;
- l’endométriose régresse fortement pendant la grossesse sous l’effet de la progestérone d’où l’idée de donner des progestatifs en continu et à dose élevée ;
- les douleurs de l’endométriose sont principalement présentes pendant les règles d’où le concept de bloquer les règles par des analogues de la GnRH, des progestatifs en continu mais aussi simplement par la classique pilule prise sans interruption ;
- les douleurs dues à l’endométriose sont dues à une libération excessive de prostaglandines d’où la prescription d’anti-inflammatoires non stéroïdiens qui bloquent leur libération.
Les produits [modifier]
Analogues de la GnRH [modifier]
Les analogues de la GnRH bloquent l’hypophyse et de ce fait les ovaires ne sont plus stimulés par la LH et la FSH. Les ovaires ne sécrètent presque plus d’œstrogènes. La croissance de l’endomètre et de l’endométriose est bloquée. Mais à l’arrêt des traitements le processus d’endométriose reprend le plus souvent. Il s’agit de prescription longue le plus souvent pour 3 à 6 mois sous forme injectable retard : 1 injection par mois ou par 3 mois. Les effets secondaires de ces produits sont importants : bouffée de chaleur, tendance dépressive, petites pertes de sang et risque d’ostéoporose en cas de prescription au-delà de 12 mois. Durant leur utilisation le blocage de l’hypophyse et de l’ovulation rend une grossesse impossible. Les produits les plus couramment utilisés en France sont le Décapeptyl® 3 mg ou 11 mg et l’Enantone®(liste non exhaustive).
Progestatifs [modifier]
Leur utilisation est ancienne. Initialement on utilisait surtout les progestatifs du type norstéroïdes (Norluten®, Lutometrodiol®) pour des périodes de 3 à 6 mois. Mais leur effet androgénique et anabolisant fait qu’ils ne sont plus guère utilisés car ils occasionnaient parfois des prises de poids et un hirsutisme. Le Danazol® est un produit assez similaire, mais il n’est plus guère utilisé pour les mêmes raisons. La progestérone naturelle (Utrogestan® et autre) est relativement peu efficace. Aussi on lui préfère les progestatifs de type pregnane comme le Lutenyl® , la Surgestone® ou le Luteran®. Ils ont moins d’effets secondaires de type anabolisant (prise de poids). Durant leur prise, il n’y a pas de possibilité de grossesse car ils bloquent l’ovulation. Les progestatifs peuvent également être utilisés sous la forme de stérilet à la progestérone (Mirena®) qui libère au niveau pelvien une dose infime de progestérone en continu)
Pilule œstroprogestative [modifier]
La pilule œstroprogestative peut être prise en continu, c’est-à-dire en ne respectant pas l’arrêt classique de 7 jours entre deux plaquettes. L’effet est double. Cette prescription entraîne une atrophie de l’endomètre (et donc de l’endométriose) et empêche la survenue de règles douloureuses. Ceci n’a aucune conséquence délétère supplémentaire par rapport à la prise classique de la pilule. Sous ce type de traitement, la survenue de petites pertes de sang peut se produire qui ne doit pas entraîner l’arrêt. On préfère dans cette indication les pilules dites de première ou de deuxième génération comme le Minidril® ou l’ Adepal ®. Bien sûr il n’y a pas de possibilités de grossesse avec ce traitement.
Anti-inflammatoires non stéroïdiens [modifier]
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) inhibent la sécrétion de prostaglandines ce qui réduit la douleur. Ils sont d’autant plus efficaces qu’ils sont pris tôt dès les premiers symptômes. Les principaux AINS prescrits sont le Ponstyl®, l’Antadis®, le Biprofenid® (liste non exhaustive). Le principal effet secondaire des AINS sont les brûlures digestives.
Autres médicaments en cours de test [modifier]
La mélatonine réduit les scores de douleur quotidiens avec une amélioration de la qualité du sommeil[9].
Chirurgie [modifier]
Il existe deux modalités du traitement chirurgical : le traitement radical et le traitement conservateur
Traitement radical [modifier]
C'est le seul traitement totalement efficace. En enlevant l’utérus et les ovaires on crée une ménopause qui guérit définitivement l’endométriose. L’ablation de l’utérus (hystérectomie) en conservant les ovaires entraîne une disparition des douleurs dans 70 % des cas mais n’induit pas une ménopause. L’intervention se pratique soit par cœlioscopie soit par laparotomie (ouverture de l’abdomen). Il tombe sous le sens que ce traitement radical empêche toute grossesse ultérieure.
Traitement conservateur [modifier]
Il vise à supprimer les lésions d’endométriose et à lever les adhérences, tout en conservant l’utérus et les ovaires. Il est difficile en quelques lignes de donner tous les détails sur des interventions très disparates en fonction de l’extension de l’endométriose et du type de lésions. Les types d’intervention varient en fonction du type de lésions. Ces interventions se font par cœlioscopie dans presque tous les cas.
Lésions superficielles de l’ovaire et du péritoine [modifier]
Elles peuvent être enlevées au ciseau, coagulées à l’électricité ou vaporisées au LASER. Aucune étude n’a jamais montré de supériorité d’une technique sur une autre.
Kystes ovariens d’endométriose ou endométriomes [modifier]
Il existe deux principes : soit l’ablation du kyste (kystectomie) soit la destruction de la paroi interne du kyste soit électrocoagulation, soit par Laser soit par Plasma-jet. La durée opératoire est sensiblement la même. Les études comparant la destruction (laser ou électricité) à la kystectomie plaident plutôt en faveur de la kystectomie car il y a moins de récidive, plus de grossesse par contre un risque plus élevé d’endommager la réserve ovarienne d’ovocytes. Le Plasma-jet (jet d’argon ionisé) est trop récent pour avoir fait l’objet d’études suffisantes.
Lésions d’endométrioses profondes [modifier]
Leur simple destruction par laser ou électrocoagulation est impossible ou insuffisante. Il est donc nécessaire d’en faire l’exérèse. La chirurgie des lésions profondes est difficile à résumer en quelques lignes tant elle peut prendre des aspects divers du fait des organes impliqués et de la sévérité de l’atteinte. Nous ne ferons que citer les gestes possibles et insister sur des points importants.
Les lésions au niveau des ligaments utérosacrés sont reséquées avec souvent la nécessité de disséquer les uretères. Il en est de même pour les lésions sous ovariennes. Les nodules recto-vaginaux sont reséqués avec ablation éventuelle du fond vaginal. Lorsque le rectum est impliqué il est quelquefois de faire une résection rectale en « pastille » voire de faire une résection segmentaire qui consiste à enlever une dizaine de cm de cette organe. En cas de lésions du sigmoïde ou d’une autre partie de l’intestin une résection segmentaire digestive est nécessaire. Tous ces gestes digestifs obligent quelquefois à faire un anus artificiel temporaire (2 à 3 mois). En cas d’atteinte vésicale, il peut être nécessaire d’enlever une partie de la vessie si la lésion d’endométriose atteinte le muscle vésical. En cas d’atteinte d’un uretère, il peut être possible de simplement le libérer mais si l’atteinte est plus sévère, une résection de quelques centimètres peut s’avérer indispensable voire une réimplantation de l’uretère dans la vessie.
Adhérences [modifier]
La levée des adhérences en cas d’endométriose fait partie du traitement. Elle est souvent difficile car il s’agit d’adhérences très serrées et vascularisées. En cas d’adhérences concernant en particulier le tube digestif, le risque de complications est non négligeable ?
Ces interventions peuvent être très simples et ne durer que quelques minutes. Elles peuvent être complexes, durer plusieurs heures et nécessiter en plus du gynécologue l’intervention d’un urologue ou d’un chirurgien digestif. Cette chirurgie expose à des complications graves dans 1 à 2 % des cas : fistules urinaires ou digestives principalement. La plupart des gestes sont faits par cœlioscopie mais une laparotomie peut s’avérer utile surtout en cas de lésions digestives. L’intérêt de faire des exérèses complètes, avec en particulier des résections digestives, fait encore l’objet de controverse. Globalement on admet un risque de récidives des lésions de l’ordre de 10 à 20 % même après une chirurgie conservatrice complète. Cette chirurgie est particulièrement indiquée chez les patientes stériles et celles jeunes sans enfant présentant des douleurs invalidantes.
Après chirurgie conservatrice 80 % des patientes sont soulagées de leurs douleurs de façon complète ou partielle. Les résultats sont moins convaincants sur la stérilité avec des taux d’accouchements de 30 à 35 %.
Stimulations de l’ovulation [modifier]
La stimulation de l’ovulation par FSH ou HMG a prouvé son efficacité dans la stérilité par endométriose après la chirurgie conservatrice.
Assistance médicale à la procréation (AMP) [modifier]
L’endométriose représente une indication majeure de l’assistance médicale à la procréation que ce soit la fécondation in vitro (FIV) ou l’insémination intra-utérine (IIU). La FIV donne des résultats satisfaisants dans cette indication et n’expose pas à un risque particulier de faire redémarrer l’endométriose ou de faire flamber une endométriose existante. Les IIU ne se conçoivent que dans des cas particuliers que nous verrons plus loin. La FIV simple ou avec micro-injection est possible dans tous les cas de stérilité. Les résultats de la FIV en cas d’endométriose sont similaires à ceux obtenus pour les autres indications soit de 20 à 25 % d’accouchement par tentative. Il s’agit d’un chiffre moyen qui peut varier avec l’âge de la patiente, le nombre d’embryons transférés, la prise en compte des embryons congelés et la réserve ovarienne. Le résultat est indépendant du stade de l’endométriose. Les résultats cumulatifs après 4 tentatives de FIV sont compris entre 45 et 60 % d’accouchement.
Psychothérapie [modifier]
L’endométriose n’est sûrement pas une maladie psychosomatique, mais les douleurs intenses et répétitives, les troubles de la sexualité dus aux dyspareunies peuvent avoir un retentissement psychologique important, qui justifie plus une aide psychologique que des drogues psychotropes. De nombreuses associations de patientes souffrant d’endométriose existent prêtes à aider d’autres femmes.
Prise en charge thérapeutique [modifier]
Elle varie selon la principale complainte (douleurs ou infertilité), l’âge et le désir ultérieur de grossesse. Les paragraphes suivants font un point sur les stratégies de prise en charge recommandées par les sociétés scientifiques.
Prise en charge de la douleur [modifier]
Souvent l’endométriose est suspectée et une cœlioscopie est pratiquée qui permettra le diagnostic et un traitement chirurgical. La question se pose alors d’un traitement complémentaire si la femme ne désire pas d’enfant immédiatement.
En cas de traitement complet l’option la plus souvent retenue est la pilule en continu, mais il n’a jamais été clairement prouvé qu’elle empêche les récidives. En tout cas elle prévient la récidive des douleurs.
En cas de traitement incomplet, deux options sont possibles soit la mise sous progestatifs au long cours, soit la mise sous analogues de la GnRH pour une période de 3 à 6 mois relayée soit par la pilule soit par les progestatifs
Dans ces cas, les chirurgies itératives sont à éviter pour ne pas compromettre les potentialités de reproduction ultérieure. Néanmoins cette éventualité peut s’avérer indispensable dans quelques cas et surtout en cas de récidives d’endométriose recto-vaginale. Mais elle doit être prudente en particulier pour le traitement des atteintes ovariennes (endométriomes) pour ne pas trop affecter le stock ovocytaire.
Chez la jeune fille voire l’adolescente présentant en particulier des dysménorrhées sévères, la question de la cœlioscopie d’emblée est discutée au profit d’un traitement d’essai avec pilule en continu.
Chez la patiente plus âgée ayant des enfants et n’en désirant plus, la mise sous progestatif ou la pose d’un stérilet à la progestérone peut être efficace. En cas d’échec le recours à l’hystérectomie (avec ovariectomie) est la meilleure solution qui n’est pas toujours facilement acceptée sur le plan psychologique.
Prise en charge de l’infertilité [modifier]
Recommandations du CNGOF (collège national des gynécologues et obstétriciens français)[10] :
- en cas de suspicion d’endométriose ou d’endométriose avérée le recours à une cœlioscopie est préférable sauf s’il existe une autre indication formelle à pratiquer une fécondation in vitro (sperme très altéré, trompes absentes ou endommagées) ;
- lors de cette cœlioscopie, un traitement chirurgical conservateur est pratiqué autant qu’il ne présente pas de risque majeur de complication ;
- après la cœlioscopie trois cas de figure se présentent :
- en cas de traitement chirurgical notoirement incomplet, l’orientation directe vers la FIV est préférable,
- en cas de traitement complet mais s’il existe des facteurs péjoratifs (âge supérieur à 38 ans, stérilité de plus de 8 ans, atteinte tubaire, adhérences sévères, sperme notoirement altéré), l’orientation directe vers la FIV est préférable,
- en cas de traitement complet et en l’absence de facteurs péjoratifs, il est recommandé de ne pas donner de traitement post-opératoire du type analogues de la GnRH ou progestatif et d’essayer d’obtenir une grossesse immédiatement. L’ajout de clomifène (Clomid) n’a pas d’intérêt. Un délai de 6 à 12 mois en fonction de l’âge sera respecté avant d’envisager un traitement de deuxième ligne. La probabilité de grossesse durant ce temps va de 30 à 50 % selon l’âge.
- Si à la fin de ce délai il n’y a pas de grossesse, deux hypothèses existent :
- s'il y a probable récidive de l’endométriose dépistée sur la récidive des douleurs ou sur l’échographie ou sur l’examen clinique, l’orientation vers la FIV est préférable,
- s'il n’y a aucun signe en faveur d’une récidive, le recours à des stimulations de l’ovulation associées à des IIU est recommandé pour une séries maximum de 3 à 4. Cette attitude n’est pas admise par tous.
- S’il n’y a pas grossesse après les IIU, l’orientation vers la FIV est nécessaire ;
- avant prise en charge en FIV et dans tous les cas où persiste de l’endométriose (absence de traitement chirurgical, traitement incomplet ou récidive) il est préférable de traiter médicalement l’endométriose avec des analogues de la GnRH pendant 3 mois avec réalisation de la tentative de FIV lors du troisième mois (protocole ultra-long) ;
- une récidive d’endométriose avant ou pendant une tentative FIV n’impose ni l’arrêt du protocole, ni une nouvelle chirurgie. En cas d’endométriome, l’alcoolisation peut être proposée mais sont évaluation reste aujourd’hui partielle ;
- une ré-intervention chirurgicale entre des cycles d’AMP doit être évitée sauf complication de l’endométriose ou douleurs invalidantes résistant aux traitements médicaux. En effet, il est tout à fait possible entre deux FIV de traiter médicalement la douleur en particulier par la prise de pilule en continu ;
- une ré-intervention n’est proposée qu’après 2 ou 3 échecs de FIV en particulier avec mauvaise réponse ovarienne en FIV (peu d’ovocytes ou ovocytes de mauvaise qualité) . L’intérêt n’a jamais été démontré ;
- en cas de mauvaise réponse au traitement de stimulation et/ou de mauvais taux de fécondation y compris en ICSI, le recours au don d’ovocytes peut être proposé.
Finalement entre la chirurgie, les IIU et les FIV, 2 femmes sur 3 seront enceintes. Ce chiffre est à moduler vers le haut ou le bas en fonction de l’âge, de la réserve ovarienne et de la résistance psychologique à des traitements répétitifs pénibles et stressant.
Prise en charge de certaines complications [modifier]
La survenue de complications graves est rare. Elle peut nécessiter des gestes en urgence ou semi-urgence :
- la sténose d’un uretère nécessite la pose d’une sonde urétérale en urgence puis une résection ou une réimplantation urétérale ;
- l’apparition d’une sténose digestive avec des signes de sub-occlusion peut obliger à la mise en place d’un anus abdominal de dérivation (iléostomie ou colostomie) en même temps que la résection de la zone intestinale atteinte, suivi dans un deuxième temps d’un rétablissement de la continuité digestive avec suppression de l’anus de dérivation ;
- la rupture d’un kyste endométriosique impose une intervention rapide pour laver la cavité péritonéale et faire l’exérèse du kyste ;
- la surinfection d’un endométriome après ponction de FIV crée un abcès de l’ovaire qui doit être drainé mais oblige parfois en l’ablation de l’ovaire.
Notes et références [modifier]
sera completé prochainement
- (en) Cynthia Farquhar Endometriosis BMJ 2007;334:249-253 PMID 17272567
- http://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-ch-t-l-endometriose-2152.asp?1=1
- (en) J D Martin Jr et A E Hauck, « Endometriosis in the male », The American surgeon, vol. 51, no 7, juillet 1985, p. 426-430 (ISSN 0003-1348) [lien PMID]
- (en) Masaharu Fukunaga, « Paratesticular endometriosis in a man with a prolonged hormonal therapy for prostatic carcinoma », Pathology, research and practice, vol. 208, no 1, 15 janvier 2012, p. 59-61 (ISSN 1618-0631) [lien PMID, lien DOI]
- (en) Kaylon L. Bruner-Tran, Grant R. Yeaman, Marta A. Crispens, Toshio M. Igarashi, Kevin G. Osteen, « Dioxin may promote inflammation-related development of endometriosis », Fertility and Sterility, vol. 89, no 5, mai 2008, p. 1287-1298 (ISSN 00150282) [texte intégral, lien PMID, lien DOI (pages consultées le 7 octobre 2012)]
- (en) Olga Grechukhina, Rafaella Petracco, Shota Popkhadze, Efi Massasa, Trupti Paranjape, Elcie Chan, Idhaliz Flores, Joanne B. Weidhaas, Hugh S. Taylor, « A polymorphism in a let-7 microRNA binding site of KRAS in women with endometriosis », EMBO Molecular Medicine, vol. 4, no 3, mars 2012, p. 206–217 (ISSN 1757-4684) [texte intégral, lien PMID, lien DOI (pages consultées le 7 octobre 2012)]
- J M Wenger, P Loubeyre, R Marci, J B Dubuisson, « Prise en charge de l’endométriose [Endometriosis: review of the literature and clinical management] », Rev med suisse, vol. 5, no 222, 21 octobre 2009, p. 2085-2086, 2088-2090 (ISSN 1660-9379) [texte intégral, lien PMID]
- Corinne Balleyguier, « Apports de l'imagerie dans le diagnostic de l'endométriose », Rev Med Suisse, no 646, 15 juillet 2001 [texte intégral (page consultée le 7 octobre 2012)]
- (en) Schwertner A, Conceição dos Santos CC, Dalferth Costa G et al. « Efficacy of melatonin in the treatment of endometriosis: A phase II, randomized, double-blind, placebo-controlled trial » Pain 2013;154:874-81. PMID 23602498
- H. Fernandez pour le groupe de travail du CNGOF, « Endométriose: un consensus thérapeutique [Endometriosis: a consensus] », Journal de Gynécologie Obstétrique et Biologie de la Reproduction, vol. 36, no 2, avril 2007, p. 91 (ISSN 03682315) [texte intégral, lien PMID, lien DOI (pages consultées le 11 janvier 2013)]
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
Liens externes [modifier]
- http://www.endofrance.org/ Association française de lutte contre l'endométriose
- http://www.ensemblecontrelendometriose.fr Association d'aide et de soutien aux femmes atteintes d'endométriose
- http://www.iaac.ca/fr/content/endométriose L'endométriose, par l'association canadienne de Sensibilisation à l'Infertilité, ACSI (Infertility Awareness Association of Canada, IAAC)