Travail à temps partiel

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Le nettoyage est le secteur qui emploie le plus de travail à temps partiel.

Le travail à temps partiel est un emploi qui n’est pas à temps plein, c’est-à-dire dont le temps de travail est inférieur à la « durée de travail de référence » dans le pays concerné.

La législation sur la durée du travail varie selon les pays ; Plusieurs moyens de mesures du temps partiel existent dans le monde, qui rendent difficile les comparaisons internationales.

Il fait partie des formes de travail dites atypiques, et pour partie (notamment quand il s'agit d'un travail subi) de ce que certains appellent le sous-travail. L'Organisation internationale du travail demande un traitement et des conditions de travail égaux et justes pour les travailleurs à temps partiel par la Convention nº 175 sur le travail à temps partiel. Pour l'OCDE se demande aussi en 2010, s'il est une bonne solution[1], le travail à temps partiel se mesure en termes d’heures de travail habituelles inférieures à 30 heures par semaine. Et la part des travailleurs en emploi à temps partiel en France (y compris les apprentis et les contrats en alternance) était selon ce critère de de 14,0 % (contre 18,6 % selon l’enquête Emploi de l’Insee, 18,7 % hors apprentis et contrats en alternance). Quand il est subi, il est aussi souvent source de précarité et de pertes de temps, et d'un « faux temps libre »[2].

Ce sont davantage les femmes que les hommes qui occupent des emplois à temps partiel, et la part de la population moins formée, plus pauvre et d'origine étrangère y est plus présente[3].

Tendances[modifier | modifier le code]

Une partie du temps partiel peut être considéré comme outil conjoncturel d'adaptation à la demande, mais sa progression[4] depuis les années 1970 laisse penser qu'il est aussi devenu un outils d'organisation du travail utilisé par de nombreux acteurs économiques (en France, CDI dans presque 8 cas sur 10).

Les sociologues des années 1990 notent une recomposition (voulue ou subie selon les cas) du temps de travail[5]. Dans le monde du travail et en sociologie du travail, on s'inquiète de l'augmentation de la part non qualifiée du temps partiel mais il est aussi présenté comme une forme d'entrée dans la vie active et une source de développement du travail des femmes[6]. Il est parfois aussi présenté comme une « passerelle vers le travail à temps plein » [7].

Les processus de libéralisation de l'économie et de ma mondialisation, ainsi que la production à flux tendu semblent avoir favorisé une tendance générale est à la dérégulation du travail[8] qui se traduit par l'augmentation du recours au temps partiel, depuis les années 1980 au moins en Europe et en France[9] en France comme en Belgique[10] et plus encore au Royaume-Uni[11];

Le problème du temps perdu et contrait général par de nombreuses formes de temps partiel (horaires gruyère) pourrait peut être être résolu par l'apparition de l'internet et du télétravail qu'il permet, qui a rapidement progressé dans le privé mais qui reste très émergeant dans les administrations ; ainsi en 2012, un rapport du cabinet Greenworking fait pour le compte du ministère de l’industrie plaide pour le « télétravail à temps partiel et le développement des tiers lieux » ; 7 mai 2012 [12]

Au Sénégal[modifier | modifier le code]

Au Sénégal, où la durée légale de travail est de 40 h, est considéré comme travail à temps partiel tout emploi dont l'horaire hebdomadaire est inférieur ou égal à 32 h.

En France[modifier | modifier le code]

Définitions[modifier | modifier le code]

Le code du travail[13] le définit comme un travail dont la durée est inférieure :

  1. à la durée légale du travail ou, lorsque cette durée est inférieure à la durée légale, à la durée du travail fixée conventionnellement pour la branche ou l’entreprise ou à la durée du travail applicable dans l’établissement ;
  2. à la durée mensuelle résultant de l’application, sur cette période, de la durée légale du travail ou, si elle est inférieure, de la durée du travail fixée conventionnellement pour la branche ou l’entreprise ou de la durée du travail applicable dans l’établissement ;
  3. ° à la durée de travail annuelle résultant de l’application sur cette période de la durée légale du travail, soit 1 607 heures, ou, si elle est inférieure, de la durée du travail fixée conventionnellement pour la branche ou l’entreprise ou de la durée du travail applicable dans l’établissement.

Chiffres[modifier | modifier le code]

Depuis les années 1970 notamment, le temps partiel est aussi devenu un outils d'organisation du travail utilisé par de nombreux acteurs économiques (dans presque 8 cas sur 10, le salarié est en CDI, et 40 % environ ont plus de dix ans d'ancienneté en France).

En 2003, selon l'INSEE, les femmes sont largement les plus concernées[14] : 30 % des femmes avaient recours au temps partiel contre 5,5 % pour les hommes (TEF 2004/2005, INSEE). Les femmes ayant plusieurs enfants à charge y recourent le plus. 10 ans plus tard (en 2013), selon un rapport du Conseil économique, social et environnemental (CESE), le travail à temps partiel concerne maintenant une personne sur cinq, parmi les quelles 80 % sont des femmes. 82,5 % des emplois concernés et 31 % des salariées sont à temps partiel, contre 6,6 % des hommes salariés. Près de 15% des salariés dotés d'un diplôme supérieur à Bac+2 travaillent à temps partiel.

Des encouragements fiscaux décidés pour lutter contre le chômage ont facilité le développement du temps partiels. En 2013, environ 18,6 % des salariés (4,2 millions de personnes) travaillent sous ce régime, soit trois fois plus qu'au début des années 1970. L'augmentation du temps partiel s'est stabilisée dans les années 2000 (plus exactement en 1999 et 2002 suite à la mise en œuvre de la réduction du temps de travail qui partir de 1998 a proposé des aides cumulables avec l'abattement pour l’embauche de salariés à temps partiel, dispositif progressivement supprimé au début des années 2000 et a recommencé une lente progression depuis[15] avec même une diminution à cette époque[16].

Les conditions de travail sont très différentes selon que ce travail est choisi (évetnuellement choisi "faute de mieux"[17]) ou subi (alors classable dans le sous-emploi[18]). Selon les études synthétisées par le CESE, le temps partiel est subi dans un cas sur trois (et il concerne le travail le moins qualifié et les conditions d'emploi les plus précaires). [15]. 30 % des salariés à temps partiel « subi » ont des horaires difficiles et variables (contre 25 % des autres salariés à temps partiels et 22 % des temps complets)[15]. Et 34 % des personnes à temps partiel « subi » travaillent habituellement le samedi, contre 28 % des autres temps partiel et 26 % des personnes à temps complet[15]. Le travail de soirée ou de nuit est plus fréquent chez les salariés à temps complet (respectivement 17 % et 8 % contre 13 % et 4 % pour les salariés à temps partiel) et il y a par contre peu de différences quant au travail le dimanche[15]. Le salaire horaire est aussi plus faible pour les employés à temps partiel[19] (en 2011 : « 1,6 Smic, contre 2,1 Smic pour les salariés à temps complet. Il correspond à environ 1,3 Smic si le temps partiel est " subi " et à 1,7 Smic s’il est " choisi " »[15].

Les abus d'utilisation de temps partiel (hyper flexibilité[20], surexploitation, sous-travail...) devraient être combattus par la loi de juin 2013 sur la sécurisation de l'emploi (avec un minimum de 24 heures de travail hebdomadaires), mais après les partenaires sociaux (durant les débats sur l'accord de janvier 2013 à l'origine de la loi), le CESE note en 2013 que des accords de branche peuvent permettre à certaines branches de déroger à cette loi.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. OCDE (2010), « Le travail à temps partiel : une bonne option ? », Perspectives de l’emploi de l’OCDE 2010, juillet.
  2. Article du Journal Le parisien : Emploi : le faux temps «libre» du temps partiel A.R. | Publié le 25.11.2013, consulté 28 nov 2013
  3. Zeytinoglu, I. U., & Muteshi, J. K. (2000). Gender, race and class dimensions of nonstandard work. Relations Industrielles/Industrial Relations, 55(1), 133-167.
  4. Ulrich V., Zilberman S. (2007), « De plus en plus d’emplois à temps partiel au cours des vingt-cinq dernières années », Premières Synthèses n° 39.3, Dares, septembre
  5. Anxo, D., Boulin, J. Y., Lallement, M., Lefèvre, G., & Silvera, R. (1998). Recomposition du temps de travail, rythmes sociaux et modes de vie: une comparaison France-Suède. Travail et emploi, (74), 5-20 ([http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=2453456 fiche Inist-CNRS).
  6. Bouffartigue, P., Coninck, F. D., & Pendariès, J. R. (1992). Le nouvel âge de l'emploi à temps partiel: un rôle nouveau lors des débuts de vie active des femmes. Sociologie du travail, 34(4), 403-428 (fiche résumé Inist-CNRS).
  7. Galtier, B. (1999). Le temps partiel est-il une passerelle vers le temps plein ? ; Économie et statistique, 321(1), 79-87
  8. Maruani, M., & Michon, F. (1998). Les normes de la dérégulation: questions sur le travail à temps partiel. Économies et sociétés, 32(3), 125-164 (http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=2452859 résumé/Fiche Inist-CNRS])
  9. Belloc, B. (1986). De plus en plus de salariés à temps partiel. Economie et statistique, 193(1), 43-50.
  10. Jepsen, M. (2001). Évaluation des différentiels salariaux en Belgique: hommes–femmes et temps partiel–temps plein. Reflets et Perspectives de la vie économique, (1), 51-63.
  11. Barrère-Maurisson, M. A., Daune-Richard, A. M., & Letablier, M. T. (1989). Le travail à temps partiel plus développé au Royaume-Uni qu'en France. Économie et statistique, 220(1), 47-56.
  12. Un rapport qui plaide pour le télétravail à temps partiel et le développement des tiers lieux
  13. article L. 3123-1
  14. Bourreau-Dubois C., Guillot O., Jankeliowitch-Laval E. (2001), « Le travail à temps partiel féminin et ses déterminants », Économie et Statistiques n° 349-350
  15. a, b, c, d, e et f DARES (2013), Le temps partiel en 2011 : des profils et des conditions d’emploi très contrastés selon que le temps partiel est « choisi » ou « subi », DARES Analyse, Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques janvier 2005, n° 05, PDF, 14 pages
  16. Ulrich V. (2001), « Le temps partiel subi diminue depuis 1998 », Premières Synthèses n° 42.2, Dares, octobre.
  17. Galtier B. (1999), « Les temps partiels : entre emplois choisis et emplois " faute de mieux " », Économie et Statistiques n° 321-322
  18. Arnault S. (2005), « Le sous-emploi concerne 1,2 million de personnes », Insee Première n° 1046, octobre
  19. Demailly D. (2012), « Les bas salaires en France entre 1995 et 2011 », Dares Analyses n° 068, octobre.
  20. France. Direction de la documentation française. (1989). La flexibilité à temps partiel: Conditions d'emploi dans le commerce. M. Maruani, & C. Nicole-Drancourt (Eds.). La Documentation Française.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Angeloff, T. (1999). Des miettes d’emploi: temps partiel et pauvreté. Travail, genre et sociétés, 1, 43-70.
  • Angeloff, T., & Maruani, M. (2000). Le temps partiel: un marché de dupes ?. Syros.
  • Bué, J. (2002). Temps partiel des femmes: entre choix et contraintes. Premières synthèses, 8, 343-346.
  • Jallade, J. P., & Baroin, D. (1982). L'Europe à temps partiel. Economica.

Liens externes[modifier | modifier le code]